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Les dix lépreux
Bien-aimés frères et sœurs en Christ,
L’Évangile du jour selon saint Luc (17, 12-19), nous présente une scène simple, mais profondément interpellante pour notre vie spirituelle. Le Christ entre dans un village, et dix lépreux viennent à sa rencontre. Ils se tiennent à distance, comme la Loi l’exigeait, car la lèpre n’était pas seulement une maladie du corps, mais aussi une exclusion sociale et religieuse. Ces hommes vivaient coupés des autres, privés de relations, de culte et d’espérance humaine.
De loin, ils élèvent la voix et crient : « Jésus, Maître, prends pitié de nous ! » Cette prière est brève, mais elle contient tout. Ils reconnaissent en Jésus un Maître, quelqu’un qui a autorité, et ils Lui demandent la miséricorde. Ils ne réclament pas un droit, ils implorent une grâce. Cette supplication ressemble profondément à la prière de l’Église, et à la prière du cœur que tant de chrétiens répètent jour après jour : « Seigneur, aie pitié de moi, pécheur. »
Le Christ leur répond d’une manière qui peut nous surprendre. Il ne les touche pas, Il ne proclame pas leur guérison sur-le-champ. Il leur dit simplement : « Allez-vous montrer aux prêtres. » Autrement dit, Il leur demande un acte d’obéissance et de foi. Ils partent alors qu’ils sont encore lépreux, sans preuve visible que leur situation a changé. Et l’Évangile nous dit cette phrase capitale : « Or, pendant qu’ils y allaient, ils furent purifiés. » La guérison se produit en chemin.
Saint Jean Chrysostome souligne ici que Dieu agit souvent ainsi dans nos vies. Il nous demande d’avancer dans la confiance avant même que le miracle ne soit visible. Combien de fois le Seigneur nous invite-t-Il à persévérer dans la prière, à pardonner, à changer de vie, alors que nous ne voyons pas encore de fruits immédiats ? Pourtant, c’est dans cette obéissance humble que la grâce commence à agir.
Les dix hommes sont donc purifiés. Leur chair est restaurée, leur exclusion prend fin, une vie nouvelle s’ouvre devant eux. Mais l’Évangile nous révèle alors un détail décisif : un seul d’entre eux, voyant qu’il est guéri, revient sur ses pas. Il glorifie Dieu à haute voix et se prosterne aux pieds de Jésus pour Lui rendre grâce. Et saint Luc précise : « C’était un Samaritain. » Un étranger, un homme considéré comme en dehors du vrai culte.
Saint Augustin commente ce passage en disant que les neuf autres ont reçu le bienfait, mais qu’ils se sont arrêtés au don, sans revenir à Celui qui donne. Le Samaritain, lui, a compris que la guérison du corps n’était pas la fin, mais un signe qui devait le conduire à une rencontre plus profonde avec Dieu. La gratitude devient ici le chemin qui mène à la communion.
Alors Jésus pose une question qui traverse les siècles et qui nous est adressée aujourd’hui : « Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Où sont les neuf autres ? » Ce n’est pas une parole de reproche amer, mais une interrogation pleine d’amour. Dieu ne manque pas de donner, mais Il attend que notre cœur se tourne librement vers Lui.
Cette question nous concerne directement. Combien de fois crions-nous vers Dieu dans la détresse, dans la maladie, dans les difficultés familiales ou matérielles ? Et lorsque la situation s’améliore, lorsque l’épreuve passe, combien de fois oublions-nous de revenir vers Lui pour dire simplement : « Merci » ? Saint Basile le Grand affirme que l’ingratitude endurcit le cœur, car elle nous fait croire que ce que nous possédons est le fruit exclusif de nos efforts, et non un don de la Providence.
Le Samaritain, en revanche, nous montre le chemin du croyant véritable. Il reconnaît que tout vient de Dieu. Il remercie non seulement pour la guérison, mais pour la présence même du Christ dans sa vie. Sa reconnaissance n’est pas seulement verbale : il revient, il se prosterne, il se tient aux pieds de Jésus. Il entre dans une relation personnelle avec Lui.
C’est alors que le Seigneur lui dit une parole encore plus profonde : « Relève-toi, va : ta foi t’a sauvé. » Les dix ont été guéris extérieurement, mais un seul reçoit le salut intérieur. Saint Théophylacte explique que la gratitude ouvre le cœur à une grâce plus grande que le miracle initial. Celui qui remercie Dieu reçoit non seulement ce qu’il demandait, mais il reçoit Dieu Lui-même.
Cette page d’Évangile nous apprend aussi à remercier Dieu en toutes circonstances, et pas seulement lorsque les miracles sont visibles. Nous sommes appelés à rendre grâce pour la vie, pour le souffle que Dieu nous donne chaque matin, pour notre pain quotidien, pour nos proches, mais aussi pour les épreuves qui nous purifient et nous apprennent l’humilité. Saint Isaac le Syrien enseigne que le cœur reconnaissant transforme même la souffrance, car il y découvre un lieu de rencontre avec Dieu.
Frères et sœurs, demandons aujourd’hui la grâce d’être de ceux qui reviennePPnt. Revenons vers Dieu après chaque bénédiction, petite ou grande. Revenons vers Lui dans la prière, dans l’action de grâce, dans l’Eucharistie qui est, par excellence, le sacrement du « merci ».
Que notre vie entière devienne une louange, une reconnaissance continuelle envers Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Et que nous puissions entendre, nous aussi, au plus profond de notre cœur, cette parole du Christ : « Ta foi t’a sauvé. » Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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La parabole du grand dîner
(Luc 14, 16-24)
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Frères et sœurs bien-aimés,
L’Évangile que le Seigneur nous donne aujourd’hui est à la fois lumineux et redoutable. Lumineux, parce qu’il nous révèle la générosité infinie de Dieu. Redoutable, parce qu’il nous montre jusqu’où peut aller le refus silencieux du cœur humain.
Le Christ nous parle d’un homme qui prépare un grand dîner et qui invite beaucoup de gens. Tout est prêt. Rien ne manque. Le repas est préparé, la table est dressée, l’heure est venue. Cette image nous révèle le mystère du Royaume de Dieu, mais aussi la réalité de notre vie spirituelle aujourd’hui. Dieu n’est pas un Dieu lointain, qui hésite ou qui retarde. Il est Celui qui appelle, qui invite, qui attend.
Mais ce qui frappe dans cette parabole, ce n’est pas tant la générosité de l’invitation que la réponse des invités. Tous, sans exception, commencent à s’excuser. Et leurs excuses sont raisonnables, humaines, presque respectables. Un champ à visiter, des bœufs à essayer, un mariage à honorer. Rien de scandaleux. Rien de clairement pécheur.
Et pourtant, c’est précisément là que se cache le drame. Le refus de Dieu ne se fait pas toujours par la révolte ou par l’athéisme déclaré. Très souvent, il se fait par l’occupation, par la distraction, par le report constant de ce qui est essentiel. Dieu est reconnu, mais Il n’est plus prioritaire.
La parabole nous met face à une vérité difficile à accepter : on peut vivre une vie extérieurement correcte, remplie de responsabilités légitimes, et pourtant passer à côté du Royaume. Non pas parce que Dieu nous rejette, mais parce que nous avons toujours quelque chose de plus urgent que Lui.
Le Seigneur ne condamne ni le travail, ni la famille, ni les biens matériels. Ce qu’Il révèle, c’est le danger de laisser ces réalités prendre la place de Dieu dans notre cœur. Lorsque ce qui est bon devient absolu, alors il nous ferme à ce qui est éternel.
Lorsque le maître de la maison apprend le refus de ses invités, il ne change pas de projet. Le dîner n’est pas annulé. La table reste dressée. Mais les invités changent. Ce sont désormais les pauvres, les estropiés, les aveugles, les boiteux qui sont appelés. Ceux qui n’ont rien à présenter. Ceux qui savent qu’ils ont besoin d’être invités. Ceux qui n’ont pas d’excuses à offrir.
Cela nous révèle une loi spirituelle profonde : le Royaume s’ouvre plus facilement à ceux qui reconnaissent leur pauvreté intérieure. Non pas parce qu’ils sont meilleurs, mais parce qu’ils attendent tout de Dieu. Le cœur rassasié de lui-même n’a plus de place pour recevoir.
Mais même après cela, le maître veut encore remplir sa maison. Il envoie son serviteur au-dehors, sur les chemins, aux marges, pour appeler ceux qui n’auraient jamais imaginé être invités. Dieu ne se résigne pas à une maison à moitié vide. Il veut que tous entrent, que tous vivent, que tous soient sauvés.
Frères et sœurs, cette parabole n’est pas seulement une leçon morale. Elle est une parole adressée à l’Église aujourd’hui. Chaque Divine Liturgie est ce grand dîner. Chaque appel à la prière, à la repentance, à la communion est une invitation personnelle du Seigneur. Et chaque fois, une question nous est posée, non avec des mots, mais dans le silence du cœur : vais-je répondre, ou vais-je m’excuser ?
Il ne s’agit pas de tout quitter extérieurement, mais de remettre Dieu à la première place intérieurement. Il ne s’agit pas de mépriser ce monde, mais de refuser qu’il nous rende sourds à l’appel de l’éternité.
La parole finale de la parabole est sévère : ceux qui ont été invités et qui ont refusé ne goûteront pas au dîner. Ce n’est pas une menace, c’est un constat. Dieu ne force pas l’homme à entrer dans la joie. Il respecte notre liberté, même lorsqu’elle nous conduit à rester dehors.
Aujourd’hui encore, le Seigneur nous appelle. Le banquet est prêt. La porte est ouverte. Rien ne manque, sinon notre réponse.
Demandons au Seigneur un cœur disponible, un cœur éveillé, un cœur humble. Demandons-Lui de nous libérer de ces excuses intérieures qui nous semblent raisonnables, mais qui nous éloignent de Lui. Et que nous puissions, non pas seulement entendre l’invitation, mais nous lever et entrer, pour goûter dès maintenant à la joie du Royaume. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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Pour la fête de la Nativité de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ
Bien-aimés frères et sœurs en Christ,
« Le Christ est né, glorifiez-Le ! Le Christ descend des cieux, allez à Sa rencontre ! Le Christ est sur la terre, élevez-vous ! »
En ce jour saint et lumineux, l’Église entière exulte de joie, une joie qui ne vient pas du monde mais du ciel, une joie qui traverse les siècles et rejoint aujourd’hui chacun de nos cœurs. Car la Nativité du Christ n’est pas seulement le souvenir d’un événement ancien : elle est le mystère vivant de Dieu qui vient à notre rencontre, ici et maintenant.
Aujourd’hui, l’Éternel entre dans le temps.
Aujourd’hui, l’Invisible se rend visible.
Aujourd’hui, le Créateur de l’univers accepte de naître comme un petit enfant, pauvre, fragile, silencieux, pour sauver l’homme et le relever de sa chute.
Le premier mystère qui s’offre à nous est celui de l’abaissement de Dieu. Celui qui tient toute la création dans Sa main accepte de reposer dans une mangeoire. Celui devant qui les anges se prosternent est enveloppé de langes par une jeune Mère. Le Roi des rois ne trouve pas de place dans l’hôtellerie et naît dans une grotte, au milieu des animaux. Dieu ne choisit ni la puissance, ni la richesse, ni la gloire humaine, mais l’humilité et la pauvreté.
Saint Grégoire le Théologien contemple ce mystère avec émerveillement et s’écrie :
« Il s’appauvrit pour que moi je sois enrichi ; Il prend ma chair pour que je reçoive l’Esprit ; Il s’abaisse pour que je sois élevé. »
Ainsi, par Son humilité, le Christ guérit l’orgueil de l’homme. Par Sa pauvreté, Il guérit notre avidité. Par Son amour silencieux, Il guérit notre dureté de cœur.
La grotte de Bethléem n’est pas seulement un lieu du passé. Elle est aussi l’image de notre cœur. Souvent, notre cœur est obscur, encombré par les soucis, refroidi par le péché, fermé par l’indifférence. Et pourtant, c’est précisément là que le Christ veut naître. Il ne cherche pas un cœur parfait, mais un cœur humble. Il ne cherche pas une demeure luxueuse, mais un lieu où Il est accueilli avec foi et repentance.
Saint Jean Chrysostome nous enseigne : « Ce n’est pas la pureté parfaite qui attire Dieu, mais le repentir sincère et l’humilité du cœur. »
Ne disons donc pas : « Je ne suis pas digne », car personne ne l’est par lui-même. Ne disons pas : « Je ne suis pas prêt », car le Christ est venu justement pour ceux qui ne sont pas prêts. Ouvrons-Lui seulement la porte de notre cœur, même pauvre, même blessé, et Il y apportera Sa lumière.
La Nativité nous révèle aussi une grande inversion des valeurs humaines. Les premiers à entendre la bonne nouvelle sont les bergers, des hommes simples, pauvres, méprisés aux yeux du monde. Ils veillaient dans la nuit, attentifs, éveillés, et c’est à eux que les anges annoncent la grande joie : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur. » Les sages de ce monde, eux, restent aveugles ou indifférents.
Les Mages viennent de loin, guidés par une étoile. Ils cherchent avec persévérance, ils interrogent, ils marchent longtemps. Leur science ne les éloigne pas de Dieu, car elle est unie à l’humilité. Mais Hérode, prisonnier de son orgueil et de sa peur de perdre le pouvoir, entend la nouvelle avec trouble et colère. Ainsi, face à la Nativité, chaque homme doit choisir : accueillir le Christ avec simplicité, Le chercher avec humilité, ou Le refuser par orgueil.
Au cœur de cette fête se trouve une vérité qui dépasse toute intelligence humaine : le Verbe de Dieu s’est fait chair. Dieu ne s’est pas contenté de visiter l’homme de l’extérieur ; Il a assumé pleinement notre nature, notre corps, notre âme, notre faiblesse, notre souffrance, jusqu’à la mort — sauf le péché. Il est devenu véritablement homme pour nous sauver de l’intérieur.
Les anges chantent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre. » Mais cette paix n’est pas celle que le monde promet et ne peut donner. Ce n’est pas une simple absence de conflits, mais la paix du cœur réconcilié avec Dieu. Là où le Christ est accueilli, la paix demeure, même au milieu des épreuves, même dans la souffrance.
N’oublions pas que la crèche annonce déjà la Croix. L’Enfant emmailloté préfigure le Corps enveloppé dans le linceul. Le bois de la mangeoire annonce le bois de la Croix. Le Christ naît pour offrir Sa vie, et Il offre Sa vie pour vaincre la mort par Sa Résurrection. C’est pourquoi notre joie aujourd’hui est profonde, grave et lumineuse à la fois.
Frères et sœurs bien-aimés, en ces jours de la sainte fête de la Nativité, ouvrons nos cœurs au Christ. Offrons-Lui non pas de l’or, de l’encens et de la myrrhe, mais notre foi, notre repentance, notre amour. Qu’Il naisse dans nos familles, qu’Il naisse dans notre Église, qu’Il naisse dans chacun de nos cœurs.
Et proclamons avec l’Église, aujourd’hui et toujours :
Le Christ est né, glorifiez-Le !
Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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Parabole du Pharisien et du Publicain
(Luc 18, 10–14)
Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ,
Aujourd’hui, le Seigneur nous propose une parabole simple, mais profondément bouleversante : celle de deux hommes qui montent au Temple pour prier. L’un est pharisien, l’autre publicain. Tous deux prient, mais un seul repart justifié.
Le pharisien se tient debout. Il parle à Dieu, mais en réalité, il parle surtout de lui-même. Il énumère ses œuvres, ses jeûnes, sa dîme, sa justice. Il ne demande rien, car il pense ne manquer de rien. Sa prière n’est pas un cri du cœur, mais un bilan spirituel. Et surtout, il se compare : « Je ne suis pas comme les autres hommes… ni comme ce publicain. » Ainsi, au lieu de se tenir devant Dieu, il se place au-dessus des autres.
Le publicain, lui, se tient à distance. Il n’ose même pas lever les yeux vers le ciel. Il ne fait aucun discours. Il ne présente aucune œuvre. Il ne se justifie pas. Il se frappe la poitrine et dit simplement : « Ô Dieu, sois miséricordieux envers moi, pécheur. »
Et le Christ nous dit : c’est cet homme-là qui est retourné chez lui justifié, et non l’autre. Pourquoi ?
Parce que Dieu ne sauve pas ceux qui se croient justes, mais ceux qui reconnaissent leur besoin de miséricorde.
Parce que l’humilité ouvre le cœur, tandis que l’orgueil le ferme.
Parce que la vraie prière n’est pas de se présenter comme juste, mais de se présenter comme pauvre devant Dieu.
Cette parabole n’est pas une critique du jeûne, de la prière ou des bonnes œuvres — au contraire, l’Église les bénit et nous y appelle. Mais elle nous enseigne l’esprit dans lequel nous devons les accomplir : non pour nous glorifier, non pour nous comparer, mais pour nous repentir et aimer.
Dans la tradition orthodoxe, cette parabole ouvre le temps du Triode, parce qu’elle nous enseigne la première marche du repentir : l’humilité. Avant même de jeûner, avant même de pleurer nos péchés, nous devons apprendre à dire : « Seigneur, je ne suis pas digne, mais Tu es miséricordieux. »
Saint Jean Chrysostome nous rappelle que même les bonnes œuvres deviennent stériles si elles sont accomplies dans l’orgueil. Et saint Isaac le Syrien dit : « L’humilité est le vêtement de la divinité. »
Celui qui s’en revêt s’approche de Dieu ; celui qui s’en dépouille s’en éloigne, même s’il fait de grandes choses.
Frères et sœurs, soyons attentifs : le pharisien n’est pas une figure lointaine. Il vit en chacun de nous chaque fois que nous jugeons, que nous nous comparons, que nous nous croyons meilleurs parce que nous prions, jeûnons ou allons à l’église. Et le publicain vit aussi en nous chaque fois que nous reconnaissons notre faiblesse et que nous crions vers Dieu avec confiance.
Demandons au Seigneur de nous donner non pas une justice apparente, mais un cœur brisé et humble, car comme dit le psaume 50 : « Un cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprise pas. »
Que notre prière soit simple, sincère et confiante.
Que notre vie soit un chemin de repentir joyeux.
Et que nous puissions tous repartir justifiés, non par nos œuvres, mais par la miséricorde infinie du Christ, à qui soit la gloire, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Prêtre Zhivko ZHELEV
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La parabole du Fils prodigue
(Luc 15, 11–32)
Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ,
Aujourd’hui, le Seigneur nous révèle le cœur du Père à travers la parabole du fils prodigue. Cette parabole ne parle pas seulement d’un fils qui s’éloigne, mais d’un Père qui attend, qui espère, qui court à la rencontre, et qui aime sans mesure.
Le plus jeune fils demande son héritage avant même la mort de son père. Ce geste est plus qu’une imprudence : c’est une rupture, un refus de la communion, un désir de vivre sans le père. Et pourtant, le père ne contraint pas. Il respecte la liberté de son fils, car l’amour ne force jamais.
Le fils part loin, dilapide tout, et finit dans la misère, au point d’envier la nourriture des porcs. Là, au plus bas de sa chute, l’Évangile nous dit une phrase essentielle : « Il rentra en lui-même. » C’est le début du repentir. Avant de revenir vers son père, il revient à lui-même. Il reconnaît sa perte, son péché, sa faim. Et il se dit : « Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. » Il ne plus son rang, il ne réclame plus son héritage. Il demande seulement à être reçu comme un serviteur. Son cœur est désormais humble.
Mais regardons le père. Il ne reste pas immobile. Il guette. Et lorsqu’il voit son fils encore loin, il court vers lui, il se jette à son cou, il l’embrasse. Il ne lui demande aucune explication. Il n’attend pas que le fils termine sa confession. Il le restaure immédiatement : robe, anneau, sandales — signes de la dignité retrouvée. Et il ordonne la fête.
Frères et sœurs, c’est ainsi que Dieu nous accueille lorsque nous revenons à Lui, même après de longues errances. Non avec reproche, mais avec joie. Non avec humiliation, mais avec restauration. Non avec distance, mais avec amour infini.
Mais la parabole ne s’arrête pas là. Il y a un autre fils : l’aîné. Il n’est jamais parti, mais son cœur, lui, est loin. Il travaille, il obéit, mais sans amour. Lorsqu’il voit la fête, il se met en colère. Il refuse d’entrer. Il ne peut pas se réjouir du retour de son frère, car il vit dans la comparaison, la revendication et l’amertume.
Et le père sort aussi vers lui. Il ne le condamne pas. Il l’appelle « mon enfant ». Il lui rappelle : « Tout ce qui est à moi est à toi ». Mais il lui révèle une vérité essentielle : « Il fallait se réjouir, car ton frère était mort et il est revenu à la vie. »
Ainsi, cette parabole nous révèle non seulement le péché du fils prodigue, mais aussi le danger de la justice sans amour, de l’obéissance sans miséricorde, de la fidélité sans joie.
Dans la parabole du pharisien et du publicain nous retrouvons le même péché, celui de se comparer aux autres. Jésus met en lumière la même attitude intérieure : le pharisien comme le fils aîné se définissent en se comparant à quelqu’un qu’ils jugent inférieur, fondant leur justice sur leurs mérites et leur obéissance — le fils aîné dit d’ailleurs : « Voilà tant d’années que je te sers sans jamais transgresser un seul de tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis ; mais quand ton fils est revenu… »
Le grand frère vit en chacun de nous chaque fois que nous jugeons, que nous nous comparons, que nous nous croyons meilleurs parce que nous prions, jeûnons ou allons à l’église. Ce que nous faisons, n’en fait pas notre mérite, mais simplement notre preuve d’amour envers Dieu. Ne rendons pas cette amour stérile !
Dans la tradition orthodoxe, cette parabole est proclamée comme un appel au retour, mais aussi comme une guérison de nos cœurs durs. Elle nous enseigne que le vrai repentir n’est pas seulement de quitter le péché, mais de revenir dans la maison du Père. Et que le vrai amour n’est pas seulement de rester, mais de se réjouir du salut de l’autre.
Frères et sœurs, chacun de nous est à la fois le fils prodigue et le fils aîné. Nous nous éloignons par nos péchés, et nous jugeons par notre orgueil. Mais le Père, Lui, demeure toujours le même : patient, aimant, miséricordieux, prêt à courir vers nous dès que nous faisons un pas vers Lui.
Revenons donc vers Lui, sans peur, sans retard, sans justification.
Entrons dans la joie de la repentance.
Et réjouissons-nous du salut de tous, car le Christ est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
À Lui soient la gloire, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev