3-e DIMANCHE après PENTECÔTE


Matines : MarcXVI, 9-20
Liturgie : Rom. V, 1-10 ; Matt. VI, 22-33



AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,


I – Dirigés par la Foi, commence le saint apôtre Paul, nous sommes dans la paix, par la Grâce de Jésus-Christ. Nous nous félicitons, poursuit-il, même dans les afflictions. Allant au devant de notre surprise, il explique : de ce qui nous est infligé, procède la patience.

De la patience, procède la sage expérience – iskustvo –, le juste discernement. De cette juste expérience acquise, procède l’espérance. Là aussi, Frères et Sœurs, le bon sens a sa place ; il ne s’agit pas de s’imaginer qu’on est les plus malheureux des hommes, ni non plus d’espérer n’importe quoi : Non, nous évaluons de manière équilibrée notre affliction et nous espérons en conséquence.

Mais cette sage espérance explique l’apôtre, ne se trompe pas CAR DIEU EST DANS NOS CŒURS par le Saint-Esprit : nous sommes tout de suite, en effet, après la Pentecôte, et dans la lignée bénie de tous les saints … que nous venons de célébrer dans les deux dimanches précédents.

Or quelle est la raison suprême de cette espérance ? Christ est mort pour nous quand nous étions pécheurs. A plus forte raison serons-nous sauvés par Son Sang maintenant que nous sommes dans la Grâce.

II – L’évangile commence par une considération sur l’œil – souvenez-vous du juste discernement de tout à l’heure –, l’œil qui est la lumière du corps et le Christ poursuit en disant qu’on ne peut pas servir deux maîtres : ou bien on aimera l’un et on méprisera l’autre ou le contraire, on ne peut pas servir DIEU ET MAMMON – Mammon, c’est-à-dire la richesse.

L’application suit immédiatement, « au ras des pâquerettes », c’est-à-dire au niveau de notre mentalité de tous les jours : Ne vous préoccupez pas des besoins du corps, la nourriture, la boisson, le vêtement, les éléments constitutifs en somme de notre « train de vie » et de la banalité de nos préoccupations quotidiennes … C’est pourtant bien nécessaires, aurait-on tendance à dire : il faut manger tous les jours, il faut s’habiller, se loger …

Le Christ écarte d’un revers de main ces préoccupations dont nous faisons le centre de nos mentalités – et nous ajouterions, dans la foulée, la voiture, les vacances, les divertissements … Tout cela, c’est, vous le comprenez, bien-aimés Frères et Sœurs, MAMMON, c’est-à-dire les biens matériels que nous divinisons – c’est-à-dire que nous les faisons passez avant tout !

Regardez les oiseaux du ciel : ils ne plantent ni ne sèment, ils ne filent ni ne tissent …

Regardez le lys des champs dont la parure est plus belle que celle de Salomon dans toute sa gloire ! … Ce sont les « païens », ajoute le Christ, qui se préoccupent de ces choses. Les « païens », c’est-à-dire les matérialistes qui nous entourent.

Mais voici le juste discernement, la sage espérance dont il était question tout à l’heure. Votre Père qui est aux cieux s3° D.ait de quoi vous avez besoin. VOUS, cherchez plutôt PREMIÈREMENT le ROYAUME DE DIEU ! Tout le reste vous sera donné par surcroît. Ce n’est pas, vous le comprenez, qu’il ne faille pas s’occuper des besoins matériels, de sa famille, de ses enfants. Il faut s’en préoccuper, mais avec justesse et en mettant par-dessus tout DIEU, et le service de Dieu.

III – Le troisième évangile de la Résurrection, celui qui était lu hier soir, dit les miracles qui accompagneront les évangélisateurs : ils chasseront les démons, ils parleront de nouvelles langues, ils chasseront les serpents, les poisons ne leur feront pas de mal, ils guériront les malades. Tout cela, en somme, c’est ce que Dieu nous donne « par surcroît ». Mais ce qui est fondamental, c’est le service de Dieu : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné ».

Que le Christ notre Dieu nous donne de le servir toujours et de l’aimer par-dessus tout !

AMIN

 

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2-eDIMANCHE après PENTECÔTE
Tous les Saints de la Terre Russe


Vêpres : Isaïe XLIII, 9-14 – Sages. Sal. III, 1-9 – Sages. Sal. V, 15 - VI, 3
Matines : Marc XVI, 1-8
Lit
urgie : Rom. II, 10-16 ; Matt. IV, 18-23


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,


Les textes de ce jour béni donnent l’enseignement spécifique de l’Eglise sur les saints.

«Vous êtes mes témoins, - dit Dieu au prophète Isaïe, - Il n’y a pas d’autre Dieu que Moi !». Les sages sont dans la main de Dieu, dit la Sagesse de Salomon. Dieu regarde les humbles. Ils ont paru souffrir mais leur espérance est sans fin. Dieu les a éprouvés comme l’or au creuset et les a trouvés dignes de Lui. Ils jugeront les Nations et le Seigneur régnera avec eux pour les siècles. Et encore : ils recevront la couronne de justice et la Main de Dieu les couvrira de Sa force. Tels sont les saints.

I – L’épître des Saints de la Russie est ce passage même de la Lettre aux Hébreux où l’apôtre Paul évoque l’héroïsme des saints d’Israël, leurs prodiges de valeur, l’étonnante grandeur d’âme dont ils firent preuve également dans les tourments : or l’apôtre aboutit à cette conclusion paradoxale : tous ces saints héroïques, ces prodiges d’ascétisme n’obtinrent pas la récompense promise. Ils devaient en effet obtenir ce sort meilleur : de triompher avec nous, c’est-à-dire avec le Christ et dans le Christ.

Mais l’Epître de ce deuxième Dimanche après la Pentecôte nous illumine, au-delà des paradoxes apparents, sur le processus qui conduit à l’aboutissement, c’est-à-dire à la rétribution du Jugement final. La gloire et l’honneur seront pour l’homme qui fait le bien, pour les Juifs d’abord – puisqu’ils ont été les premiers à recevoir la promesse – et également pour les Gentils, c’est-à-dire ceux qui, nés de Nations extérieures, recevront l’évangile. Ce n’est pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes, ce sont ceux qui observent la loi qui seront justifiés – qui donc deviendront et seront reconnus justes. L’apôtre précise sans crainte : les gentils qui n’ont pas eu la loi, lorsqu’ils font des choses bonnes, appliquent la Loi qui est en eux dans leur cœur.

II – L’évangile de ce jour est la péricope qui raconte la vocation de Simon-Pierre et d’André, son frère – le «premier appelé». Le Seigneur les appelle, Il leur dit : «Suivez-Moi !». Il ajoute : «Je vous ferai pêcheurs d’hommes». Peu après, Il appelle Jacques et Jean, les fils de Zébédée, qui eux aussi Le suivirent immédiatement, abandonnant leur vieux père - nous savons ce qu’a dit le Christ sur les parents et les proches … Jésus, ajoute la péricope, prêchait le royaume de Dieu, … guérissant tous les malades
Nous avons la grâce, en ce jour, d’être instruits sur le zèle et la charité des ascètes.

Adorons ce mystère.


AMIN

 

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1-er DIMANCHE après PENTECÔTE

Dimanche de Tous les Saints

 

Vêpres : Isaïe XLIII, 9-14 – Sages. Sal. III, 1-9 – Sages. Sal. V, 15-VI, 3
Matines : Matt. XXVIII, 16-20
Liturgie: Hébr. XI, 33–XII, 2 ; Matt. X, 32-33, 37-38, XIX, 27-30


AU NOM DU PÊRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,

A ceux qui constatent que nos grandes fêtes sont toujours « en retard » par rapport aux fêtes homonymes de l’Occident, il est possible de dire que, par contre, nous sommes en avance par rapport à eux qui fêtent la Toussaint le 1er novembre et « tous les morts » le 2.

Pour nous, la Toussaint n’est pas un jour de brumes automnales : nous la célébrons le Dimanche qui suit la Pentecôte, ce qui est normal puisque les saints sont les fruits de la descente du Saint Esprit, et pour nous c’est une grande fête lumineuse : Duminica mare ! dit-on en roumain. Et tous les saints, ce ne sont pas uniquement ceux qui sont inscrits dans le calendrier, c’est tous ceux qui sont morts en Jésus-Christ, nos ancêtres et nos frères. De la même manière quand l’apôtre Paul écrit à une Église, il écrit à «tous les saints», c’est-à-dire les baptisés qui s’y trouvent.

Jour de lumière et de joie, puisque nous fêtons l’immense multitude des saints, connus et inconnus, qui ont vécu et se sont endormis en Jésus-Christ.

Les textes de ce jour béni donnent l’enseignement spécifique de l’Eglise sur les saints : le monde laïque et déchristianisé aurait volontiers tendance, dans la moins mauvaise hypothèse, à les mettre sur le même plan que les grands hommes, les héros …

« Vous êtes mes témoins, dit Dieu au prophète Isaïe, Il n’y a pas d’autre Dieu que Moi ! ». Les sages sont dans la main de Dieu, dit la Sagesse de Salomon. Dieu regarde les humbles. Ils ont paru souffrir, mais leur espérance est sans fin. Dieu les a éprouvés comme l’or au creuset et les a trouvés dignes de Lui. Ils jugeront les Nations et le Seigneur régnera avec eux pour les siècles. Et encore : ils recevront la couronne de justice et la Main de Dieu les couvrira de Sa force. Tels sont les saints.

L’évangile des matines, d’une certaine manière, donne la clé de leur vocation : « Evangélisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » De ce terreau des baptisés sortent les « témoins de Dieu » : les saints se sont oubliés eux-mêmes, aimant Dieu par-dessus tout et le Christ sera avec eux jusqu’à la fin du monde.

I – L’épître ne laisse pas d’être un peu déconcertante. L’apôtre évoque les merveilles des saints d’Israël : ils ont conquis des royaumes, exercé la justice, obtenu l’effet des promesses, fermé la gueule des lions, ils ont mis en déroute des armées d’étrangers, ils ont ressuscité des enfants morts. Leurs souffrances et leurs martyres ne sont pas moins étonnants, ils ont été tourmentés, lapidés, sciés, ils ont vécu en ascètes, vêtus de peaux de bêtes, vivant dans des trous de la terre, eux dont le monde n’étaient pas dignes, mais – là est le paradoxe dont se sert l’apôtre – tous ces saints admirables N’ONT PAS EU LEUR RECOMPENSE … Nous restons sans voix ! et il poursuit tranquillement « parce que Dieu voulait pour eux un sort MEILLEUR ». Ils recevront en effet leur récompense avec nous qui avons eu comme guide et comme modèle LE CHRIST QUI A SOUFFERT ET QUI A ÉTÉ CRUCIFIÉ, alors qu’ils n’avaient connus, eux, le Christ seulement en espérance.

II – L’évangile, complexe et ardu, est néanmoins résolutif :

A) « Quiconque Me confessera devant les hommes, je le confesserai devant mon Père qui est aux cieux, et quiconque Me reniera, je le renierai devant mon Père ».

B) « Celui qui aime son père ou sa mère… son fils ou sa fille plus que Moi, n’est pas digne de Moi ».Quand j’étais enfant, ces paroles me scandalisaient un peu : le plus grand amour que peut connaître un gamin, c’est évidemment celui de son père et de sa mère. Mais il faut la sagesse que donnent les années, les épreuves, la prière et la Grâce non seulement pour savoir, mais pour expérimenter que l’amour suprême est celui que nous porte le Christ notre Dieu, si bien qu’il dépasse infiniment celui que nous portent nos proches les plus affectueux.

Mais le Christ notre Dieu ajoute : « Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de Moi ».

L’ascèse est inhérente à la marche vers le salut, et nous le comprenons liturgiquement en ce dimanche de tous les saints qui prélude à un Carême.

Celui qui aura sauvé sa vie, poursuit le Christ dans le même esprit de répudiation des jouissances la perdra, mais celui qui aura perdu sa vie à cause de Moi, la sauvera.

Le Christ est notre MODELE absolu d’ascèse !

C) La solution définitive est dans Matt. XIX, 27-30 : « Et nous, demande Pierre, nous qui avons tout quitté pour Toi ? … ». Christ répond : vous serez sur douze trône jugeant les tribus d’IsraëlQuiconque aura laissé son père, sa femme, ses fils … recevra au centuple dans le royaume des cieux

La conclusion définitive est le renversement des valeurs. Les premiers (héros, grands hommes, etc.) seront les derniers, et les derniers seront les premiers.

Que le Christ notre Dieu, bien-aimés Frères et Sœurs, nous donne l’humilité d’être les derniers et de Le suivre jusqu’à la fin !

AMIN

 

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PENTECÔTE


Vêpres : Nombres XI, 16-17, 24-29 – Joël II, 23-32 – Ezéchiel XXXVI, 24-28
Matines : Jean
XX, 19-23
Lit
urgie : Actes II, 1-11 ; Jn VII, 37-52, VIII, 12


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,

 

La Pentecôte – cinquante jours après Pâques – était initialement une grande fête juive, instituée en mémoire du jour où Dieu remit à Moïse les Tables de la Loi. C’est la « fête » où se rendit le Seigneur et dont il est question dans nos textes de ce jour.

I – Dans le texte des Nombres, Dieu dit à Moïse de choisir soixante-dix vieillards sages et savants… : « Сonduis-les devant le sanctuaire : Je prendrai de ton esprit et je le mettrai sur eux ». Il s’agissait de désigner des assistants de Moïse, afin que celui-ci ne soit pas seul à avoir la charge – religieuse – du peuple. Moïse fit ainsi, il disposa les soixante-dix devant le sanctuaire, l’esprit de Dieu descendit sur eux, ils « prophétisèrent », c’est-à-dire prêchèrent sous l’inspiration de Dieu …Mais ils ne continuèrent pas.

Or deux hommes, qui avaient été désignés – Eldad et Médad –, mais qui n’étaient pas venus vers le tabernacle, « prophétisèrent » dans le camp. Des proches de Moïse – et non des moindres : Josué en était ! – lui suggérèrent de le leur interdire. Moïse n’en fit rien et constata – avec satisfaction manifestement – que l’Esprit de Dieu était sur eux …

L’Esprit, en effet, souffle où Il veut. Constatons-le aussi et retenons les noms d’Eldad et de Medad qui prophétisèrent dans le camp, alors que les soixante-dix appelés ne prophétisèrent plus. Nous aussi, Russes hors-frontières, nous ne nous rattachons pas au patriarcat de Moscou et cela est valable aussi pour d’autres ethnies qui sont parmi nous …

L’Esprit souffle où Il veut et il faut Lui être fidèle, humblement, mais totalement.

La péricope du Prophète Joël annonce, de manière partiellement métaphorique, l’abondance de biens dont bénéficiera Israël, et Dieu annonce : J’enverrai mon Esprit : vos fils et vos filles prophétiseront.

Des signes dans le ciel, inquiétants, sont annoncés qui préluderont au Jour du Seigneur. Mais la conclusion est dans l’esprit de l’évangile : ceux qui invoqueront le Nom du Seigneur seront sauvés.

Je vous sauverai des « nations » – païennes – dit Dieu dans la prophétie d’Ezéchiel, Je vous conduirai à votre terre, mais aussitôt reparaît le thème de l’eau pure qui depuis le Dimanche de la Samaritaine est dans notre esprit. Cette eau vous purifiera de toute souillure. Vous n’aurez plus un cœur de pierre et « Je vous donnerai mon Esprit ». Le peuple, ainsi renouvelé, marchera dans les commandements de Dieu. En un mot :

vous serez Mon peuple et Je serai votre Dieu …

Que notre humilité nous donne un cœur purifié et que le Seigneur marche avec nous.

II – Avec la péricope de l’évangile de Matines, nous avons l’apparition du Seigneur dans un lieu clos où sont les apôtres par crainte des Juifs. Le Seigneur leur donne la paix, par deux fois : « La paix soit avec vous ! » et Il souffle sur eux en disant : « Recevez le Saint-Esprit ». Il institue le Sacrement de pénitence : « Ceux auxquels vous remettrez les péchés, leurs péchés seront remis et ceux dont vous retiendrez les péchés, leurs péchés seront retenus ». L’humilité, plus haut mentionnée, aboutit à la pénitence.

III – C’est dans le chapitre 2 des Actes que se trouve la description de la Nouvelle Pentecôte. Un vent violent retentit et ébranle les murs de la maison où tous les apôtres se trouvaient réunis. Le « vent violent », c’est le souffle de l’Esprit et, aussitôt, des flammes se posent sur chacun d’eux.

C’est le baptême du Saint-Esprit que le Christ avait annoncé à Ses apôtres : «Jean a donné le baptême d’eau, vous recevrez vous le baptême du Saint-Esprit ».

C’est ce baptême de feu, que nous donnons sous la forme de l’huile dans la Chrismation.

L’efficacité de ce baptême de l’Esprit apparaît aussitôt : les apôtres prophétisent – pour reprendre le terme des Lectures – et tous ceux qui avaient été attirés par le vacarme du vent violent ont la stupéfaction de les entendre chacun dans sa propre langue ! La descente du Saint-Esprit débouche aussitôt sur la prédication apostolique universelle de l’Evangile.

La péricope évangélique de ce jour réunit le thème de l’eau et le thème du feu. C’est d’abord ces paroles du Christ « le dernier jour de la fête » : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en Moi, des fleuves d’eau vive découleront de lui : c’est exprimer la prédication inépuisable de l’Evangile.

L’apôtre commente : le Christ parlait de l’Esprit que recevraient ceux qui croiraient en Lui car le Saint-Esprit n’était pas encore venu. Mais la péricope s’achève, après l’évocation de contestations diverses, par ces mots souverains du Christ où nous retrouvons le feu : « Je suis la Lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres car il aura la Lumière de Vie ».

Que cette Lumière de Vie soit toujours avec nous !

AMIN

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L’ASCENSION de N.S.J.Ch.



Vêpres : Is. II, 2-3 – LXII, 10-12 ; Is. LXIII, 1-3, 7-9 ; Zach. XIV, 4, 8-11
 Matines : Marc XVI, 9-20
Liturgie : Actes : I, 1-12 ; Luc XXIV, 36-53


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien aimés Frères et Sœurs,


I – Le fait de l’Ascension de Jésus clôt l’histoire de Sa présence visible parmi Ses apôtres. Il leur était apparu plusieurs fois depuis Sa Résurrection, tantôt à quelques-uns, tantôt à plusieurs. Il se trouvait encore avec plusieurs d’entre eux non loin de Jérusalem – c’était le quarantième jour après Pâques – quand, tout à coup, Il s’éleva visiblement et, sous leurs yeux monta au Ciel. Ils regardaient, fascinés … alors deux hommes, vêtus de blanc – des anges, nous le savons désormais –, se trouvèrent devant eux et leur dirent que ce même Jésus reviendrait de la même manière à la fin des temps.

Voilà le fait brut qui advint au Mont des Oliviers, dont les apôtres revinrent à Jérusalem même qui s’en trouve seulement à «une distance de sabbat». Quant à eux leur mission était définie et ils s’y adonnèrent. Ils devaient simplement attendre à Jérusalem la descente du Saint- Esprit.

Ne nous attardons pas aux bafouillis scientifiques – il n’y a pas de «ciel physique» –  ou des catholiques : «Il parut s’élever» … Survolons avec amitié les exhortations morales de beaucoup de prédicateurs : «Elevons nos pensées vers le ciel et les bonnes méditations», conseils toujours sages dont nous faisons notre profit.

II – Poursuivons dans la ligne de méditations déjà commencées et qui nous acheminent vers la Grande Fête suivante, la Pentecôte.

Le Prophète Zacharie, dans le passage lu hier, dit : « Ses pieds se poseront sur la montagne des Oliviers – il savait donc bien où adviendrait l’Ascension –, et la montagne se fendra en deux », une large vallée s’ouvrira et, en ce jour-là des eaux vives sortiront de Jérusalem. Une moitié – précise-t-il – vers la mer d’Orient, et l’autre moitié vers la mer d’Occident. C’est le déferlement des paroles de vie portées par les apôtres et aboutissant au baptême de toutes les nations, celles de l’Orient et celles de l’Occident.

Nous retrouvons les eaux vives que le Seigneur annonçait à la Samaritaine.

Le Prophète Isaïe évoque, dans les derniers temps, la convergence de tous les peuples vers la Montagne et la Maison du Seigneur, ce qui est conforme à l’apocatastase du prophétisme juif. La fille de Sion ne sera plus appelée la délaissée, mais au contraire la recherchée. Mais singulière est, au début du chapitre 63, l’interrogation sur les vêtements rouges. En un premier temps, le prophète dit : «Qui est celui qui vient en vêtements rouges avec des habits éclatants portant la tête haute dans la plénitude de sa force»? L’Eternel répond «C’est Moi qui parle avec justice, tout-puissant pour sauver» Les vêtements rouges sont, ici, la Passion rédemptrice.

Mais le Prophète poursuit : «Pourquoi tes habits sont-ils rouges, comme ceux de celui qui sort du pressoir» ? Or l’Eternel répond : «J’ai été seul à fouler au pressoir, et, parmi les peuples, personne n’était avec moi». C’est la solitude du Seigneur dans les derniers temps et l’aboutissement de Sa Passion. Mais Il ajoute parlant de ceux qui L’ont abandonné «Je les ai foulés dans ma colère, je les ai écrasés dans mon courroux : leur sang a rejailli sur mes habits … Car le jour de la vengeance est dans mon cœur».

La dualité du signifié des habits rouges apparaît ici : le Rédempteur est aussi le Juge du Jour Terrible du Jugement. Ne l’oublions pas, bien-aimés Frères et Sœurs.

Certes, le prophète poursuit en rappelant les bontés de l’Eternel pour l’Israël de Dieu : «Ils seront mon peuple, des enfants qui ne tromperont pas. L’Eternel a été leur Sauveur».

Il faut toujours espérer dans la Miséricorde du Seigneur.

Les anges cependant qui apparurent aux apôtres stupéfaits qui regardaient le ciel où un nuage avait dérobé Jésus à leur vue, précisèrent : «Ce Jésus qui a été enlevé d’avec vous dans le ciel en reviendra de la même manière que vous l’avez vu y monter».

L’ascension est glorification de Jésus-Christ Sauveur, mais elle prélude à Son retour, c'est-à-dire au Jugement dernier où, si triste que cela soit pour eux, ceux qui ont déserté le Christ, seront châtiés.

Je terminerai, cependant par un autre feu … plus imminent pour nous, puisqu’il s’agit de celui de la Pentecôte. Dans la péricope des Actes lue aujourd’hui, le Seigneur, en priant les apôtres de rester encore quelques jours à Jérusalem, ajoute : «Jean a baptisé d’eau, mais vous vous serez baptisés du Saint-Esprit dans quelques jours».

L’eau inépuisable dont le Christ est la source qui ne tarit jamais, c’est celle du baptême et de la Parole divine transmise par les apôtres. L’eau est l’un des deux déferlements qui viennent de la blessure faite, lors de la crucifixion, à Son flanc divin. L’autre, c’est ce sang de Sa Passion rédemptrice dont Il a fait l’Eucharistie.

Quant au Feu du Saint-Esprit épandu sur les apôtres puisse-t-il éternellement brûler dans notre cœur en un brasier d’amour !

AMIN

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