La Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu

 

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Bien-aimés frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Église nous invite à nous réjouir d’une naissance qui, en apparence, est humble et cachée : celle de la Très-Sainte Vierge Marie, la Mère de Dieu.

Le monde ne remarque pas cette naissance. Il n’y a ni palais, ni puissance, ni gloire humaine. Pourtant, cette petite fille qui vient au monde est appelée à devenir celle par qui le Fils de Dieu prendra chair et entrera dans notre histoire.

La Nativité de la Mère de Dieu nous révèle ainsi quelque chose d’essentiel : Dieu commence souvent son œuvre dans ce qui est petit, humble et caché aux yeux du monde.

Marie naît de Joachim et d’Anne, deux personnes âgées qui avaient longtemps porté l’épreuve de la stérilité. Leur attente pouvait sembler vaine. Mais Dieu transforme leur douleur en joie et leur espérance en bénédiction.

C’est pourquoi cette fête est aussi une fête de l’espérance.

Combien de fois, dans notre propre vie, nous avons l’impression que Dieu tarde à répondre ? Combien de fois nous prions sans voir immédiatement de changement ? L’histoire de Joachim et d’Anne nous rappelle que le silence de Dieu n’est pas l’absence de Dieu.

Au moment voulu, Dieu fait naître Marie. Et à travers Marie, Il prépare le salut du monde.

Saint Jean Damascène s’écrie à propos de cette naissance :

« Aujourd’hui, de la racine de Jessé est sortie une tige, et de cette tige une fleur divine. »

Quelle belle image ! Marie est comme la fleur qui sort de la racine ancienne de l’humanité. Elle est le fruit de toute l’attente du peuple de Dieu, de toutes les promesses faites par Dieu, de toute cette longue histoire qui conduit jusqu’au Christ.

Mais attention : l’Église ne célèbre pas Marie séparément du Christ. Nous honorons Marie précisément parce qu’elle nous conduit vers son Fils.

Elle est celle qui dira : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. »

La Nativité de la Mère de Dieu nous enseigne donc aussi l’humilité et la disponibilité à la volonté divine.

Marie ne cherche pas sa propre gloire. Elle reçoit de Dieu une vocation immense et elle y répond par l’obéissance.

Frères et sœurs, nous aussi, nous sommes appelés à laisser Dieu faire grandir quelque chose en nous. Peut-être notre foi nous paraît-elle petite. Peut-être notre prière est-elle faible. Peut-être portons-nous une souffrance, une attente ou une blessure depuis longtemps.

Ne désespérons pas.

La naissance de Marie nous dit : Dieu peut faire naître la lumière là où nous ne voyons encore que l’obscurité.

Aujourd’hui, avec Joachim et Anne, réjouissons-nous. Avec toute l’Église, rendons grâce à Dieu pour celle qui deviendra le Temple vivant du Verbe, la Mère de notre Seigneur Jésus-Christ.

Demandons à la Très-Sainte Mère de Dieu de nous apprendre son humilité, sa confiance et son obéissance, afin que le Christ puisse également trouver en nos cœurs une demeure.

Que sa prière nous accompagne, et que notre vie entière puisse devenir un « oui » à la volonté de Dieu.

Très-Sainte Mère de Dieu, sauve-nous !

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

Prêtre Zhivko Zhelev

Pardonnez pour être pardonnés

 

 

Frères et sœurs,

Il y a une phrase que nous prononçons probablement plus souvent que nous ne le réalisons : « Pardonne-nous nos dettes, comme nous pardonnons aussi à nos débiteurs. » Nous la disons dans la prière Notre Père, souvent plusieurs fois par jour. Mais si nous nous arrêtons un instant sur ces paroles, nous découvrirons qu'elles sont beaucoup plus exigeantes que nous ne le pensons. Car Le Christ ne nous apprend pas simplement à demander : « Seigneur, pardonne-moi. » Il nous apprend à demander : « Seigneur, pardonne-moi comme moi-même je pardonne. » Et c'est précisément autour de cette réalité que se construit la parabole du serviteur impitoyable.

Jésus nous parle d'un roi qui décide de régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui présente un homme qui lui doit dix mille talents. Pour comprendre l'énormité de cette somme, il faut savoir qu'un talent représentait environ six mille deniers, et qu'un denier correspondait à peu près au salaire d'une journée de travail. Dix mille talents représentent donc environ soixante millions de journées de salaire. Nous sommes devant une dette tellement énorme qu'elle est, humainement, impossible à rembourser. Le serviteur peut supplier, promettre, travailler toute sa vie : il ne pourra jamais régler cette dette.

Et Jésus ajoute quelque chose de terrible : devant l'impossibilité de payer, le roi ordonne qu'il soit vendu, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il possède. La dette ne concerne donc plus seulement l'homme lui-même. Elle commence à toucher toute sa maison. Sa faute et son incapacité à payer ont des conséquences qui dépassent sa propre personne.

Il y a là une réalité spirituelle que nous ne devons pas négliger. La Bible ne dit pas que les enfants deviennent automatiquement coupables des péchés de leurs parents : chacun répond devant Dieu de ses propres actes. Mais elle nous montre que le péché d'un homme ou d'une femme peut avoir des conséquences sur ceux qui viennent après lui. Une colère que nous entretenons peut devenir un modèle pour nos enfants. Une rancune que nous cultivons peut devenir une manière de vivre qu'ils apprennent. Une violence, un mensonge, une addiction, une infidélité ou simplement l'incapacité à demander pardon peuvent laisser une trace dans une famille pendant des années. Nous pouvons transmettre à nos enfants des blessures que nous n'avions jamais voulu leur donner.

Et pourtant, c'est précisément à cet homme que le roi va faire grâce. Le serviteur tombe à genoux et demande seulement un délai : « Seigneur, prends patience envers moi et je te paierai tout. » Mais le maître ne lui accorde pas seulement du temps. Il lui remet entièrement sa dette. Il efface ce qu'il ne pouvait pas payer. Voilà le cœur de l'Évangile : nous sommes devant Dieu avec une dette que nous ne pouvons pas régler par nos propres forces, et Dieu vient à nous avec miséricorde. Nous ne gagnons pas son pardon par nos mérites ; nous le recevons comme une grâce.

Mais c'est justement ici que l'histoire devient tragique. Cet homme sort libre. Sa dette immense vient d'être effacée. Et presque immédiatement, il rencontre un autre serviteur qui lui doit cent deniers. Cent deniers représentent environ cent journées de salaire. Ce n'est donc pas une dette imaginaire. Son compagnon lui doit réellement quelque chose. Jésus ne nous demande pas de faire semblant que les blessures que nous avons reçues n'existent pas. Certaines offenses sont graves. Certaines blessures prennent des années à cicatriser. Pardonner ne signifie pas dire que le mal était bien, ni supprimer les conséquences de l'injustice, ni nécessairement restaurer immédiatement la confiance.

Mais ce qui frappe dans la parabole, c'est la disproportion : celui qui vient de recevoir la remise d'une dette d'environ soixante millions de journées de salaire refuse de remettre une dette d'environ cent journées. Et cet homme qui venait de demander : « Seigneur, prends patience envers moi », saisit son compagnon par la gorge et lui dit : « Paie ce que tu dois ! »

Il avait reçu la miséricorde, mais il ne l'avait pas laissée entrer dans son cœur. Parce qu'il est très facile de regarder ce que les autres nous doivent. Nous nous souvenons des paroles qui nous ont blessés, des injustices que nous avons subies, des personnes qui nous ont déçus. Certaines dettes restent gravées dans notre mémoire. Mais Jésus nous invite à regarder d'abord la dette que Dieu nous a remise.

C'est exactement le sens de cette parole que nous répétons dans le Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Chaque fois que nous prononçons cette phrase, nous demandons à Dieu de nous traiter avec miséricorde, tout en nous engageant à laisser cette même miséricorde agir dans nos relations. Saint Jean Chrysostome insiste sur ce lien : celui qui demande à Dieu de lui remettre ses dettes ne peut pas, dans le même temps, refuser obstinément de remettre celles de son frère.

Et c'est justement pour cela que Pierre pose sa question à Jésus : « Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi et lui pardonnerai-je ? Jusqu'à sept fois ? » Pierre cherche encore une limite. Il veut savoir jusqu'où va son obligation. Sept fois, c'est déjà beaucoup à ses yeux. Mais Jésus répond : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois. »

Jésus ne demande évidemment pas à Pierre de compter jusqu'à 490. Il veut justement détruire cette logique du calcul. Saint Augustin comprend cette parole dans ce sens : le Christ ne donne pas une nouvelle limite au pardon ; il nous appelle à un pardon qui ne soit plus enfermé dans nos comptes.

Et c'est peut-être cela qui nous dérange le plus dans l'Évangile. Nous aimerions pouvoir dire : « J'ai déjà pardonné assez. » Jésus nous répond : « Ne compte plus. » Nous aimerions pouvoir dire : « Cette personne ne mérite pas mon pardon. » Jésus nous rappelle : « Toi non plus, tu n'as pas acheté le pardon que tu as reçu. » Nous aimerions regarder la dette de notre frère ; Jésus nous demande de regarder d'abord celle que Dieu nous a remise.

Car il y a quelque chose de terrible dans le refus de pardonner : nous croyons parfois que nous retenons l'autre prisonnier de sa dette, alors que c'est nous-mêmes qui restons attachés à cette dette. Tant que je répète intérieurement : « Il me doit cela », cette personne continue d'occuper une place dans mon cœur. Le pardon ne change pas nécessairement le passé, mais il peut empêcher le passé de continuer à gouverner mon présent.

Et c'est ici que je voudrais revenir aux enfants. Nous ne contrôlons pas tout ce que nos enfants deviendront, et ils ne portent pas automatiquement notre culpabilité. Mais ils apprennent énormément de ce qu'ils voient. Ils apprennent comment nous parlons de ceux qui nous ont blessés. Ils apprennent comment nous réagissons lorsque nous sommes offensés. Ils apprennent si un chrétien sait demander pardon, s'humilier, pardonner et recommencer.

Alors peut-être que l'une des plus belles choses que nous puissions transmettre à nos enfants n'est pas une maison parfaite, ni une famille sans blessures, parce qu'une telle famille n'existe pas. C'est de leur montrer comment la grâce de Dieu transforme un cœur blessé.

Peut-être qu'un enfant qui voit son père demander pardon apprend quelque chose de l'Évangile. Peut-être qu'un enfant qui voit sa mère renoncer à une rancune apprend quelque chose de la miséricorde. Peut-être qu'un enfant qui entend ses parents dire : « Nous avons été blessés, mais nous ne voulons pas vivre dans la haine », reçoit quelque chose qui peut changer toute une génération.

Car nous ne sommes pas seulement des hommes et des femmes qui ont besoin d'être pardonnés. Nous sommes des hommes et des femmes qui, parce que nous avons été pardonnés, sommes appelés à devenir capables de pardonner. Amen.

 

Prêtre Zhivko Zhelev

 

 

 

« Eloigne-toi de moi, Seigneur »

 

 

Frères et sœurs bien-aimés,

L'Évangile que nous venons d'entendre commence par une situation qui nous est peut-être plus familière qu'elle n'en a l'air. Pierre et ses compagnons ont travaillé toute la nuit et ils n'ont rien pris. Ils ont fait ce qu'ils savaient faire, ils ont travaillé, ils ont essayé, ils ont persévéré, et pourtant, au matin, leurs filets sont vides. C'est dans cette situation que Jésus entre dans la barque de Pierre et lui demande de retourner au large et de jeter encore une fois les filets. Pierre pourrait lui répondre : « Seigneur, nous avons déjà essayé, nous sommes des pêcheurs, nous savons ce que nous faisons. » Pourtant il dit simplement : « Sur ta parole, je jetterai le filet. » Et le miracle se produit : les filets se remplissent tellement de poissons qu'ils commencent à se rompre.

Mais le véritable miracle de cet Évangile n'est pas seulement celui des poissons. Le véritable miracle se produit dans le cœur de Pierre. Lorsqu'il voit ce qui vient d'arriver, il tombe aux pieds de Jésus et lui dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Pierre vient de comprendre qu'il n'est pas simplement devant un maître qui enseigne, mais devant quelqu'un qui manifeste la puissance et la sainteté de Dieu. Et lorsqu'un homme rencontre réellement Dieu, il commence aussi à voir sa propre vérité. Pierre ne cherche pas à se présenter comme un homme digne ; il reconnaît simplement ce qu'il est : « Je suis un homme pécheur. » Mais ce qui est extraordinaire, c'est que cette reconnaissance ne conduit pas Pierre au désespoir. Il tombe aux pieds du Christ.

C'est ici que la parole de saint Jean Chrysostome prend toute sa force : « Ce n'est pas le péché qui nous perd, mais le désespoir après le péché. » Le péché nous éloigne de Dieu, mais le désespoir nous fait croire que nous ne pouvons plus revenir vers lui. Le péché nous dit : « Tu es tombé », tandis que le désespoir ajoute : « Tu ne pourras jamais te relever. » Et c'est précisément ce mensonge que le Christ vient détruire. Pierre dit : « Je suis pécheur », et Jésus ne lui répond pas : « Alors éloigne-toi de moi. » Il lui dit : « N'aie pas peur. Désormais tu seras pêcheur d'hommes. »

Cette parole peut nous parler d'une manière particulière aujourd'hui, notamment lorsque nous regardons notre jeunesse. Nous voyons des lycéens, des étudiants, des jeunes qui manifestent, qui protestent, qui expriment leurs inquiétudes devant leur avenir. Nous ne devons pas réduire ces inquiétudes à des revendications ou à des positions politiques : derrière beaucoup de ces questions se trouve aussi une interrogation profondément humaine : « Quel avenir m'attend ? Est-ce que mes études auront un sens ? Est-ce que je trouverai ma place ? Est-ce que je pourrai construire une vie ? » Et parfois, derrière ces questions, il y en a une encore plus profonde : « Est-ce que cela vaut la peine d'espérer ? »

Nous devons entendre cette inquiétude, car elle touche quelque chose de très profond dans le cœur de l'homme. Pierre, lui aussi, ce matin-là, regarde ses filets et ne voit rien. Il a travaillé toute la nuit et le résultat est nul. Et c'est précisément à cet homme fatigué, à cet homme qui vient de connaître l'échec, que le Christ s'adresse. Jésus ne lui donne pas d'abord une explication sur les raisons de son échec. Il monte dans sa barque. Voilà peut-être l'une des plus belles images de cet Évangile : Dieu entre dans la barque de l'homme.

Nous vivons dans une époque où l'on demande beaucoup aux jeunes de construire leur avenir. On leur dit de réussir leurs études, de trouver leur métier, de devenir autonomes, de construire leur vie. Mais si nous leur apprenons seulement comment réussir sans leur apprendre pourquoi vivre, alors même la réussite peut laisser un vide. L'homme n'a pas seulement besoin d'un avenir professionnel ; il a besoin d'une espérance. Il a besoin de savoir que sa vie a un sens, qu'elle est voulue, qu'elle peut devenir autre chose que la simple succession des jours.

Et c'est là que l'Évangile devient profondément actuel. Pierre ne sait pas encore ce que sera son avenir. Il ne sait pas qu'il deviendra apôtre, qu'il annoncera le Christ, qu'il donnera sa vie pour lui. Il ne sait rien de tout cela. Il sait seulement que Jésus est entré dans sa barque et qu'il lui demande de lui faire confiance. Le Christ ne lui révèle pas tout son avenir ; il lui donne une direction. Il ne lui promet pas une vie sans difficultés ; il lui promet sa présence.

Saint Isaac le Syrien dit : « Ne désespère pas de toi-même. » Cette parole est particulièrement importante pour notre temps. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu as échoué. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu ne sais pas encore quelle direction prendre. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu retombes dans les mêmes faiblesses. Et nous, adultes, ne désespérons pas non plus de nos jeunes. Ne croyons pas que parce qu'ils sont désorientés aujourd'hui, leur avenir est fermé. Dieu voit en eux ce que nous ne voyons pas encore.

Pierre regarde son présent et voit un homme pécheur avec des filets vides. Le Christ regarde Pierre et voit déjà un apôtre. C'est la différence entre notre regard et celui de Dieu. Nous sommes souvent enfermés dans ce que nous sommes aujourd'hui ; Dieu voit ce que sa grâce peut faire de nous demain.

Voilà pourquoi le Christ dit à Pierre : « N'aie pas peur. » Cette parole n'est pas une promesse que tout sera facile. Elle est beaucoup plus profonde : elle signifie que tu n'as pas besoin d'affronter ton avenir seul. Le Christ peut entrer dans ta barque. Il peut entrer dans tes questions, dans tes échecs, dans tes blessures et même dans ton péché. Et lorsque nous lui faisons une place, notre avenir cesse d'être seulement quelque chose que nous devons fabriquer par nos propres forces. Il devient un chemin que nous pouvons parcourir avec lui.

À la fin de l'Évangile, Pierre, Jacques et Jean laissent tout et suivent Jésus. Ils n'ont pas toutes les réponses, mais ils ont trouvé Celui en qui ils peuvent mettre leur confiance. Voilà peut-être ce que nous devons transmettre à notre jeunesse et à nous-mêmes : non pas la certitude que demain sera facile, mais la certitude que demain n'est pas vide lorsque le Christ y marche avec nous.

Frères et sœurs, nos filets peuvent être vides, notre avenir peut parfois nous faire peur, et notre cœur peut être accablé par le poids de nos fautes. Mais le Christ entre encore aujourd'hui dans notre barque et nous dit comme à Pierre : « N'aie pas peur. » Alors ne désespérons ni de nous-mêmes, ni de nos enfants, ni de notre monde. Apprenons plutôt à faire comme Pierre : reconnaître humblement notre faiblesse, écouter la parole du Christ et avancer de nouveau au large. Car nous ne savons pas toujours ce que demain nous réserve. Mais nous savons avec qui nous pouvons y entrer.

Avec le Christ, il n'y a jamais de raison de désespérer.

À lui soient la gloire, l'honneur et l'adoration, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

 

Prêtre Zhivko Zhelev

 

 

 

« Отойди от меня, Господи »

 

Возлюбленные братья и сёстры!

Евангелие, которое мы только что услышали, начинается с ситуации, которая, возможно, гораздо ближе нам, чем кажется на первый взгляд. Пётр и его товарищи трудились всю ночь, но ничего не поймали. Они делали то, что умели: работали, старались, прилагали усилия, проявляли настойчивость, и всё же к утру их сети оказались пустыми. Именно в такой ситуации Иисусъ входит в лодку Петра и просит его снова отплыть на глубину и закинуть сети. Пётр мог бы ответить Ему: «Господи, мы уже пробовали. Мы рыбаки и знаем, что делаем». Но вместо этого он просто говорит: «По слову Твоему закину сети». И происходит чудо: сети наполняются таким количеством рыбы, что начинают рваться.

Однако настоящее чудо этого Евангелия заключается не только в улове рыбы. Истинное чудо происходит в сердце Петра. Увидев случившееся, он падает к ногам Иисуса и говорит Ему: «Отойди от меня, Господи, ибо я человек грешный». Пётр только что понял, что перед ним не просто учитель, который наставляет людей, но Тот, Кто являет силу и святость Божию. И когда человек по-настоящему встречается с Богом, он начинает видеть и собственную правду. Пётр не пытается представить себя достойным человеком; он просто признаёт, кто он есть: «Я человек грешный». Но удивительно то, что это признание не приводит Петра к отчаянию. Он падает к ногам Христа.

Именно здесь слова святителя Иоанна Златоуста обретают всю свою силу: «Погубляет нас не грех, а отчаяние после греха». Грех отдаляет нас от Бога, но отчаяние заставляет нас поверить, будто мы уже не можем к Нему вернуться. Грех говорит нам: «Ты пал», а отчаяние добавляет: «Ты никогда больше не сможешь подняться». И именно эту ложь Христосъ приходит разрушить. Пётр говорит: «Я грешник», но Иисусъ не отвечает ему: «Тогда отойди от Меня». Напротив, Он говорит: «Не бойся; отныне будешь ловить человеков».

Сегодня эти слова могут обратиться к нам с особой силой, особенно когда мы смотрим на нашу молодёжь. Мы видим старшеклассников, студентов, молодых людей, которые выходят на демонстрации, протестуют, выражают тревогу за своё будущее. Мы не должны сводить эти переживания лишь к требованиям или политическим позициям. За многими из этих вопросов стоит нечто гораздо более глубокое и по-человечески понятное: «Какое будущее меня ждёт? Будет ли смысл в моей учёбе? Найду ли я своё место в жизни? Смогу ли я построить собственную жизнь?» А порой за этими вопросами скрывается ещё более глубокий вопрос: «Стоит ли вообще надеяться?»

Мы должны услышать эту тревогу, потому что она затрагивает нечто очень глубокое в человеческом сердце. Пётр тем утром тоже смотрит на свои сети и не видит ничего. Он трудился всю ночь, но результат оказался нулевым. И именно к этому уставшему человеку, к человеку, который только что потерпел неудачу, обращается Христосъ. Иисусъ прежде всего не объясняет ему причины его неудачи. Он входит в его лодку. Возможно, это один из самых прекрасных образов данного Евангелия: Богъ входит в лодку человека.

Мы живём в эпоху, когда от молодых людей многого требуют в вопросе построения будущего. Им говорят, что нужно хорошо учиться, найти профессию, стать самостоятельными, устроить свою жизнь. Но если мы научим их лишь тому, как добиваться успеха, не объяснив, ради чего жить, то даже успех может оставить в душе пустоту. Человеку нужно не только профессиональное будущее — ему нужна надежда. Ему необходимо знать, что его жизнь имеет смысл, что она желанна Богу, что она может стать чем-то большим, чем простая череда дней.

Именно здесь Евангелие становится по-настоящему актуальным. Пётр ещё не знает, каким будет его будущее. Он не знает, что станет апостолом, будет возвещать Христа и отдаст за Него свою жизнь. Он ничего этого пока не знает. Ему известно лишь одно: Иисусъ вошёл в его лодку и просит его довериться Ему. Христосъ не открывает Петру всё его будущее, но указывает ему направление. Он не обещает ему жизнь без трудностей, но обещает Своё присутствие.

Преподобный Исаак Сирин говорит: «Не отчаивайся в самом себе». Эти слова особенно важны для нашего времени. Не отчаивайся в себе, когда потерпел неудачу. Не отчаивайся в себе, когда ещё не знаешь, какой путь выбрать. Не отчаивайся в себе, когда вновь и вновь возвращаешься к одним и тем же слабостям. И мы, взрослые, тоже не должны отчаиваться в нашей молодёжи. Не будем думать, что если сегодня молодые люди потеряли ориентиры, то их будущее уже закрыто. Богъ видит в них то, чего мы пока ещё не видим.

Пётр смотрит на своё настоящее и видит себя грешным человеком с пустыми сетями. Христосъ смотрит на Петра и уже видит в нём апостола. В этом и заключается различие между нашим взглядом и взглядом Бога. Мы часто оказываемся пленниками того, кем являемся сегодня, тогда как Богъ видит, кем Его благодать может сделать нас завтра.

Вот почему Христосъ говорит Петру: «Не бойся». Эти слова не означают обещания, что всё будет легко. Их смысл гораздо глубже: тебе не нужно встречать своё будущее в одиночку. Христосъ может войти в твою лодку. Он может войти в твои вопросы, в твои неудачи, в твои раны и даже в твой грех. И когда мы освобождаем для Него место, наше будущее перестаёт быть лишь тем, что мы должны построить собственными силами. Оно становится путём, который мы можем пройти вместе с Ним.

В конце Евангелия Пётр, Иаков и Иоанн оставляют всё и следуют за Иисусом. У них нет ответов на все вопросы, но они нашли Того, Кому могут довериться. Возможно, именно это мы и должны передать нашей молодёжи и самим себе: не уверенность в том, что завтрашний день будет лёгким, а уверенность в том, что завтра не будет пустым, если Христосъ идёт с нами.

Братья и сёстры! Наши сети могут оставаться пустыми, будущее порой может пугать нас, а сердце может быть подавлено тяжестью наших грехов. Но Христосъ и сегодня входит в нашу лодку и говорит нам, как когда-то Петру: «Не бойся». Поэтому не будем отчаиваться ни в самих себе, ни в наших детях, ни в нашем мiре. Будем лучше учиться поступать, как Пётр: смиренно признавать свою слабость, внимать слову Христа и снова выходить на глубину. Ведь мы не всегда знаем, что приготовил нам завтрашний день. Но мы знаем, с Кем можем вступить в него.

Со Христом нет никаких оснований для отчаяния.

Ему слава, честь и поклонение, вместе со Отцом и Святым Духом, ныне и присно, и во веки веков. Аминь

 

Иерeй Живко Желев

 

 

 

 

 

Fête  du  Pokrov

 

Chers frères et sœurs en Christ,

Aujourd’hui, notre Église célèbre une fête pleine de tendresse et d’espérance : le Pokrov, la Protection de la Très Sainte Mère de Dieu. Selon la Tradition de l’Église, saint André le Fol-en-Christ et son disciple Épiphane virent la Mère de Dieu apparaître dans l’église des Blachernes, à Constantinople. Elle priait pour le peuple chrétien et étendait son voile au-dessus des fidèles, comme signe de sa protection maternelle. Ce voile nous rappelle une vérité essentielle : nous ne sommes pas seuls dans les épreuves de notre vie.

La Très Sainte Vierge Marie n’attire pas notre regard vers elle pour nous éloigner du Christ. Au contraire, toute sa vie nous conduit à Jésus. Aux noces de Cana, elle dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’Il vous dira » (Jean 2, 5). Saint Jean de Damas, grand Père de l’Église, nous enseigne par sa vénération de la Mère de Dieu que celle qui a enfanté le Verbe incarné occupe une place unique dans l’histoire de notre salut.

Lorsque nous demandons la protection de la Mère de Dieu, nous lui demandons donc de nous aider à demeurer fidèles au Christ, à garder la foi dans les difficultés et à ne pas perdre l’espérance lorsque notre cœur est troublé.

Combien de fois, en effet, sommes-nous accablés par les soucis, les maladies, les conflits familiaux ou la peur de l’avenir ? Combien de fois prions-nous seulement lorsque nous n’avons plus de solution humaine ? La fête du Pokrov nous invite à revenir à Dieu avec confiance, comme des enfants qui se réfugient auprès de leur mère. Mais elle nous invite aussi à écouter le Christ et à mettre ses commandements en pratique.

Saint Isaac le Syrien nous enseigne, dans ses écrits spirituels, que le cœur miséricordieux est un cœur qui souffre et prie pour toute la création. Cette pensée nous aide à comprendre le sens profond de la protection que nous célébrons aujourd’hui. Nous demandons à la Mère de Dieu de nous couvrir de son voile, mais sommes-nous prêts, nous aussi, à couvrir les autres de notre amour ? Prions-nous pour ceux qui nous ont blessés ? Savons-nous pardonner à ceux qui nous ont offensés ? Prenons-nous soin des personnes seules, des malades et de ceux qui traversent des moments difficiles ?

Nous ne pouvons pas demander sincèrement la protection de la Mère de Dieu tout en fermant notre cœur à notre prochain. Son voile nous rappelle que l’Église est une famille, que nous sommes appelés à porter les fardeaux les uns des autres et à devenir des instruments de paix.

Frères et sœurs, en cette fête du Pokrov, ne demandons pas seulement à la Mère de Dieu de nous protéger des dangers extérieurs. Demandons-lui aussi de nous protéger de l’orgueil, de la colère, du jugement et du désespoir. Que son intercession nous aide à garder la foi, à aimer davantage et à demeurer fidèles au Christ jusqu’à la fin. Et lorsque viendront les jours difficiles, souvenons-nous que notre espérance ne repose pas sur nos seules forces, mais sur la grâce de Dieu, qui nous accompagne, et sur la prière de la Très Sainte Mère de Dieu.

Que son saint voile s’étende sur nos familles, sur notre paroisse, sur les malades, sur les personnes dans la détresse et sur tous ceux qui cherchent la paix. Amen.

Prêtre Zhivko Zhelev

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На праздник Покрова Пресвятой Богородицы

 

Дорогие во  Христе братья и сёстры !

Ныне наша Церковь празднует исполненный нежности и надежды праздник Покрова Пресвятой Богородицы. Согласно церковному Преданию, святой Андрей, Христа ради юродивый, и его ученик Епифаний увидели явление Божией Матери во Влахернском храме в Константинополе. Она молилась о христианском народе и простирала Свой покров над верующими в знак Своей материнской защиты. Этот покров напоминает нам об одной важной истине: мы не одиноки в испытаниях нашей жизни.

Пресвятая Дева Мария обращает наш взор к Себе не для того, чтобы отдалить нас от Христа. Напротив, вся Её жизнь ведёт нас ко Христу. На браке в Кане Галилейской Она говорит слугам: «Что скажет Он вам, то сделайте» (Ин. 2:5). Святой Иоанн Дамаскин, великий отец Церкви, своим почитанием Божией Матери учит нас тому, что Та, Которая родила воплощённое Слово Божие, занимает особое место в истории нашего спасения.

Поэтому, когда мы просим Божию Матерь о защите, мы просим Её помочь нам оставаться верными Христу, сохранять веру в трудностях и не терять надежды, когда наше сердце охвачено тревогой.

Как часто нас одолевают заботы, болезни, семейные конфликты или страх перед будущим! Как часто мы начинаем молиться лишь тогда, когда уже не видим никакого человеческого выхода из сложившейся ситуации? Праздник Покрова призывает нас с доверием возвращаться к Богу, подобно детям, которые ищут убежища у своей матери. Но он также призывает нас слушать Христа и исполнять Его заповеди.

Преподобный Исаак Сирин учит нас в своих духовных писаниях, что милосердное сердце — это сердце, которое сострадает всему творению и молится о нём. Эта мысль помогает нам понять глубокий смысл защиты, которую мы сегодня празднуем. Мы просим Божию Матерь укрыть нас Своим покровом, но готовы ли и мы сами укрывать других своей любовью? Молимся ли мы о тех, кто причинил нам боль? Умеем ли прощать тех, кто нас обидел? Заботимся ли мы об одиноких, больных и тех, кто переживает трудные времена?

Мы не можем искренне просить защиты Божией Матери, если при этом закрываем своё сердце для ближнего. Её покров напоминает нам о том, что Церковь — это семья, что мы призваны носить бремена друг друга и становиться орудиями мира.

Братья и сёстры ! В этот праздник Покрова будем просить Божию Матерь не только защитить нас от внешних опасностей. Попросим Её также уберечь нас от гордыни, гнева, осуждения и отчаяния. Да поможет нам Её молитвенное предстательство сохранить веру, научиться ещё больше любить и оставаться верными Христу до конца. И когда наступят трудные дни, будем помнить, что наша надежда основана не только на наших собственных силах, но прежде всего на благодати Божией, которая сопровождает нас, и на молитве Пресвятой Богородицы.

Да прострётся Её святой Покров над нашими семьями, над нашим приходом, над больными, над всеми страждущими и над всеми, кто ищет мира. Аминь

Иерей Живко Желев

 

 

 

 

 

 

 

Veillez, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra

 

Bien-aimés frères et sœurs en Christ, chers amis,

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, le Seigneur nous donne une parole très simple : « Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. »

Le Christ ne nous donne pas la date de sa venue. Il nous dit au contraire qu’elle sera inattendue, comme le déluge aux jours de Noé, comme un voleur dans la nuit. Et cette ignorance n’est pas quelque chose que nous devons chercher à supprimer en essayant de calculer la fin des temps (le faire, c’est très protestant). Elle est un appel à vivre autrement : puisque nous ne savons pas quand le Seigneur viendra, nous sommes appelés à être prêts chaque jour.

Veiller, pour le chrétien, ce n’est donc pas vivre dans la peur. C’est vivre avec la conscience que notre vie se déroule devant Dieu. Nous remettons souvent notre conversion à demain : demain je prierai davantage, demain je pardonnerai, demain je changerai, demain je prendrai davantage de temps pour Dieu. Mais le Christ nous rappelle que nous ne possédons pas demain. Nous avons reçu aujourd’hui.

Saint Jean Climaque dit : « La mémoire de la mort est une vigilance sans sommeil. » Cette parole n’est pas une invitation à vivre dans l’angoisse. Elle nous rappelle simplement que notre vie est limitée et que chaque journée a donc un poids éternel. Si je sais que ma vie est un jour appelée à s’achever, alors je ne veux pas remettre à demain ce que je peux faire aujourd’hui : aimer, pardonner, prier, demander pardon, faire le bien.

C’est justement pourquoi le Seigneur évoque les contemporains de Noé. Ils mangeaient, ils buvaient, ils se mariaient, ils vivaient leur vie quotidienne. Rien de tout cela n’était mauvais en soi. Mais ils vivaient comme si Dieu n’avait aucune place dans leur existence. Ils étaient tellement absorbés par leur quotidien qu’ils ne voyaient plus venir ce qui pourtant était devant eux.

Et nous pouvons tomber dans le même piège. Nous pouvons être tellement occupés par le travail, la famille, les projets, les soucis et toutes les choses de cette vie que nous finissons par vivre comme si cette vie terrestre était tout ce qui existe. Le danger n’est pas seulement de faire le mal ; c’est parfois de ne plus avoir de place pour Dieu dans ce qui est pourtant une vie normale.

Voilà pourquoi la vigilance commence dans le cœur. Saint Isaac le Syrien nous dit : « Veille sur ton cœur, car c’est là que se trouve la vie. » Veiller, c’est donc regarder ce que nous laissons entrer dans notre cœur et ce que nous choisissons d’y garder. Une colère apparaît : vais-je la nourrir ? Une rancune demeure : vais-je la conserver ? Une occasion de faire le bien se présente : vais-je l’accomplir ou la remettre à demain ?

C’est dans ces choses simples que nous attendons réellement le Seigneur.

Ainsi, la question de l’Évangile n’est finalement pas : « Quand le Christ viendra-t-il ? » Nous ne le savons pas. La véritable question est : « Dans quel état trouvera-t-il mon cœur lorsqu’il viendra ? »

Et cette question ne doit pas nous faire peur. Celui qui nous demande de veiller est précisément Celui qui nous aime et qui veut nous sauver. Nous n’attendons pas un inconnu ; nous attendons le Seigneur.

Alors, frères et sœurs, ne cherchons pas à connaître ce que Dieu a choisi de nous cacher. Faisons plutôt ce qu’il nous demande clairement : veillons. Prions aujourd’hui. Aimons aujourd’hui. Pardonnons aujourd’hui. Revenons à Dieu aujourd’hui. Car demain n’est pas entre nos mains.

Et lorsque le Seigneur viendra, puissions-nous être trouvés non pas comme des hommes qui ont tout compris, mais comme des serviteurs qui sont restés éveillés, le cœur tourné vers leur Maître.

« Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. »

Que le Seigneur nous accorde cette vigilance du cœur, afin que chaque jour de notre vie devienne une préparation à la rencontre avec Lui.

À Lui soient la gloire, l’honneur et l’adoration, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

 

Prêtre Zhivko