Dimanche de Zacchée

 

Les semaines de préparation au Grand Carême sont précédées par la lecture de l'Évangile sur Zacchée. Encourageant les pécheurs que nous sommes, le Seigneur dit : « Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».

Alors qu’il était en chemin vers Jérusalem, Jésus-Christ s'est arrêté à Jéricho pour se reposer. Les deux classes sociales les plus importantes de la population de Jéricho étaient les prêtres et les collecteurs d'impôts. Et dans cette ville, où vivaient de nombreux prêtres, Zacchée était le chef des collecteurs d'impôts en faveur des occupants Romains, et en tant que tel il était détesté par le peuple. Ainsi, il était tout naturel de s'attendre à ce que le Messie, le Fils de David, soit accueilli dans la maison de l'un des prêtres, les descendants d'Aaron, mais il n'en fut pas ainsi : le lieu de repos de Jésus-Christ fut déterminé par un événement auquel les habitants de la ville ne s'attendaient nullement.

Zacchée, qui était un grand pécheur, avait le désir profond de voir de ses propres yeux quel genre de personne était ce Jésus-Christ, dont la renommée grandissait parmi la population. Étant de petite taille, il ne pouvait pas, à cause de la foule, apercevoir le Christ. C'est pourquoi, alors que Jésus traversait la ville, Zacchée partit devant en courant et grimpa dans les branches étalées d'un figuier qui se trouvait au bord de la route. C'est sous cet arbre que Jésus-Christ devait passer, et Zacchée aurait ainsi la possibilité de bien Le voir, de voir Celui qui non seulement n’éprouvait aucune haine à l’encontre des collecteurs d'impôts, mais qui avait même élevé l'un d'entre eux au rang d'apôtre.

Tandis que Jésus s'approchait, Zacchée Le vit réellement ce qui le remplit de joie. Mais, imaginez la joie qui fit battre son cœur lorsque Celui qui était reconnu commele Messie de Son peuple s'arrêta sous cet arbre, leva les yeux et, l'appelant par son nom, lui dit de descendre rapidement, parce qu'il avait l'intention de s’arrêter chez lui. Lui, pécheur, méprisable collecteur d’impôts, il lui était donné non seulement de voir Jésus-Christ, la Lumière du monde, le Messie, mais encore de Le recevoir dans sa maison, de partager le repas avec Lui, et de Lui proposer de dormir chez lui ! Zacchée se hâta de descendre de l'arbre et conduisit cet Invité de marque dans sa maison.

Mais le peuple s'était unanimement mis à protester bruyamment. Il leur semblait tout simplement inconvenant et humiliant que le Messie s’arrêtât dans la maison d'un pécheur méprisable, un publicain, dont la profession était à elle seule le symbole de l'humiliation nationale du peuple. Mais la parole miséricordieuse de Jésus avait plus de poids pour Zacchée que les cris et les insultes de la foule. La parole du Seigneur, avec laquelle Jésus-Christ s'était adressé à lui, avait redonné vie au pécheur qu’il était et avait ranimé en Zacchée, avec une force vivifiante, les bonnes qualités de son âme, qui avaient été étouffées par son appât du gain, son égoïsme et le mépris de son entourage. Ravi de l'attention et de l'honneur qui lui étaient témoignés, Zacchée se leva de table et déclara solennellement : « Seigneur, je donnerai la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je le lui rendrai au quadruple ».

La noble abnégation de ce publicain méprisé, qui avec une telle franchise renversait l'idole de sa vie, - l’appât du gain -, justifiait l'honneur que le Christ lui avait fait, et le Sauveur s'exclama : « Maintenant le salut est venu dans cette maison, car lui aussi est fils d'Abraham », Abraham le père des fidèles. Maintenant le salut est donc venu dans cette maison, car lui aussi est fils d'Abraham, c’est-à-dire qu’il est un fils du père des fidèles. Par ces paroles, le Seigneur dénonçait ceux qui L'avaient condamné parce qu'Il était entré dans la maison d'un pécheur, Il dénonçait ceux qui, aujourd'hui encore, comprennent la "filiation d'Abraham" de façon physique et non spirituelle.

Et nous tous, nous sommes des "fils d'Abraham" si nous gardons la foi dans le vrai Dieu, si nous gardons la fidélité à Celui qui est la Lumière de l’Intelligence et le Soleil de la Vérité pour toute l'humanité, si nous restons fidèles à notre Seigneur Jésus-Christ. La Parole de Dieu est une Parole éternelle, et Elle ranime encore les âmes des pécheurs et de tous ceux qui ont préparé leur cœur à la rencontre du Seigneur. Amen.

 

Évêque MITROPHANE /Znosko-Borovsky/

 

 

 

Неделя  о  Закхее

 

Евангельским чтением о Закхее предваряются подготовительные недели к Великому Посту. Ободряя нас, грешников, говорит Господь : «Сын Человеческий пришел призвать и спасти погибших».

Направляясь в г. Иерусалим, Иисусъ Христосъ задержался на отдых в г. Иерихоне. Двумя наиболее выдающимися классами в населении г. Иерихона были священники и мытари. Это был по преимуществу священнический город, в котором одним из начальников мытарей был Закхей. Как начальник сборщиков податей в пользу римлян, Закхей был ненавидим народом. И естественно было ожи дать, что Мессия – Сын Давидов – будет принят в доме одного из священников, потомков Аарона, но случилось не так : место отдыха Иисуса Христа определило нежданное жителями города событие.

Грешник Закхей имел глубокое желание увидеть своими глазами, что за личность был Иисусъ Христосъ, слава о Котором гремела среди народа. Будучи мал ростом, он не мог, из-за тесной толпы, даже взглянуть на Христа. Поэтому, когда Иисусъ проходил через город, Закхей забежал вперед и взобрался на развесистые ветви смоковницы, стоявшей у дороги. Под этим деревом должен был пройти Иисусъ Христосъ, и Закхею предоставлялась полная возможность видеть Его, видеть Того, Который не только не питал обычной для всех ненависти к мытарям, но и одного из них возвысил в звание апостола.

Когда Иисусъ Христосъ приблизился, Закхей действительно увидел Его и радовался этому. Но, представьте себе, какой радостью забилось его сердце, когда признанный Мессия Своего народа остановился под деревом, взглянул вверх и, называя его по имени, велел ему скорее сойти вниз, потому что намеревался быть у него в доме. Ему, грешнику, презренному сборщику податей, дается возможность не только видеть Иисуса Христа – Света мiра, Мессию, но и принять Его в своем доме, ужинать с Ним и предложить Ему ночлег у себя! С радостью поспешил Закхей слезть с дерева и повел Великого Гостя к себе в дом.

Но народ единодушно и громко возроптал. Народу казалось непристойным и унизительным, чтобы Мессия остановился в доме презренного грешника-мытаря, одно занятие которого было символом национального унижения народа. Но милостивое слово Иисуса для Закхея значило больше, чем ропот и оскорбления толпы. Слово Господне, с которым Иисусъ Христосъ обратился к мытарю, переродило грешника и с силой животворной воскресило в Закхее те добрые качества его души, которые были задавлены в нем жаждой наживы, своекорыстием и окружающим к нему презрением. В восторге от оказанных ему внимания и чести, Закхей, встав из-за стола, торжественно заявил : «Господи! половину имения моего отдам я нищим, и если кого чем-либо обидел, воздам вчетверо».

Это благородное самоотвержение презренного мытаря, который с таким прямодушием низвергал кумир своей жизни, оправдало ему, Христом оказанную, честь и Спаситель благостно воскликнул : «Ныне пришло спасение дому сему, потому что и он сын Авраама», сын отца верующих. Этими словами изобличил Господь тех, кто осуждал Его за то, что вошел Он в дом грешника, изобличил тех, кто и ныне не духовно, а физически воспринимает «сыновство Аврааму».

И мы с вами «сыны Авраама», если храним веру в Бога Истинного, если сохраняем верность Тому, Кто для всего человечества является Светом Разума и Солнцем Правды – верность Господу Иисусу Христу. Слово Божие – слово вечное, Оно и ныне возрождает души грешников и всех, кто приуготовил сердце свое для встречи с Господом. Аминь.

 

Епископъ МИТРОФАНЪ /Зноско-Боровскiй/

 

 

Le Publicain et le Pharisien

 

Souvenons-nous de l'Évangile de dimanche dernier. Il s'agissait également d'un collecteur d'impôts, Zacchée. Nous avons vu comment le Seigneur avait retourné toute son âme. Nous avons vu comment, après toute une vie de péché, il s'était repenti, comment il était prêt à donner la moitié de ses biens aux pauvres et à rendre au quadruple quiconque il avait pu offenser. C'est ce qu'il fit sans aucun doute. Et involontairement, le publicain Zacchée et celui de l'Évangile d'aujourd'hui se confondent en une seule image, en un seul homme. En effet, tous deux étaient des collecteurs d'impôts, tous deux étaient de grands pécheurs, et ils se sont tous deux repentis. Et si nous acceptons le fait que l'Évangile d'aujourd'hui est une continuation de celui de dimanche dernier, que le publicain d'aujourd'hui, qui se frappe la poitrine, est, au moins psychologiquement, Zacchée – alors une grande science s’ouvre devant nous, une grande leçon sur la vie d'un pénitent. Et ce faisant, nous devrions tous faire pénitence. Car toutes les injustices que Zacchée avait commises, il les avait faites par appât du gain, pour devenir un seigneur. Et maintenant, lorsque cela s’était réalisé, et qu'il s'était senti être un puissant, – à ce moment précis s’est manifestée la Justice Divine.

Et cette Justice, cette Vérité, nous montre que si un homme se trouve neuf mois dans leseinde sa mère, il reste dans le sein de la terre pendant quatre-vingts ans au maximum, après quoi commencent la souffrance et la maladie. Enfin, à travers la mort, l'homme passe dans le sein de la vie éternelle, et ce pour toujours. Et maintenant Zacchée voyait tout cela : il comprenait toute sa folie, sa mauvaise façon de vivre... Il commença alors à chercher une issue. Et c'est, alors qu’il se trouvait dans cet état d’esprit, qu'il vit arriver le Christ. Pour lui, c'était un rabbi. Il ne pouvait pas, et tout simplement il ne voulait pas s'approcher de Lui. Il voulait d'abord étudier quel genre de rabbi Il était. Et là, nous voyons un figuier, lui sur le figuier, et puis la foule. Pouvez-vous imaginer ce que cet homme orgueilleux a pu éprouver ? Mais le Christ s’est approché et a dit : « Aujourd'hui, je serai avec toi, je serai chez toi ». Et quand Il fut chez lui, il Lui révéla cette puissance qui a immédiatement empli son cœur. Et c’est là que Zacchée dit : « Je distribuerai tout, et à celui à qui j'ai fait du tort, je rendrai au quadruple ». Et c'est ce qu'il fit.

Et qu'en est-il du publicain d’aujourd’hui ? Il est debout, se frappe la poitrine et dit : « Ô Dieu, aie pitié de moi, qui suis pécheur ».

Et non loin de lui, se tient un homme, venant certainement du même milieu que lui, et qui est un pharisien … Il se tient debout, droit, rayonnant de satisfaction, et il dit : "J'ai tout fait, j'ai fait ceci et cela, je… je… je". Mais pourquoi lepublicainne dit-il pas à ce moment : "Moi aussi j'ai donné la moitié de mes biens. J'ai donné au quadruple". Non, il ne dit pas cela, mais tout au contraire il dit : « Ô Dieu, aie pitié de moi, qui suis pécheur ».

Le fait est que le Seigneur avait gratifié le publicain d’un don particulier : Il avait élargi son cœur, mais au début, ce fut une tragédie : l’habitude, la routine... Parce que son homme intérieur était esclave de la routine, de l’habitude. Et cette accoutumance au péché est une force terrible. Ici réapparurent forcément des pensées d'intérêt, de profit, de soif du gain, d’avidité. Et ce cœur, qui avait été libéré par le Christ, redevenait soudain sale... Et il ressentait tout cela... « Seigneur Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! ». Mais que faire ?

Et la Sainte Église nous montre aujourd'hui toute la force de ce moment psychologique, toute la puissance de cette question : que devons-nous faire ? Et c'est avec une force identique qu'elle nous donne, à travers les pensées des Saints Pères, la réponse à cette question. En effet, nos saints Pères nous montrent avec précision ce qui se passait dans l'âme du publicain : du fait que sa conscience était désormais libre, qu’elle avait été libérée par le Christ, son cœur était vaste et la paix l’habitait. Et sa volonté était également libre : c’était la liberté en Dieu. Ce qui sépare notre cœur de Dieu, c'est le péché. C'est ainsi que des ombres ont commencé à apparaître dans le cœur du publicain et il s'est mis à en appeler au Seigneur pour demander de l'aide. Mais comment ces ombres apparaissent-elles ? Elles arrivent, de la façon dont le révèle le saint Évêque Théophane le Reclus dans l'une de ses lettres :

«La pensée se présente, et à moins qu'elle ne capte les sentiments du cœur, elle n'est pas encore un péché. Elle passe, et comme la neige d'aujourd'hui demain elle va fondre et disparaître, mais le cœur restera pur. Si la pensée s'empare du cœur, y pénètre, – ce n’est pas encore le malheur, car il reste encore un moment où l’on peut s'exclamer : "Seigneur, aie pitié !" et le cœur restera pur. En revanche, lorsque la pensée est déjà entrée dans le cœur et quenotrevolonté a dit "je veux" – c'est que l'ombre apparaît. Etdès lors que l'ombre a pénétré le cœur, aussitôts’opère la sympathie avec elle et s’ensuit l'action». C'est alors, comme le dit Vladyka Théophane, que "la chute" arrive. Le péché devient action, et la chute s’ensuit. Dès que l’homme tombe spirituellement, le péché entre dans son cœur, l’acte se commet, l’homme s’éloigne de Dieu, et la souffrance se manifeste de la même façon que pour une personne qui chute physiquement. Et nous savons à quel point la souffrance spirituelle est une tragédie. L’homme est rongé par l'orgueil, la cupidité, l'ambition, toutes sortes de convoitises. Il souffre réellement.Son cœur s’endurcit. C'est précisément ce qui s'est passé, comme nous le voyons dans la lecture de l'Évangile, après que Zacchée, le collecteur d'impôts, se soit rendu compte de son péché et se soit repenti. Le Christ a mis fin à son péché. Sa conscience est devenue libre, mais maintenant il lui faut agir. Et quand il commence à agir,des pensées surviennent et elles sont suivies de sentiments... Que faire ? Alors il s'écrie : "Ô Dieu, aie pitié de moi, pécheur, ne permets pas…". Et le Seigneur donne la Grâce qui ne permet pas, et Il sauve le pécheur. Que devons-nous faire pour recevoir cette Grâce ? Nous avons besoin d'une volonté active. Et comment faire pour l'obtenir, la Sainte Église nous l'enseignera dimanche prochain. Amin.

 

Archevêque ANDRÉ /Rymarenko/

 

 

 

Неделя Мытаря и Фарисея

 

Вспомним Евангелие прошлой недели. Там говорилось тоже о мытаре, Закхее. Мы видели, как Господь перевернул всю его душу. Мы видели, как, после всей его греховной жизни, он покаялся, как он был готов пол-именья своего отдать нищим, и всякому, кого обидел, воздать четверицею. Так несомненно он и поступил. И невольно мытарь Закхей и мытарь сегодняшнего Евангелия сливаются в один образ, в одного человека. Ведь оба они были мытарями, были людьми грешными, и оба покаялись. И если мы так примем, что сегодняшнее Евангелие есть продолжение Евангелия прошлого Воскресенья, что сегодняшний мытарь, ударяющий себя в грудь, и есть, хотя бы психологически, Закхей – то нам откроется великая наука, великий урок в жизни кающегося. А ведь кающимися и должны быть мы все. Ведь всю неправду, которую делал Закхей, он делал для наживы, чтобы быть господином. И вот, когда это господство пришло, и когда он себя уже почувствовал властителем, – в этот самый момент пришла и Правда Божия.

А правда Божия говорит нам о том, что если человек в утробе матери находится девять месяцев, то в утробе земли он пребывает от силы восемьдесят лет, а после этого начинаются страдания и болезнь. И наконец, через смерть человек переходит в утробу вечной жизни уже навсегда. И Закхей это теперь все видел: он понял все свое безумие, неправильный путь жизни… И тогда он стал искать выхода. И вот в таком состоянии он увидал идущего Христа. Для него это был равви. Подойти к Нему он так просто не мог и не хотел. Сначала он хотел обследовать, что это за равви. Тут мы видим смоковницу, тут мы видим его на смоковнице и тут толпа. Представляете себе, что мог пережить этот гордый человек? Но Христоcъ подошел и сказал: “Днесь с тобою будем, у тебя буду.” И когда Христосъ был у него, то тут раскрыл ему ту силу, которая сразу преисполнила его сердце. И вот тут Закхей сказал: “Все раздам, и тому, кого обидел, воздам четверицею.” И так все сделал.

А что же с сегодняшним мытарем ? Теперь он стоит и бьет себя в грудь, и говорит: « Боже, милостив буди мне, грешному »!

А тут же рядом с ним стоит другой, может быть его общества человек, фарисей… Стоит и наоборот, в полном удовлетворении, говорит: “Я все сделал, я сделал и то, и то, я…я” А почему же мытарь не сказал: “А я тоже сделал. Я пол-имения раздал. Я тому-то четверицею воздал.” Почему же он не говорит этого? А наоборот говорит: « Боже милостивый, буди милостив ко мне, грешному! »

Дело в том, что Господь его одарил. Сделал широким его сердце. Но как началось делание, то получилась трагедия: навык, навык… Ведь его внутренний человек был порабощен навыком. А навык это страшная сила. Тут невольно являлись мысли о корысти, и жажды еще большей наживы… И то сердце, которое было освобождено Христом, вдруг стало опять грязным… И он чувствовал все это… « Господи Боже, буди милостив ко мне грешному!». Что же делать?

И вот тут св. Церковь приводит нам в сегодняшний день всю силу этого психологического момента, всю силу этого вопроса: что нам делать? И с такой же силой дает нам через мысли Святых Отцов ответ на этот вопрос. Ведь наши Святые Отцы с точностью показывают нам, что происходило в душе мытаря: благодаря тому, что совесть его была теперь свободна, освобождена Христом, его сердце было широко, мир был в сердце. И воля его тоже была свободна: свобода была в Боге. А расстояние между сердцем и Богом – грех. И вот у мытаря и получилось так, что тени начали появляться в сердце, и он стал кричать ко Господу о помощи. А как же получаются эти тени? А получаются они так, как Владыка Феофан Затворник раскрывает в одном из своих писем:

« Мысль, – она приходит, и если только она не захватывает чувства сердца, то это еще не грех. Она прошла, и как сегодняшний снег завтра растает, так и ее не будет, и сердце остается чистым. Если же мысль захватит сердце, попадет в сердце, – и это еще не беда, есть еще момент в который можно воскликнуть: “Господи помилуй!” и сердце будет чисто. Но когда уже попала в сердце мысль, и когда уже воля твоя сказала “хочу,” – вот тогда получается тень. А раз тень только попала, то тут уже сочувствие получилось, и дело ». Тогда значит получается, как Владыка говорит, “падение.” Грех стал действием, и совершилось падение. А как только духовно пал, грех в сердце попал, дело совершил, от Бога ушел, и начинается страдание, так, как у человека, который упал физически. И мы знаем, какую трагедию представляют собой духовные страдания. Человека гложет гордость, сребролюбие, честолюбие, всякая похоть.., и он мучается. Сердце такого человека каменеет. Вот, что произошло, как мы видим по чтению Евангелия, после того, как Закхей-мытарь сознал свой грех и покаялся. Христосъ разрешил его грех. Совесть стала свободной. Но теперь ему надо действовать. А когда он начинает действовать, то тут и получаются мысли, а за мыслями идут чувства… Как же быть? Вот он и кричит: « Боже, милостив буди ко мне грешному, не допусти… » И Господь дает Благодать недопускающую, и спасает грешника. Что же нам нужно делать, чтобы получить эту Благодать? Нужно активное волеизволение. А как его приобрести, об этом будет учить нас св. Церковь в следующее Воскресенье. Аминь

 

Архiепископъ АНДРЕЙ /Рымаренко/

Saints Martyrs et Confesseurs de Russie

 

Lorsque je regarde cette icône de la fête qui est devant nous, peinte pour la glorification des saints Martyrs par l'archimandrite Cyprien, me reviennentà l’esprit des paroles de l'Apocalypse, notammentle passage oùsaint Jean le Théologien voyait auprès du trône du Seigneur vingt-quatre justes vieillards, mais encore, comme il le dit, une grande foule de gens dont personne ne pourrait dénombrer la quantité, debout, vêtus de robes blanches et scintillantes, avec des branches de palmier à la main en signe de victoire. L'un des vieillards demanda à Jean le Théologien : « Mais, ces gens en robe blanche, qui sont-ils ? Et d'où sont-ils venus » ? L'évangéliste répondit humblement : « Monseigneur, tu le sai». L'ancien dit alors : « Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies dans le sang de l'Agneau de Dieu, et maintenant ils seront avec Dieu pour toujours, et Dieu sera avec eux ». C'est ce qui me vient à l'esprit lorsque nous voyons ici, sur cette icône, cette foule de Nouveaux Martyrs et Confesseurs dont, en réalité, nous ne connaissons pas le nombre.

Qui pourrait les dénombrer ? Qui pourrait ne serait-ce qu'imaginer le nombre de nos frères qui ont laissé leur vie pour la foi et la vérité du Christ ? En effet, comme on l'a dit hier, il n'y a pas le moindre petit coin de notre patrie qui n'ait été irrigué du sang de ces témoins du Christ. Et si notre patrie, la première au monde, a fait montred’un blasphème aussi terrible, d’une rébellion aussi insensée du peuple, que les brigands qui se sont emparés du pouvoir ont établie en son sein, et bien que la terre ait été souillée par ce blasphème terrible, sans précédent dans l'histoire de l'humanité, toutefois le sang des Saints Martyrs et Confesseurs a abondamment irrigué la terre russe et a purifié notre patrie de ce blasphème et de cette souillure. Et maintenant, nous célébrons leur glorification. Mais je le redis une fois encore : ce n 'est évidemment pas nous qui les glorifions. Ils sont saints auprès de Dieu, c’est Dieu qui les a couronnés, et l'Église, par sa glorification, indique seulement que ce sont de nouveaux saints auxquels nous pouvons maintenant nous adresser dans la prière, comme il est d'usage selon les règles de l'Église. Souvenons-nous également d'autre chose : saint Théophane le Reclus écrivait un jour à quelqu'un : "La vraie glorification des saints et leur vraie commémoration ne consistent pas seulement à les prier ou à les louer, à les exalter, mais cela consiste surtout à imiter leur vie et leurs actes". Nos frères qui, par leur exploit spirituel, sont passés dans l'au-delà et sont maintenant glorifiés, étaient des gens précisément tels que lorsqu’ils furent confrontés àdes épreuves effrayantes, ils ne se sont pas dérobés et se sont montrés fidèles à Dieu et à la Vérité divine.

Jusqu'à présent, nous n'avons pas encore été soumis à de telles épreuves ici, mais nous savons combien la vie est compliquée et difficile, combien elle nous amène quotidiennement des nouvelles les plus inattendues et les plus désagréables ; nous ne savons pas ce qui nous attend, et il est très possible que quelque chose de semblable nous tombe dessus... C'est pourquoi, en les priant et en les louant, nous devons sans cesse prier pour qu'ils renforcent également notre faiblesse et notre manque de foi, si nous devions un jour nous retrouver face à face avec le mal comme ils l'ont été.

Nous avons dit hier que jamais dans l'histoire de l'humanité le mal ne s'était abattu avec autant de fureur sur l'Église du Christ qu'en Russie. Mais la parole de notre Sauveur s'est réalisée ! Il a dit : « J'établirai mon Église, et les portes de l'enfer, c'est-à-dire tous les efforts de l'enfer, ne prévaudront pas contre elle ». Et en réalité elles n'ont pas prévalu. Cette foule de Martyrs, qui sont restés fidèles au Christ, indique la victoire de l'Église sur ce mal, sur cette attaque diabolique, sur ce déluge du mal. Vous savez comment cela se passe sur l'océan lorsqu'une tempête éclate : de puissantes vagues, des montagnes d'eau se jettent sur les rochers, mais les rochers ne bougent pas, ils restent inébranlables, et cette énorme vague se brise et est refoulée, impuissante. De la même manière, ils ont été et seront brisés, puisque, je le répète, la parole du Christ est vraie. Aucune force obscure ne pourra vaincre l'Église du Christ, et vous et moi devons seulement veiller à apprendre de l'exemple de nos Martyrs et Confesseurs et à rester fidèles, comme ils l’ont été, au Seigneur toujours, partout et en tout. Amen.

 

Sainttropolite PHILARÈTE

 

 

 

 

Свв. Новомученики и Исповедники Российские

 

 

Когда я, грешный, смотрю на эту вот праздничную икону, написанную к прославлению святых архимандритом Киприаном, которая перед нами, то мне вспоминается слово «Апокалипсиса». Как святой Иоанн Богослов видел у престола Господня двадцать четыре праведных старца, а, кроме того, как он говорит, – великое множество людей, которых никто не мог сосчитать, стоящих в белых сверкающих одеждах с пальмовыми ветвями в руках, как знаком победы. Один из старцев спросил Иоанна Богослова: «Эти, в белых одеждах, - кто они? И откуда они пришли?» Смиренно ответил Евангелист: «Ты знаешь, господин». И старец тогда говорит: «Это те, которые пришли от великой скорби. Они омыли свои одежды, они убелили их кровью Агнца Божественного и теперь вечно будут с Богом, и Богъ будет с ними». Это мне вспоминается, когда мы видим и здесь, на этой иконе, сонм Новомучеников и Исповедников, которых, в действительности, числа мы и не знаем.

Кто может исчести? Кто может даже охватить хотя бы мыслью, сколько там положило свою жизнь за веру и истину Христову наших братьев? И действительно, как и вчера говорилось, на всем протяжении нашей Родины нет ни одного уголка, который не был бы полит кровью свидетелей Христовых. И если наша Родина впервые показала мiру такую страшную хулу, страшное богохульство и безумный бунт народа, который в ней утвердили захватившие власть разбойники, хотя осквернилась земля этой страшной, небывалой в истории человечества хулою, но кровь святых Мучеников и Исповедников обильно оросила землю Российскую и очистила нашу Родину от этой скверны ея. И вот мы с вами ныне празднуем их прославление. Еще раз повторяю: прославляем, конечно, их не мы. Они - у Бога святы, Богъ их увенчал, а Церковь своим прославлением указывает только на то, что это - новые святые угодники Божии, к которым теперь можем мы молитвенно обращаться, как это принято по уставу Церковному. Так вот, будем помнить еще вот что: когда-то святитель Феофан Затворник кому-то писал: «Настоящее прославление святых и настоящее их поминовение заключается не только в том, чтобы им молиться или их хвалить, восхвалять, а в том, чтобы подражать их жизни и подвигам». Наши собратья, которые этим подвигом перешли в загробный мiръ и теперь прославлены, они были люди такие, что, именно вот, когда пришла пора тяжкого и страшного испытания, они оказались верны Богу и Божией правде.

Пока что нас не постигли еще здесь такие испытания, но знаем мы, как сейчас запутана, как сложна жизнь, как она ежедневно преподносит самые неожиданные и неприятные новости; что будет впереди – мы не знаем, и очень может быть, что и на нашу долю может выпасть что-либо подобное.Так вот, молясь им и восхваляя их, мы должны молить все время о том, чтобы они и нашу слабость и маловерие укрепили, если придется нам когда-либо уже стать со злом лицом к лицу, так, как стали они.

Мы говорили вчера о том, что никогда еще в истории человечества зло не обрушивалось с такой яростью на Церковь Христову, как это было в России. Но сбылось слово Спасителя нашего! Он сказал: создам Церковь Мою, и врата ада, то есть, все адские усилия, – не одолеют ея. И вот – не одолели. Этот сонм Мучеников, которые сохранили верность Христу, указывает на победу Церкви над этим злом, над этой злой атакой, над этим разливом зла. Вы знаете, как бывает на океане, когда буря выходит: могучие валы, целые водные горы набрасываются на скалы, а скалы стоят твердо, непоколебимо, и эта налетевшая громадная волна безсильно разбивается и откатывается назад. Вот так же и они разбивались и будут разбиваться, потому что, повторяю, верно слово Христово. Церковь Христову не одолеют никакие темные силы, а мы с вами только должны заботиться о том, чтобы поучаться примеру наших Мучеников и Исповедников и так же хранить верность Господу всегда, везде и во всем, как они хранили. Аминь.

 

св. Митрополитъ ФИЛАРЕТЪ

 

 

Sur la Cananéenne

 

Le talent est cette Force que le Seigneur nous donne pour accomplir Son commandement d'Amour pour Dieu et le prochain et, dans l'Évangile d'aujourd'hui, la Sainte Église nous montre l'application de ce talent dans la pratique, dans la vie. Le talent nous est donc donné pour accomplir le commandement, mais le péché nous empêche de le réaliser. Et c’est dans la lutte entre ces deux principes que nous pouvons acquérir les vertus chrétiennes.

L'Évangile d'aujourd'hui montre ainsi l'une de ces vertus. Il s'agit de la profonde humilité de la Cananéenne.

Une mère demande la guérison de sa fille. Elle poursuit le Seigneur de ses cris : « Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David, ma fille est cruellement tourmentée par le démon ». Mais voyez comment le Seigneur la met à l'épreuve. Au début, Il ne lui répond pas un mot. Et là même les disciples ne purent se retenir etils vinrentLeprier : « Laisse-la partir, car elle nous poursuit de ses cris ». Alors, non seulement le Seigneur continue à l'ignorer, mais il la repousse tout simplement. « Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël ».

N'en est-il pas de même pour nous ? Au début, le Seigneur semble ne pas entendre notre prière, et ensuite, à travers les circonstances de notre vie, il semble même nous repousser. Et combien d'entre nous arrêtent dès ce moment leur prière. Mais ce n'est pas le cas de la Cananéenne, qui s'étant approchée de Lui, se prosterne et dit : « Seigneur, viens à mon aide ». Et comment réagit le Seigneur ? Il la compare proprement à un chien : « Il n'est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ». Impossible de mettre un être humain plus bas. Mais elle est d'accord. « Oui, Seigneur, mais les chiens mangent au moins les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres »...

Et c’est là que s’opère la victoire de l'humilité, où il nous est donné de voir l'effondrement du murillusoireentre le Seigneur et la Cananéenne. - « Ô femme, grande est ta foi, qu'il te soit donné selon ton désir ! » Et sa fille fut guérie à l'heure même.

« Mais les chiens mangent au moins les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres »… Ces paroles de cette femme ont traversé tous les âges et sont parvenues jusqu'à nous, jusqu'à aujourd'hui, et elles donnent de l’espoir à tous ceux qui n’en ont plus. Il nous appartient de les utiliser ou de les ignorer. Sommes nous capables de nous humilier comme l'a fait cette femme ? Le talent nous en est donné, et puisqu’il en est ainsi, alors oui, nous le pouvons ! Il nous suffit de bien vouloir accepter cette mesure d'humilité.

Frères et sœurs ! Faisons en sorte de les accepter !Et nous pourrons alors entendre le Seigneur nous dire : « Qu'il te soit donné selon ton désir ! »Amin.

 

Archevêque ANDRÉ /Rymarenko/

 

 

О Хананеянке

 

Талант, это та Сила, которую Господь дает нам для исполнения Его заповеди Любви к Богу и ближнему, и в сегодняшнем Евангелии святая Церковь показывает нам применение этого таланта на деле, в жизни. Талант дан нам для исполнения заповеди, а грех препятствует нам исполнить заповедь. Наступает борьба, и в ней мы приобретаем свойства Христовы.

Сегодняшнее Евангелие и показывает одно из таких свойств. Это – глубочайшее смирение Хананеянки.

Мать просит об исцелении дочери. Она кричит вслед за Господом : « Помилуй меня, Господи, Сын Давидов, дочь моя жестоко беснуется ». Смотрите, как Господь ее испытывает. Сначала Он не отвечает ей ни слова. Даже ученики не выдержали. Они, приступивши, просят Его : « Отпусти ее, потому что кричит за нами ». А Господь тут уж не только продолжает не обращать на нее внимания, а просто отталкивает ее. « Я послан только к погибшим овцам дома Израилева ».

Не бывает ли и с нами так ? Сначала Господь как бы не слышит нашей молитвы, а потом через обстоятельства нашей жизни как бы отталкивает нас. И как многие из нас уже тут прекращают свою молитву. Но не так Хананеянка, Она, подошедши, кланяется Ему и говорит : « Господи ! помоги мне ». А Господь ? Он прямо сравнивает ее со псом : « Не хорошо взять хлеб у детей и бросить псам ». Уж ниже и невозможно поставить человека. Но она соглашается. « Так, Господи, но и псы едят крохи, которые падают со стола господ их ». ...

И тут совершается победа смирения, тут рушится призрачная стена между Господом и Хананеянкой. – « О женщина ! велика вера твоя, да будет тебе по желанию твоему » ! И исцелилась дочь ее в тот час.

« Но и псы едят крохи, которые падают со стола господ их ».Эти слова женщины прошли все века, дошли до нас, до сегодняшнего дня, и дают надежду всем, кто уже не имеет никакой надежды. От нас зависит воспользоваться ими, или пренебречь ими. Сможем ли мы смириться как смирилась эта жена ? Талант нам дан, а раз так, то значит, – да, сможем ! Нам только надо захотеть принять эту меру смирения.

Братья и сестры ! Давайте же примем их ! Тогда и услышим ответ Господа : « Да будет тебе по желанию твоему ! ». Аминь.

 

Архiепископъ АНДРЕЙ /Рымаренко/

 

 

Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé

 

 

Ainsi parle le Seigneur aux apôtres : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné » /Marc 16, 16/

Souvent les croyants se posent des questions auxquelles ils ne trouvent pas de réponses : qu'arrivera-t-il aux personnes qui n'ont pas été baptisées et ne sont pas devenues chrétiennes, non parce qu'elles ont refusé de recevoir la foi chrétienne, mais parce qu'elles n'ont jamais été confrontées à la prédication du christianisme ? À l'une de ces questions, saint Théophane le Reclus avait jadis répondu : "Sachez qu'il y a des mystères qui ne nous sont pas révélés". À cet endroit de l'Évangile, il est explicitement indiqué que « quiconque a la foi et est baptisé », c'est-à-dire celui qui s’engage fermement dans la voie chrétienne, « sera sauvé » et « celui qui n'a pas la foi sera condamné ». Cela s'adresse évidemment à ceux qui ont été confrontés à la prédication de la foi chrétienne et qui, au lieu de la recevoir et devenir chrétiens, s'en sont détournés, voire sont devenus des ennemis de la foi. C’est sur ce genre de personnes que pèse la condamnation, ainsi que l’a clairement indiqué le Seigneur.

Quant à ceux qui n'entrent dans aucune de ces catégories, l'évêque Théophane le Reclus dit : "Pourquoi te préoccupes-tu tant de ces personnes qui sont mortes ainsi, sans avoir défini leur attitude à l'égard du message de l'Évangile ? Souviens-toi que nous avons notre Seigneur, dont l'apôtre Paul a dit qu'Il est « le Sauveur de tous les hommes, principalement des fidèles » /1 Tim. 4, 10/, c'est-à-dire Celui qui est venu sauver toute l'humanité". Puisque le sort de l'humanité entière, ainsi que le sort de chaque homme, sont déterminés par ce qu'en jugera le Sauveur du monde, notre inquiétude est vaine : le Seigneur est d'abord immensément juste, et ensuite infiniment miséricordieux ! Il cherche à sauver chaque âme humaine, et non à la faire périr ; cela vaut aussi pour les pécheurs - lorsqu'un pécheur s'engage sur la voie du péché, le Seigneur ne cesse de lui faire entendre raison, en lui envoyant de bonnes rencontres, utiles pour son âme, afin que celle-ci puisse se ressaisir et accepter la vérité de la foi.

D'une manière ou d'une autre, je le répète, le Seigneur cherche à sauver chaque âme humaine. C'est la raison de Sa venue parmi nous. Il faut se rappeler que l'homme est la création préférée de Dieu. Le Seigneur l'a créé à Son image et à Sa ressemblance, et lorsque l'homme est tombé dans les voies du péché, Il est alors venu Lui-même sur terre pour le racheter et le sauver. Nous pouvons donc ne pas nous inquiéter de ce que notre Seigneur puisse jamais prononcer un jugement injuste ou cruel sur qui que ce soit. Ce n'est que si un homme s’obstine à refuser Sa vérité, s’obstine à pécher, refuse d’abandonner le péché et reste ainsi jusqu'à la fin, cet homme se rend alors coupable de sa propre perte.

C'est comme un homme qui meurt de soif, et à qui on présente un verre, mais il s'en détourne et crie ensuite qu'il meurt de soif – pourtant, il s'en est lui-même détourné ! Il en va de même ici, si seulement une personne ne se tue totalement spirituellement, mais reste un tant soit peu capable de percevoir la lumière de la vérité, une telle âme ne périra pas. Comme l'a dit un saint évêque orthodoxe : "Ce sont les démons qui iront en enfer" ! - c'est-à-dire les personnes qui, par leur mode de vie, ont tué leur âme spirituellement, et il n’y a donc pas d’autre lot pour eux.

Vous souvenez-vous de la façon dont le Seigneur a parlé du Jugement Dernier ? Il s’adresse aux justes et leur dit : « Prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès l’origine du monde » /Mat. 25, 34/. Et lorsqu'il se tourne vers les pécheurs avec une parole menaçante et leur dit : « Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel préparé (pour qui ? pour vous ? non !) pour le diable et ses anges » (Mat. 25, 41) ! Ce tourment infernal ne vous était pas destiné - non ! Pour vous c’est le Royaume de Dieu qui a été ouvert. Vous pouviez y entrer comme y entrent les justes, mais vous avez fait en sorte qu'il n'y ait pas d'autre destin pour vous que d'être avec l'adversaire de Dieu et le tueur d'hommes - le diable. Vous êtes vous-mêmes coupables de votre propre perte ! Souvenons-nous donc de ceci. Le Seigneur est juste dans Ses jugements, mais Il est aussi infiniment miséricordieux, et si seulement une âme, même empêtrée dans ses péchés, peut être sauvée, souvenez-vous qu'Il saura la sauver, qu'Il peut la sauver, et qu'Il veut la sauver ! Amen.

 

Saint Métropolite PHILARÈTE

 

 

 

Кто веру имет и крестится, спасен будет

 

 

Так говорит Господь апостолам : «Иже веру имет и крестится, спасен будет : а иже не имет веры, осужден будет» /Марк 16,16/.

Часто среди верующих людей появляются вопросы и недоумения : а что будет с людьми, которые не крестились и не стали христианами, но не потому что они отказались принять христианскую веру, а потому что просто с проповедью христианства не встречались никогда. Святитель Феофан Затворник, когда-то на один из подобных вопросов, ответил : "Помни, что есть тайны, которые не открыты нам». В этом месте Евангелия прямо указывается, что « кто веру имет и крестится» , т.е. твердо станет на христианский путь – спасется – «спасен будет» , а «иже не имет веры, осужден будет»". Это, конечно, говорится о том, кто встретился с проповедью христианской веры и, вместо того, чтобы принять ее и сделаться христианином, отвернулся от нее, а может быть даже сделался врагом ее, вот такому грозит осуждение, как прямо указал Господь.

Что касается тех, кто не подходит ни под одну, ни под другую, категорию, то епископ Феофан Затворник говорит : "Почему ты так беспокоишься об этих людях, которые умерли вот так, не определивши своего отношения к евангельской проповеди ? Помни, что у нас есть Господь Спаситель, о Котором сказал апостол Павел, что Он «Спаситель всех человеков, наипаче же верных» (1Тим. 4,10), т.е. Тот, Кто пришел спасти весь человеческий род". Постольку поскольку судьбы всего человечества и судьба каждого человека решаются тем, что скажет о ней Спаситель мiра, то беспокойство наше напрасно: Господь, во-первых, высочайше правосуден, а, во-вторых, безконечно милосерд ! Каждую человеческую душу Он ищет спасти, а не погубить ; это и ко грешникам относится, – когда грешник идет путем греха, – Господь не перестает его вразумлять, посылая ему и встречи хорошие, полезные для души, чтобы могла его душа опомниться и принять истину веры.

Так или иначе, повторяю, Господь ищет того, чтобы спасти каждую человеческую душу. Для этого Он и пришел. Нужно помнить, что человек есть любимое творение Божие. Господь украсил его Своим образом и подобием, а когда человек оказался на путях греха, то Он Сам на землю пришел, чтобы искупить его и спасти. Поэтому мы можем быть спокойны в том отношении, что Господь наш неправосудного или жестокого, если хотите, приговора ни над какой душой никогда не произнесет. Только если человек упорно отказывается от истины Его, упорно грешит, не желает оставить грех, и до конца пребудет таким, то он сам виноват в погибели своей.

Это подобно тому, как человек будет умирать от жажды, пред ним поставят сосуд, он от него отвернется, а потом будет кричать, что он от жажды умирает – сам отвернулся ! Так и тут, если только человек не убьет себя духовно до конца и останется хоть немножко способным воспринять свет истины, уж такая душа не погибнет. Как говорил один православный святитель : "В ад попадут исчадия ада !" – т.е. люди, которые своим образом жизни свою душу убили духовно и поэтому другого жребия для них нет.

Помните, как Господь говорил в беседе о Страшном Суде ? Он обращается к праведникам и говорит : «Наследуйте Царство, уготованное вам от сложения мiра» (Мф. 25,34). А когда Он с грозным и скорбным словом обратится к грешникам, то скажет : «Идите от Меня, проклятые, в огонь вечный уготованный (кому? вам? нет!) диаволу и ангелам его» (Мф. 25,41)! Не вам была уготована эта мука адская – нет! Для вас – Царствие Божие было открыто. Вы могли в него войти, как вот входят праведники, но вы сами сделали себя такими, что для вас нет иной участи, как быть с богопротивником и человекоубийцем – диаволом. Сами виноваты в своей погибели ! Так вот, будем это помнить. Господь – правосуден, но и бесконечно милосерд, и если только какую-то душу, даже запутавшуюся в грехах, есть возможность спасти, помните, Он сумеет спасти, и может спасти и хочет спасти! Аминь.

 

Святой Митрополитъ ФИЛАРЕТЪ