La France Orthodoxe
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La femme courbée
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen.
Bienaimés frères et sœurs en Christ,
L’Évangile du jour nous parle d’une scène simple, presque ordinaire : Jésus enseigne dans une synagogue un jour de sabbat. Mais cet instant est bouleversé par la venue d’une femme courbée depuis dix-huit ans, « oppressée par un esprit », dit l’Évangile. Elle ne peut pas se redresser. Elle vit littéralement inclinée vers le sol, incapable de regarder le ciel.
Aujourd’hui, à travers cette femme, c’est chacun de nous que le Christ rejoint. Car si nous ne sommes peut-être pas courbés physiquement, nous connaissons tous cette expérience : celle d’être plié, alourdi, écrasé par quelque chose qui nous dépasse — une souffrance, une culpabilité, un souci, une peur, une habitude mauvaise, un péché. Et souvent, comme la femme de l’Évangile, nous nous sommes habitués à cet état. Dix-huit ans ! Une vie entière courbée. Peut-être n’espérait-elle même plus la guérison.
Mais le Christ, Lui, voit ce que nous ne voyons plus. Il voit cette femme. Il la voit entièrement. Il la voit comme Dieu voit chaque être humain : non pas dans l’état où la maladie, les épreuves ou le péché l’ont laissé, mais dans l’état où Dieu veut le relever.
L’Évangile dit : « Jésus l’appela ». Il l’appelle, elle, personnellement, au milieu de la foule. Elle n’a pas demandé de miracle. Elle n’a pas crié vers Lui. C’est la compassion du Christ qui prend l’initiative. Frères et sœurs, n’attendons pas d’être parfaits pour nous présenter devant Dieu, on en sera pas. N’attendons pas d’avoir « mérité » Sa miséricorde. L’amour de Dieu nous précède toujours. Le Christ nous appelle tels que nous sommes — courbés, fatigués, blessés — pour nous relever.
Ensuite, Jésus lui dit : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. » Puis il pose les mains sur elle, et elle se redresse immédiatement et glorifie Dieu.
Ce redressement est plus qu’une simple guérison physique : c’est un symbole puissant de la restauration de l’image divine en l’homme. Le péché et les souffrances du monde nous font regarder vers la terre, vers nos limites, vers nous-mêmes. Le Christ, Lui, nous relève et nous redonne la capacité de regarder vers le ciel, vers la Vie, vers Dieu.
Mais l’Évangile ne s’arrête pas là. Immédiatement surgit l’indignation du chef de la synagogue : « Il y a six jours pour travailler », dit-il. Quelle étrange réaction ! Un être humain qui souffre depuis dix-huit ans vient d’être guéri, et lui s’attache à une règle mal comprise.
Frères et sœurs, reconnaissons-le humblement : ce chef de synagogue peut aussi vivre en nous. Il représente la logique légaliste, la logique du jugement, la rigidité d’un cœur qui préfère l’ordre à l’amour, la lettre à l’esprit, les habitudes à la miséricorde.
Le Christ répond avec autorité et douceur : « Hypocrites ! Chacun de vous ne détache-t-il pas son bœuf ou son âne pour le mener boire le jour du sabbat ? Et cette femme, une fille d’Abraham, que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer le jour du sabbat ? »
Quelle est la leçon ?
Le sabbat, jour de repos, jour consacré à Dieu, n’est pas annulé par le miracle — il trouve au contraire son accomplissement. Car le véritable repos, le véritable sabbat, c'est la délivrance de l’être humain, sa guérison, sa restauration. Lorsque l’homme est libéré, alors Dieu est glorifié.
Aujourd’hui encore, frères et sœurs, nous risquons de réduire la foi à des règles mécaniques. Mais la vie chrétienne, la vraie vie ecclésiale, n’est pas un système de prescriptions rigides : elle est la rencontre vivante entre Dieu et l’homme. La loi existe pour conduire à la vie, jamais pour empêcher la miséricorde.
Cette femme est appelée par Jésus « une fille d’Abraham ». Elle est reconnue dans sa dignité profonde. Elle n’est pas définie par sa maladie, ni par ses faiblesses, ni par son passé. Elle est une personne précieuse aux yeux de Dieu.
Frères et sœurs, c’est ainsi que Dieu nous regarde. Nous ne sommes pas définis par notre péché ou nos chutes, mais par l’amour que Dieu nous porte et par la vocation divine qu’Il a déposée en nous.
Alors que pouvons-nous retenir pour nos propres vies ?
D’abord, présentons-nous au Christ avec nos courbures. Soyons honnêtes devant Dieu. Ne dissimulons pas ce qui en nous a besoin d’être guéri. La prière, la confession, la vie sacramentelle sont les lieux où Dieu veut poser Sa main sur nous.
Puis, ne laissons pas la rigidité du jugement habiter nos cœurs. Apprenons à nous réjouir du bien qui arrive aux autres, à accueillir l’action de Dieu même lorsqu’elle surprend, même lorsqu’elle bouscule nos habitudes.
A la fin, soyons des instruments de relèvement. Quand nous rencontrons quelqu’un qui marche courbé — par la tristesse, par l’échec, par la honte — ne le jugeons pas. Appelons-le, comme le Christ appelle la femme. Une parole de bonté peut parfois être une main posée sur un cœur blessé.
Enfin, rappelons-nous que notre vocation n’est pas de vivre courbés vers la terre, mais dressés vers le ciel. Le Christ vient nous redonner la dignité perdue, Il vient nous redresser chaque fois que nous tombons, Il vient nous conduire vers la liberté des enfants de Dieu.
Frères et sœurs, que chacun de nous entende aujourd’hui cette parole du Seigneur : « Te voilà délivré. Redresse-toi. Regarde vers Dieu. Marche dans la liberté. » Amen !
Prêtre Zhivko Zhelev
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Saint Nicolas
Bienaimés frères et sœurs en Christ, aujourd’hui, notre paroisse célèbre avec une grande joie la fête de Saint Nicolas, évêque et confesseur de la foi, mais surtout le patron de notre église. En ce jour particulier, nous ne faisons pas seulement mémoire d’un saint du passé ; nous rendons grâce à un homme dont la vie continue d’éclairer la nôtre et de nous montrer un chemin de foi, de charité et de fidélité à l’Évangile.
Saint Nicolas est né à la fin du troisième siècle, dans une région qui se trouve aujourd’hui en Turquie. Il a grandi dans une famille chrétienne à une époque où suivre le Christ demandait courage et persévérance. La foi n’était pas un simple héritage culturel, mais un véritable engagement et même un risque. Très tôt, Nicolas a compris que croire en Jésus signifiait lui donner toute sa vie. Devenu prêtre, puis évêque de la ville de Myre, il n’a jamais cherché les honneurs ni le pouvoir. Il a voulu être avant tout un pasteur, proche de son peuple, attentif à ses joies comme à ses souffrances.
Ce qui marque profondément la vie de Saint Nicolas, c’est sa charité. Une charité concrète, discrète, profondément évangélique. La tradition raconte qu’il apprit qu’un père, ruiné et désespéré, ne pouvait marier ses trois filles et risquait de les voir tomber dans une vie indigne. Nicolas n’a pas fait de discours, il n’a pas cherché à être reconnu. De nuit, dans le secret, il a jeté par la fenêtre des bourses d’or, permettant à ces jeunes femmes de retrouver dignité et avenir. Ce geste, transmis de génération en génération, nous dit quelque chose d’essentiel : la vraie charité ne cherche pas à se montrer. Elle se vit dans le silence, dans l’humilité, dans le souci de respecter l’autre.
Dans un monde où tout se voit et se commente, Saint Nicolas nous rappelle que les plus beaux gestes sont souvent ceux que personne ne remarque. Aider sans attendre de remerciement, donner sans faire de bruit, soutenir sans juger : voilà des actes qui construisent le Royaume de Dieu. Saint Nicolas nous invite à regarder autour de nous et à nous demander : qui a besoin d’un geste de bonté ? Qui attend une présence, une écoute, un soutien discret ?
Saint Nicolas est aussi connu comme le protecteur des enfants, des pauvres, des marins, des prisonniers, de tous ceux qui sont vulnérables. De nombreuses histoires racontent comment il est intervenu pour sauver des innocents, pour défendre ceux qui n’avaient pas de voix. Qu’elles soient historiques ou symboliques, ces traditions expriment une vérité profonde : Nicolas ne supportait pas l’injustice. Il ne restait jamais indifférent devant la souffrance des plus petits.
Cela nous rejoint profondément aujourd’hui. Notre monde connaît encore tant d’injustices, tant de pauvreté, tant de solitude. Des enfants souffrent, des familles sont en difficulté, des personnes âgées sont oubliées. La vie de Saint Nicolas nous rappelle que la foi chrétienne n’est jamais indifférente. Croire en Dieu, c’est apprendre à voir l’autre avec les yeux du Christ et à agir lorsque la dignité humaine est menacée.
Saint Nicolas a aussi été un évêque fidèle à la vérité de la foi. Il a participé au concile de Nicée, un moment crucial pour l’Église, où il a défendu avec force la foi en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme. Pour lui, la vérité n’était pas une idée abstraite, mais une relation vivante avec le Christ. Il savait que l’amour et la vérité ne s’opposent pas, mais qu’ils vont toujours ensemble.
Dans un monde où tout semble parfois relatif, où l’on hésite à affirmer ce en quoi l’on croit, Saint Nicolas nous encourage à une foi enracinée, humble mais solide. Être chrétien aujourd’hui demande du courage, mais aussi de la douceur. Saint Nicolas nous montre qu’il est possible de rester ferme dans la foi tout en étant profondément charitable.
Si nous célébrons aujourd’hui Saint Nicolas comme patron de notre église, ce n’est pas un hasard. Cela signifie que notre communauté est appelée à lui ressembler. Être une paroisse placée sous le patronage de Saint Nicolas, c’est être une église ouverte et accueillante, attentive aux plus fragiles, généreuse dans le service, fidèle à l’Évangile. C’est être une église où chacun peut trouver sa place, où la charité n’est pas un mot, mais une réalité vécue.
En ce jour de fête, laissons-nous interpeller par la vie de Saint Nicolas. Il ne nous demande pas de faire des choses extraordinaires, mais de vivre l’Évangile dans l’ordinaire de nos vies. Il nous rappelle que la sainteté est possible pour chacun de nous, à travers des gestes simples, une foi sincère et un amour concret.
Demandons à Saint Nicolas d’intercéder pour notre paroisse, pour nos familles, pour les enfants et pour tous ceux qui sont dans le besoin. Qu’il nous apprenne à donner sans compter, à aimer sans condition et à marcher fidèlement à la suite du Christ. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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Le riche et le pauvre Lazare
Dans cet Évangile, frères et sœurs bien-aimés, l'inégalité visible de la condition et de la vie des gens dans la vie présente, temporaire, et, par conséquent, l'inégalité du sort des gens dans l'autre vie, celle de l'au-delà qui n'a pas de fin, nous est décrite par notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même. Nous avons là un homme riche, dont le nom n'est pas mentionné, et un mendiant nommé Lazare. Qui est ce malheureux riche, ce joyeux luron qui hérite des tourments éternels ? Si l'on en juge par le fait qu'il appelle Abraham son père, et que lui et ses frères connaissaient les écrits de Moïse et des prophètes, nous devons supposer que l'homme riche était de la lignée et de la loi juives, c’était un descendant d'Abraham.
En quoi consistait son péché, quelle culpabilité lui avait valu d'aller en enfer ? Il est dit dans l'Évangile qu'il était riche ; mais ce n'est sans doute pas la richesse qui a été la cause du terrible tourment que cet homme riche éprouvait en enfer. Abraham a également été un homme très riche, mais la richesse ne l'a pas empêché d'être un ami de Dieu, car c’était un une personne hospitalière, qui accueillait les étrangers, qui était en toutes choses fidèle et obéissant à Dieu. Certes, il était vêtu de porphyre et de lin fin - donc de vêtements royaux - et il festoyait somptueusement chaque jour. Il semblerait qu'il n'y ait pas de sa part de faute particulière en cela non plus. On dit aussi qu'il festoyait chaque jour, c'est-à-dire qu'il mangeait, buvait et s'amusait avec ses amis et ses flatteurs ; mais même à notre époque éclairée, les festins et les dîners sont coûteux, et ceux qui les organisent ne pensent pas qu'ils pèchent gravement et qu’ils iront en enfer s'ils oublient les pauvres.
Cherchons encore quelles pouvaient être les fautes de ce riche joyeux luron. Que dit l'Évangile ? Il y avait un mendiant, nommé Lazare, qui était couché à sa porte le corps couvert de plaies, et qui voulait se nourrir des miettes qui tombaient de la table du riche, et les chiens venaient lécher ses plaies. La voilà la vraie faute du riche, celle qui le rend coupable de ses vêtements luxueux et de ses festins quotidiens : cette faute, c'est sa dureté de cœur et son absence de miséricorde envers les pauvres, qui lui viennent de sa passion pour le luxe et la vanité, pour l'oisiveté et la vie légère.
A la porte même de sa maison le pauvre Lazare est couché par terre, couvert de plaies. Par sa seule apparence il aurait dû susciter la compassion et la miséricorde ; mais le riche tout en le voyant ne le voit pas et ne lui témoigne pas la moindre compassion : il est occupé par ses festins ; les chiens sont plus compatissants que lui - ils viennent lécher le pus des plaies de Lazare. Lazare aurait voulu se nourrir des miettes de la table de l'homme riche – ce qui montre qu’il ne recevait rien du repas du riche. C'est pour cette dureté de cœur et ce manque de compassion que l'homme riche est envoyé en enfer après sa mort ; et Lazare, pour ses souffrances, pour sa patience à toute épreuve, pour sa pauvreté et son dénuement honnêtes, est jugé digne du sein d'Abraham, du repos et de la félicité éternels.
Quel enseignement nous donne cette représentation du riche et du pauvre ? Tout d'abord nous en tirons la leçon que la richesse et la pauvreté, la santé et la maladie, la joie et la tristesse – tout cela finit par passer et disparaître, mais les actes des gens, leurs vices et leurs vertus ne meurent pas, mais ils les suivent dans l'éternité, où ils permettent au Juge de condamner ou de justifier les hommes. C'est pourquoi, frères et sœurs bien-aimés, n'ayons pas le cœur dur et ne soyons pas sans pitié envers les pauvres, lorsque nous jouissons nous-mêmes de richesses, ne soyons pas vaniteux dans la richesse et le contentement, mais partageons ce que nous pouvons avec les pauvres, afin que, lorsque nous deviendrons pauvres en bonnes actions, ils puissent nous recevoir dans les tabernacles éternels, selon les paroles de notre Sauveur.
Voyez combien, après la mort de Lazare et de l'homme riche, le destin de l’un comme de l’autre change soudainement ! Le mendiant meurtet il est porté par les anges dans le sein d'Abraham. Quel honneur, quel amour lui portent les armées célestes ! Il est porté et accompagné au paradis comme un concitoyen par les anges du ciel, ces amis fidèles de tous ceux qui sont fidèles à Dieu. L'homme riche mourut aussi et fut enseveli ; et dans l'enfer, comme il souffrait, il leva les yeux, et vit de loin Abraham et Lazare dans son sein. Quel spectacle ! Lazare, ce mendiant, malade, méprisé jadis par l'homme riche, se trouve maintenant dans un lieu de lumière, de fraîcheur, de félicité, tandis que l'homme riche est dans l'enfer, dans les tourments.
Ensuite, l'homme riche demande à Abraham d'envoyer Lazare tremper le bout, juste le bout de son doigt dans l'eau et rafraîchir sa langue, cette langue qui aimait tant se délecter et qui maintenant était terriblement brûlante, desséchée. Mais l'homme riche se voit refuser cela, car il a reçu le bien durant sa vie et Lazare le mal. Il a donc reçu ce pour quoi il vivait, il a joui de ce qu'il considérait comme son bien, mais pour l'éternité, il n'a rien préparé, aucune bonne action. Lazare, dans la fournaise de la maladie et de la privation, s'est purifié de ses péchés et en a subi le châtiment dans la maladie et la privation mêmes. C'est pour cela, dit Abraham, qu'il est réconforté ici, tandis que toi tu souffres. C'est ainsi que les rôles de l'un et de l'autre se sont soudain inversés, dès après leurs morts respectives. En outre, Abraham présente à l'homme riche une autre raison pour laquelle Lazare ne peut pas venir à lui, à savoir qu'entre les prisonniers de l'enfer et ceux du paradis, il y a un gouffre infranchissable pour l’éternité. Cela avait dû frapper le riche d’un nouveau sentiment d’horreur de perte de tout espoir de grâce et il demande alors à Abraham, non pas pour lui, mais pour ses frères, qu'il leur envoie Lazare pour témoigner de l'existence réelle de l'enfer et de l'existence du paradis – la demeure éternelle et le lieu de la joie éternelle. Mais l'ancien riche se voit refuser cela aussi car, lui dit-on, ses frères devraient écouter Moïse et les prophètes, c'est-à-dire lire leurs écrits et s'y conformer. C'est une bonne leçon, instructive, pour tous les pseudos intellectuels insensés d’aujourd’hui qui ne croient pas en l'existence des âmes humaines après la mort, ne croient pas en l'existence réelle du feu éternel et en l'éternité du tourment des pécheurs impénitents et de la félicité future.
Méditez sur ce qui est écrit dans cette leçon de l'Évangile et croyez de tout votre cœur tout ce qui y est écrit. Car aucun iota ne passera de ce que le Christ-Vérité Lui-même a dit, jusqu’à ce que tout ne soit accompli. Amen.
Saint et Juste JEAN de Cronstadt
Богач и нищий Лазарь
В нынешнем Евангелии, возлюбленные братья и сестры, изображено Самим Господом нашим Иисусом Христом видимое неравенство состояния и жизни людей в здешней, временной жизни и сообразно тому неравенство участи людей в другой, загробной жизни, конца не имеющей. Речь идет об одном богатом человеке, имя которого не упомянуто, и об одном нищем по имени Лазарь. Кто же этот злополучный богач, роскошный весельчак, наследовавший вечную муку? Судя по тому, что он называет Авраама отцом и что ему и братьям его были известны писания Моисея и пророков, следует полагать, что богач был еврейского рода и закона, потомок Авраама.
В чем состоял его грех, его вина, за которую он попал в ад? В Евангелии сказано, что он был богат;но, без сомнения, не богатство было причиной столь ужасного мучения, которое испытывал богач в аду, – и Авраам был в свое время очень богатый человек, но богатство не помешало ему быть другом Божиим, потому что он был странноприимец и гостеприимен и был во всем верен и послушен Богу. Сказано дальше, что он одевался в порфиру и виссон – значит, чисто по-царски – и каждый день пиршествовал блистательно.Казалось бы, и в этом нет особенной вины его. Далее говорится, что он каждый день пировал блистательно – значит, ел да пил и веселился с друзьями и льстецами своими; но и в наше просвещенное время частые пиры, обеды дорогие,но устраивающие их не думают, что они через то тяжко согрешают и попадут в ад, особенно если забывают бедных.
Пойдем дальше искать вины богатого весельчака. Что в Евангелии говорится? Был некоторый нищий, именем Лазарь, который лежал у ворот его в струпьях и желал напитаться крошками, падающими со стола богача, и псы, приходя, лизали струпья его. Вот где настоящая вина богача, делающая его виновным и в его роскошном одеванье, и в его ежедневных богатых пирах: эта вина – жестокосердие и немилосердие к бедным, происшедшее в нем от страсти к роскоши и мотовству, к праздной и веселой жизни.
У самых ворот его дома лежит бедный Лазарь в струпьях, и который одним видом и положением своим должен бы был возбуждать сострадание и милосердие; но богач и видя как бы не видит его и не оказывает ему ни малейшего сострадания: он занят своими пирами; псы сострадательнее его – они приходят и облизывают гной Лазаря. Лазарь желал напитаться крошками со стола богача – значит, от богатой трапезы ему ничего не давали. Вот за это-то жестокосердие и немилосердие богач и послан после смерти в ад; а Лазарь за свое злострадание, терпение безропотное, за свою честную бедность и лишения удостоен лона Авраамова, вечного упокоения и блаженства.
Какой урок дает нам это изображение богатого и бедного? Во-первых, тот урок, что богатство и бедность, здравие и болезни, веселье и скорби – всё здешнее скоро проходит и исчезает, но дела людей, их пороки и добродетели не умирают, но переходят вместе с ними в вечность, и там или оправдают, или осудят их пред Судьей. А потому, возлюбленные братья и сестры, не будем жестокосерды и немилостивы к бедным, когда имеем сами достаток, не будем зазнаваться в богатстве и довольстве, а будем делиться по силам с бедными, чтобы, в случае когда мы оскудеем делами добрыми, они приняли нас в вечные кровы, по словам Спасителя нашего.
Смотрите, как после смерти Лазаря и богача вдруг переменяется судьба и состояние того и другого! Умер нищий и отнесен был Ангелами на лоно Авраамово. Какая честь, какая любовь к нему со стороны небожителей ! Его несут и сопровождают в рай, как согражданина своего, ангелы небесные, эти верные друзья верных Богу людей. Умер и богач, и похоронили его; и в аде, будучи в муках, он поднял глаза свои, увидел вдали Авраама и Лазаря на лоне его. Какое зрелище! Лазарь, нищий, больной, презираемый некогда богатым, теперь в месте света, прохлады, блаженства, а сам богач – в аде, в муках.
Дальше богач просит Авраама, чтобы он послал Лазаря, да омочит конец, только конец перста своего в воде и прохладит язык его, этот сластолюбивый язык, теперь ужасно горящий, засохший. Но богачу и в этом отказано за то, что богач получил свое добро в жизни своей, а Лазарь – зло. Следовательно, для чего жил, то и получил; что считал своим благом, тем и насладился, но для вечности – ничего, никаких добрых дел не приготовил. Лазарь же в горниле болезни и лишений очистился от грехов и потерпел за них наказание в самой болезни и лишениях. За то, – говорит Авраам, – он здесь утешается, а ты страдаешь. Вот как вдруг переменились роли того и другого, и сейчас же после смерти того и другого. Далее, Авраам представляет и другую причину богатому, почему Лазарю нельзя прийти к нему – именно потому, что между заключенными в аду и между находящимися в раю утверждена пропасть вовеки непроходимая. Это должно было поразить богача новым ужасом безнадежности в помиловании и он уже просит Авраама не о себе, а о своих братьях, чтобы Авраам послал Лазаря к ним для засвидетельствования о действительном существовании ада и о существовании рая – вечного жилища и места вечной радости. Но бывшему богатому сделан отказ и в этом, а сказано, чтобы братья его слушали Моисея и пророков, т.е. их писания читали и исполняли. Хороший, поучительный урок всем нынешним безумным умникам, не верующим в существование душ человеческих по смерти, в действительное бытие вечного огня и в вечность мучений грешников нераскаянных и будущего блаженства.
Размышляйте о написанном в этом евангельском поучении и веруйте всем сердцем всему, что в нем написано. Ибо ни одна йота не прейдет из того, что сказала сама Истина – Христосъ, и все исполнится. Аминь.
Святой Праведный IОАННЪ Кронштадтскiй
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Quand la grâce restaure ce que le mal a détruit
Luc 8:26–39
Bien-aimés frères et sœurs en Christ, l’Évangile que nous venons d’entendre nous conduit dans un lieu étrange, sur l’autre rive du lac, dans la région des Géraséniens, là où vivent des païens, où l’on garde des porcs, et où l’impureté semble régner. C’est là pourtant que Jésus choisit d’aller, là où personne ne veut aller, dans ce territoire de mort où vit un homme possédé, enfermé dans sa souffrance, rejeté par tous. Car le Christ ne fuit jamais les lieux de ténèbres : il y entre pour les illuminer. Saint Jean Chrysostome disait que le Seigneur ne se détourne pas de l’impur, car sa pureté n’est pas contaminée par le mal : au contraire, elle purifie ce qu’elle touche. C’est ce que nous voyons ici : la lumière divine descend jusque dans les tombeaux des hommes.
L’homme de Gérasa est une image de l’humanité blessée. Il vit parmi les morts, il est nu, enchaîné, criant sans cesse. Il n’a plus de paix, plus de relation, plus de dignité. Le mal l’a déshumanisé. Il ne se possède plus lui-même, car d’autres forces le dominent. Ce portrait n’est pas seulement celui d’un démoniaque du passé, mais celui de tout être humain lorsqu’il est séparé de Dieu. Le péché, la passion, la peur, la haine, tout cela nous isole, nous enferme, et fait de nous des étrangers à nous-mêmes. Saint Grégoire de Nysse a écrit que le péché est la maladie de l’âme, qui la rend semblable à un cadavre privé de la lumière divine. Mais ce que le Christ voit en cet homme, ce n’est pas un monstre : il voit une image blessée de Dieu, une icône peut être défigurée, mais jamais effacée. Et il s’approche, non pour juger, mais pour sauver.
Le Seigneur s’avance vers lui et parle à l’esprit mauvais : « Quel est ton nom ? » Ce n’est pas une curiosité, mais un acte de vérité. Nommer, c’est dévoiler, et ce qui est mis en lumière perd son pouvoir. La parole du Christ brise la confusion et restaure l’ordre. Là où règnent les ténèbres, la lumière entre et chasse le mensonge. Saint Basile le Grand disait que là où entre la lumière de Dieu, les ténèbres ne peuvent demeurer. Les démons supplient Jésus, car ils savent qu’ils ne peuvent rien contre Lui. Ils demandent de partir dans les porcs, et le Seigneur les laisse faire, non par faiblesse, mais pour montrer que la délivrance de l’homme a un prix. Les porcs périssent, mais une âme est sauvée. Saint Jean Chrysostome commente que le Christ montre ici la valeur infinie d’une seule âme, qui vaut plus que tout bien matériel.
Quand les habitants du pays viennent, ils trouvent l’homme assis, vêtu et dans son bon sens. Ces trois mots résument tout l’Évangile : assis, il est en paix ; vêtu, il a retrouvé sa dignité ; dans son bon sens, il a retrouvé la lumière intérieure. Saint Isaac le Syrien disait que là où la grâce agit, l’âme redevient ce qu’elle était au commencement, simple, pure et paisible. Cet homme n’est plus l’esclave des ténèbres, il est devenu un témoin de la lumière. Il veut suivre Jésus, mais le Seigneur lui dit : « Retourne chez toi, et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi. » La grâce ne nous enferme pas dans la gratitude muette : elle nous envoie. Ce que le Christ touche, Il le transforme, et ce qu’il transforme, il l’envoie, dit saint Grégoire le Théologien.
Frères et sœurs, chacun de nous, d’une manière ou d’une autre, connaît cet homme. Nous portons tous en nous des blessures, des chaînes invisibles, des souvenirs douloureux, des passions qui nous dominent. Parfois, nous nous sentons comme lui, isolés, impuissants, enfermés dans nos tombeaux intérieurs. Mais l’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle qu’il n’y a pas de lieu où la grâce ne puisse descendre. Aucune tombe n’est trop profonde pour que la voix du Christ ne s’y fasse entendre. Aucune chaîne n’est trop solide pour que Sa parole ne la brise. Aucune honte n’est trop grande pour que Son amour ne la couvre. Saint Maxime le Confesseur a écrit que la grâce ne détruit pas la nature humaine, mais qu’elle la guérit, qu’elle la rend à sa beauté première. C’est cela la restauration : non pas une simple amélioration morale, mais une recréation, une résurrection intérieure.
Le Christ est venu pour restaurer l’homme, pour le rendre à lui-même, pour lui rendre son visage d’enfant de Dieu. Là où le mal a détruit, la grâce rebâtit. Là où la peur a régné, la paix s’installe. Là où la honte a enfermé, la lumière libère. Cet homme, hier esclave, est aujourd’hui témoin. Ce lieu de mort est devenu le théâtre de la miséricorde. Et c’est cela que Dieu veut accomplir en chacun de nous : transformer nos ruines en temples, nos ténèbres en lumière, nos blessures en témoignages.
Ne fuyons pas le regard du Christ. Il n’est pas venu pour condamner, mais pour restaurer. Ouvrons-Lui les portes de nos tombeaux intérieurs. Laissons-Le nous revêtir de Sa miséricorde, nous asseoir à Ses pieds, et nous rendre notre bon sens spirituel. Saint Isaac le Syrien disait qu’il n’est pas de péché que la miséricorde ne puisse effacer, car là où l’amour de Dieu s’étend, tout renaît.
Frères et sœurs, aujourd’hui encore, le Seigneur passe sur nos rivages. Il nous appelle à sortir des tombeaux où nous vivons parfois, à quitter les chaînes de nos passions, et à nous laisser restaurer par Sa grâce. Il nous appelle à devenir, comme cet homme délivré, des témoins vivants de Son amour. Car le Christ ne vient pas seulement libérer : il vient reconstruire, réconcilier, ressusciter. Et à Lui soient la gloire, la puissance et la miséricorde dans les siècles des siècles. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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La fille de Jaïrus et la femme atteinte de perte de sang
Bien-aimés frères et sœurs en Christ, l’Évangile du jour nous présente deux miracles inséparables, deux récits où se manifeste la puissance vivifiante de notre Seigneur Jésus-Christ : la guérison de la femme atteinte d’une perte de sang et la résurrection de la fille de Jaïrus. Deux situations humaines désespérées, mais un seul Sauveur, une seule lumière : la foi qui ouvre le cœur à la grâce.
Cette femme, depuis douze ans, portait un fardeau d’humiliation et de souffrance. Elle était rejetée à cause de sa maladie, considérée comme impure, privée de contact humain et de vie liturgique. Pourtant, dans le secret de son âme, elle nourrit une espérance : si je touche seulement la frange de Son vêtement, je serai guérie. C’est la foi qui parle, non la raison. C’est le cri silencieux du cœur qui croit à la miséricorde de Dieu. Et voici que, dès qu’elle touche le vêtement du Seigneur, la puissance divine agit, et la femme retrouve la santé. Le Seigneur s’arrête et demande : qui m’a touché ? Non pas parce qu’Il l’ignore, mais, comme dit saint Jean Chrysostome, « afin de manifester la foi de cette femme, de rendre son acte public, et de faire de sa guérison un enseignement pour tous ». Car le Christ ne veut pas seulement guérir en secret, Il veut que la foi soit confessée devant les hommes pour glorifier Dieu.
Lorsque la femme, tremblante, se jette à Ses pieds, Jésus lui dit : ma fille, ta foi t’a sauvée, va en paix. Saint Cyrille d’Alexandrie commente : « Le Seigneur appelle fille celle qu’Il adopte par la foi ; elle qui était exclue devient enfant de Dieu. » Quelle merveille ! Le Christ ne se contente pas de rendre la santé au corps, Il restaure la communion perdue, Il transforme la honte en dignité, la solitude en filiation.
Mais voici que la scène se déplace. Tandis que la joie éclaire le visage de cette femme, une autre douleur surgit : on vient dire à Jaïrus que sa fille est morte. Tout semble fini, l’espoir s’effondre. Mais Jésus dit au père abattu : ne crains pas, crois seulement, et elle sera sauvée. Dans ces quelques mots se trouve tout l’Évangile. Ne crains pas : car la peur est l’arme du démon. Crois seulement : car la foi ouvre la porte à la vie éternelle.
Arrivé à la maison, Jésus trouve les pleurs et la dérision. Il dit : ne pleurez pas, elle n’est pas morte, mais elle dort. Et tous se moquent de Lui, car ils ne comprennent pas. Saint Grégoire le Théologien écrit : « Pour Dieu, la mort n’est qu’un sommeil, car Celui qui a créé la vie peut la réveiller à Sa parole. » Et Jésus, prenant la main de la jeune fille, prononce : Mon enfant, lève-toi. Aussitôt l’esprit revient, et la vie renaît. Ce geste du Seigneur est plein de tendresse et de puissance. Il touche la main d’un mort, ce que la Loi interdisait, mais Lui, le Seigneur de la Loi, n’est pas souillé par la mort ; c’est la mort qui est vaincue par Son contact. Comme le dit saint Éphrem le Syrien : « Le Christ est entré dans la maison de la mort, et la mort s’est enfuie. »
Ces deux miracles sont le miroir d’un même mystère. La femme et la jeune fille ont toutes deux douze ans d’histoire : douze ans de souffrance d’un côté, douze ans de vie interrompue de l’autre. L’une perdait son sang, signe de la vie qui s’écoule, l’autre perd la vie elle-même. L’une symbolise l’âme malade du péché, l’autre l’âme morte par le désespoir. Et dans les deux cas, le Christ se manifeste comme le médecin et le "ressusciteur". La femme guérie figure l’humanité lavée de son impureté par la foi et par la grâce ; la fille relevée figure l’humanité ressuscitée par la puissance de la Résurrection.
Frères et sœurs, l’enseignement de cet Évangile est clair. Ce n’est pas la proximité physique du Christ qui sauve, mais la foi. Beaucoup Le pressaient, une seule L’a touché. Beaucoup L’écoutent, mais peu ouvrent vraiment leur cœur. Saint Jean Chrysostome disait encore : « La foule entoure le Christ, mais c’est la foi qui Le retient. » Nous pouvons venir à l’église, entendre les lectures, nous approcher des sacrements, mais si notre cœur n’est pas tourné vers Lui, nous ne recevons pas la grâce.
Le Seigneur nous dit aujourd’hui à chacun : ne crains pas, crois seulement. Dans nos douleurs, dans nos épreuves, dans nos angoisses, il nous suffit de tendre la main de la foi. Quand tout semble perdu, le Christ nous dit encore : elle n’est pas morte, elle dort. Ainsi parle Celui qui a vaincu la mort. Rien n’est vraiment perdu si nous gardons la foi.
Approchons-nous donc du Seigneur comme la femme de l’Évangile, avec humilité et confiance. Touchons-Le dans la prière, dans le repentir, dans la Sainte Communion. Car chaque fois que nous Le touchons avec foi, une force sort de Lui et nous guérit. Et si la mort elle-même frappe à notre porte, souvenons-nous qu’elle n’a pas le dernier mot, car le Christ a pris la main de la jeune fille, et par ce geste Il a pris la main de toute l’humanité.
Alors, frères et sœurs, que notre cœur s’ouvre à la parole du Seigneur. Que nous entendions intérieurement Sa voix qui nous dit aussi : mon enfant, ta foi t’a sauvée. Ne crains pas, crois seulement. Et nous aussi, nous ressusciterons à Sa lumière. Amen.
Père Zhivko Zhelev