Dimanche du démoniaque Gadarénien

Luc 8, 26-39

 

« L’homme de qui étaient sortis les démons Lui demandait la permission de rester avec Lui », mais Jésus le renvoya en disant : « Retourne dans ta maison et dis ce que Dieu t’a fait. Il s’en alla et publia par toute la ville tout ce que Jésus avait fait pour lui ».

C’est sur ces mots, chers frères et sœurs que s’achève l’Évangile d’aujourd’hui. Le Seigneur demande à celui qui a été guéri de raconter à la toute la population des Gadaréniens le mystère de sa guérison. Et c’est ce qu’il fit, toutefois l’Évangile ne nous rapporte pas ses propos. Mais nous pouvons parfaitement imaginer ce qu’il a pu dire et ce qu’il a très certainement dit : « Vous, Gadaréniens, vous me connaissez depuis mon enfance. Je suis né parmi vous dans ce pays où règne l’iniquité et vous avez vu ce qui est arrivé. Vous ne viviez pas selon la loi que le Seigneur vous avait donnée, mais vous viviez selon votre iniquité. Courant après la richesse et le confort, vous n’hésitiez pas à pratiquer des activités pécheresses, qui ne sauraient être bénies par le Seigneur. Vous éleviez des porcs, vous en aviez des troupeaux entiers et pourtant, selon la loi, ce sont des animaux impurs. Et le Seigneur vous a punis vous livrant au pouvoir des démons. Et par la providence divine toute cette force démoniaque s’est installée en moi seul. En quelque sorte, je portais tout le poids de votre châtiment. D’homme je me suis transformé en animal. Je ne pouvais plus vivre dans des maisons, j’habitais dans une grotte, dans le désert, là où l’on enterrait les morts. Vous me mettiez des chaînes et je les déchirais. En moi, il n’y avait pas qu’un seul démon, il y en avait tout une légion, ainsi que vous avez pu le voir lorsque Celui qui m’en a délivré a permis à ces démons d’entrer dans votre troupeau de porcs qui s’est précipité de la falaise dans le lac, où ils se sont tous noyés. Maintenant vous pouvez comprendre pourquoi je vous causais autant de mal et de soucis. Voilà pourquoi je vous haïssais avec tant de hargne, je vous tourmentais et voulais vous détruire. Et maintenant cette force démoniaque est sortie de moi et je vous prie de me pardonner, maintenant je vous aime comme un frère. Je veux être votre concitoyen. Combien je suis reconnaissant à Celui qui m’a libéré, – Luimon Sauveur, Il est mon Dieu ! Et je vous appelle tous à aller vers Lui ! Vous tous, qui aujourd’hui versez des larmes – allez vers Lui. Il essuiera vos larmes. Il vous accordera ce qu’aucune richesse de ce monde ne peut vous donner ».

Voilà ce que devait dire aux Gadaréniens cet ancien possédé. Et il pourrait nous dire, à nous, la même chose. Et cela ne devrait pas nous étonner, car le même mal règne aujourd’hui autour de nous. Chaque article de journal nous rapporte des horreurs telles qu’il n’est pas possible de les expliquer sans admettre qu’elles puissent avoir lieu sans la présence d’une force maligne. Et dans cet environnement de cauchemar, on peut entendre la voix de cet homme guéri par le Christ : « En mon âme règnent la paix et le silence. Ils m’ont été donnés par le Christ. Il vous accordera la même chose. Allez vers Lui sans tarder. Mon cœur est empli de componction ». Mais notre esprit sceptique interroge : « Est-ce bien ainsi ? Admettons-le, mais cet état de componction durera-t-il ? ». Et la réponse nous l’avons dans la lecture de l’épître de ce jour, où l’apôtre nous dit : « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendu à la vie avec le Christ. Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » /Eph. 2, 4-10/.

Ces promesses nous sont données dans le saint Évangile. Nous y voyons également ce que nous devons faire pour les obtenir. Recevons-les avec foi, accomplissons tout ce qui nous est demandé et nous obtiendrons alors la même Grâce, la même paix, la même joie – nous obtiendrons tout ce que ce démoniaque guéri par le Christ a reçu. Alors, ces Paroles du Christ se rapporteront également à nous : « Retourne dans ta maison, et raconte tout ce que Dieu t’a fait ». Amen

Archevêque ANDRÉ /Rymarenko/

 

Неделя о Гадаринском бесноватом

 

«Человек же, из которого вышли бесы, просил Его, чтобы быть с Ним». Но Иисус отпустил его и сказал: «Возвратись в дом твой и расскажи, что сотворил тебе Бог. Он пошел и проповедовал по всему городу, что сотворил ему Иисус».

Так, братья и сестры, заканчивается сегодняшнее благовествование Евангельское, где, как вы слышали, Господь говорит, чтобы исцеленный раскрыл эту тайну его исцеления перед всем народом Гадаринским. Так он и сделал. Евангелие не говорит нам, как он повествовал о том, что с ним произошло. Но по смыслу всего этого повествования Евангельского мы вполне можем себе представить, как он должен был сказать и что он, наверное, и сказал. Он должен был так сказать: «Вы Гадаринцы, знаете меня с самого детства. Я родился среди вас и рос среди вас, среди вашей гадаринской страны, страны беззаконной. Вы видели, что случилось. Ведь вы жили не по закону, который открыл вам Господь, а по вашему беззаконию. Вы, желая богатства и комфорта, занимались греховным промыслом, который не благословлен Господом. Вы разводили свиней, имели целые стада их, а ведь они, по закону, являются нечистыми животными. И Господь наказал вас и предал вас во власть бесовскую. И по непостижимому для нас промыслу Божию, вся эта сила бесовская вселилась в меня одного. Я как бы нес всю вашу кару. Я превратился из человека в зверя. Я не мог жить в домах. Я жил в пустынном месте, в пещере, где хоронили умерших. Вы сковывали меня цепями, и я разрывал их. Во мне был не один бес, а целый легион бесов, как вы реально увидели это, когда Тот, Кто меня исцелил, позволил бесам войти в ваше стадо свиное, и оно бросилось с крутизны в озеро и потонуло. Да, теперь вы реально можете себе представить почему я вам причинил столько зла и беспокойства. Во мне была страшная сила. Бесы завладели всеми моими человеческими страстями и довели их до чудовищного состояния. Вот почему я так дико вас ненавидел, желал вас мучить, уничтожить. И вот теперь эта сила вышла из меня. Я прошу вас простить меня, я теперь люблю вас как брат. Я хочу быть вашим согражданином. И как я благодарен Тому, Кто освободил меня, —Он – Мой Спаситель, Он мой Бог! И вас всех зову к Нему. Всё, что вы ищете: покой, счастье, радость, – все вы найдете в Нем. Все вы, кто слезы льет, – идите к Нему. Он утрет ваши слезы. Он даст вам то, что никакое земное богатство не сможет вам дать.

Вот, что говорил Гадаринцам бывший бесноватый. То же он мог бы сказать и нам. И мы бы не удивились. Ведь и ныне происходит то же самое. Ведь каждая наша газета повествует нам о таких ужасах, которые никто не может объяснить без участия в этих ужасах злой силы. И на фоне этого кошмара так и слышится нам голос этого исцеленного Христом человека: «У меня на душе мир и тишина. Это мне даровал Христос. Он и вам это даст. Спешите к Нему. Мое сердце полно умиления.» А наш скептический ум спросит: «Так ли это? А если и так, то надолго ли хватит этого умиления» ? И тут нам дается ответ в сегодняшнем Апостольском чтении: «Бог, богатый милостью, по Своей великой любви, которою возлюбил нас, и нас, мертвых по преступлении, оживотворил со Христом. Ибо благодатью вы спасены через веру, и сие не от вас, – Божий Дар». – В этих словах Апостола для нас целое откровение. Мы слышали о страданиях бесноватого и как Благодать Божия избавила его от них. Эта же Благодать может сделать то же самое и для нас. А Благодать дается через веру.

Вот нам в Святом Евангелии даны обещания. А также указано, что надо сделать, чтобы их получить. Примем же их с верою, совершим все указанное в нашей жизни и получим ту же Благодать, тот же мир, ту же радость, получим все то, что получил исцеленный Христом бесноватый. Тогда и к нам отнесутся Слова Христа: «Иди в дом твой и поведай, что сотворил с тобою Господь».

Архиепископ АНДРЕЙ /Рымаренко/

 

L’humilité est la première des vertus

 

A l’occasion de la fête de la Théophanie, du Baptême du Christ, il n’est pas inutile à chaque chrétien orthodoxe de se souvenir d’un autre baptême, de celui que chacun de nous a reçu et au cours duquel, par la bouche de notre parrain ou marraine, nous avons fait la promesse à Dieu de renoncer à Satan ainsi qu’à ses œuvres et de nous joindre au Christ.

La partie principale du rite de la Grande Bénédiction des Eaux est cette prière majestueuse dans laquelle le Seigneur est glorifié et où la grâce du Saint-Esprit est invoquée sur les eaux. Cette prière commence par ces merveilleuses paroles : « Tu es grand, Seigneur, et admirables sont Tes œuvres ». Ceux qui ont assisté à des sacrements du baptême, savent que la prière de sanctification des eaux dans lesquelles va entrer celui qui se baptise, commence exactement par les mêmes paroles.

C’est pourquoi il n’est pas inutile de nous souvenir des promesses qui avaient été faites par chacun de nous lors de notre baptême. Lorsqu’une personne est baptisée à un âge adulte, comme cela a lieu parfois de nos jours et ce qui était pratiquement la règle dans l’antiquité, elle fait elle-même ces promesses en son propre nom, et si c’est un petit enfant qui est baptisé, ces promesses sont faites en son nom par son parrain ou marraine. Et ces promesses, par lesquelles nous nous engageons à renoncer à Satan et à nous unir au Christ, sont fréquemment non seulement oubliées, mais fort souvent on ne sait rien d’elles, alors que nous devrions penser aux moyens de les réaliser.

Pensez, chers frères et sœurs, à ce que signifie et à quoi nous engage la promesse de renoncer à Satan et toutes ses œuvres et de nous joindre au Christ.

Nous vivons aujourd’hui une époque où l’humanité est devenue prisonnière d’une agitation qui ne saurait être agréable à Dieu et dans laquelle règne l’ennemi du genre humain obligeant tout le monde à se plier à ses ordres. Toute cette agitation qui compose aujourd’hui notre vie est une agitation impie où Dieu est totalement absent. Si nous avons fait la promesses de renoncer à Satan et ses œuvres, nous devons faire en sorte de ne pas laisser cette vanité enchaîner notre âme, nous devons la rejeter, et devons nous souvenir de ce que nous enseigne l’Église « qu’une seule chose est nécessaire à notre salut » – nous souvenir que nous devons non seulement accomplir Ses commandements, mais tout faire pour nous unir au Christ.

Souvenons-nous de cela, chers frères et sœurs, notamment en ces jours lumineux de la Théophanie, et prions afin que le Seigneur nous envoie une foi solide et la ferme résolution d’accomplir ces promesses et de ne pas nous laisser engluer par la vanité de ce monde et perdre ainsi tout rapport avec le Seigneur auquel nous avions promis de nous joindre.

Mais la fête de la Théophanie est encore caractéristique du fait que, ainsi que nous le chantons dans le tropaire, « dans Ton baptême s’est révélée l’adoration due à la Trinité », les trois hypostases de la Sainte Trinité sont pour la première fois apparues séparément et le Christ Sauveur a commencé son ministère de salut. Il y a encore peu de jours, nous célébrions la fête de la Nativité du Christ et nous confessions que notre Seigneur par Sa naissance dans une humble grotte avait en quelque sorte souligné qu’Il rejetait toute forme de gloire terrestre refusant de paraître dans un palais royal. Ce faisant, Il nous a montré qu’Il apportait ainsi un nouveau principe sur terre, le principe de l’humilité.

Regardez combien Il est fidèle à Lui-même et comment lors de Son baptême Il nous enseigne à nouveau ce même principe d’humilité. Où est-Il venu ? Au Jourdain. Dans quel but ? Se faire baptiser par Jean. Mais ce sont des pécheurs qui venaient se faire baptiser après avoir confessé leurs péchés à Jean. Alors que Lui était sans péché, Il en était totalement libre, et néanmoins Il se met humblement dans la file avec les autres pécheurs, comme s’Il avait besoin d’être lavé par cette eau purificatrice. Or nous savons qu’Il n’a pas été purifié par l’eau, mais qu’Il a sanctifié cette eau en s’y plongeant. Ainsi, notre Seigneur Jésus-Christ a apporté sur terre le principe d’humilité auquel Il fut fidèle durant toute Sa vie terrestre. Et de plus, Il nous a laissé ce commandement : « Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme ».

Pourquoi y a-t-il parmi nous autant de discordes, que ce soit dans l’enceinte de l’Église ou dans nos paroisses ? Parce que de toute part s’affronte l’orgueil incandescent des hommes. Mais si en nous régnait cette humilité à laquelle le Seigneur nous appelle, rien de tout cela n’existerait. Mettons-nous à l’écoute de notre Seigneur, Qui tel le dernier des pécheurs est venu auprès de Jean pour recevoir de lui le baptême. Apprenons de Lui cette vertu agréable à Dieu, sans laquelle, ainsi que le disaient les saints Pères, aucune autre vertu ne saurait être accomplie. Amen.

 

Saint Métropolite PHILARÈTE

 

Смирение — основная добродетель

 

В день праздника Богоявления – Крещения Господня, всякому православному христианину не лишне вспомнить о другом крещении, о том крещении, которое совершено было над каждым из нас, в котором каждый из нас дал устами своих крестных родителей обещание Богу в том, что он будет всегда отрекаться от Сатаны и дел его и будет всегда соединяться, «сочетаваться» со Христом.

Главной, можно сказать частью чина Великого Освящения Вод, является величественная молитва, в которой прославляется Господь и призывается благодать Святого Духа на освящаемую воду. Молитва эта начинается прекрасными словами: «Велий еси, Господи, и чудна дела Твоя». Те, кто бывал при совершении таинства крещения знают, что молитва на освящение воды, в которой будет креститься человек, начинается именно этими же словами.

Так вот, не мешало бы нам вспомнить о тех обетах, которые даны при крещении от лица каждого из нас. Когда человек крестится взрослым, как это и теперь иногда бывает, а в особенности часто было в древности, то он сам дает обеты от своего лица, а если он крестится в младенчестве, то за него эти обеты произносят его «восприемники,» как их называет Церковь. И вот эти обеты, в которых христианин обещался Богу отрицаться Сатаны и соединиться со Христом, эти обеты не только забываются людьми, но многие вообще ничего не знают о них,а ведьони должны были бы подумать о том, как надо эти обеты исполнить. А что, если в последний день истории человеческого рода на земле – в день Страшного Суда окажется, что человек обеты-то дал (или за него дали восприемники), а он и не знает, какие это обеты и что было обещано? Что будет с таким человеком ?

Подумайте, братия, о том, что значит отречься от сатаны и всех дел его и сочетаться Христу.

Сейчас время такое, что человечеством овладела богопротивная суета, в которой царствует враг рода человеческого и, как говорилось в старину, заставляет почти всех людей «плясать под свою дудку.» Вся эта суета, из которой слагается наша теперешняя жизнь, есть суета богопротивная, в которой Бога нет, в которой хозяйничает и управляет Божий враг. Если мы дали обет отречься Сатаны и всех дел его, то должны, исполняя его, стараться не подавлять свою душу этой суетой, но отказаться от нее, и помнить о том, что, как говорит Церковь, «едино есть на потребу» – одно только нужно – помнить, что надо сочетаться Христу, т. е. не только исполнять заповеди Его, но и стараться соединиться с Ним.

Подумаем об этом, братья и сестры, в этот день светлого и великого праздника, и помолимся, чтобы Господь послал нам твердую веру и решимость эти обеты исполнить, а не поглощаться суетой мiра и терять связь с Господом, с Которым мы обещались сочетаться навсегда.

Но в то же самое время, сегодняшний праздник характерен тем, что, как поется в его тропаре, в этот именно праздник «тройческое явися поклонение». Все три Лица Святой Троицы впервые явились в раздельности Своей. А Христосъ Спаситель явился, чтобы начать Свое спасительное служение. Не так давно здесь, когда был праздник Рождества Христова, мы говорили о том, что Господь Своим рождеством в убогом вертепе, как бы подчеркнуто отверг всякую земную славу, не благоволил Он явиться в царских чертогах или богатых палатах. И этим сразу показал, что Он принес на землю новое начало, начало смирения.

Смотрите же, как Он верен Сам Себе, как Он и ныне, в сегодняшний великий праздник, то же самое начало смирения проводит явно и несомненно для нас. Ибо куда Он пришел? На Иордан. Зачем? Креститься от Иоанна. Но к Иоанну приходили грешники, исповедывали ему грехи свои и крестились. А Он был без греха, «неприкосновенен греху», абсолютно от него свободен и чист, и, однако же, смиренно становится в ряд с другими грешниками, как будто бы Он нуждается в этом очистительном омовении водой. Но знаем мы, что не вода очистила Его, а Он воду освятил тем, что благоволил омыться ею, как об этом пелось во время освящения воды». Итак, Иисусъ Христосъ принес на землю начало смирения, и был верен ему в течение всей Своей жизни. Но мало этого. Он и нам оставил завет: «Придите и научитеся от Мене, яко кроток есмь и смирен сердцем, и обрящете покой душам вашим».

Смотрите, почему у нас так много несогласий, и в ограде церковной и в приходах? Потому что всюду сталкиваются раскаленные человеческие самолюбия, а если бы в нас было то смирение, к которому Господь нас призывает, то ничего этого не было бы. Научимся же, братие, у нашего Спасителя, Который как последний грешник пришел к Иоанну, чтобы креститься от него, научимся от Него этой боголюбезной добродетели, без которой, как говорили святые отцы, никакая другая добродетель совершенной быть не может. Аминь.

 

св. Митрополитъ ФИЛАРЕТЪ

«Ouvre-moi les portes de la pénitence»

 

Nous venons pour la première fois cette année d'entendre les paroles de cette prière. Et malgré nous, notre pensée nous ramène en arrière, et nous nous souvenons qu'il y a un an nous partagions cette même prière avec des personnes qui ont quitté cette vie et ne sont plus parmi nous.

Mais le Seigneur nous accorde à nouveau cette grâce. Nous nous tenons avec vous devant les portes de la pénitence. Par cette prière l'Eglise nous rappelle non seulement que nous approchons du Grand-Carême, mais que sans la grâce divine et l'aide de Dieu nous ne pouvons pas réellement faire pénitence.

Imaginez une personne qui se tiendrait devant une porte close et qui devrait absolument l'ouvrir pour entrer, car dehors un grave danger la menace. Mais elle n'a pas la clef et si personne ne lui ouvre, alors elle périra. Sans aucune exagération, nous pouvons dire que le pécheur se trouve dans cette situation.

Mais qu'est-ce que la pénitence ? Comment devons-nous faire pénitence ?

Jadis, le saint starets Ambroise d'Optino en réponse à une âme pieuse qui demandait combien de temps fallait-il pour faire pénitence, fit la réponse suivante : il ne faut ni des années, ni des mois, ni des semaines pour faire véritablement pénitence, mais un seul instant suffit ! L'instant d'un retournement radical en nous détournant d'une vie pécheresse, négligente, vide, insouciante et en nous tournant vers une vie en Christ, une vie authentiquement chrétienne.

Notre malheur vient de ce que nous ne nous sentons pas véritablement pécheurs. Nous pensons que ces paroles sur la pénitence, l'amendement de notre vie s'adressent à quelques pécheurs impénitents, mais ne nous concernent pas vraiment, car nous ne nous sentons pas réellement pécheurs. Beaucoup d'ailleurs viennent à la confession et disent : « je n'ai pas de péchés particuliers ... »

Il n'est pas inutile de rappeler ici un récit que d'aucuns connaissent peut-être déjà. Deux femmes viennent visiter un saint starets, l'une d'elles porte un lourd péché. Elle avait, je crois, empoisonné son mari et avait réussi à cacher ce crime, mais sa conscience la faisait souffrir en permanence, alors que l'autre n'avait pas de péché aussi lourd sur la conscience.

Les voilà donc toutes deux chez le starets qui leur dit à chacune : « Va dans mon jardin et ramène moi des cailloux ». A celle qui avait un lourd péché sur l'âme, il dit : « Prends la plus grosse pierre que tu pourras soulever et ramène-la ». A l'autre il dit : « Prends ce sac, ramasse des petits cailloux et ramène-le moi ». Lorsqu'elles revinrent, le starets les félicita pour leur obéissance et dit : «  Et maintenant ramenez tout là où vous l'avez pris. Toi, pécheresse, va reposer cette grosse pierre là où tu l'a prise et toi qui es juste, qui n'a pas de gros péchés, va remettre tous ces petits cailloux à leur place. La première le fit sans difficulté, tandis que l'autre fut désemparée et revint avec le sac pratiquement plein car, bien évidemment, elle ne pouvait se souvenir d'où elle avait pris chacun des petits cailloux, mais comme elle ne voulait pas tromper le starets elle revint avec son sac presque plein.

Alors le starets lui dit : « Regarde cette femme qui avait un lourd péché sur l'âme, elle l'avait constamment à l'esprit, le déplorait sans cesse et les larmes de pénitence lavent tout péché. Et toi tu ne peux pas pleurer tes péchés, car tu ne te souviens même pas d'eux, de ce que l'on appelle ces petits péchés quotidiens. Mais pourtant ton sac est tout aussi lourd que cette grosse pierre ».

Et donc nous devons nous souvenir que tous ces petits péchés que nous ne gardons pas en mémoire, qui se fondent dans cette impression indéfinie qui nous donne une vague conscience d'être néanmoins pécheurs (« bien sûr que nous le sommes, mais pas tant que cela »), toutes ces petites fautes sont un poids terriblement lourd pour notre âme et peuvent la faire périr si nous ne la libérons pas durant cette vie, car après la mort il n'y a plus de pénitence possible.

Lorsque nous le comprendrons et sentirons le poids de ces péchés, alors nous voudrons sortir de cette vie pécheresse et emprunter une bonne vie chrétienne. Si nous décidons d'accomplir ce retournement intérieur, alors, comme nous le disait notre grand starets Ambroise, il nous suffira simplement de le vouloir et d'un instant pour y parvenir.

La semaine prochaine nous lirons l'Evangile du Fils Prodigue, qui, prenant conscience combien sa vie était fausse et dissolue et combien terrible était son état, décida d'abandonner cette vie et dit : « Je me lèverai et j'irai chez mon père » /Luc XV, 18/. Et ce ne furent pas seulement des paroles, il se leva sur-le-champ et partit. Et nous savons tous comment son père le reçut.

Et donc, en nous rappelant la nécessité de la pénitence, l'Eglise nous rappelle que sans la grâce et l'aide de Dieu nous ne pouvons y parvenir de façon satisfaisante, car nous ne voyons pas nos péchés comme il se doit et nous ne sentons pas le poids qu'ils représentent.

C'est pourquoi, prions le Seigneur d'ouvrir les yeux de notre âme afin que s'ouvrent pour nous les portes de la pénitence, sans quoi jamais nous n'entrerons dans le Royaume de Dieu. Amin.

Saint Métropolite PHILARÈTЕ

 

«Покаяния отверзи ми двери»

 

Эти слова мы с вами впервые услышали от Церкви в этом богослужебном году. Невольно мысль возвращается назад; год тому назад мы с вами молились этими же словами – и как много ушло уже из этой жизни тех, кто тогда вместе с нами молился.

Нам Господь посылает еще эту милость. Мы с вами стоим пред дверьми покаяния. Церковь нам напоминает этим песнопением не только о том, что Великий пост приближается, но и о том, что без Божией милости и без Божией помощи мы как следует никогда не покаемся.

Представьте себе человека, который стоит перед закрытыми дверями; ему необходимо туда войти, ибо снаружи ему грозит какая-то страшная опасность, а ключа у него нет и если ему никто не отворит этих дверей, то он погибнет. Грешник, без всякого преувеличения, именно в таком положении и находится.

Ведь, что такое покаяние? И как должен каяться человек?

Когда-тосв. старец Амвросийна вопрос какой-то верующей души, сколько времени нужно для того, чтобы Богу принести покаяние, ответил так: для истинного покаяния не нужны ни годы, ни месяцы, ни недели, а мгновение! Мгновение поворота – решительного поворота от грешной, нерадивой, пустой, легкомысленной жизни к жизни во Христе, к жизни истинно христианской.

Беда наша – в том, что нам все кажется, что мы не так уж и грешны. Что слова о покаянии, об исправлении жизни относятся к каким-то другим отчаянным грешникам, а к нам это не так уж относится – мы себя особенно грешными не чувствуем. Многие ведь, даже приходя на исповедь, начинают ее заявлением: «особенных грехов не имею...»

Полезно тут будет припомнить то, что, быть может, известно некоторым из вас. Существует рассказ о том, как к одному старцу-подвижнику пришли две женщины; у одной был тяжкий грех, она, кажется, отравила своего мужа и сумела это скрыть, но совесть ее мучила постоянно, а у другой не было такого тяжкого греха.

И вот, когда они пришли к старцу, то старец этот сказал каждой: «Пойди на мой огород и принеси оттуда камни». Той, у которой был тяжкийгрех на душе, он сказал: «Ты возьми самый большой камень, какой только можешь поднять и принеси ко мне». А другой сказал: «Вот тебе мешок. Набери мелких камней и принеси сюда». Когда они обе это исполнили, то старец поблагодарил их за послушание и сказал: «А теперь отнесите это обратно. Ты, грешница, отнеси и положи свой большой камень туда, откуда взяла, а ты, праведница, у которой нету больших грехов, все эти камешки положи каждый на свое место. Первая сделала это без труда, а другая растерялась и вернулась фактически с полным мешком, потому что она, конечно, не могла вспомнить, какой камень откуда взят, а обманывать старца не хотела; так с полным мешком и вернулась.

Вот тогда старец ей и говорит «Смотри, у этой женщины тяжкий грех, но она постоянно о нем помнит и все время его оплакивает, а покаянные слезы омоют любой грех. А ты не можешь оплакать свои грехи, потому что ты даже и не помнишь этих, так называемых повседневных грехов; а ведь тяжесть твоего мешка – такая же, как и этого большого камня».

Так вот и нужно нам помнить, что все мелкие грехи, которые из нашей памяти ускользают, которые сливаются в одно неопределенное сознание греховности («конечно, мы грешные, но может быть и не так уж сильно»), все эти грехи для души нашей являются страшною тяжестью и погубят ее, если мы свою душу не освободим от них в этой жизни, ибо после смерти покаяния нету.

Когда человек это поймет, почувствует тяжесть грехов своих, то тогда он устремится от жизни греховной к доброй христианской жизни, если только он решится на тот поворот, для которого, как говорил великий старец, нужен только момент, чтобы решиться и повернуться.

Вот скоро будет читаться Евангелие о блудном сыне, который осознав неправильность своего поведения и ужас своего состояния, не остался там, где он был, а сказал: «встану и пойду к отцу своему» (Лк : 15,18). И это не осталось у него только на словах, а он сразу встал и пошел. А как его принял отец – мы знаем, да и услышим скоро в святом Евангелии.

Итак – напоминая нам о покаянииЦерковьнапоминает и о том, что без милости и помощи Божией мы не можем покаяться как следует, т. к. не видим как должно своих грехов и не чувствуем их тяжести.

Потому-то мы и молимся, чтобы Господь просветил наши очи, и этим открыл пред нами двери покаяния, без которого мы в царствие Божие никогда не войдем. Аминь.

Св. Митрополитъ ФИЛАРЕТЪ

Parabole du riche et de Lazare

 

Toute personne qui lit le saint Évangile sait que notre Seigneur Jésus-Christ a dit à ceux qui L’écoutaient « qu’il est difficile à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ». Il n’a dit cela que du riche et de personne d’autre. Et nous pouvons voir en lisant l’Evangile nombre d’exemples montrant combien cela est difficile. Nous le voyons notamment dans cette parabole du riche et de Lazare. Nous y voyons un riche qui ne vivait que pour son plaisir : il possédait cette richesse, l’utilisait sans compter, mais vivait uniquement pour lui-même, selon son bon vouloir. Nulle part il n’est dit qu’il commettait quelques péchés particulièrement lourds : il n’a ni tué, ni volé personne. Cependant la parabole nous dit que sa fin fut terrible, car après sa mort il s’est retrouvé dans les tourments de l’enfer.

Ainsi, nous lisons que cet homme riche avait amassé une bonne récolte et se demandait : que vais-je faire ? Je n’ai pas où la ranger. Il avait amassé tellement de blé que ses granges, ses débarras, ses greniers ne suffisaient pas à engranger cette récolte. Pour l’instant, il n’y a là aucun mal, ce ne sont que des réflexions et des soucis d’ordre purement domestique pour lesquels on ne peut rien lui reprocher. Et il ajoute : « Voici ce que je ferai. J’abattrai mes greniers et j’en bâtirai de plus grands et j’y amasserai toute ma récolte, tous mes biens ». Il n’y a toujours là rien de répréhensible. C’est la sagesse même. Ce propriétaire dit ce qu’il est utile de faire afin que sa richesse, sa récolte ne viennent à périr, comment et où la conserver – il n’y a toujours là rien de mal.

Mais plus loin nous lisons qu’il envisage de se construire des greniers et des granges plus grands afin d’y amasser toute sa récolte. « Et je dirai à mon âme : mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour de nombreuses années – repose-toi, mange, bois et réjouis-toi ». Et là nous voyons que lorsqu’il a été gratifié par le Seigneur d’une telle richesse, pas un instant il n’a pensé au fait qu’il y avait des gens qui pouvaient être dans le besoin, avoir faim. Une telle idée ne lui était même pas venue à l’esprit et il dit à son âme  - nous allons maintenant pouvoir vivre pour notre plaisir ! Autrement dit, nous avons affaire à un parfait égoïste et nous voyons l’issue terrible qui s’ensuivit : avec toutes ses richesses il s’est effondré dans l’abîme infernal selon la parole de Dieu : « Insensé ! Cette nuit-même ton âme te sera redemandée, et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? ». Et cette issue est tellement évidente et terrible que le Seigneur ne donne aucune explication supplémentaire, ajoutant seulement : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche en Dieu ».

Cette leçon évangélique est pour chacun d’entre nous. Il est peu de personnes sur cette terre qui ne seraient heureuses de se voir offrir une grande richesse, mais dès lors que celle-ci leur tombe dans les mains, aussitôt les assaillent les tentations qui ont faire dire au Seigneur qu’il était difficile à un riche d’entrer dans le Royaume.

Mais il est un autre type de richesse, la richesse spirituelle, que personne ne peut nous enlever. Combien d’enseignements édifiants nous donne l’Église, que ce soit dans ses textes liturgiques ou dans ses enseignements ! Nous avons là l’exemple de ce malheureux richard qui s’était tellement enrichi qu’il en avait oublié d’en remercier Dieu, avait oublié de penser aux pauvres et nécessiteux et, pour toutes ces raisons, eut une fin terrible. Mais prenons exemple sur les saints de Dieu qui refusèrent toute forme de richesses terrestres et de notabilité ; qui refusèrent tout et sacrifièrent tout par amour pour le Christ ! Ce sont ces exemples qui devraient être une édification pour nous sur la façon dont nous devons amasser la richesse spirituelle et comment nous devons nous comporter pour être d’authentiques chrétiens, toujours prêts, si l’occasion se présente, à rester fidèles même jusqu’à la mort, car ainsi que le Seigneur le dit dans l’Apocalypse : «  Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie ». Amen

 

Saint Métropolite PHILARÈTE

 

Притча о богатом и Лазаре

 

Кто читает Евангелие, знает, что Господь Иисус Христос сказал тем, кто Его слушал : «Трудно богатому войти в Царствие Божие». Ни о ком другом Он этого не сказал, а именно о богатом. В Евангелии мы с вами находим и примеры того, как это трудно. Мы знаем притчу о Богатом и Лазаре. Там говорится, что богатый человек жил в свое удовольствие : обладая богатством, он им пользовался в самых широких размерах, для себя жил, как ему хотелось. Не сказано там, что он творил какие-то страшные, тяжкие грехи : никого не убил, не ограбил. Однако же, притча эта говорит, что конец был страшный, потому что после своей смерти он оказался в адских мучениях.

Итак, Господь сказал, что у одного человека богатого был урожай хороший, и вот он стал размышлять : «Что мне делать? Мне некуда собрать мой урожай» ! Такой он был большой, так много хлеба у него уродилось, что его амбары, кладовые, житницы, не вмещали этого урожая. Пока здесь нет ничего плохого, когда он так думает : это чисто хозяйственные заботы, в которых его не за что упрекнуть. Он дальше говорит : «Вот, что я сделаю. Я мои житницы разломаю совсем, а вместо них построю более большие и в них соберу все богатство мое, весь этот урожай». И пока все еще ничего плохого нет. Это благоразумно; хозяин говорит о том, что нужно сделать, чтобы не погибло такое богатство, чтобы не погиб такой урожай, а чтобы хранить его там, где нужно – ничего плохого здесь еще нет.

Но вот дальше мы в Евангелии читаем и слышим, как он сказал, что построю себе эти большие амбары и кладовые, соберу туда мой урожай : «И я скажу себе : душа моя, много ты имеешь богатства, на много лет тебе хватит – почивай, ешь, пей, веселись» ! Вот тут мы с вами и видим, что когда Господь ему дал такое богатство, такой урожай, он и не подумал о том, что есть люди, у которых не только нет такого урожая, но которые голодают. Ему и в голову такая мысль не пришла, он своей душе говорит : «Вот мы теперь с тобой будем в свое удовольствие жить !» Т.е. перед нами – совершенно законченный эгоист ! И вот страшный конец – со всем своим урожаем он тоже рухнул в адскую бездну, потому что Бог ему сказал : «Безумец, в эту ночь твою душу у тебя истяжут , – т.е. немилостиво вырвут – конец тебе пришел, а то, что ты заготовляешь, кому достанется» ? Так ясен и так страшен этот конец, что Господь никаких объяснений больше и не прибавил, а только добавил : «Так бывает со всяким, кто собирает для себя, а не в Бога богатеет» !

Это урок евангельский каждому из нас. Вряд ли много найдется на свете людей, которые не рады были бы, если бы к ним пришло богатство ! Но вот тут-то сразу, как только богатство в руки человеку приходит, вместе с ним и приходят те соблазны, из-за которых Господь и сказал, что именно «трудно богатому войти в Царствие Божие» .

Бывает другое богатство, богатство духовное, которое у человека никто не может отнять. Как много назиданий, братие, дает нам Церковь: в своих богослужениях, в своих наставлениях ! Вот и пример этого несчастного богача, который так обогатился, не поблагодарив Бога за богатый дар урожая, не подумав о ближних своих, которые нуждаются, и из-за этого так страшно погиб. А возьмём примеры святых угодников Божиих, которые отказывались и от богатства земного и от знатности – от всего !, принося всё это в жертву Возлюбленному Жениху Христу. Вот эти примеры должны быть для нас назиданием о том, как нужно собирать духовное богатство и как нужно быть христианином, готовым всегда, если нужно, быть верным, даже до смерти, ибо как говорит Господь в Апокалипсисе : «Будь верен даже до смерти, и дам тебе венец жизни» ! Аминь.

 

Святой Митрополитъ ФИЛАРЕТЪ

 

 

Parabole du SemeurLuc VIII, 5-15

 

Nous avons entendu la parabole du Seigneur sur le semeur. Tout le monde la connaît. Le semeur est sorti semer et sa semence est tombée en divers endroits, mais seulement celle qui est tombée dans de la bonne terre a donné un bon fruit. Certaines sont tombées au bord du chemin et des oiseaux sont arrivés, les ont picorées et tout a disparu. Il en est ainsi de ceux qui sont spirituellement négligents. Ils peuvent entendre une parole de vérité, mais il leur arrive selon ce que dit le proverbe : c’est entré par une oreille, sorti par l’autre et rien n’est resté dans la tête.

Une autre semence est tombée sur une terre caillouteuse couverte d’une fine couche de terre. Et voilà que la semence a germé, mais n’a pas eu le temps de donner un fruit, le soleil a desséché la fine couche de terre qui recouvrait les pierres, et la semence a séché sans porter de fruit. C’est le cas de ceux qui sont inconstants, qui dans un premier temps sont prêts à accepter la parole de vérité, vivre en bons chrétiens, mais à peine se heurtent-ils à des désagréments, des peines, et alors qu’il leur faudrait manifester qu’ils sont de bons chrétiens orthodoxes, ils reculent et abandonnent la vie chrétienne qu’ils menaient et, de même que les autres, ils ne portent pas de fruit.

Une autre semence est tombée dans les mauvaises herbes et les ronces. Elle a germé et aurait pu donner un fruit, mais les mauvaises herbes l’étouffèrent. C’est le cas de ceux qui acceptent la parole de vérité, leur âme tend vers elle, ils commencent à vivre une vie chrétienne, mais la vanité du monde, tous les soucis d’ici-bas et notamment l’appât de la richesse finissent par étouffer ce bon fruit. La vanité des biens terrestres et les péchés ont étouffé le bon fruit.

Mais voici enfin la semence qui tombe dans de la bonne terre, donne une pousse qui se développe et porte un bon fruit. Dans sa vie spirituelle tout homme peut connaître divers niveaux qui toutefois tous peuvent donner un bon fruit. Et ayant dit cela, le Seigneur appela ses disciples à réfléchir à ce qu’ils avaient entendu : «  Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » . 

La bonne semence est toujours semée. Le Seigneur en personne est le premier Semeur, puis il y eut Ses apôtres, puis leurs successeurs les évêques et les prêtres. Cette bonne semence est semée jusqu’à aujourd’hui. Mais il faut se souvenir ici d’une autre parabole dans laquelle il est dit que le maître a ensemencé son champ d’une bonne semence, mais que son ennemi est venu de nuit semer de l’ivraie parmi le blé, une semence nuisible.

Et c’est précisément aujourd’hui le champ de notre vie : la bonne graine est semée, mais combien de mauvaises graines sont semées aujourd’hui ! Et ces mauvaises graines, telles des ronces, peuvent totalement étouffer les bonnes semences. C’est pourquoi – gardez précieusement la Parole du Seigneur lorsque vous l’entendez ou la lisez, recevez-la pieusement dans votre âme et souvenez-vous qu’il faut non seulement la recevoir, mais la réaliser dans votre vie.

L’Evangile ne doit pas être un livre rangé dans l’armoire ou posé sur la table où il se couvre de poussière, ce doit être le Livre de Vie de tout chrétien. C’est pourquoi seul celui qui écoute et lit la Parole de Dieu est réellement un chrétien authentique. Sachez qu’avant d’achever Sa vie sur terre le Seigneur a dit que cette Parole, elle est dans l’Evangile. Et si un homme n’a jamais ouvert le Livre des Evangiles, la discussion sera très brève avec lui lors du Jugement Dernier. Souvenez-vous en, lisez le Saint Evangile et essayez de diriger votre vie selon l’Evangile. Amen.

 

Saint Métropolite PHILARÈTE

 

Saint et Juste JEAN de Kronstadt

 

Lorsque nous étudions la vie de saint Jean de Kronstadt, nous constatons qu’il a commencé sa vie de prêtre de la même façon que beaucoup d’autres prêtres. Il était né dans une famille pauvre d’un modeste chantre, avait connu la pauvreté, le besoin avant de recevoir la prêtrise. Mais il y a une énigme ; comment, ayant commencé sa vie comme tant d’autres prêtres, est-il devenu ce géant spirituel, comme il y en a peu, non seulement en Russie, mais dans toute l’Église Universelle ?

Il faut encore se souvenir combien son ascèse était ardue. Nos plus grands saints, comme saint Serge ou saint Séraphim et d’autres, se retiraient du bruit et de la vanité de ce monde, alors que tout le labeur pastoral de saint Jean s’est déroulé au milieu des masses humaines.

Mais il a lui-même donné l’explication à cette énigme. Ayant commencé son périple pastoral comme l’un des simples prêtres de la cathédrale de Kronstadt, il a tendu toute son attention et toutes ses forces à ce que nous appelons « l’homme intérieur ». Il dira lui-même par la suite qu’il avait décidé fermement, dès son premier jour de prêtrise, de se surveiller, de se contrôler en permanence. Ainsi, il s’efforçait de réprimer tous les désirs pécheurs, toutes les inclinaisons vers le péché dès qu’elles affleuraient son âme.

Nous voyons là combien il est différent de nous, grands pécheurs. Combien de péchés et de séductions nichent dans notre âme pécheresse !… Combien faibles et impuissants sommes-nous lorsqu’il nous faut vaincre le péché, parce que nous avons tardé à entrer en lutte contre lui, car lorsque le péché a déjà pris possession de notre âme, il est alors plus que difficile de le vaincre et de le chasser de son âme. Quant à saint Jean, dès lors qu’il remarquait en soi une insinuation pécheresse, car cela lui arrivait aussi, il était un homme comme nous, il l’arrêtait immédiatement et entamait une lutte sévère contre notre ennemi, le Séducteur, qui, comprenant qu’il avait affaire à un serviteur de l’Église tout à fait exceptionnel, se mettait à l’assaillir de façon telle que les gens pouvaient le voir. Un des prêtres qui avait souvent célébré avec le père Jean dans sa jeunesse témoignait : « Que de fois ai-je vu comment l’ennemi tentait d’enchaîner le père Jean durant la célébration ; son visage alors s’assombrissait, il s’arrêtait, se tenait immobile et l’on voyait qu’en son for intérieur une lutte terrible se déroulait. Il invoquait alors le Nom du Seigneur et il s’illuminait entièrement, joyeusement et avec entrain, baigné de grâce divine, reprenait la célébration ». Menant un tel combat contre ses inclinations pécheresses, contre l’ennemi de notre salut, le père Jean rapidement se mit à grandir spirituellement.

Et à un certain moment il se transforma en thaumaturge, d’abord de Kronstadt, puis de toute la Russie. Nous savons combien sa célébrité a franchi les frontières de la Russie, parce que de tous les coins de notre monde s’élevaient vers lui des demandes pour qu’il prie, de sa prière puissante et audacieuse, auprès du trône de notre Seigneur de Gloire. Nous avons eu en Russie beaucoup de grands saints qui accomplissaient de très nombreux miracles, mais un tel océan de miracles, dont on ne saurait en calculer le nombre et qui accompagnaient saint Jean dans la seconde moitié de sa vie pastorale, nous n’en avons jamais eu de pareil. Ce n’est pas pour rien que ses enfants spirituels et tous ceux qui le vénéraient, disaient que cela leur rappelait les temps évangéliques. Tout comme les miracles fleurissaient autour du Christ, de même un flot incessant de miracles entourait Son fidèle serviteur.

Voilà quel homme de prière et thaumaturge, le Seigneur a envoyé au peuple russe à la veille des temps difficiles qu’il allait endurer. Le père Jean avertissait, sonnait l’alarme. Dans ses sermons des dernières années il le répétait sans cesse. Il disait : « Peuple russe, préserve ton bon et pieux Tsar. Si tu parviens à le garder, la Russie restera pour de longues années encore puissante et glorieuse pour le plus grand bonheur de ses amis et la crainte de ses ennemis. Et si tu ne le préserves pas, on tuera ton Tsar ainsi que la Russie, et toi tu connaîtras le déshonneur et on ira jusqu’à te priver de ton nom » !

De quelle terrible façon s’est réalisée sa prédiction… Le peuple russe n’a pas voulu écouter ce grand prophète que le Seigneur lui avait envoyé et sur la Russie se sont abattus des maux terribles qui durent jusqu’à présent. Mais nous avons foi en notre grand saint qui intercède pour nous par sa prière. Le saint père Jean n’a jamais refusé sa prière pastorale à qui la demandait lorsqu’il était sur terre. Maintenant qu’il est près du trône terrible du Seigneur de Gloire, qu’il se tient dans Sa Gloire avec les autres grands saints de Dieu, nous savons avec assurance qu’il ne nous oublie pas et qu’il n’oublie pas notre malheureuse Patrie, et qu’il élève là-haut ses prières ardentes. Que par ses saintes prières le Seigneur envoie à notre peuple épuisé par tant de tourments, la libération espérée de tous ses malheurs et du joug des sans-Dieu. Amen

Saint Métropolite PHILARÈTE