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QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME
Saint Jean Climaque ou "de l’Echelle"
Dimanche : Hébr. VI, 13-20 ; Marc IX, 17-31
Saint Jean : Eph. V, 9-19 ; Mat. IV, 25 - V, 12
AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs
I – L’apôtre, dans un paragraphe précédent poursuivait ses exhortations morales bien adaptées à ce temps pénitentiel : persévérez, ne vous relâchez pas, étant ceux qui, par la foi sont devenus héritiers de la Promesse, et de là il en vient au texte que vous avez entendu, c’est-à-dire à la Promesse de Dieu à Abraham : «Je te bénirai et multiplierai ta postérité …», mais il souligne que Dieu promet cela par serment, un serment sur lui-même, puisqu’il n’a pas de supérieur. Nous avons donc, comme Abraham dont nous sommes les héritiers, la Promesse ET le Serment. C’est là, ajoute-t-il, l’ancre – la métaphore est étrange – l’ancre par laquelle notre âme se trouve amarrée, une ancre qui pénètre au-dedans du rideau [le rideau mystique qui sépare le Sanctuaire du Temple où sont les fidèles], là donc où est entré notre «Précurseur», comme dit saint Paul, le CHRIST, grand Prêtre éternel selon l’ordre de Melchisédech.
L’épître nous a fait passer du plan de la morale et de la bonne conduite aux réalités mystiques.
II – La péricope évangélique nous ramène, pourrait-on presque dire, au plan de la quotidienneté – du miracle, cependant ! – puisqu’il s’agit de la guérison de l’enfant que notre médecine qualifierait d’épileptique, cet enfant possédé du démon lequel le faisait tomber dans des crises de tétanie et autres, le jetant éventuellement dans le feu ou dans l’eau.
Nous nous trouvons au plan de la thaumaturgie. Le Père qui amène son malade au Christ, lui dit qu’il l’a préalablement montré aux apôtres qui n’ont pu le guérir … «Hommes de peu de foi !» dit le Seigneur. Lui-même guérit l’enfant, ainsi que raconte l’évangile. Mais le Christ dit au père : «Crois-tu ?». La foi – dont témoigne aussitôt le malheureux père –, est l’adhésion indispensable de celui qui recourt au Christ.
Cette guérison – qui ne nous surprend pas ! – suscite par contre l’interrogation des apôtres : «Pourquoi, nous, n’avons-nous pu le guérir ?». Or le Christ leur répond : «Cette race de démons ne peut être vaincue que par le jeûne et la prière». Le jeûne et la prière, nous y sommes particulièrement adaptés en cette période de Carême, nous en expérimentons chaque jour la dimension morale et spirituelle. Nous progressons par le jeûne et la prière. Mais l’enseignement du Christ notre Dieu nous en fait percevoir ici la dimension MYSTIQUE. Nous connaissons leur dimension humaine et morale, mais le Christ nous fait percevoir leur efficacité AU DELA DU VOILE, dans cet au-delà du voile, où, par le Christ, nous sommes ancrés – comme un navire, selon la métaphore de l’apôtre Paul.
Etant ainsi prédisposés à comprendre, nous comprenons que la péricope évangélique se poursuive par l’annonce de la Passion et de la Résurrection : Celui qui, sous nos yeux a guéri le jeune épileptique, Il est notre Grand Prêtre éternel selon l’ordre de Melchisédech. Les miracles qu’Il accomplit sont le prélude de cette GUÉRISON éternelle qu’est le Salut, accompli «une fois pour toutes» par notre Grand Prêtre éternel, le Christ.
III – «Vous étiez dans les ténèbres, mais vous êtes lumière dans le Seigneur : Marchez donc comme des enfants de lumière !» dit l’épître aux Ephésiens qui détaille ensuite tous les fruits de l’esprit, la bonté, la justice, la vérité. C’est pourquoi il était dit : «Réveille-toi, toi qui dors et le Christ t’éclairera !»
Mais l’évangile qui suit, en l’honneur du guide des moines qu’était saint Jean de l’Echelle, n’est autre que le «grand» évangile des béatitudes, celui que l’on trouve chez saint Matthieu et celui que nous entendons tous les dimanches.
Sagesse surhumaine et divine, inépuisable et au-delà de tout commentaire et qu’on ne peut cesser de contempler et d’adorer !
En l’honneur de ce moine et guide spirituel éminent, en la pensée aussi de tous ceux qui sont dans les ténèbres et la recherche, de ceux qui sont dans l’angoisse et de tous ceux qui, dans notre paroisse, ont des raisons d’inquiétude ou de tristesse, j'attirerai l'attention sur deux points seulement : Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux : être pauvre "en esprit", que l'on soit milliardaire ou pas, c'est avoir tout abandonné pour le Christ : soucis d'ambition, préoccupations financières, carrière, vicissitudes de santé ... : Tout !
Et en l'honneur particulièrement de ce saint moine : Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Voilà la véritable pureté de cœur : "voir Dieu" ! Par les prières de saint Jean et des saints moines ascètes, puissions-nous nous aussi surmonter nos avanies et nos tristesses et parvenir à la pureté du cœur et à l’Illumination divine !
AMIN
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3-e DIMANCHE de CARÊME : VÉNÉRATION de la CROIX
Liturgie : Hébr. IV,14-V,6 ; Marc VIII,34-IX,1
AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,
I – Ce troisième dimanche de Carême est celui de la Croix. Nous avons eu, avec le Triomphe de l’Orthodoxie, la fête des Icônes qui sont le signe visible de la Divinité du Christ. «Dieu, nous L’avons vu !», c’est le cri de victoire des orthodoxes. Nous L’avons vu et nous Le voyons dans toutes nos églises, dans toutes nos maisons, présent dans Ses saintes icônes que nous vénérons avec piété, sur lesquelles nous déposons avec ferveur le baiser de nos lèvres. Le deuxième dimanche de Carême était celui de ce maître de la mystique, Grégoire Palamas, guide de nos âmes par l’hésychasme, lequel, par l’inhabitation en nous du Nom de Jésus, nous conduit à la participation de la Lumière incréée, la Lumière du Thabor. Dans la continuation de ce cheminement de carême, voici que, en ce troisième dimanche, nous sommes directement face à face avec la Croix, avec le Christ Lui-même qui nous a sauvés et rachetés par Sa Croix.
II – A cette confrontation nous prépare l’Epître aux Hébreux dans la péricope d’aujourd’hui, tout entière consacrée au Sacerdoce de Jésus-Christ, sacerdoce souverain et éternel. Nous avons en Christ, le souverain Sacrificateur, Celui qui peut offrir le Don pour le peuple – puisque Il connaît par Son Humanité notre humanité qu’Il élève vers Dieu. Ces offrandes, il est dit, ailleurs, qu’Il les a accomplies une fois pour toutes, puisque Il s’est offert Lui-même par la Croix. Or, cette médiation, poursuit l’Apôtre, personne ne peut s’en investir soi-même, l’assumer soi-même. Aussi le Christ ne s’est-Il pas attribué la gloire d’être souverain sacrificateur, Il l’a reçue de Celui qui a dit : «Tu es Mon Fils : aujourd’hui [C’est-à-dire : éternellement] Je T’ai engendré». Mais le Même Lui a dit aussi : «Tu es prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédech». «L’ordre de Melchisédech» correspondant au Nouveau Sacerdoce, celui de la Foi, alors que le sacerdoce ancien, celui d’Aaron et des lévites, était celui de la Loi. Or le Christ était de la tribu de Juda (dans laquelle, jusqu’alors, ainsi que le rappelle un peu plus loin l’apôtre Paul, il n’y avait pas eu de sacerdoce).
III – La révélation plénière, en ce jour et pour toute la suite, se trouve dans la péricope évangélique de Marc. C’est une révélation traumatisante pour chacun de nous : «Quiconque veut venir à Moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive !». «Qu’il se charge de sa croix», cela a été dit avant la crucifixion, ce qui montre, à la fois que cette crucifixion était volontaire et également que cette exhortation ne s’applique pas à un acte unique du fidèle, mais à toute sa vie. En effet, le Christ précise : «Quiconque voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie pour l’amour de Moi et de l’évangile la sauvera».
«Vouloir sauver sa vie» qu’est-ce à dire ? C'est-à-dire : vouloir pour soi tous les biens désirables de ce monde, une situation sociale toujours meilleure, toujours plus d’argent, et par suite, tous les biens que l’on désire et dont on veut jouir.
Or le Christ ajoute : «Que servirait-il de gagner le monde [donc tous les biens que j’ai dit] et de perdre son âme»? Il explicite également ce que signifie cette course après les biens humains : «Quiconque aura eu honte de Moi et de Mes paroles – l’appât du gain et des jouissances, vous le comprenez, bien-aimés Frères et Sœurs, est en effet une répudiation du Christ – quiconque aura eu honte de Moi et de Mes paroles, le Fils de l’Homme le répudiera aussi quand Il viendra avec ses anges !».
L’option de la croix n’est pas facultative : elle est la condition même du Salut ! Pensons-y avec gravité, frères et sœurs bien-aimés !
Mais la contrepartie est à portée de la main : certains ne mourront point sans avoir vu le règne de Dieu venir avec puissance ! Cela ne s’applique pas seulement aux témoins historiques de la Transfiguration, mais à tous ceux qui, suivant la voie de saint Grégoire Palamas, verront luire sur eux la Lumière Incréée.
Que, par Sa Croix, le Christ notre Dieu nous accorde aussi cette Illumination plénière !
AMIN
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DEUXIÈME DIMANCHE DE CARÊME
Saint Grégoire Palamas
Liturgie : Hébr. I, 10-II, 3 ; Marc II, 1-12
Hébr. VII, 26-VIII, 2 ; Jn X, 9-16
AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,
I – Le Péché et le Paralytique
A) A cet homme paralysé que l’on descend à Ses pieds par le toit, le Christ «voyant sa foi», dit – ce qui peut paraître inattendu, voire non pertinent : «Tes péchés te sont pardonnés» …
Arrêtons-nous d’abord :Nous sommes en ce moment dans le Carême, temps de la pénitence. Le plus urgent semble au Christ, quand il voit le Paralytique, de lui dire : «Tes péchés te sont pardonnés». Qu’est ce que le péché, sinon LA PARALYSIE DE L’ÂME, Frères et Sœurs bien-aimés ? Du fait du péché, en effet, on n’avance plus, on est cloué à la terre …
B) Ce Paralytique – historique, dirais-je – est antérieur à la Confession et à la Pénitence sacramentelles, mais c’est avec juste raison que les prédicateurs orthodoxes prêchent, ce jour-là, sur la Confession, l’absolue nécessité de laver notre âme de tous ses péchés.
С) C’est dans un second temps seulement, et, «afin que vous sachiez que le Fils de l’Homme a sur la terre l’autorité de pardonner les péchés», que le Christ dit au Paralytique : «Prends ton grabat et marche !». Miracle saisissant ! Telle est l’autorité du Christ Dieu : c’est la contemplation première qui s’impose à nous en ce jour.
II – « Ô Dieu, - dit Dieu au Fils, dans l’Epître aux Hébreux, - c’est Toi qui as fondé la terre dès le commencement, et les cieux sont l’œuvre de tes mains … Ils vieilliront comme un vêtement, tu les plieras et ils seront changés, mais Toi Tu seras toujours le même et tes années ne finiront point».
L’épître aux Hébreux poursuit par un parallèle – inégal – entre le Fils et les anges ; «… et auquel de ses anges, Dieu a-t-il jamais dit : Tu es mon Fils, je T’ai engendré aujourd’hui»[C'est-à-dire : hors du temps] ? Et l’Apôtre continue le parallèle - opposition entre le Fils et les anges, il développe la fonction de ceux-ci : ils sont envoyés pour exercer leur ministère «en faveur de ceux qui doivent avoir l’héritage du salut» et il s’étend sur la parole qui a été annoncée par les anges et qu’il faut respecter … car la Foi n’abolit pas la Loi, mais elle l’accomplit.
III – A) L’épître pour Grégoire Palamas vous est bien connue : «Car il nous était convenable d’avoir un tel souverain sanctificateur qui fut saint …». C’est l’épître que l’on lit souvent pour les grands saints. Mais ce texte file un parallèle – ambiguïté, dirais-je, entre le saint que l’on honore et le Christ, elle file aussi l’opposition entre l’ancien sacrificateur – qui offrait et renouvelait le sacrifice pour ses péchés et ceux du peuple – et le nouveau, le Christ, qui a accompli le sacrifice, c’est-à-dire Sa Passion, une fois pour toutes. Qui a enlevé le péché du monde – d’où, en particulier, le pardon souverain accordé au Paralytique de la péricope du deuxième Dimanche.
B) L’évangile poursuit : «Je suis la Porte … Je suis le Bon Pasteur».Tel est en effet la péricope de saint Grégoire Palamas dont nous célébrons la fête, lui, le hérault, le porte-parole de l’hésychasme, l’un des pères les plus prestigieux de l’Athos. Lié à chacun de nous par la prière de Jésus, Saint Grégoire – début du XIV-e siècle – nous a laissés divers écrits théologiques dont certains sont singulièrement complexes, sur la distinction, en Dieu, de l’Essence et des énergies en particulier, sur la déification et la Lumière du Thabor ... Il est l’auteur d’homélies remarquables, dont son homélie sur la « Transfiguration » … Il eut une controverse célèbre avec le théologien Barlaam qui exprimait les points de vue romains..
Véritable phare de l’Orthodoxie, saint Grégoire Palamas n’est pas indigne de se voir appliquées, comme au Christ les saintes paroles : «Je suis la Porte … Je suis le Bon Pasteur» .
Comme le Christ, et par Lui, il a été le Bon Pasteur. Souvenons-nous en en ce Dimanche du repentir et de la Pénitence.
AMIN
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1-er DIMANCHE de CARÊME : TRIOMPHE de l’ORTHODOXIE
Liturgie Hébr. XI, 24-26, 32- XII, 2
Jean I, 43-51
AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,
I – Dimanche dernier, nous étions dans la tristesse de l’accablement d’Adam chassé du Paradis. Effectivement, dès les vêpres du Pardon, nous sommes passés aux ornements noirs et nous avons commencé le Grand Jeûne. Mais Dieu ne nous laisse pas longtemps dans le désarroi : aujourd’hui Premier Dimanche de Carême, très régulièrement, nous fêtons cette grande fête de consolation qu’est le Triomphe de l’Orthodoxie.
L’iconoclasme, déclenché par deux décrets de l’empereur de Constantinople Léon III (726 et 728) a duré cent vingt ans – avec des hauts et des bas – et cela a été pour nos frères orthodoxes qui vivaient alors une persécution épouvantable. On détruisait les icônes dont on vidait les églises, on persécutait tous ceux qui les vénéraient. Quiconque avait une croix sur lui risquait la mort. Il y a eu une brève accalmie sous le règne de l’impératrice Irène qui régnait aux alentours de 800. Le septième concile s’était pourtant prononcé en faveur des icônes. Le fanatisme destructeur, influencé probablement par le comportement des musulmans et des juifs, a repris … Mais, à la mort de Théodule, redoutable iconoclaste (842), c’est sa femme Théodora qui a assumé la régence, et Théodora a rétabli avec autorité la vénération des icônes. L’iconoclasme était terminé, et, en cette fête, l’église rend hommage plusieurs fois dans les offices de la veille «aux saint empereurs, Michel et Théodora». Théodora était régente et Michel III, comme on le voit sur l’icône du jour, était encore un enfant.
II – Les icônes sont fondamentales pour nous, vous le savez ; aux iconoclastes de tout bord qui disaient : «nul n’a jamais vu Dieu», les orthodoxes répondaient : «Mais nous, nous L’avons vu !». L’icône est l’affirmation de la Divinité du Christ et de Son Incarnation. C’est pourquoi nous représentons le Christ et les saints qui sont tous l’image du Christ, et la Mère de Dieu a sa place rituelle dans toutes nos églises.
Dans le passage d’aujourd’hui de l’épître aux Hébreux, après avoir rendu un hommage appuyé à Moïse qui «devenu grand» refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon, pour rejoindre ses frères, renonçant ainsi aux gloires passagères, l’apôtre Paul évoque ensuite, à partir de Gédéon, tous ces autres grands Hébreux dont les œuvres furent exceptionnelles par la foi – c’est le leitmotiv de ces évocations – : ils ont vaincu les ennemis, conquis des royaumes, ils ont ressuscité des morts. Leur courage dans les épreuves, volontaires ou infligées n’est pas moins remarquable : on les a tués, sciés, lapidés. Ils vivaient dans des cavernes ou des trous de la terre, vêtus de peaux de bêtes, eux dont le monde était indigne.
Cependant, poursuit l’apôtre, ils n’ont pas reçu la récompense espérée et promise !
Est-ce un surprenant paradoxe, pourrions-nous demander …Non, poursuit l’apôtre : Dieu ne voulait pas – pour accroître la plénitude de la récompense – qu’ils parviennent sans nous à l’aboutissement.
Mais nous, avec de tels témoins – dont la valeur n’est pas méconnue ! – prenons le Christ pour guide et pour modèle, le Christ qui, à cause de la joie ! a choisi la Croix et subi l’humiliation, mais qui siège à la droite de Dieu.
III – Cette gloire impérissable qui entourait le Christ, même en cette vie, nous en avons une idée et un reflet saisissants dans l’épisode de Nathanaël. Jésus venait de choisir Philippe, comme il le faisait généralement en lui disant simplement : «Suis-moi !». Adhésion immédiate et totale de Philippe ! Celui-ci rencontre, peu après, Nathanaël et il lui dit : «Celui dont Moïse et les prophètes ont parlé, nous l’avons trouvé : c’est Jésus, le fils de Joseph de Nazareth».
Nathanaël n’attendait rien de bon de Nazareth, mais il suit Philippe. Jésus, le voyant arriver dit : «Voici un vrai Israélite en qui il n’y a point de fraude». «Comment me connais-tu ?» demande Nathanaël stupéfait. Jésus répond : «Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier je t’ai vu !». Nathanaël, bouleversé par cette «double vue» de Jésus, Le reconnaît aussitôt comme Fils de Dieu et roi d’Israël. Mais le Christ annonce d’avantage : vous verrez le ciel ouvert et les anges monter et descendre sur le Fils de l’homme.
Vision mystique, qui fut celle des apôtres ou du précurseur – pensons notamment au Baptême, à la Transfiguration, à l’Ensevelissement, à tous ceux, en général, que le Christ choisit …
Voir «au-delà des apparences» n’est-ce pas à cela que nous convient nos saintes icônes que nous fêtons aujourd’hui ? VÉNÉRONS-LES !
AMIN
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Nous proposons à nos lecteurs cette traduction d'une homélie de Saint Jean de Cronstadt qui nous a été envoyée de Montréal par Aude Sturdza à l'occasion du Dimanche du Pardon et rappelons le souvenir de son époux, le prince Aldéa, trop tôt disparu il y a deux ans jour pour jour. Aude et Aldéa Sturdza étaient enfants spirituels de S.B. le Métropolite Vitaly et lui ont manifesté une fidélité absolue jusqu'au dernier jour.
La Rédaction
Homélie de Saint Jean de Cronstadt
Pour le Dimanche du Pardon
Aime Dieu et ton prochain
"Si vous pardonnez au gens leurs péchés, votre Père céleste aussi vous pardonnera vos péchés", dit le Seigneur (Mat VI, 14-15).
Ce dimanche s’appelle dans la langue populaire ‘’dimanche du pardon’’. Depuis les temps anciens, on garde la coutume en ce jour et durant toute la semaine de la Tyrophagie, de se demander mutuellement pardon pour les péchés commis l’un envers l’autre. Magnifique coutume, authentiquement chrétienne : qui de nous, en effet, ne pèche pas contre son prochain, que se soit en paroles, en actes ou en pensées ? En demandant pardon à l’autre, nous montrons notre foi en l’Évangile, notre humilité, notre refus du mal, notre amour de la paix. Au contraire, ne pas désirer demander pardon montre notre peu de foi, la suffisance, la rancune, l’insoumission à l’Évangile, la résistance à Dieu, la complicité avec le Diable.
Pourtant, nous sommes tous enfants du Père par la grâce, membres du Christ notre Dieu, membres de l’unique corps, l’Église, qui est Son corps, et membres les uns des autres; Dieu est amour (I Jean IV,8); et plus que tous les holocaustes et sacrifices, Il exige de nous un amour mutuel, qui est patient, fait miséricorde, n’envie pas, ne s’enfle pas, ne s’enorgueillit pas, ne fait pas de scandale, ne recherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas rancune, ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit de la vérité. Il excuse tout, croit tout, supporte tout et jamais ne cesse (I Cor, XIII,4-8). Toute la loi tient en deux mots : aime Dieu et aime ton prochain. Le cœur de l’homme est extrêmement égoïste, impatient, jaloux de son dû, méchant et rancunier : il est prêt à s’emporter contre son frère contre un mal patent, mais aussi contre un mal imaginaire, pour une parole offensante, mais aussi pour une parole équitable ou tranchante – et même pour un regard qui a semblé peu indulgent, rusé, fier, c’est tout juste s’il ne s’emporte pas contre les pensées du prochain, celles qu’il lui invente. Le Seigneur qui sonde les cœurs dit ceci : c’est du cœur que sortent les pensées méchantes : adultère, débauche, meurtre, vol, emportement, méchanceté, fourberie, obscénité, envie, blasphème, orgueil, déraison (Mc VII, 21-22). À la méchanceté humaine doit être opposée l’infinie bonté et la grâce toute puissante de Dieu ; avec son secours il est aisé de fuir tout mal par la douceur, la bonté, l’esprit de concession, la patience et la longanimité. Je vous le dit, déclare le Seigneur, ne résistez pas au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tend-lui l’autre; Celui qui veut te faire un procès et prendre ta tunique, donne-lui aussi ton manteau (Mat V,39-40)… En échange des péchés pardonnés au prochain, le Père céleste nous promet le pardon de nos péchés, l’acquittement au Jugement dernier, la béatitude éternelle ; les miséricordieux obtiendront la miséricorde (Mat V, 7). La méchanceté invétérée doit s’attendre au juste jugement de Dieu et au tourment éternel. Écoutez ce récit qui montre comment Dieu punit dès ici-bas les méchants qui ne veulent pas se réconcilier entre eux. Dans la Laure des Grottes de Kiev, il y avait deux solitaires – deux moines – le Prêtre Tite et le Diacre Évagre. Après avoir vécu quelques années en bonne intelligence, pour une raison quelconque, ils se prirent d’inimitié et de haine l’un envers l’autre; leur animosité mutuelle dura fort longtemps, et eux, sans se réconcilier, avaient l’audace d’offrir à Dieu le sacrifice non sanglant de l’Autel.
Tous les conseils de la communauté, de laisser là leur colère et de vivre dans la paix et la bonne entente, demeurèrent vains. Un jour le prêtre Tite tomba gravement malade. Désespérant de survivre, il commença à pleurer amèrement son péché et envoya quelqu’un demander pardon à celui qu’il n’aimait pas ; mais Évagre ne voulut même pas en entendre parler et se mit à le maudire sans pitié. La communauté des frères, déplorant un si grave égarement, l’emmena de force auprès du mourant. Tite, apercevant son ennemi, se dressa sur sa couche avec l’aide des autres et tomba devant lui, le suppliant avec les larmes de lui pardonner. Mais Évagre était si inhumain qu’il se détourna de lui et s’écria avec fureur : ni en cette vie ni dans l’autre je ne veux me réconcilier avec lui! Il s’arracha des mains de la communauté et tomba à terre. Les moines voulaient le relever mais quelle ne fut pas leur surprise de le voir mort, et si froid qu’on eût dit qu'il avait expiré depuis longtemps ! Leur surprise s’accrut encore quand ils virent au même moment le prêtre Tite se lever en bonne santé de sa couche de douleur, comme s’il n’avait jamais été malade. Frappé de stupeur devant un événement si inattendu, ils entourèrent Tite et l’un après l’autre l’interrogeaient : qu’est-ce que cela signifie? Il répondit : ‘’J’étais dans cette grave maladie jusqu’à ce que moi, pécheur, qui m’étais emporté contre mon frère, je visse les anges s’éloigner de moi et verser des larmes sur la perte de mon âme et les esprits impurs se réjouir. Voila la raison pour laquelle j’ai désiré plus que tout me réconcilier avec lui. Mais comme on me l’amenait, que je me prosternais devant lui et que lui commençait à me maudire, je vis un ange menaçant de le frapper d’une lance de feu et le malheureux tomber à terre, mort. Et le même ange me tendit la main et me releva de ma couche de douleur.’’ Les moines pleurèrent la terrible mort d’Évagre et depuis lors, ils commencèrent à veiller à ce que jamais le soleil ne se couche sur leur colère.
Frères et Sœurs, la rancune est le plus terrible des vices, elle est aussi détestable devant Dieu que funeste dans la société. Nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu : la bonté et l’innocence doivent être nos vertus permanentes, car Dieu se conduit à notre égard selon sa bonté. Il est lent à la colère et nous pardonne sans compter. Nous aussi, nous devons pardonner. Mais le rancunier n’a pas en lui l’image et ressemblance de Dieu : il est plutôt une bête qu’un homme. Amen.
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