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Les dix lépreux
Bien-aimés frères et sœurs en Christ,
L’Évangile du jour selon saint Luc (17, 12-19), nous présente une scène simple, mais profondément interpellante pour notre vie spirituelle. Le Christ entre dans un village, et dix lépreux viennent à sa rencontre. Ils se tiennent à distance, comme la Loi l’exigeait, car la lèpre n’était pas seulement une maladie du corps, mais aussi une exclusion sociale et religieuse. Ces hommes vivaient coupés des autres, privés de relations, de culte et d’espérance humaine.
De loin, ils élèvent la voix et crient : « Jésus, Maître, prends pitié de nous ! » Cette prière est brève, mais elle contient tout. Ils reconnaissent en Jésus un Maître, quelqu’un qui a autorité, et ils Lui demandent la miséricorde. Ils ne réclament pas un droit, ils implorent une grâce. Cette supplication ressemble profondément à la prière de l’Église, et à la prière du cœur que tant de chrétiens répètent jour après jour : « Seigneur, aie pitié de moi, pécheur. »
Le Christ leur répond d’une manière qui peut nous surprendre. Il ne les touche pas, Il ne proclame pas leur guérison sur-le-champ. Il leur dit simplement : « Allez-vous montrer aux prêtres. » Autrement dit, Il leur demande un acte d’obéissance et de foi. Ils partent alors qu’ils sont encore lépreux, sans preuve visible que leur situation a changé. Et l’Évangile nous dit cette phrase capitale : « Or, pendant qu’ils y allaient, ils furent purifiés. » La guérison se produit en chemin.
Saint Jean Chrysostome souligne ici que Dieu agit souvent ainsi dans nos vies. Il nous demande d’avancer dans la confiance avant même que le miracle ne soit visible. Combien de fois le Seigneur nous invite-t-Il à persévérer dans la prière, à pardonner, à changer de vie, alors que nous ne voyons pas encore de fruits immédiats ? Pourtant, c’est dans cette obéissance humble que la grâce commence à agir.
Les dix hommes sont donc purifiés. Leur chair est restaurée, leur exclusion prend fin, une vie nouvelle s’ouvre devant eux. Mais l’Évangile nous révèle alors un détail décisif : un seul d’entre eux, voyant qu’il est guéri, revient sur ses pas. Il glorifie Dieu à haute voix et se prosterne aux pieds de Jésus pour Lui rendre grâce. Et saint Luc précise : « C’était un Samaritain. » Un étranger, un homme considéré comme en dehors du vrai culte.
Saint Augustin commente ce passage en disant que les neuf autres ont reçu le bienfait, mais qu’ils se sont arrêtés au don, sans revenir à Celui qui donne. Le Samaritain, lui, a compris que la guérison du corps n’était pas la fin, mais un signe qui devait le conduire à une rencontre plus profonde avec Dieu. La gratitude devient ici le chemin qui mène à la communion.
Alors Jésus pose une question qui traverse les siècles et qui nous est adressée aujourd’hui : « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Où sont les neuf autres ? » Ce n’est pas une parole de reproche amer, mais une interrogation pleine d’amour. Dieu ne manque pas de donner, mais Il attend que notre cœur se tourne librement vers Lui.
Cette question nous concerne directement. Combien de fois crions-nous vers Dieu dans la détresse, dans la maladie, dans les difficultés familiales ou matérielles ? Et lorsque la situation s’améliore, lorsque l’épreuve passe, combien de fois oublions-nous de revenir vers Lui pour dire simplement : « Merci » ? Saint Basile le Grand affirme que l’ingratitude endurcit le cœur, car elle nous fait croire que ce que nous possédons est le fruit exclusif de nos efforts, et non un don de la Providence.
Le Samaritain, en revanche, nous montre le chemin du croyant véritable. Il reconnaît que tout vient de Dieu. Il remercie non seulement pour la guérison, mais pour la présence même du Christ dans sa vie. Sa reconnaissance n’est pas seulement verbale : il revient, il se prosterne, il se tient aux pieds de Jésus. Il entre dans une relation personnelle avec Lui.
C’est alors que le Seigneur lui dit une parole encore plus profonde : « Relève-toi, va : ta foi t’a sauvé. » Les dix ont été guéris extérieurement, mais un seul reçoit le salut intérieur. Saint Théophylacte explique que la gratitude ouvre le cœur à une grâce plus grande que le miracle initial. Celui qui remercie Dieu reçoit non seulement ce qu’il demandait, mais il reçoit Dieu Lui-même.
Cette page d’Évangile nous apprend aussi à remercier Dieu en toutes circonstances, et pas seulement lorsque les miracles sont visibles. Nous sommes appelés à rendre grâce pour la vie, pour le souffle que Dieu nous donne chaque matin, pour notre pain quotidien, pour nos proches, mais aussi pour les épreuves qui nous purifient et nous apprennent l’humilité. Saint Isaac le Syrien enseigne que le cœur reconnaissant transforme même la souffrance, car il y découvre un lieu de rencontre avec Dieu.
Frères et sœurs, demandons aujourd’hui la grâce d’être de ceux qui reviennePPnt. Revenons vers Dieu après chaque bénédiction, petite ou grande. Revenons vers Lui dans la prière, dans l’action de grâce, dans l’Eucharistie qui est, par excellence, le sacrement du « merci ».
Que notre vie entière devienne une louange, une reconnaissance continuelle envers Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Et que nous puissions entendre, nous aussi, au plus profond de notre cœur, cette parole du Christ : « Ta foi t’a sauvé. » Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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La parabole du grand dîner
(Luc 14, 16-24)
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Frères et sœurs bien-aimés,
L’Évangile que le Seigneur nous donne aujourd’hui est à la fois lumineux et redoutable. Lumineux, parce qu’il nous révèle la générosité infinie de Dieu. Redoutable, parce qu’il nous montre jusqu’où peut aller le refus silencieux du cœur humain.
Le Christ nous parle d’un homme qui prépare un grand dîner et qui invite beaucoup de gens. Tout est prêt. Rien ne manque. Le repas est préparé, la table est dressée, l’heure est venue. Cette image nous révèle le mystère du Royaume de Dieu, mais aussi la réalité de notre vie spirituelle aujourd’hui. Dieu n’est pas un Dieu lointain, qui hésite ou qui retarde. Il est Celui qui appelle, qui invite, qui attend.
Mais ce qui frappe dans cette parabole, ce n’est pas tant la générosité de l’invitation que la réponse des invités. Tous, sans exception, commencent à s’excuser. Et leurs excuses sont raisonnables, humaines, presque respectables. Un champ à visiter, des bœufs à essayer, un mariage à honorer. Rien de scandaleux. Rien de clairement pécheur.
Et pourtant, c’est précisément là que se cache le drame. Le refus de Dieu ne se fait pas toujours par la révolte ou par l’athéisme déclaré. Très souvent, il se fait par l’occupation, par la distraction, par le report constant de ce qui est essentiel. Dieu est reconnu, mais Il n’est plus prioritaire.
La parabole nous met face à une vérité difficile à accepter : on peut vivre une vie extérieurement correcte, remplie de responsabilités légitimes, et pourtant passer à côté du Royaume. Non pas parce que Dieu nous rejette, mais parce que nous avons toujours quelque chose de plus urgent que Lui.
Le Seigneur ne condamne ni le travail, ni la famille, ni les biens matériels. Ce qu’Il révèle, c’est le danger de laisser ces réalités prendre la place de Dieu dans notre cœur. Lorsque ce qui est bon devient absolu, alors il nous ferme à ce qui est éternel.
Lorsque le maître de la maison apprend le refus de ses invités, il ne change pas de projet. Le dîner n’est pas annulé. La table reste dressée. Mais les invités changent. Ce sont désormais les pauvres, les estropiés, les aveugles, les boiteux qui sont appelés. Ceux qui n’ont rien à présenter. Ceux qui savent qu’ils ont besoin d’être invités. Ceux qui n’ont pas d’excuses à offrir.
Cela nous révèle une loi spirituelle profonde : le Royaume s’ouvre plus facilement à ceux qui reconnaissent leur pauvreté intérieure. Non pas parce qu’ils sont meilleurs, mais parce qu’ils attendent tout de Dieu. Le cœur rassasié de lui-même n’a plus de place pour recevoir.
Mais même après cela, le maître veut encore remplir sa maison. Il envoie son serviteur au-dehors, sur les chemins, aux marges, pour appeler ceux qui n’auraient jamais imaginé être invités. Dieu ne se résigne pas à une maison à moitié vide. Il veut que tous entrent, que tous vivent, que tous soient sauvés.
Frères et sœurs, cette parabole n’est pas seulement une leçon morale. Elle est une parole adressée à l’Église aujourd’hui. Chaque Divine Liturgie est ce grand dîner. Chaque appel à la prière, à la repentance, à la communion est une invitation personnelle du Seigneur. Et chaque fois, une question nous est posée, non avec des mots, mais dans le silence du cœur : vais-je répondre, ou vais-je m’excuser ?
Il ne s’agit pas de tout quitter extérieurement, mais de remettre Dieu à la première place intérieurement. Il ne s’agit pas de mépriser ce monde, mais de refuser qu’il nous rende sourds à l’appel de l’éternité.
La parole finale de la parabole est sévère : ceux qui ont été invités et qui ont refusé ne goûteront pas au dîner. Ce n’est pas une menace, c’est un constat. Dieu ne force pas l’homme à entrer dans la joie. Il respecte notre liberté, même lorsqu’elle nous conduit à rester dehors.
Aujourd’hui encore, le Seigneur nous appelle. Le banquet est prêt. La porte est ouverte. Rien ne manque, sinon notre réponse.
Demandons au Seigneur un cœur disponible, un cœur éveillé, un cœur humble. Demandons-Lui de nous libérer de ces excuses intérieures qui nous semblent raisonnables, mais qui nous éloignent de Lui. Et que nous puissions, non pas seulement entendre l’invitation, mais nous lever et entrer, pour goûter dès maintenant à la joie du Royaume. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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Pour la fête de la Nativité de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ
Bien-aimés frères et sœurs en Christ,
« Le Christ est né, glorifiez-Le ! Le Christ descend des cieux, allez à Sa rencontre ! Le Christ est sur la terre, élevez-vous ! »
En ce jour saint et lumineux, l’Église entière exulte de joie, une joie qui ne vient pas du monde mais du ciel, une joie qui traverse les siècles et rejoint aujourd’hui chacun de nos cœurs. Car la Nativité du Christ n’est pas seulement le souvenir d’un événement ancien : elle est le mystère vivant de Dieu qui vient à notre rencontre, ici et maintenant.
Aujourd’hui, l’Éternel entre dans le temps.
Aujourd’hui, l’Invisible se rend visible.
Aujourd’hui, le Créateur de l’univers accepte de naître comme un petit enfant, pauvre, fragile, silencieux, pour sauver l’homme et le relever de sa chute.
Le premier mystère qui s’offre à nous est celui de l’abaissement de Dieu. Celui qui tient toute la création dans Sa main accepte de reposer dans une mangeoire. Celui devant qui les anges se prosternent est enveloppé de langes par une jeune Mère. Le Roi des rois ne trouve pas de place dans l’hôtellerie et naît dans une grotte, au milieu des animaux. Dieu ne choisit ni la puissance, ni la richesse, ni la gloire humaine, mais l’humilité et la pauvreté.
Saint Grégoire le Théologien contemple ce mystère avec émerveillement et s’écrie :
« Il s’appauvrit pour que moi je sois enrichi ; Il prend ma chair pour que je reçoive l’Esprit ; Il s’abaisse pour que je sois élevé. »
Ainsi, par Son humilité, le Christ guérit l’orgueil de l’homme. Par Sa pauvreté, Il guérit notre avidité. Par Son amour silencieux, Il guérit notre dureté de cœur.
La grotte de Bethléem n’est pas seulement un lieu du passé. Elle est aussi l’image de notre cœur. Souvent, notre cœur est obscur, encombré par les soucis, refroidi par le péché, fermé par l’indifférence. Et pourtant, c’est précisément là que le Christ veut naître. Il ne cherche pas un cœur parfait, mais un cœur humble. Il ne cherche pas une demeure luxueuse, mais un lieu où Il est accueilli avec foi et repentance.
Saint Jean Chrysostome nous enseigne : « Ce n’est pas la pureté parfaite qui attire Dieu, mais le repentir sincère et l’humilité du cœur. »
Ne disons donc pas : « Je ne suis pas digne », car personne ne l’est par lui-même. Ne disons pas : « Je ne suis pas prêt », car le Christ est venu justement pour ceux qui ne sont pas prêts. Ouvrons-Lui seulement la porte de notre cœur, même pauvre, même blessé, et Il y apportera Sa lumière.
La Nativité nous révèle aussi une grande inversion des valeurs humaines. Les premiers à entendre la bonne nouvelle sont les bergers, des hommes simples, pauvres, méprisés aux yeux du monde. Ils veillaient dans la nuit, attentifs, éveillés, et c’est à eux que les anges annoncent la grande joie : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur. » Les sages de ce monde, eux, restent aveugles ou indifférents.
Les Mages viennent de loin, guidés par une étoile. Ils cherchent avec persévérance, ils interrogent, ils marchent longtemps. Leur science ne les éloigne pas de Dieu, car elle est unie à l’humilité. Mais Hérode, prisonnier de son orgueil et de sa peur de perdre le pouvoir, entend la nouvelle avec trouble et colère. Ainsi, face à la Nativité, chaque homme doit choisir : accueillir le Christ avec simplicité, Le chercher avec humilité, ou Le refuser par orgueil.
Au cœur de cette fête se trouve une vérité qui dépasse toute intelligence humaine : le Verbe de Dieu s’est fait chair. Dieu ne s’est pas contenté de visiter l’homme de l’extérieur ; Il a assumé pleinement notre nature, notre corps, notre âme, notre faiblesse, notre souffrance, jusqu’à la mort — sauf le péché. Il est devenu véritablement homme pour nous sauver de l’intérieur.
Les anges chantent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre. » Mais cette paix n’est pas celle que le monde promet et ne peut donner. Ce n’est pas une simple absence de conflits, mais la paix du cœur réconcilié avec Dieu. Là où le Christ est accueilli, la paix demeure, même au milieu des épreuves, même dans la souffrance.
N’oublions pas que la crèche annonce déjà la Croix. L’Enfant emmailloté préfigure le Corps enveloppé dans le linceul. Le bois de la mangeoire annonce le bois de la Croix. Le Christ naît pour offrir Sa vie, et Il offre Sa vie pour vaincre la mort par Sa Résurrection. C’est pourquoi notre joie aujourd’hui est profonde, grave et lumineuse à la fois.
Frères et sœurs bien-aimés, en ces jours de la sainte fête de la Nativité, ouvrons nos cœurs au Christ. Offrons-Lui non pas de l’or, de l’encens et de la myrrhe, mais notre foi, notre repentance, notre amour. Qu’Il naisse dans nos familles, qu’Il naisse dans notre Église, qu’Il naisse dans chacun de nos cœurs.
Et proclamons avec l’Église, aujourd’hui et toujours :
Le Christ est né, glorifiez-Le !
Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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Le riche insensé
Bien-aimés frères et sœurs en Christ, l’Évangile de ce jour nous présente la parabole de notre Seigneur sur l’homme riche et insensé. Jésus dit qu’un homme, dont le domaine avait beaucoup rapporté, se disait : «Que vais-je faire ? J’abattrai mes greniers, j’en construirai de plus grands, et j’y mettrai mon blé et mes biens. Puis je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois, réjouis-toi.» Mais Dieu lui dit : «Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ?» Et le Christ conclut : «Ainsi en est-il de celui qui amasse un trésor pour lui-même et n’est pas riche pour Dieu.»
Ce passage, frères et sœurs, n’est pas seulement l’histoire d’un homme de l’Antiquité. C’est le miroir de notre époque, l’image de nos sociétés obsédées par l’accumulation, la sécurité matérielle, le calcul de demain, mais souvent pauvres en charité, dépouillées de gratitude, faibles en confiance envers Dieu. Le Christ ne condamne pas la richesse en soi. L’Écriture ne fait jamais cela. Elle condamne l’esprit d’appropriation, la fermeture du cœur, la croyance que la vie dépend de ce que l’on possède. Le péché du riche insensé n’est pas son travail, ni même ses récoltes abondantes, mais qu’il n’a pensé ni à Dieu, ni à son prochain. Il n’a pensé qu’à lui-même.
Saint Basile le Grand dit : « Le Seigneur ne reproche pas au riche d’avoir des greniers, mais d’avoir préféré les agrandir plutôt que d’ouvrir la porte de sa maison aux pauvres. » L’homme n’a remercié personne. Il ne dialogue qu’avec son âme et croit qu’elle lui appartient. Il s’adresse à elle comme si elle dépendait de son blé, alors qu’elle dépend de Dieu seul. La folie de cet homme est de croire que sa vie repose sur ses réserves, quand elle repose sur la miséricorde divine.
Et pour comprendre la gravité de cette folie, regardons le contraste avec les hommes riches mais sages de l’Ancien Testament, dont la richesse devint source de bénédiction parce qu’ils la vivaient comme un dépôt confié par Dieu.
Jacob, père d’Israël, était comblé de troupeaux et de biens. Pourtant, il ne cessait d’offrir et de partager. Il envoie des présents à son frère Ésaü pour réconcilier leurs cœurs. Il offre des sacrifices partout où Dieu lui manifeste sa présence. Il comprenait que la richesse ne lui était donnée ni pour s’installer dans le confort ni pour se glorifier lui-même, mais pour construire la paix et honorer Dieu.
Job était « le plus riche des fils d’Orient », mais il ouvrait sa main aux pauvres. L’Écriture dit qu’il était les yeux de l’aveugle et les pieds du boiteux. La richesse ne l’avait pas rendu dur. Et lorsqu’il perd tout, il ne perd pas sa confiance : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris ; que le Nom du Seigneur soit béni. » Voilà un riche qui était déjà libre, parce qu’il n’était possédé par rien.
Quant au juste Tobit, même dans l’exil et la pauvreté, il donnait ce qu’il avait. Il nourrissait les affamés, aidait les malheureux, ensevelissait les morts. Il enseigne à son fils : « Fais l’aumône de ton bien selon ton abondance ; et si tu as peu, ne crains pas de donner un peu. » Pour Tobit, la miséricorde était la vraie richesse.
Ces hommes nous montrent que la lumière de la richesse vient du cœur qui la distribue, non du coffre qui l’entasse. Ils étaient riches pour Dieu, parce qu’ils ne vivaient pas pour ce qu’ils possédaient, mais pour Celui qui donne.
Alors, lorsque Dieu dit au riche insensé : «Ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ?», cette parole est terrible. Car l’héritage des insensés n’est jamais celui qu’ils imaginaient. Leurs biens ne restent pas avec eux ; ils deviennent souvent la source de conflits entre leurs héritiers ; et ils laissent derrière eux un vide spirituel. Saint Grégoire de Nysse dit : «Les biens mal partagés engendrent des héritiers malheureux.» Celui qui a vécu pour accumuler laisse souvent à ses enfants non une bénédiction, mais une course sans fin vers la possession, une peur de manquer, une attitude d’avidité. Il lègue l’inquiétude, non la foi ; le cœur fermé, non la charité.
À l’inverse, celui qui donne laisse un héritage de paix, de joie, de confiance en Dieu. Les saints Pères disent que le seul trésor qui nous suit dans l’éternité est celui que nous donnons.
Saint Jean Chrysostome enseigne : «Les biens que tu gardes deviennent ta perte ; ceux que tu donnes deviennent ta couronne.»
Saint Basile le Grand dit encore : «Le pain que tu retiens appartient à l’affamé, le vêtement que tu gardes au placard appartient au pauvre.»
Et saint Isaac le Syrien affirme : «La richesse a été donnée pour racheter l’âme de la mort. Celui qui ne l’emploie pas ainsi l’a déjà gaspillée.»
Frères et sœurs, comment devenir riches pour Dieu ?
D’abord par la gratitude : reconnaître que tout vient de Lui, que nous ne sommes que les administrateurs.
Ensuite par la charité : donner avec joie, partager sans calcul, aider sans attendre de retour. L’aumône est une puissance spirituelle : elle libère notre cœur, elle purifie l’âme, elle attire la miséricorde divine.
Puis par la confiance : croire que Dieu pourvoit, même quand nous donnons de notre nécessaire. La sécurité véritable n’est pas dans un compte en banque, mais dans la fidélité de Dieu.
Enfin par la purification du cœur : apprendre à ne pas être possédés par ce que nous possédons. Le cœur de l’avare est un grenier fermé ; le cœur du chrétien est un autel ouvert au feu de l’Esprit.
Le monde nous dit : «Accumule, garde, sécurise.»
Le Christ nous dit : «Donne, partage, aime.»
Le monde nous dit : «Ce que tu gardes est ton bien.»
Le Christ nous dit : «Ce que tu donnes te suit dans l’éternité.»
Demandons au Seigneur de nous libérer de l’esprit de l’homme riche et insensé, et de nous donner un cœur semblable à celui de Jacob dans sa gratitude, de Job dans son détachement, de Tobit dans sa compassion. Que nous apprenions à être riches pour Dieu, afin qu’au jour où notre âme sera redemandée, nous puissions entendre non pas : «Insensé !», mais : «Viens, bon et fidèle serviteur ; entre dans la joie de ton Seigneur.»
Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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L’entrée de la Vierge dans le temple
Bien-aimés frères et sœurs en Christ, aujourd’hui nous célébrons l’Entrée de la Très Sainte Mère de Dieu au Temple, un événement qui nous révèle la préparation discrète et merveilleuse du salut. Joachim et Anne offrent Marie au Seigneur dès son plus jeune âge, et cette offrande dépasse un simple geste familial : elle représente l’humanité présentant à Dieu ce qu’elle a de plus pur. Saint Grégoire Palamas dit : « La Vierge est le premier fruit sanctifié de la nature humaine offert à Dieu. » En entrant dans le Temple, Marie devient elle-même le temple vivant où le Verbe prendra chair.
La Tradition nous rapporte que le grand-prêtre, éclairé par l’Esprit, introduit la jeune Marie jusque dans le Saint des Saints, geste prophétique qui annonce qu’elle deviendra la demeure vivante du Très-Haut. Saint Jean Damascène écrit : « Le Temple vivant entre dans le Temple de la Loi pour préparer une demeure au Maître du monde. » Ce n’est pas le Temple qui sanctifie la Vierge, mais la Vierge qui sanctifie le Temple par sa présence et par sa pureté.
Cette fête ne nous parle pas seulement du passé ; elle éclaire notre vie spirituelle. L’entrée de Marie est l’image de notre propre approche du Seigneur. Chaque prière, chaque repentir, chaque participation à la liturgie est une entrée dans le Temple intérieur. Saint Ambroise nous rappelle : « La vie de la Vierge est pour nous l’école de la vertu : accomplissons spirituellement ce qu’elle accomplit corporellement. » En elle, dit saint Grégoire de Nysse, nous voyons ce que l’âme peut devenir lorsqu’elle se tourne entièrement vers Dieu.
Marie entre dans le Temple avec joie, courant vers la présence divine, offrant son cœur sans réserve. Saint Théophane le Reclus dit : « Le commencement de la sainteté est d’offrir son cœur à Dieu sans réserve. » Dans le silence du Temple, elle se laisse façonner par Dieu. Saint Isaac le Syrien nous enseigne : « Le silence est le mystère du siècle à venir. » La Mère de Dieu nous apprend ainsi que la rencontre profonde avec Dieu naît dans le silence, l’humilité et la prière.
Dans la discrétion de ces années cachées, Dieu prépare le salut du monde. Saint André de Crète affirme : « Aujourd’hui commence la préparation du mystère du Christ : la Vierge est formée dans le secret. » De même, Dieu agit dans le secret de nos cœurs lorsque nous lui ouvrons notre vie.
Frères et sœurs, en célébrant aujourd’hui l’Entrée de la Vierge, entrons avec elle dans le Temple spirituel. Offrons notre cœur, purifions notre âme, recherchant la paix et la joie de la présence divine. Par l’intercession de la Très Sainte Mère de Dieu, que le Seigneur fasse de nous aussi des temples vivants de sa grâce. À Lui soient la gloire aux siècles des siècles. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev