La France Orthodoxe
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Dimanche du Jugement Dernier
Lorsque l'on lit la Vie de saint Basile le Grand, il y a ce cas où il fait une remontrance à une femme riche au sujet de son mauvais comportement, mais au lieu de suivre humblement le conseil de ce grand saint, celle-ci se mit à répliquer et avec tant d'insolence qu'il lui envoya une lettre qui disait en gros : ne me fait pas de leçons, mais pense plus souvent au jour dernier.
A quel « jour dernier » saint Basile faisait-il allusion ? La sainte Église nous en parle justement dans la lecture de l'évangile que nous venons de lire. C'est le récit de ce jour où le Sauveur parle à Ses disciples du Jugement dernier, comment se déroulera ce Terrible Jugement au jour que Dieu Seul connaît, jour auquel nos contemporains pensent si peu. Et cependant, c'est la seule chose dont on puisse être totalement certain. L'homme peut avoir beaucoup de plans, de projets, mais le plus souvent il arrive qu'au beau milieu de ces entreprises la mort avec sa faux vient y mettre un terme et « en ce jour-là périront toutes leurs pensées » /Ps. 145, 4/ ainsi que le dit l'Église. Mais le fait que le Jugement dernier aura bien lieu et que personne ne pourra y échapper, est un fait indubitable. C'est étrange de voir avec quelle indifférence les hommes, et même les croyants, se comportent à cet égard. De temps à autre ils peuvent, certes, s'en souvenir, mais aussitôt ils chassent cette idée triste et désagréable et vaquent à nouveau à leurs occupations. Et pourtant, même les écoliers savent que lorsqu'ils doivent passer un examen, il leur faut tout mettre en œuvre pour le réussir. En outre, dans le cas d'un examen scolaire il est toujours possible de le repasser en cas d'échec, alors que nous devons fermement savoir que celui qui échouera à ce terrible et dernier examen, il n'y aura plus aucune possibilité de rattrapage. Plus jamais.
C'est un tableau grandiose qui nous est brossé par Celui qui en sera le Juge. Tous les peuples seront réunis et « Il séparera les brebis d'avec les boucs » /Mt 25, 32/, les brebis douces et dociles des boucs indociles, butés et bagarreurs et alors se tiendra le Dernier Jugement et la sentence pour chacun sera prononcée.
Combien lumineux et joyeux sera ce moment où notre Seigneur et Sauveur s'adressera à la multitude de Ses fidèles serviteurs et leur dira : « Venez les bénis de Mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du monde » /Mt.25,34/. Notre Seigneur et Sauveur qui est venu pour sauver l'humanité, se réjouira de ne pas être venu en vain sur cette terre, de ne pas avoir supporté en vain Ses terribles souffrances, et que Son sang n'aura pas été versé en vain.
Par amour Il est venu et par amour Il a souffert ; Son disciple bien-aimé, l'apôtre Jean, a dit que « Dieu est amour » /1 Jn 4,16/. Et voici que devant Lui se tient la multitude de ceux qui ont reçu et réalisé Sa loi d'amour. « J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu ; malade et en prison, vous m'avez visité » /Mt 25, 35-36/. Et leur bouche laissera entendre une humble réponse : « Quand, Seigneur, T'avons-nous vu avoir faim, et T'avons-nous donné à manger ; soif, et donné à boire ; étranger, et T'avons-nous recueilli ; nu, et T'avons-nus vêtu ; malade, en prison, et T'avons-nous visité » /Mt 25,37-39/. Et Il leur dira : « En vérité, Je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à un de ces plus petits de Mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait » /Mt 25,40/.
Grand sera ce moment de joie ! Mais malheureusement, chaque médaille a son revers. Et alors, le Roi de Gloire s'adressera à ceux qui se tiennent à Sa gauche et leur tiendra des propos terribles, comme Il n'en a jamais tenu à personne du temps où Il était sur terre : « Eloignez-vous de Moi, maudits, allez dans le feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges » /Mt 25,41/. Quelle horreur ce sera ! Et pourquoi, pour quelle raison ? Parce qu'ils ont rejeté cette loi d'amour que les justes, eux, avaient reçue et accomplie. Et Il énumérera les occasions où ils auraient pu L'aider en la personne de leurs proches et ne l'ont pas fait. Ils tenteront alors, face à cette éternité terrible qui s'ouvre devant eux, de se justifier une dernière fois comme ils en avaient l'habitude de leur vivant sur terre : « Seigneur, quand T'avons-nous vu malade, souffrant, affamé et ne T'avons pas assisté »? Si nous T'avions vu, nous T'aurions aidé. Mais le Juge terrible leur dira : « En vérité, Je vous le dis, ce que vous n'avez pas fait à l'un de ces plus petits de Mes frères, vous ne me l'avez pas fait à Moi » /Mt 25,45/. Avec quelle tristesse Il les regardera ! Il avait tout fait pour eux, mais ils n'ont pas reçu Son amour, ils l'ont rejeté, vivant en égoïstes, se noyant dans les passions et voici maintenant leur triste destinée ...
Garde toujours cela en mémoire, frère chrétien. C'est ainsi que tout s'achèvera. Devant nous s'ouvrira l'éternité que nous avons tendance à oublier, et au seuil de cette éternité il y aura cet examen terrible dont nous parle aujourd'hui l'Église.
Comment ne pas rappeler ici les paroles de ce grand hiérarque de Moscou, le Métropolite Philarète, qui disait que le Juge Terrible nous fait entrevoir le tableau du Jugement, afin que nous puissions, tant qu'il est encore temps, durant notre vie, passer du côté gauche au côté droit. Profitons-en tant que nous sommes vivants. Amen.
Saint Métropolite PHILARÈTE
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« Sur les fleuves de Babylone »
Plus nous nous rapprochons du Grand-Carême, plus nous entendons des prières particulières par lesquelles l'Eglise nous prépare à ce temps carémique de prière, de jeûne et de pénitence.
Le dimanche du Publicain et du Parisien, l'Eglise a entonné ce chant de pénitence «Ouvre-moi les portes de la pénitence, ô Donateur de vie», et ce dimanche du Fils prodigue s'ajoute une nouvelle prière que nous avons entendue aujourd'hui. C'est un des psaumes de David qui commence par ces paroles : «Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion» /Ps. CXXXVI, 1/
Ce psaume nous remet en mémoire un moment précis de l'histoire sainte que l'on découvre dans les paroles suivantes : «Souviens-toi, Seigneur, des fils d'Edom, qui disaient au jour de la ruine de Jérusalem : détruisez, détruisez-la jusqu'à ses fondements» /ibid., 7/. Ces paroles nous rappellent la tragédie vécue par le peuple d'Israël lorsque la ville de Jérusalem fut détruite par son conquérant – le roi de Babylone Nabuchodonosor et que le peuple d'Israël fut relégué en captivité sur les rives lointaines des fleuves babyloniens.
S'apprêtant à affronter et à repousser son conquérant, Israël s'assura de l'aide de son peuple-frère des Iduméens, descendants d'Esaüe, appelés «fils d'Edom». Ils avaient promis leur alliance au peuple juif, leur aide et leur soutien. Et ce psaume parle de leur trahison perfide, raconte quels traitres furent ces «fils d'Edom au jour de Jérusalem», en ce jour si terrible, gravé dans la mémoire de Jérusalem, lorsque des ennemis cruels et sans-pitié détruisaient la ville sainte et que « les fils d'Edom » au lieu de l'aide promise, clamaient : «Détruisez, détruisez-la jusqu'à ses fondements» ...
Devant qui dorénavant pouvaient se plaindre le peuple juif vaincu ? Le peuple vaincu d'Israël n'avait plus personne à qui s'adresser pour demander de l'aide. Et voilà qu'il s'adresse à Dieu : «Souviens-toi, Seigneur, des fils d'Edom le jour de Jérusalem», n'oublie pas, Seigneur, dans Ta justice ce jour terrible de Jérusalem, où ceux qui avaient promis d'être nos alliés ont accompli cette horrible trahison …
Toutefois le sens essentiel de ce chant «Sur les bords des fleuves de Babylone» n'est évidemment pas, pour nous chrétiens, dans cet aspect historique. Ce psaume nous apprend que les Juifs durant leur captivité à Babylone ont appris à aimer leur patrimoine sacré, à le préserver. Les oppresseurs cruels leur disaient : «Chantez-nous un cantique de Sion», et ils leur répondaient : «Comment chanterions-nous un cantique du Seigneur sur une terre étrangère?» /ibid., 3-4/.
Et bien nous, qui avons également vogué sur de nombreux fleuves loin de notre terre natale, nous devrions prendre exemple sur le peuple juif et devrions apprendre à aimer comme il le fit dans la captivité de Babylone à préserver notre patrimoine sacré, à le respecter, à le chérir.
Mais le sens spirituel de ce psaume nous a été donné par notre grand starets Ambroise conformément aux écrits patristiques. Dans une de ses lettres édifiantes, s'adressant à lui-même, il dit : «Fille de Babylone, toi ma chair maudite, quand apprendrai-je à briser tes enfants impies sur le roc de la foi?». Lorsque le péché est tout juste apparu dans notre âme, mais ne s'en est pas encore rendu maître, les saints Pères l'appellent «enfant impie», cela veut dire que c'est lorsque la tentation du péché pointe dans notre âme que nous pouvons et devons le vaincre. Si nous retenons en notre âme et notre esprit cette chose qui nous tente et nous séduit, si nous lui prêtons attention, elle devient alors de plus en plus aiguë et attirante, et plus elle reste en notre âme, plus elle sera difficile à vaincre. C'est pourquoi notre grand starets dit qu'il faut «briser ces enfants impies sur le roc de la foi». Il faut lutter contre le péché, le rejeter hors de nous, dès lors qu'il apparaît en notre âme et ne s'en est pas rendu encore maître, tant qu'il est encore faible comme un enfant.
Peut-être avez-vous lu ce récit où un vieux moine apprenait à un jeune novice à lutter contre les péchés et lui disait : «Arrache cet arbrisseau», ce que le novice fit sans peine. Et maintenant, arrache cet arbre-là », dit le moine. Cet arbre était beaucoup plus gros, plus vieux et le jeune novice l'arracha, mais avec beaucoup de peine. «Et maintenant arrache celui-ci», — dit-il en indiquant un vieux gros chêne, et bien évidemment le novice ne pouvait pas l'arracher. Le starets lui dit alors : «Souviens-toi, il faut lutter contre le péché dès qu'il se manifeste, sinon il se transforme en habitude et il devient très difficile de le vaincre, car imperceptiblement il s'emparera de ton âme et tu ne pourras plus t'en détacher».
Et c'est bien de cette lutte contre le péché dont nous parle ce chant «Sur les fleuves de Babylone» en nous apprenant que la moindre tentation pécheresse qui s'approche de nous doit être brisée sur le roc de la foi pour ne pas lui donner le temps de s'emparer de notre âme. Amen.
Saint Métropolite PHILARÈTE
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«Ouvre-moi les portes de la pénitence»
Nous venons pour la première fois cette année d'entendre les paroles de cette prière. Et malgré nous, notre pensée nous ramène en arrière, et nous nous souvenons qu'il y a un an nous partagions cette même prière avec des personnes qui ont quitté cette vie et ne sont plus parmi nous.
Mais le Seigneur nous accorde à nouveau cette grâce. Nous nous tenons avec vous devant les portes de la pénitence. Par cette prière l'Eglise nous rappelle non seulement que nous approchons du Grand-Carême, mais que sans la grâce divine et l'aide de Dieu nous ne pouvons pas réellement faire pénitence.
Imaginez une personne qui se tiendrait devant une porte close et qui devrait absolument l'ouvrir pour entrer, car dehors un grave danger la menace. Mais elle n'a pas la clef et si personne ne lui ouvre, alors elle périra. Sans aucune exagération, nous pouvons dire que le pécheur se trouve dans cette situation.
Mais qu'est-ce que la pénitence ?Comment devons-nous faire pénitence ?
Jadis, le saint starets Ambroise d'Optino en réponse à une âme pieuse qui demandait combien de temps fallait-il pour faire pénitence, fit la réponse suivante : il ne faut ni des années, ni des mois, ni des semaines pour faire véritablement pénitence, mais un seul instant suffit ! L'instant d'un retournement radical en nous détournant d'une vie pécheresse, négligente, vide, insouciante et en nous tournant vers une vie en Christ, une vie authentiquement chrétienne.
Notre malheur vient de ce que nous ne nous sentons pas véritablement pécheurs. Nous pensons que ces paroles sur la pénitence, l'amendement de notre vie s'adressent à quelques pécheurs impénitents, mais ne nous concernent pas vraiment, car nous ne nous sentons pas réellement pécheurs. Beaucoup d'ailleurs viennent à la confession et disent : « je n'ai pas de péchés particuliers ... »
Il n'est pas inutile de rappeler ici un récit que d'aucuns connaissent peut-être déjà. Deux femmes viennent visiter un saint starets, l'une d'elles porte un lourd péché. Elle avait, je crois, empoisonné son mari et avait réussi à cacher ce crime, mais sa conscience la faisait souffrir en permanence, alors que l'autre n'avait pas de péché aussi lourd sur la conscience.
Les voilà donc toutes deux chez le starets qui leur dit à chacune : « Va dans mon jardin et ramène moi des cailloux ». A celle qui avait un lourd péché sur l'âme, il dit : « Prends la plus grosse pierre que tu pourras soulever et ramène-la ». A l'autre il dit : « Prends ce sac, ramasse des petits cailloux et ramène-le moi ». Lorsqu'elles revinrent, le starets les félicita pour leur obéissance et dit : « Et maintenant ramenez tout là où vous l'avez pris. Toi, pécheresse, va reposer cette grosse pierre là où tu l'a prise et toi qui es juste, qui n'a pas de gros péchés, va remettre tous ces petits cailloux à leur place. La première le fit sans difficulté, tandis que l'autre fut désemparée et revint avec le sac pratiquement plein car, bien évidemment, elle ne pouvait se souvenir d'où elle avait pris chacun des petits cailloux, mais comme elle ne voulait pas tromper le starets elle revint avec son sac presque plein.
Alors le starets lui dit : « Regarde cette femme qui avait un lourd péché sur l'âme, elle l'avait constamment à l'esprit, le déplorait sans cesse et les larmes de pénitence lavent tout péché. Et toi tu ne peux pas pleurer tes péchés, car tu ne te souviens même pas d'eux, de ce que l'on appelle ces petits péchés quotidiens. Mais pourtant ton sac est tout aussi lourd que cette grosse pierre ».
Et donc nous devons nous souvenir que tous ces petits péchés que nous ne gardons pas en mémoire, qui se fondent dans cette impression indéfinie qui nous donne une vague conscience d'être néanmoins pécheurs (« bien sûr que nous le sommes, mais pas tant que cela »), toutes ces petites fautes sont un poids terriblement lourd pour notre âme et peuvent la faire périr si nous ne la libérons pas durant cette vie, car après la mort il n'y a plus de pénitence possible.
Lorsque nous le comprendrons et sentirons le poids de ces péchés, alors nous voudrons sortir de cette vie pécheresse et emprunter une bonne vie chrétienne. Si nous décidons d'accomplir ce retournement intérieur, alors, comme nous le disait notre grand starets Ambroise, il nous suffira simplement de le vouloir et d'un instant pour y parvenir.
La semaine prochaine nous lirons l'Evangile du Fils Prodigue, qui, prenant conscience combien sa vie était fausse et dissolue et combien terrible était son état, décida d'abandonner cette vie et dit : « Je me lèverai et j'irai chez mon père » /Luc XV, 18/. Et ce ne furent pas seulement des paroles, il se leva sur-le-champ et partit. Et nous savons tous comment son père le reçut.
Et donc, en nous rappelant la nécessité de la pénitence, l'Eglise nous rappelle que sans la grâce et l'aide de Dieu nous ne pouvons y parvenir de façon satisfaisante, car nous ne voyons pas nos péchés comme il se doit et nous ne sentons pas le poids qu'ils représentent.
C'est pourquoi, prions le Seigneur d'ouvrir les yeux de notre âme afin que s'ouvrent pour nous les portes de la pénitence, sans quoi jamais nous n'entrerons dans le Royaume de Dieu. Amin.
Saint Métropolite PHILARÈTE
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Résurrection du fils de la veuve de Naïn
Sur la Terre Sainte, en Palestine, il est une petite ville qui s'appelle Naïn et qui n'a d'autre intérêt particulier que d'être mentionnée dans le saint livre des Évangiles. Nous venons d'entendre lors de la Liturgie que son nom est lié à l'un des plus étonnants miracles de Jésus-Christ.
Nous savons que dans cette ville, le fils unique d'une femme veuve venait de mourir. Il n'est pas difficile d'imaginer le malheur et la tristesse inconsolables de cette mère. Le garçon vient de mourir. On porte son corps hors de la ville pour l'inhumer. Un grand nombre de personnes accompagnent la mère épleurée et tentent vraisemblablement de la consoler, mais sa tristesse est inconsolable. Mais alors que la procession sortait de la ville, ils rencontrent une autre procession, c'était notre Seigneur Jésus-Christ avec Ses apôtres entourés d'une grande foule de personnes. Et voilà que ces deux processions se croisent, se croisent la mort et la Vie.
Hier soir aux vigiles, nous avons glorifié notre Seigneur Jésus-Christ comme étant le Principe de notre vie. Il est l'origine de toute vie, à Ses apôtres Il disait : « Car Je vis et vous vivrez en Moi » (Jn XIV, 19). Il donne la vie à tout ce qui vit. Et voilà qu'Il est confronté à cette triste scène, ce chagrin d'une mère inconsolable. Nous savons qu'en règle générale la mort triomphe de la vie, car toute vie prend fin avec la mort, ce qui est indiscutable. Il n'est pas dit dans l’Évangile que la mère ait demandé quoi que ce soit au Seigneur. Peut-être même ne L'avait-elle pas remarqué, plongée qu'elle était dans son chagrin. Mais le Seigneur avait vu ses pleurs, ses lamentations inconsolables, et Il prit pitié d'elle et lui dit : « Ne pleure pas » (Luc VII, 13) ! Et ceci a dû agir sur elle, car toute parole du Christ est porteuse de force et de pouvoir. Ceux qui portaient le corps du garçon s'arrêtèrent. Le Seigneur toucha le cercueil et s'adressant au défunt lui dit comme à un vivant : « Jeune homme, Je te le commande, lève-toi !» (Luc VII, 14). Le mort se leva et se mit à parler.
Est-il besoin de dire la joie de la mère. Le miracle provoqua une impression stupéfiante. Une grande frayeur les saisit tous : « Un grand prophète a paru parmi nous, et Dieu a visité Son peuple » (Luc VII, 16), dirent-ils. En général on pense que la mort finit toujours par vaincre la vie, mais là nous voyons que lorsque le Principe de notre vie intervient, c'est l'inverse qui se produit. Dans les Evangiles nous lisons fréquemment que notre Seigneur Jésus-Christ a ressuscité des morts, et non seulement Lui-même ressuscitait des morts, mais lorsqu'Il envoyait prêcher les apôtres, Il leur disait : « Guérissez les malades /.../ chassez les démons, ressuscitez les morts » (Mt X, 8).
L'aide divine ne tarde jamais à se manifester là où il y a de la foi. Et si le Seigneur pouvait dire avec tristesse de ses contemporains qu'ils étaient « une race incrédule et perverse » (Mt XVII, 17), ces paroles, malheureusement, se rapportent encore plus à nous. Nous sommes aujourd'hui bien plus incrédules et pervers qu'ils ne l'étaient. Mais lorsque le Seigneur s'adresse à un homme, qu'Il fait appel à sa faible foi et que celle-ci se réveille, alors le miracle se produit.
Il en est toujours ainsi, un chrétien animé d'une foi sincère sait qu'à Dieu tout est possible. Un poète russe a dit : « Heureux qui a la foi ! Tout lui sourit dans le monde ! ». Et en effet, il est heureux, car la foi est un flambeau puissant entre ses mains qui illumine toute sa vie, ce qui lui permet de voir ce qui est juste. Ce n'est pas en vain que le psalmiste disait : « J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé » (Ps. CXV, 1), autrement dit « j'ai parlé conformément à ce que je croyais ». Ainsi doit être la vie de tout chrétien. La lumière de la foi doit éclairer tout le chemin de sa vie. Et alors, de sa propre expérience, il saura que le Seigneur est proche de ceux qui croient en Lui, et sa vie sera alors comblée de bienfaits divins. Amen.
Saint Métropolite PHILARÈTE
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MESSAGE DE LA NATIVITÉ
du Primat de l'Église Orthodoxe Russe Hors-Frontières
« Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-Il la foi sur la terre ? » /Luc XVIII, 8/
Tout comme à l'époque de Sa Nativité, le Seigneur ne trouvera qu'une petite poignée de Ses disciples lors de Son Second Avènement. D'année en année, l'Enfant-Dieu vient dans un monde où la foi dépérit toujours plus et où le monde s'enfonce de plus en plus dans l'apostasie. Et cette année, nous pouvons le remarquer tout spécialement. La paix, le souffle d'amour, de silence, l'entente s'éloignent inexorablement du monde et de partout s'installent en maître la cruauté et des instincts étrangers à l'homme. Et plus jamais il n'en sera autrement, car Dieu ne trouvant pas de place pour Lui en ce monde, S'éloigne toujours plus de notre agitation pécheresse - « le Fils de l'homme n'a pas où reposer Sa tête » /Mat. VIII, 20/.