4-e DIMANCHE après la PENTECÔTE


Matines : Luc XXIV, 1-12
Liturgie : Rom. VI, 18-23 ; Matt. VIII, 5-13


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,

En ce Dimanche béni, qui est celui du Centurion, nous percevons face à face les entraves qui pèsent encore sur les plus anciennement convertis, et, en regard, la spontanéité merveilleuse de la Foi chez ceux qui, comme ce Centurion romain, ne connaissaient encore le Christ que par ouï-dire.

I – Croyants fondamentaux, pourraient-on dire, étaient les onze apôtres restants (puisque Judas avait trahi), mais lorsque Marie-Madeleine, Jeanne, Marie mère de Jacques leur rapportèrent ce que les anges leur avaient dit, au Tombeau, sur la Résurrection advenue, sur les raisons de la Passion et de la Résurrection …, ils ne les crurent pas ! De qui, mieux que d’eux aurait-on pu dire qu’ils savaient tout ? Et cependant …

Tel est le poids, Frères et Sœurs, des habitudes mentales antérieures ! Quant aux « Romains » – Juifs ou Grecs convertis – auxquels s’adresse Paul, eux aussi ils avaient adhéré consciemment au Christianisme : mais à quelle lente PÉDAGOGIE est contraint de recourir l’apôtre ! Nous sommes morts au péché, vivant pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché, ajoute-t-il, ne domine pas vos corps, ne donnez pas vos membres à l’injustice … Et encore : soyez à Dieu comme des morts devenus vivants, que vos membres soient les instruments de la justice de Dieu et ainsi de suite …

Comme le savent tous les maîtres d’école la répétition est la mère de l’enseignement : povtorenie mat' utchenia

Nécessaire pesanteur de l’apostolat …

II – Lumineuse et rafraîchissante spontanéité, au contraire, de la foi du Centurion ! Celui-ci n’était pas Juif, il était un militaire de l’armée d’occupation du conquérant romain … Mais comme souvent les « coloniaux », il savait la langue des indigènes – l’araméen – et, son serviteur étant gravement malade, paralysé, et souffrant beaucoup il vient spontanément demander le secours de Jésus. Jésus lui répond aussitôt : « Je viens le guérir ! ». Le centurion réplique cette parole d’humilité qui est passée dans l’église chrétienne : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu viennes dans ma maison : mais dis seulement une parole et mon serviteur – mon âme, disons-nous – sera guéri ! »

Tout naturellement, le Centurion explicite les raisons de sa confiance absolue. J’ai des chefs et j’ai des subordonnés. Quand je dis à l’un deux : « Va ! » il va ; quand je dis à autre : « viens ! » Il vient. Je dis à mon serviteur : « fais ceci ! » et il le fait. C’est la discipline, militaire en l’occurrence.

Le Seigneur entendit, Il fut étonné et Il dit à ceux qui L’accompagnaient : « Jamais Je n’ai trouvé une telle foi en Israël ! » Il poursuit en annonçant : « Beaucoup viendront de l’Orient ou de l’Occident – c’est l’expansion universelle du Christianisme – et ils entreront avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux ! » Et les fils non convertis du Royaume « seront jetés dans les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et des grincements de dents »… Il répond alors au centurion : « Va, et qu’il soit fait selon ta foi »! Et, dans l’instant, son serviteur fut guéri.

N’hésitons pas, dans nos malheurs et nos tribulations, à recourir, avec une confiance totale, au Christ notre Dieu !

Que l’humilité et la foi du Centurion soient dans nos cœurs !


AMIN



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3-e DIMANCHE après la PENTECÔTE


Matines : Marc XVI, 9-20
Liturgie : Ep. Rom. V, 1-10 ; Matt. VI, 22-33



AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,


I – Dirigés par la Foi, commence le saint apôtre Paul, nous sommes dans la paix, par la Grâce de Jésus-Christ. Nous nous félicitons, poursuit-il, même dans les afflictions. Allant au devant de notre surprise, il explique : de ce qui nous est infligé, procède la patience. De la patience, procède la sage expérience – iskustvo –, le juste discernement. De cette juste expérience acquise, procède l’espérance. Là aussi, Frères et Sœurs, le bon sens a sa place ; il ne s’agit pas de s’imaginer qu’on est les plus malheureux des hommes, ni non plus d’espérer n’importe quoi : non, nous évaluons de manière équilibrée notre affliction et nous espérons en conséquence.

Mais cette sage espérance explique l’apôtre, ne se trompe pas CAR DIEU EST DANS NOS CŒURS par le Saint-Esprit : nous sommes tout de suite, en effet, après la Pentecôte, et dans la lignée bénie de tous les saints … que nous venons de célébrer dans les deux dimanches précédents.

Or quelle est la raison suprême de cette espérance ? Christ est mort pour nous quand nous étions pécheurs. A plus forte raison serons-nous sauvés par Son Sang maintenant que nous sommes dans la Grâce.

II – L’évangile commence par une considération sur l’œil – souvenez-vous du juste discernement de tout à l’heure –, l’œil qui est la lumière du corps, et le Christ poursuit en disant qu’on ne peut pas servir deux maîtres : ou bien on aimera l’un et on méprisera l’autre ou le contraire, on ne peut pas servir DIEU ET MAMMON – Mammon, c’est-à-dire la richesse.

L’application suit immédiatement, « au ras des pâquerettes », c’est-à-dire au niveau de notre mentalité de tous les jours : ne vous préoccupez pas des besoins du corps, la nourriture, la boisson, le vêtement, les éléments constitutifs en somme de notre « train de vie » et de la banalité de nos préoccupations quotidiennes … C’est pourtant bien nécessaire, aurait-on tendance à dire : il faut manger tous les jours, il faut s’habiller, se loger …

Le Christ écarte d’un revers de main ces préoccupations dont nous faisons le centre de nos mentalités – et nous ajouterions, dans la foulée, la voiture, les vacances, les divertissements … Tout cela, c’est, vous le comprenez, bien-aimés Frères et Sœurs, MAMMON, c’est-à-dire les biens matériels que nous divinisons – c’est-à-dire que nous les faisons passer avant tout !

Regardez les oiseaux du ciel : ils ne plantent ni ne sèment, ils ne filent ni ne tissent … Regardez le lys des champs dont la parure est plus belle que celle de Salomon dans toute sa gloire ! … Ce sont les « païens », ajoute le Christ, qui se préoccupent de ces choses. Les « païens », c’est-à-dire les matérialistes qui nous entourent.

Mais voici le juste discernement, la sage espérance dont il était question tout à l’heure. Votre Père qui est aux cieux sait de quoi vous avez besoin. VOUS, cherchez plutôt PREMIÈREMENT le ROYAUME DE DIEU ! Tout le reste vous sera donné par surcroît.

Ce n’est pas, vous le comprenez, qu’il ne faille pas s’occuper des besoins matériels, de sa famille, de ses enfants. Il faut s’en préoccuper, mais avec justesse et en mettant par-dessus tout DIEU, et le service de Dieu.

Le troisième évangile de la Résurrection, celui qui était lu hier soir, dit les miracles qui accompagneront les évangélisateurs : ils chasseront les démons, ils parleront de nouvelles langues, ils chasseront les serpents, les poisons ne leur feront pas de mal, ils guériront les malades. Tout cela, en somme, c’est ce que Dieu nous donne « par surcroît ». Mais ce qui est fondamental, c’est le service de Dieu : «Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné».

Que le Christ notre Dieu nous donne de Le servir toujours et de L’aimer par-dessus tout !


AMIN



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2-e DIMANCHE après la PENTECÔTE
Tous les Saints de la Terre Russe


Vêpres : Isaïe XLIII, 9-14 – Sages. Sal. III, 1-9 – Sages. Sal. V, 15 ; 6, 3
Mat
ines : Marc XVI, 1-8
Lit
urgie : Rom. II, 10-16 ; Matt. IV, 18-23
Sts R
usses : Hebr. XI, 33-XII ; Matt. IV, 25- V, 12


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,


Les textes de ce jour béni donnent l’enseignement spécifique de l’Eglise sur les saints.

«Vous êtes mes témoins, dit Dieu au prophète Isaïe, Il n’y a pas d’autre Dieu que Moi !». Les sages sont dans la main de Dieu, dit la Sagesse de Salomon. Dieu regarde les humbles. Ils ont paru souffrir mais leur espérance est sans fin. Dieu les a éprouvés comme l’or au creuset et les a trouvés dignes de Lui. Ils jugeront les Nations et le Seigneur règnera avec eux pour les siècles. Et encore : ils recevront la couronne de justice et la Main de Dieu les couvrira de Sa force. Tels sont les saints.

I – L’épître des Saints de la Russie est ce passage même de la Lettre aux Hébreux où l’apôtre Paul évoque l’héroïsme des saints d’Israël, leurs prodiges de valeur, l’étonnante grandeur d’âme dont ils firent preuve également dans les tourments : or l’apôtre aboutit à cette conclusion paradoxale : tous ces saints héroïques, ces prodiges d’ascétisme n’obtinrent pas la récompense promise. Ils devaient en effet obtenir ce sort meilleur : de triompher avec nous, c’est-à-dire avec le Christ et dans le Christ.

Mais l’Epître de ce deuxième Dimanche après la Pentecôte nous illumine, au-delà des paradoxes apparents, sur le processus qui conduit à l’aboutissement, c’est-à-dire à la rétribution du Jugement final. La gloire et l’honneur seront pour l’homme qui fait le bien, pour les Juifs d’abord – puisqu’ils ont été les premiers à recevoir la promesse – et également pour les Gentils, c’est-à-dire ceux qui, nés de Nations extérieures, recevront l’évangile. Ce n’est pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes, ce sont ceux qui observent la loi qui seront justifiés – qui donc deviendront et seront reconnus justes. L’apôtre précise sans crainte : les gentils qui n’ont pas eu la loi, lorsqu’ils font des choses bonnes, appliquent la Loi qui est en eux dans leur cœur.

II – L’évangile de ce jour est la péricope qui raconte la vocation de Simon-Pierre et d’André, son frère – le «premier appelé». Le Seigneur les appelle, Il leur dit : «Suivez-Moi !». Il ajoute : «Je vous ferai pêcheurs d’hommes». Peu après, Il appelle Jacques et Jean, les fils de Zébédée, qui eux aussi Le suivirent immédiatement, abandonnant leur vieux père – nous savons ce qu’a dit le Christ sur les parents et les proches … Jésus, ajoute la péricope, prêchait le royaume de Dieu, …guérissant tous les malades …

En mémoire de nos pères, les saints de la Terre russe, nous méditerons tout spécialement «leur» évangile, qui est celui des Béatitudes, selon la version de Matthieu qui est celle que chante le chœur tous les dimanches …

Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux … «être pauvre en esprit», qu’est-ce que cela signifie ? On peut être très riche, et être «pauvre en esprit», c’est-à-dire complètement détaché des biens terrestres. On peut, à l’inverse, «n’avoir pas un radis !», comme on dit en français, manquer de tout et n’être pas pauvre en esprit, être en somme démuni matériellement de tout et être riche en esprit.

Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés : c’est sûr, car le Christ sera avec eux ! Mais on peut avoir toutes les raisons légitimes de pleurer et s’attendrir sur son propre malheur … «Ah, pourquoi moi ? … Pourquoi seulement moi ?» Ils pensent à eux et le Christ ne les console pas, car ils ne L’appellent pas.

Bienheureux les doux, car ils possèderont la terre, eux et non les guerriers ! Les doux, ce sont bien les derniers dont on s’attendrait à ce qu’ils possèdent la terre ! Mais, eux aussi, ils répudient l’esprit de violence et de possession.

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de Justice, car ils seront rassasiés. La possession n’est pas forcément la justice. La justice doit passer avant tout !

Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde : la justice est une exigence, primordiale, mais il faut avoir du cœur, être capable de s’attendrir et de donner sans esprit de retour. Et ceux-là obtiendront la miséricorde de Dieu ;

Bienheureux les cœurs purs CAR ILS VERRONT DIEU !... Oh, pas seulement dans l’Eternité, Frères et Sœurs bien-aimés : ils Le verront vraiment, dès ce monde-ci …

Bienheureux les pacificateurs, car ils seront appelés fils de Dieu : ils mettront fin aux conflits – car ils sont eux-mêmes hors du monde !

Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la Justice, car le Royaume de Dieu est à eux, car, comme les pauvres en esprit, ils ont renoncé au monde.

Bienheureux serez-vous, lorsque à cause de Moi, on vous injuriera, on vous persécutera et on dira faussement de vous toute sorte de mal.

Réjouissez-vous et tressaillez d’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c’est ainsi qu’ont été persécutés les prophètes qui ont été avant vous.

QUE, par les prières des Prophètes et également des Saints de la Russie, nous ne soyons pas trop indignes d’eux !

AMIN

 

 

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1-er DIMANCHE après la PENTECÔTE

Dimanche de Tous les Saints


Vêpres : Isaïe XLIII, 9-14 – Sages. Sal. III, 1-9 – Sages. Sal. V, 15 - VI, 3
Matines : Matt. XXVIII, 16-20
Liturgie : Hébr. XI, 33 – XII, 2 ; Matt. X, 32-33, 37-38, XIX, 27-30



AU NOM DU PÈRE, DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,


A ceux qui constatent que nos grandes fêtes sont toujours «en retard» par rapport aux fêtes homonymes de l’Occident, il est possible de dire que, par contre, nous sommes en avance par rapport à eux qui fêtent la Toussaint le 1er novembre et « tous les morts » le 2.

Pour nous, la Toussaint n’est pas un jour de brumes automnales : nous la célébrons le Dimanche qui suit la Pentecôte, ce qui est normal puisque les saints sont les fruits de la descente du Saint Esprit, et pour nous c’est une grande fête lumineuse : Duminica mare ! dit-on en roumain. Et tous les saints, ce ne sont pas uniquement ceux qui sont inscrits dans le calendrier, c’est tous ceux qui sont morts en Jésus-Christ, nos ancêtres et nos frères. De la même manière quand l’apôtre Paul écrit à une église, il écrit à «tous les saints», c’est-à-dire les baptisés qui s’y trouvent. Jour de lumière et de joie, puisque nous fêtons l’immense multitude des saints, connus et inconnus, qui ont vécu et se sont endormis en Jésus-Christ.

Les textes de ce jour béni donnent l’enseignement spécifique de l’Église sur les saints : le monde laïque et déchristianisé aurait volontiers tendance, dans la moins mauvaise hypothèse, à les mettre sur le même plan que les grands hommes, les héros ...«Vous êtes mes témoins, dit Dieu au prophète Isaïe, il n’y a pas d’autre Dieu que Moi !». Les sages sont dans la main de Dieu, dit la Sagesse de Salomon. Dieu regarde les humbles. Ils ont paru souffrir mais leur espérance est sans fin. Dieu les a éprouvés comme l’or au creuset et les a trouvés dignes de Lui. Ils jugeront les Nations et le Seigneur règnera avec eux pour les siècles. Et encore : ils recevront la couronne de justice et la Main de Dieu les couvrira de sa force. Tels sont les saints.

L’évangile des matines, d’une certaine manière, donne la clé de leur vocation : «Évangélisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit». De ce terreau des baptisés sortent les «témoins de Dieu» : les saints se sont oubliés eux-mêmes, aimant Dieu par-dessus tout et le Christ sera avec eux jusqu’à la fin du monde.

I – L’épître ne laisse pas d’être un peu déconcertante. L’apôtre évoque les merveilles des saints d’Israël : ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu l’effet des promesses, fermé la gueule des lions, ils ont mis en déroute des armées d’étrangers, ils ont ressuscité des enfants morts. Leurs souffrances et leurs martyres ne sont pas moins étonnants, ils ont été tourmentés, lapidés, sciés, ils ont vécu en ascètes, vêtus de peaux de bêtes, vivant dans des trous de la terre, eux dont le monde n’étaient pas dignes, mais – là est le paradoxe dont se sert l’apôtre – tous ces saints admirables N’ONT PAS EU LEUR RECOMPENSE … Nous restons sans voix ! et il poursuit tranquillement «parce que Dieu voulait pour eux un sort MEILLEUR». Ils recevront en effet leur récompense avec nous qui avons eu comme guide et comme modèle LE CHRIST QUI A SOUFFERT ET QUI A ÉTÉ CRUCIFIÉ, alors qu’ils n’avaient connus, eux, le Christ seulement en espérance.

II – L’évangile, complexe et ardu, est néanmoins résolutif :

A) «Quiconque Me confessera devant les hommes, je le confesserai devant mon Père qui est aux cieux, et quiconque Me reniera, je le renierai devant mon Père».

B) «Celui qui aime son père ou sa mère… son fils ou sa fille plus que Moi, n’est pas digne de Moi».

Quand j’étais enfant, ces paroles me scandalisaient un peu : le plus grand amour que peut connaître un gamin, c’est évidemment celui de son père et de sa mère. Mais il faut la sagesse que donnent les années, les épreuves, la prière et la Grâce non seulement pour savoir, mais pour expérimenter que l’amour suprême est celui que nous porte le Christ notre Dieu, si bien qu’il dépasse infiniment celui que nous portent nos proches les plus affectueux. Mais le Christ notre Dieu ajoute : «celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de Moi». L’ascèse est inhérente à la marche vers le salut, et nous le comprenons liturgiquement en ce dimanche de tous les saints qui prélude à un Carême. Celui qui aura sauvé sa vie, poursuit le Christ dans le même esprit de répudiation des jouissances, la perdra, mais celui qui aura perdu sa vie à cause de Moi, la sauvera.

Le Christ est notre MODELE absolu d’ascèse !

C) La solution définitive est dans Matt. XIX, 27-30 «Et nous, demande Pierre, nous qui avons tout quitté pour Toi ? …» Christ répond : «Vous serez sur douze trône jugeant les tribus d’Israël … Quiconque aura laissé son père, sa femme, ses fils … recevra au centuple dans le royaume des cieux» …La conclusion définitive est le renversement des valeurs. Les premiers (héros, grands hommes, etc.) seront les derniers, et les derniers seront les premiers.

Que le Christ notre Dieu, bien-aimés Frères et Sœurs, nous donne l’humilité d’être les derniers et de Le suivre jusqu’à la fin !


AMIN

 

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SERMON du 7-e DIMANCHE après PÂQUES
Saints Pères du 1-er Concile


Vêpres : Genèse XIV, 14-20 – Deut. I, 8-10, 15-17 – Deut. X, 14- 21
Matines : Jean XXI, 1-14
Liturgie : Actes XX, 16-18, 26-36 ; Jean XVII, 1-13
Sts Pères : Hébr. XIII, 3-16 ; Matt. XI, 27-30


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,


I - Nous sommes encore dans le temps « d’après Pâques », mais il y a eu la coupure de l’Ascension: le Seigneur S’est élevé dans le Ciel, Il n’est plus présent parmi nous et nous sommes, avec les apôtres, dans l’attente. « Ne vous éloignez pas de Jérusalem, jusqu’à ce que vienne sur vous le Don de Dieu »…

C’est un temps intermédiaire : nous ne disons plus «Christos voskrece», et nous ne disons pas encore : «Roi du ciel …» Nous sommes sur le point de passer de l’illumination paroxystique de la Pâque à la longue succession – jusqu’à la fin du monde – des dimanches après la Pentecôte. En cette dizaine de jours, prend place le 7-e dimanche, solennel comme un aboutissement et un prélude. Aboutissement qui comporte des inflexions de testament au sens courant du terme …

Fin d’une phase, passage à une autre, c’est ce que préannonce la lecture de la Genèse. Celle-ci comporte l’événementiel, à savoir la victoire d’Abram, la libération de Lot son parent qui récupère ses biens. Mais ce qui est au-delà de la chronique, c’est l’irruption de Melchisédech, mystérieux – comme soulignent les Pères – Roi de Salem, qui fait apporter du pain et du vin – préannonce de l’Eucharistie. Melchisédech, en effet, est prêtre du Très-Haut. Il bénit Abram (ce qui est le fait du Supérieur) lequel, effectivement lui donne la dîme. Or le Christ est prêtre pour l’éternité selon l’Ordre de Melchisédech. C’est l’annonce du nouveau Sacerdoce qui succèdera à la loi et à l’ancien sacerdoce.

Les deux textes du Deutéronome constituent le testament de Moïse. Moïse montre aux Hébreux la Terre Promise, sur laquelle lui-même ne pénètrera pas. Il organise sa succession, en instituant pour ce peuple devenu trop nombreux des unités subdivisées et en mettant en place les Juges qui le remplaceront et auxquels il confie l’administration d’une justice impartiale «ne faisant pas acception de personnes», formule que nous retrouverons dans un autre texte de ce jour.

En écho, c’est aussi son propre testament que fait l’apôtre Paul dans la péricope des Actes lue aujourd’hui : vous ne me verrez plus, écrit-il, prenez garde à vous et à tout le troupeau, il y aura de mauvaises doctrines, moi-même je n’ai pesé à personne … Et il prie à genoux avec ceux qu’il quitte.

II – Tout cela avait une saveur d’achèvement. L’ouverture vers la suite est donnée par l’évangile de Matines, celui de pêche miraculeuse. Christ apparaît sur le rivage aux apôtres qui ont travaillé toute la nuit et qui n’ont rien pris. «Jetez le filet sur la droite de la barque !». Ils le font, et le filet est si rempli de poisson qu’une seule barque ne suffisait pas à les ramener. Ils débarquent tout tremblants – car ils avaient reconnu le Seigneur. Christ Lui-même leur donne du pain et du poisson grillé – ce qui rappelle la multiplication des pains et des deux poissons qu’avait un gamin ... – et ce qui correspond aussi au repas de type eucharistique de Melchisédech, la pêche miraculeuse évoquant, quant à elle, la merveilleuse efficacité de l’Apostolat de la parole évangélique.

III – Mais le testament suprême est évidemment celui du Christ qui est celui de la grande prière sacerdotale de l’évangile de ce jour. Mon Père, dit le Seigneur, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie ! Tu m’as donné, poursuit-Il, toute puissance sur toute chair, afin que Ton Fils donne la vie éternelle à ceux que tu lui as donnés. La Mission du Fils est salvifique. La vie éternelle, explicite-Il, c’est qu’ils Te connaissent ainsi que Ton Fils Jésus-Christ que tu as envoyé. Jamais encore le Christ n’avait révélé aussi clairement la nature contemplative de la vie en Dieu. Les peuples païens d’hier ou d’aujourd’hui fantasment un au-delà qui serait reproduction et perpétuation de la vie terrestre. L’évangile révèle que cette vie est spirituelle, elle est épanouissement de la vie mystique. Comme Il le dit ailleurs, en parlant des Elus : ils seront semblables à des anges ! Je T’ai glorifié, poursuit-Il, j’ai achevé l’ouvrage que Tu m’avais donné. Créateur, Il a porté à sa perfection l’œuvre naguère corrompue par le péché. Il révèle alors pleinement Sa propre nature divine : Glorifie-moi de cette Gloire que j’ai eue auprès de Toi avant que le monde ne fût créé !

Mais la restauration du créé implique aussi l’élimination de toute corruption. J’ai manifesté Ton nom aux hommes que tu m’as donnés. Ceux-là, ont reçu les paroles que Tu m’as données. Suivent ces mots redoutables : Je prie POUR EUX, je ne prie pas pour le monde. Je prie pour eux parce que Tu me les as donnés et ce qui est à Toi est à Moi et ce qui est à Moi est à Toi.

Sur le point de quitter le monde, Il pense à ces évangélisés qui, eux, restent encore dans le monde. Christ-Dieu, Il a cette suprême pensée : garde ceux que tu m’as donnés afin qu’ils soient UN comme NOUS !

Unité véritablement divine des Elus qui, par le Fils, ont connu Dieu.

Que notre Dieu et Sauveur nous donne d’aller fermement vers Lui … et de ne pas partager le sort du Fils de perdition – Judas, explicitement mentionné …

AMIN



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