Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux

 

C’est ce que notre Seigneur Jésus-Christ nous enseigne aujourd'hui dans Son Évangile. La miséricorde est un sentiment qui est loin d’être propre à l'homme qui s'est éloigné de Dieu. «L'homme est un loup pour l'homme», dit un proverbe latin. Cette pensée est également exprimée dans les paroles du roi David : «Je suis dans une grande détresse ; que je tombe entre les mains de l'Eternel, car Sa miséricorde est grande; mais que je ne tombe point entre les mains des hommes» (2 Samuel 24, 14).

Dans l'Ancien Testament, on pensait que la miséricorde de Dieu était réservée au seul peuple élu. Mais progressivement, par l'intermédiaire des prophètes, Dieu fait naître chez ce peuple le sens de la miséricorde envers son prochain. Les prophètes Isaïe et Jérémie ont souligné que la miséricorde de Dieu ne connaît pour limite que l'endurcissement du pécheur. «La miséricorde de l'homme est pour son prochain, mais la miséricorde du Seigneur est pour toute chair», lit-on dans le livre de la Sagesse de Sirakh (18, 13). «Comme un père a compassion de ses fils, le Seigneur a eu compassion de ceux qui le craignent. Car il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que poussière nous sommes», dit le psalmiste David (Ps. 102, 13-14). «Le Seigneur est un Dieu de justice... Heureux tous ceux qui se espèrent en lui» (Isaïe 30:18). «Le Seigneur est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et plein de miséricorde» (Ps . 102, 8). Si Dieu est bon et miséricordieux, Il exige naturellement la bonté et la miséricorde dans les relations des hommes entre eux.

Sous l'influence des interprétations rabbiniques (Talmud), et ce en dépit des pensées clairement exprimées et les appels des prophètes, appels qui abolissaient la séparation du peuple juif du reste des humains, les Juifs ont commencé à négliger l'appel de Dieu à la miséricorde, croyant que par leur observance extérieure et formelle de la loi, ils obtenaient la justice. Mais le cœur de Dieu ne se satisfait pas de ceux qui se croient justes, mais il se satisfait des pécheurs repentants. Telle est la pensée fondamentale de tous les prophètes.

«Je veux la miséricorde et non les sacrifices», a crié le Seigneur par la bouche du prophète Osée. Et pour avoir accès à la miséricorde de Dieu, tous, Juifs comme païens, doivent confesser qu’ils sont pécheurs, car «Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous» (Rom. 11, 32). «Je sais en vérité que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu'en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable» (Actes 10, 34-35). «Devant Dieu il n'y a pas d’acception de personnes», disent les apôtres Pierre et Paul.

Le Nouveau Testament nous annonce la bonne nouvelle de la miséricorde infinie de Dieu. Le Christ éprouve de la compassion pour tous : face à Lui nous voyons à la fois les membres érudits du Sanhédrin, comme des pécheurs repentants – collecteurs d'impôts et prostituées, nous voyons la Samaritaine, la Cananéenne et le centurion romain – tous non-Juifs. Jésus-Christ indique que le sentiment de miséricorde doit me rapprocher de toute personne se trouvant dans le malheur que je rencontre sur mon chemin, et doit me remplir de pitié pour tous ceux qui m'offensent. Le chrétien ne peut pas fermer son cœur à son frère dans le besoin, car l'amour de Dieu ne demeure qu’en ceux qui font preuve de miséricorde (1 Jn 3,17).

Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait», nous dit le Seigneur. La perfection que le Christ exige de nous, selon la lecture de l'Évangile de ce jour, doit consister avant tout dans l’obligation d'«être miséricordieux». La miséricorde c’est la compassion et le pardon. Le terme de miséricorde renvoie à un sens du dévouement, à un lien spirituel entre les personnes et qui implique la fidélité pour Dieu. La miséricorde n'est pas seulement l'expression d'une bonté instinctive, c’est une vie en Dieu qui a pitié de nous, c’est en quelque sorte une réponse à notre devoir intérieur à l’égard de Dieu. Amen.

 

Évêque MITROPHANE /Znosko-Borovsky/

 

 

 

 

Будьте милосердны, как и Отец ваш

 

милосерден

 

С этим наставлением обращается к нам сегодня Господь наш Иисусъ Христосъ. Милосердие – это чувство мало свойственно от Бога отпавшему человеку. «Человек человеку – волк» – гласила латинская пословица. Мысль эта выражена и в словах царя Давида: «Мне очень тяжело, – говорил Давид, – пусть впаду я в руки Господа, ибо велико милосердие Его; только бы не впасть мне в руки человеческие» (2Цар. 24:14).

В Ветхом Завете считали, что милосердие Божие предназначено только избранному народу. Но постепенно Богъ воспитывает через пророков в этом народе чувство милосердия к ближнему. Пророки Исаия и Иеремия указывали, что милосердие Божие не знает иного предела, кроме ожесточения грешника (Ис. 9:16; Иер. 16:5–13). «Милость человека к ближнему, а милость Господня на всякую плоть», – читаем мы в книге Премудрости. «Как отец милует сынов, так милует Господь боящихся Его. Ибо Он знает состав наш, помнит, что мы – персть», – говорит Псалмопевец Давид. «Господь есть Богъ правды... Блаженны все, уповающие на Него» (Ис. 30:18). «Благ и милостив Господь, долготерпелив и многомилостив». Если же Богъ благ и милостив, естественно, Он требует благости и милости в отношениях людей между собой.

Под влиянием раввинских толкований (Талмуда), несмотря на ясно высказанные мысли и призывы пророков, призывы, упраздняющие обособление еврейского народа, иудеи стали пренебрегать зовом Божиим к милосердию, полагая, что своим внешним, формальным соблюдением Закона они приобретают праведность. Но сердце Божие радуют не те, кто считает себя праведником, а раскаивающиеся грешники. Это – основная мысль всех пророков.

«Я милости хочу, а не жертвы», – возглашал Господь устами пророка Осии. А чтобы иметь доступ к Божию милосердию, все – и иудеи и язычники – все равно должны признать себя грешниками, ибо «всех заключил Богъ в непослушание, чтобы всех помиловать» (Рим. 11, 32). «Истинно познаю, что Богъ нелицеприятен; но во всяком народе боящийся Его и поступающий по правде приятен Ему» (Деян. 10, 34-35). «Нет лицеприятия у Бога», – говорят апп. Петр и Павел.

Новый Завет возвещает нам Благую Весть о безконечном милосердии Божием. Христосъ состраждет всем: пред Ним ученые члены синедриона, пред Ним кающиеся грешники – мытари и блудницы, пред Ним чуждые евреям самарянка, хананеянка и римский сотник. Иисусъ Христосъ указывает, что чувство милосердия должно сближать с каждым человеком в беде, которого я встречаю на своем пути, и исполнять жалостью к тем, кто наносит мне обиды. Христианин не может затворять свое сердце от брата, находящегося в нужде, ибо любовь Божия пребывает только в тех, кто проявляет милосердие (1 Ио. 3:17).

«Будьте совершенны, как совершен Отец ваш Небесный», – говорит нам Господь. Совершенство, которого требует от нас Христосъ, согласно сегодняшнему Евангельскому чтению, должно заключаться, прежде всего, в обязанности «быть милосердным». Милосердие – это сострадание и прощение. Слово милосердие указывает на чувство преданности, на духовную связь между людьми, предполагающую верность Богу. Милосердие – это не просто проявление инстинктивной доброты, это жизнь в Боге, милующем нас, это – как бы ответ на наш внутренний долг перед Богом. Аминь.

Епископъ МИТРОФАНЪ /Зноско-Боровский/

La Persévérance, Clé du Salut

 

« Par votre persévérance, vous sauverez votre âme »

 

 

Chers frères et sœurs en Christ, le thème central du sermon d’aujourd’hui est la persévérance. Jésus, dans l’évangile du jour, nous adresse un message fort et plein de sens : « Par votre persévérance, vous sauverez votre âme. » Ce passage, bien que bref, contient une vérité profonde. Il nous rappelle que notre foi et notre salut ne sont pas des événements instantanés, mais un chemin de fidélité à Dieu, marqué par la constance et la ténacité.

Ce verset se situe dans un discours où Jésus annonce à Ses disciples les épreuves à venir : guerres, persécutions, et troubles. Il ne leur cache pas que suivre Dieu ne sera pas facile. Tout au long de l’histoire de l’Église, les chrétiens ont été appelés à traverser des moments difficiles, que ce soit sous la forme de persécution extérieure ou de luttes intérieures.

Il est important de noter que Jésus ne mentionne pas ces tribulations simplement pour effrayer Ses disciples. Il les prépare à une réalité, mais Il leur donne aussi une promesse : « Par votre persévérance, vous sauverez votre âme. » Cela montre que les tribulations ne sont pas des obstacles insurmontables. Au contraire, elles sont souvent des outils que Dieu utilise pour nous transformer, pour purifier notre foi, et pour nous conduire vers un salut plus profond.

La persévérance n’est pas simplement une patience passive, mais une endurance active. Le saint Apôtre Jacques (1:12) nous dit : « Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation ; car après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de la vie. » Ce verset, tout comme celui de Luc, nous montre que la persévérance est liée à la récompense du salut.

Mais comment persévérer ? Cela implique de rester fermes dans notre prière, dans notre obéissance à la Parole de Dieu, et dans notre amour les uns pour les autres. Persévérer, c'est continuer à faire confiance à Dieu même quand les circonstances semblent contraires.

Saint Jean Chrysostome, parlait souvent de la nécessité de persévérer dans la foi. Il enseignait que la persévérance n’est pas seulement une vertu, mais une condition de notre marche vers Dieu. Il disait : « Ce n’est pas tant le début de la vie chrétienne qui est important, mais la manière dont elle se termine. Car même si l’on court bien au commencement, il faut persévérer jusqu’au bout. » Ces paroles montrent que la persévérance est le chemin qui mène à la couronne du salut. Ce n’est pas la rapidité de notre course qui compte, mais notre fidélité sur la distance.

Job est un modèle de persévérance, car même après avoir tout perdu, il refuse d’abandonner sa foi. Dans le livre de Job 1:21, après avoir appris la perte de ses enfants et de ses biens, il s’incline devant Dieu en disant : « L'Éternel a donné, et l'Éternel a repris ; que le nom de l'Éternel soit béni ! » Ces paroles illustrent la foi inébranlable de Job, une foi qui ne dépend pas des circonstances, mais qui reste fixée sur Dieu même dans les pires moments de sa vie.

Job ne nie pas sa souffrance. Il pleure, il crie, il se lamente, et pourtant, il persévère dans sa confiance en Dieu. Sa foi est testée au-delà de ce que beaucoup d’entre nous pourraient imaginer, mais il refuse de maudire Dieu, même lorsque ses proches le pressent de le faire. Son exemple nous montre que la persévérance ne signifie pas l’absence de douleur ou de souffrance, mais un engagement profond à faire confiance à Dieu, même lorsque nous ne comprenons pas Ses plans.

Nous retrouvons cette même idée dans l’évangile du saint Apôtre Matthieu, où Le Christ déclare : « Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » Ici, le Christ nous montre que la persévérance n’est pas seulement importante dans les moments de difficulté, mais qu’elle est une condition pour notre salut éternel.

Il ne s’agit pas de tenir bon sur une courte durée ou simplement dans certaines épreuves, mais de tenir ferme jusqu’au bout, malgré toutes les tentations, les souffrances, ou les persécutions que nous pouvons rencontrer sur notre chemin de foi. Le saint Apôtre Matthieu parle aussi des temps de la fin, où les épreuves seront nombreuses et la foi de beaucoup sera mise à l'épreuve. Jésus nous avertit de ne pas nous décourager, mais de rester fidèles.

St. Matthieu 24:13 et St. Luc 21:19 nous rappellent tous les deux que la persévérance n'est pas optionnelle ; c'est un chemin indispensable pour entrer dans le salut que Dieu nous a promis.

Les tentations modernes sont nombreuses. Aujourd'hui, les chrétiens doivent faire face à une tentation subtile mais puissante : celle de la tiédeur spirituelle. Nos vies, remplies de sollicitations, peuvent nous entraîner dans une routine où Dieu n’occupe plus la première place. Nous risquons de tomber dans une foi superficielle, sans profondeur ni engagement.

Mais la persévérance signifie demeurer fidèle dans notre vie spirituelle, même lorsque l'enthousiasme diminue, même lorsque les distractions du monde se multiplient. Il s’agit de persévérer dans la prière quotidienne, de rester constants dans la lecture des Écritures, de ne pas négliger les sacrements, même lorsque cela demande un effort. Le diable cherche toujours à nous décourager, à nous faire croire que nos efforts sont vains ou inutiles. Pourtant, chaque petit acte de fidélité, chaque prière, chaque moment où nous choisissons de résister aux tentations, est une victoire spirituelle.

Mais ce n’est pas par nos propres forces, mais par la puissance du Saint-Esprit en nous, que nous pouvons persévérer. C'est dans notre dépendance à Dieu que nous trouvons la force de tenir bon. Souvenons-nous de cette promesse : « Par votre persévérance, vous sauverez votre âme. » Que Dieu nous accorde la grâce de persévérer, jusqu'au jour où nous verrons Sa gloire face à face. Amen.

 

Prêtre Zhivko Zhelev

 

Le  Semeur

 

 

Voici comment le roi et prophète David exprime sa tristesse de voir combien il y a peu de personnes pieuses, peu de gens qui cherchent Dieu : «Le Seigneur a regardé du haut des cieux les fils des hommes, pour voir s'il y a quelqu'un qui comprenne, qui cherche Dieu». Et au verset suivant, il témoigne amèrement : «Tous se sont égarés, ils sont devenus également indignes ; il n'y a personne qui fasse le bien, il n'y en a pas un seul».

Le peuple élu de Dieu vivait en Palestine comme un îlot au milieu d'un océan de païens dont les célébrations à leurs dieux étaient pleines d'abominations. Mais parmi le peuple juif lui-même, la célébration de Dieu était purement externe, ils ne glorifiaient Dieu que des lèvres et non du cœur.

Salomon avait construit un temple magnifique à Dieu, mais dès le règne de son successeur le royaume fut divisé, et la plus grande partie de la population se détourna de la piété et se mit à adorer des idoles. Et parmi ceux qui vénéraient encore le vrai Dieu, leur piété ne s'exprimait plus que par des sacrifices et de l'encens, dont le prophète Isaïe disait au nom de Dieu : «Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ; Elles me sont à charge ; Je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas : vos mains sont pleines de sang» /Isaïe 1, 14-16/.

Mille ans après David est né notre Seigneur Jésus-Christ. La façon dont les gens L'ont traité lorsqu'Il a été crucifié sur la Croix, montre qu'à l'époque déjà peu de gens cherchaient Dieu de tout leur cœur. Sur les dix lépreux, un seul est revenu pour rendre gloire à Dieu, pour Le remercier de sa guérison. Les autres, oubliant leur bienfaiteur, courent chez eux pour «se réjouir avec leurs amis», pour fêter l'heureux événement.

Et la parabole du semeur d'aujourd'hui montre que parmi ceux qui entendent la Parole de Dieu (et combien il y en a qui ne veulent même pas l'entendre !), seul un quart la garde dans un cœur pur et bon et porte du fruit dans la patience. Chez certains, elle est immédiatement volée par le diable, chez d'autres, elle ne trouve pas de terre profonde - l'amour - pour s'enraciner, chez d'autres encore, elle est noyée dans toutes sortes de passions mondaines.

Deux mille ans se sont écoulés depuis que cette parabole a été prononcée, et nous pouvons tristement témoigner qu'il pourrait aujourd'hui se trouver à peine un quart des chrétiens dans le monde qui gardent la Parole de Dieu dans un cœur pur et bon. N'est-il pas douloureux de constater cela ? Est-il facile de se faire à l'idée que le Royaume de Dieu ne sera pas établi sur cette terre, à laquelle nous sommes si habitués et dont nous comprenons si bien les joies, - mais qu’il le sera par le Seigneur Lui-même et sur une «terre nouvelle», après que cette terre et tout ce qu'elle contient auront été détruits et brûlés ? Est-il agréable pour un homme qui cherche Dieu de se sentir seul, d'être un petit îlot perdu dans une mer infinie de chrétiens tièdes, ou pire d’ennemis déclarés de Dieu ?

C’est sans aucun doute difficile et douloureux ! Mais pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi l'œuvre du Christ ne se développe-t-elle pas librement ? Pourquoi la Parole de Dieu n'agit-elle pas avec une puissance victorieuse, impérieuse et conquérante ? Si un semeur prudent s'efforce que sa semence ne tombe ni sur le chemin, ni sur un sol pierreux, ni parmi les mauvaises herbes, pourquoi le Seigneur n'en fait-Il pas autant ? Mais Sa semence - qui est la Parole de Dieu - est semée partout, dans tous les sols, c’est-à-dire dans les cœurs de tous les hommes, et les trois quarts restent stériles ?

Si nous comprenons cela, nous comprendrons alors pourquoi le Seigneur a permis la chute des premiers hommes, pourquoi Il ne les a pas sauvés du péché, de la damnation et de la mort par un acte tout-puissant de Sa volonté, mais a envoyé Son Fils pour le faire ; nous comprendrons également pourquoi le Sauveur est venu sur terre non pas dans la splendeur et la gloire de la royauté, non pas dans la splendeur de Sa puissance, mais sous l'humble forme d'un homme, et a enduré des souffrances et une mort honteuse, au lieu de régner glorieusement sur le monde entier. Alors deviendront également clairs pour nous la prédication apostolique, le doux appel des disciples du Christ, «Réconciliez-vous avec Dieu», au lieu d’un commandement impérieux de croire et d'être baptisé.

Nous ne devons jamais oublier que l'œuvre de Dieu dans le monde est une œuvre d'amour et de liberté, que tout ce que Dieu fait, Il le fait uniquement par amour et librement. De même que Dieu a créé le monde librement et par amour afin de rendre les créatures participantes de Sa béatitude, de même Dieu ne veut pas forcer l'homme à faire quoi que ce soit, même ce qui est utile et salutaire pour lui. Il aurait pu créer un automate qui ferait la volonté de Dieu sans se poser de questions, mais l'homme serait alors plus bas qu’un animal. Mais si nous comprenons la valeur de la liberté et comprenons que c'est ce qui fait la grandeur de l'homme, qu'il est libre de disposer de lui-même, alors il nous est facile de comprendre que Dieu a voulu que l'homme sur terre ne soit que libre.

Même lorsque l'homme, du fait de sa liberté, a péché et a perdu le paradis, Dieu ne l'a pas privé de sa liberté, mais a conçu un moyen d'amener l'homme librement, sans contrainte, sur la voie du salut. Après avoir lavé les péchés de toute l'humanité avec Son Sang, le Christ Sauveur a envoyé Ses disciples dans le monde avec l'Évangile du salut. Par la bouche des apôtres, des évêques et de nous, prêtres indignes, Il sème Sa Parole miraculeuse capable de sauver l'homme. Il reste à l'homme à l'accueillir librement en son cœur, à s'en imprégner et à illuminer sa vie de sa lumière.

Le Seigneur a donc remis notre destin entre nos mains : notre salut ou notre damnation éternelle. La parole du salut est semée dans l'âme de chacun. Recevons-la avec joie, gardons-la avec soin et amour, et portons-la à travers toutes les épreuves de la vie, sachant que sans elle nous serons aveugles et misérables. Amen.

 

Archiprêtre Victor Illienko

 

 

 

Сеятель

 

Ветхозаветный праведник, царь и пророк Давид, такими словами выражает свою скорбь о том, что мало людей благочестивых, мало ищущих Бога: «Господь с небес призрел на сынов человеческих, чтобы видеть, есть ли разумеющий, ищущий Бога.» И в следующем стихе с горечью свидетельствует: «Все уклонились, сделались равно непотребными; нет делающего добро, нет ни одного.»

Избранный народ Божий жил в Палестине, как островок среди моря язычников, у которых даже служение богам полно было мерзости. А в самом народе еврейском служение Богу было чисто внешним, приближались к Богу скорее устами, чем сердцем.

Соломон построил великолепный храм Богу, но уже при его преемнике царство разделилось, и большая часть его отпала от благочестия и стала кланяться идолам. А у тех, что еще кланялись истинному Богу, всё благочестие стало выражаться лишь в жертвах и курениях, о которых пророк Исаия от лица Божия сказал: «Душа моя ненавидит ваши новомесячия и ваши праздники: они бремя для Меня, Мне тягостно нести. Не приносите больше лицемерных даров: курение мерзость предо Мною, новомесячия и субботы нестерпимы Мне.»

Спустя 1000 лет после Давида родился Христосъ Господь. И по тому, как люди поступили с Ним, распяв Его на Кресте, видно, что и тогда мало было людей, всем сердцем ищущих Бога. Из десяти прокаженных только один возвратился, чтобы воздать славу Богу, поблагодарить за исцеление. Остальные, позабыв о благодетеле своем, побежали домой, чтобы «со други своими возвеселиться», отпраздновать счастливое событие.

И сегодняшняя притча о сеятеле указывает на то, что из слушающих Слово Божие (а сколько есть таких, что и слушать не хотят!) только четвертая часть хранит его в чистом и добром сердце и приносит плод в терпиении. У одних его сразу же похищает диавол, у других оно не находит глубокой почвы – любви, чтобы укорениться, а у третьих его заглушают всякия житейския пристрастия.

Две тысячи лет прошло с тех пор, как эта притча была сказана, и мы с грустью можем засвидетельствовать, что теперь в мiре едва ли найдется и четверть таких христиан, которые бы хранили Слово Божие в чистом и добром сердце. Разве не больно об этом думать? Разве легко примириться с мыслью, что Царство Божие будет создано не на этой земле, к которой мы так привыкли и радости которой нам так понятны, – но Самим Господом и на «новой земле», после того, как эта земля и всё, что на ней, разрушится и сгорит? Разве человеку, ищущему Бога, приятно чувствовать себя в одиночестве, быть маленьким островком среди безбрежного моря теплохладных христиан или открытых богоборцев ?

Несомненно, тяжело и мучительно! Но почему это так? Почему дело Христово не расширяется свободно? Почему Слово Божие не действует властно, с победоносной, покоряющей силой ? Если благоразумный сеятель старается, чтобы семена его не падали ни на дорогу, ни на каменистую почву, ни среди сорных трав, то почему Господь не делает так же, но семя Его, Слово Божие, сеется повсюду, на всех почвах – сердцах людских и три четверти его остается бесплодным ?

Если мы это поймем, то поймем тогда и то, почему Господь допустил грехопадение первых людей, почему не всемогущим актом Своей воли Он спас людей от греха, проклятия и смерти, а послал для этого Сына Своего ; поймем и то, почему Спаситель пришел на землю не в блеске и славе царской, не в великолепии Своего могущества, а в смиренном виде человека и претерпел страдания и позорную смерть, вместо того, чтобы славно воцариться над всем мiром. Станет понятна нам и проповедь апостольская, этот кроткий зов Христовых учеников «Примиритесь с Богом!» вместо властного приказа веровать и креститься.

Нужно помнить всегда, что дело Божие в мiре – это дело любви и свободы, что всё, что Богъ ни делает, делает только по любви и только свободно. Как Богъ свободно и с любовью сотворил мiръ, чтобы и тварь сделать причастною Своего блаженства, так точно Господь и человека не хочет ни к чему принуждать, даже к тому, что ему полезно и спасительно. Он мог бы сотворить человека-автомата, который безпрекословно исполнял бы волю Божию, но тогда человек оказался бы ниже животных. Но если мы ценим свободу и понимаем, что тем то и велик человек, что он свободно распоряжается собою, то нам легко понять и то, что Богъ хотел видеть человека на земле только свободным.

Даже когда человек, благодаря своей свободе, согрешил и лишился рая, то Богъ не отнял у него свободы, но измыслил способ свободно, без принуждения привлечь человека на путь спасения. Омыв грехи всего человечества Своею Кровью, Христосъ Спаситель послал в мiръ своих учеников с благовестием о спасении. Устами апостолов, святителей и нас, недостойных иереев, Он сеет Слово Свое чудодейственное, могущее спасти человека. Человеку остается свободно принять его в свое сердце, проникнуться им и осветить свою жизнь светом Его.

Итак, Господь отдал в наши руки нашу судьбу : наше спасение или нашу погибель. Всем в душу сеется слово спасения. Примем же его с радостью, сохраним бережно, с любовью, понесем его чрез все невзгоды жизни, зная, что без него мы будем слепы и жалки. Аминь.

 

Протоiерей Викторъ Ильенко

 

Dimanche de Zachée

Zachée était un publicain, un collecteur d'impôts, et c'était un homme riche à qui la vie avait tout donné. A son époque, il était pour le peuple juif ce que l'on pourrait appeler « un personnage important ». C'était un homme puissant et riche. Il avait eu un parcours de vie sans fautes, il n’y a qu’une chose à laquelle il n’avait pas pensé : c’était que le temps passait inexorablement. Les années et la vie passent et la vieillesse nous guette.

Et il comprit soudain que tout ce qu'il avait amassé ne servait à rien. Il ne pouvait même plus profiter de ses richesses, car il n'avait plus ni force, ni santé. Et lorsqu'il repensait à sa vie passée, à sa vie de publicain, il ressentait quelques remords : dans telle occasion il avait fait de la peine à une veuve, dans telle autre il avait rendu malheureux des enfants, ailleurs il s'en était pris à une personne faible … Il soutirait, soutirait de l'argent, il était fort, puissant. Et voilà que le Seigneur l'avait gratifié de son grand âge et toute cette richesse lui était désormais inutile. Et qu'en était-il de sa conscience ? Elle le tourmentait et il ne savait comment se défaire de ses remords. Et c'est alors qu'il entendit dire qu'un Prophète arrivait.

Il ne comprenait pas encore que le Christ était le Fils de Dieu, mais il savait que c'était un Maître de vie. Il voulut le connaître comme un ultime remède à ses maux. Et il partit à Sa rencontre. Mais il y avait une telle foule, qu'il comprit qu'il ne pourrait jamais voir le Christ. Or, sur le bord du chemin il y avait un sycomore, un figuier. Et le voilà qui grimpe à ce figuier. Notez bien ce fait : que penserait-on ici, en Occident, si un important serviteur de l’État, un député, un gouverneur, un maire animé du désir de rencontrer un nouveau prédicateur, grimpait sur le premier arbre venu, aux yeux de tous, en pleine ville ? Que penserait-on de lui ? On imagine combien cela pourrait nuire à sa réputation ou aux élections à venir …

Et il en était de même dans la société juive ! Mais lui n’avait plus peur de rien, il n’avait pas peur de se sentir humilié, car il souffrait moralement et avait besoin d’aide. Et là, il comprit que le Christ était réellement ce Prophète qui pourrait lui apporter cette aide. Il n’avait que faire de cette foule et de ses moqueries. Mais voilà que le Christ était là, devant lui et disait : « Zachée, hâte-toi de descendre; car, aujourd'hui, il faut que Je demeure dans ta maison ». Et le miracle se produisit : le Christ était chez Zachée. Mais certains se demanderont : est-ce réellement un miracle ? Nous connaissons dans les Évangiles des miracles bien plus importants, de vrais miracles, alors que là il ne s’agit que d’une visite. Il n’y a rien là de surnaturel ... Mais en réalité, c’est plus que surnaturel. Car, à quoi assistons-nous ? Toute la puissance de la conscience de Zachée se manifeste et il semble qu’il transmette cette conscience au Christ, qui à son tour sanctifie son cœur. Fort de cette joie que ce poids du péché, de tout ce qu’il avait pu faire de mal durant sa vie, ne pesaitplus sur son cœur, Zachée s’exclame : « Seigneur ! Je donnerai la moitié de mes biens aux pauvres et je paierai au quadruple ceux à qui j’ai fait de la peine ».

Dimanche dernier nous lisions dans l’Évangile : Repentez-vous car le Royaume de Dieu est proche. La lecture d’aujourd’hui nous montre que cette repentance est en marche. Et nous devons nous mettre dans un état tel, qu’à l’image de Zachée, notre cœur soit pénétré de cette crainte de Dieu et inondé de larmes. Nous comprenons mieux également ce qu’est « le Royaume des Cieux » : le royaume des Cieux c’est Zachée repenti dont le cœur est devenu si vaste qu’il en est devenu prêt à embrasser le monde entier, et qu’il est prêt à tout donner, prêt à enrichir chacun de ses frères. C’est là l’esprit de la vie éternelle qui doit visiter chacun de nous.

Que le Seigneur nous aide, chers frères et sœurs, à entamer ce travail de pénitence. Nous sommes encore dans les semaines précédant le carême, mais très bientôt ce temps sera derrière nous, et nous entrerons dans le temps de la pénitence. Amen.

+ Archevêque ANDRÉ /Rymarenko/

 

 

 

Неделя о Закхее

Закхей был мытарь и человек богатый, он достиг всего в жизни своей. По тому времени среди народа иудейского он стал тем, что мы называем «персона». Он обладал многим и был сильным человеком. Все его жизненные расчеты оказались правильными, но в одном он просчитался: время неумолимо. Жизнь и годы проходят и наступает старость.

И он увидел, что все то, что он собрал – ни к чему. Пользоваться своим богатством он не мог: не хватало ни сил, ни здоровья. А в то же время его прожитая жизнь, жизнь мытаря, оставила в его сердце какие-то терзания: там он вдову обидел, а там он сирот обездолил, а там он слабого огорчил… Забирал! Был владельцем, был могучим, был сильным. А тут Господь его летами одарил, и это богатство ему не нужно было. А совесть? А совесть злая мучила его, и от этой совести он ничем не мог освободиться. И вот тут он услыхал, что идет Пророк.

Тогда он еще не понимал, что Христосъ есть Сын Божий, но он знал, что это был равви, учитель. И он решил попробовать это, как последнее средство. И вот он пошел, чтобы Его встретить. Но тут он увидал, что толпа такая, что со Христом ему невозможнобудетвстретиться. А тут оказалось придорожное дерево-смоковница. И он взбирается на эту смоковницу. Вот он на ней. Не пропустите этого момента: что было бы здесь, на Западе, если бы какой-нибудь важный чиновник – конгрессмен, губернатор, мэр города, или какой-нибудь миллионер, из желания посмотреть на нового проповедника, на глазах всей публики, на одной из главных улиц, взобрался на первое попавшееся дерево? Что бы вы о нем подумали? Ведь, как это могло бы повредить его общественному положению, ближайшим выборам…

А ведь то же происходило и в иудейском обществе: какие насмешки, какая злость окружили его! А он ? Он уже не боялся унижений, ему ничего не нужно было. Он страдал. Он нуждался в помощи… И тут он увидел, что, действительно, Христосъ есть тот Пророк, Который может ему как-то помочь. Что ему было до этой толпы, до этих насмешек? И вдруг Христосъ неожиданно перед ним. – «Слезь, сегодня же буду у тебя». И вот совершилось это чудо: Христосъ у Закхея. Но может быть многие спросят: Да чудо ли это? В Евангелии есть гораздо большие чудеса, настоящие чудеса. А здесь просто посещение… Нет ничего сверхъестественного. Здесь больше чем сверхъестественное. Смотрите, что происходит: у Закхея раскрывается вся эта сила совести, он как бы передает эту совесть Христу, и Христосъ освящает его сердце. И Закхей от этой радости, что свободно его сердце от этого камня греха, всего того, что он сделал, говорит: Господи! половину имения моего я отдам нищим, и если кого обидел воздам вчетверо.

На прошлой неделе Евангелие говорило нам : Покайтесь, приблизилось бо Царствие Божие. А сегодняшнее Евангелие показывает нам уже покаяние в действии. И нам нужно довести себя до такого состояния, чтобы сердце было проникнуто вот этим страхом Божиим, плачем. А также показывается нам, что такое «Царствие Небесное»: это Закхей, после покаяния, когда его сердце сделалось так широко, что он готов всех обнять, он все готов дать, готов всех обогатить. Вот дух вечной жизни, который должен посетить нас.

Да поможет же нам Господь, братья и сестры, начать делание уже постное. Еще мы в предпраздниках поста, но уже наступает тот порог, для того, чтобы переступить это время.

Архiепископъ АНДРЕЙ /Рыморенко/

Le Riche et Lazare

 

La parabole du «Riche et de Lazare» occupe une place particulière parmi les paraboles du Christ. Elle est remarquable du fait qu’elle entr’ouvre un voile sur la vie de l’homme dans l’au-delà.

Cette parabole commence par parler des relations humaines sur terre. L'homme riche de la parabole personnifie ceux qui jouissent égoïstement des biens terrestres, sans se soucier des malheureux, des défavorisés, de ceux qui rejettent les commandements de Dieu dans leur vie, soit par incrédulité, soit par ignorance.

C'est de ces hommes que Job-le-très-souffrant témoigne dans les termes suivants: «Ils disent à Dieu: “Retire-toi de nous, nous ne voulons pas connaître tes voies”. Qu'est-ce que le Tout-Puissant pour le servir ? Et à quoi bon recourir à lui ?».

Le pauvre Lazare représente l'humanité souffrante, souvent privée des biens terrestres les plus élémentaires, les pauvres et les malades. Tout comme le juste Job, Lazare s'est peut-être interrogé dans son âme sur la cause de sa souffrance, mais il ne s'est jamais rebellé contre le Tout-Puissant, portant silencieusement, dans la patience et l'humilité, la croix de sa vie.

Et voilà que le riche meurt et est enseveli ; le pauvre mourut aussi et fut porté dans le «sein d'Abraham» ... En outre, par des images symboliques, le Seigneur laisse entrevoir dans la parabole le mystère du destin et des relations avec l'autre monde des hommes justes et de ceux qui ne le sont pas. Les uns sont accompagnés par les anges jusqu'au «sein d'Abraham», les autres descendent au lieu du tourment, en «enfer».

Qu'est-ce que le «sein d'Abraham» ? C'est le lieu opposé à l'enfer. Le «sein d'Abraham» est, pourrions-nous dire, un symbole de l'antichambre du Royaume de Dieu, tandis que l'«enfer» est l'antichambre de la condamnation éternelle, les «ténèbres extérieures». La parabole de l'homme riche et de Lazare suggère que «l'au-delà», en hébreu «sheol», comprend à la fois une antichambre du Royaume de Dieu et une antichambre de la «condamnation éternelle». «Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures», dit le Christ. Entre ces deux demeures - «un grand abîme a été établi», de sorte que, comme le dit Abraham au riche souffrant, «ceux qui d'ici voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous». Les morts, cependant, se voient les uns les autres, mais l'aide de l'un à l'autre y est impossible.

La parabole montre que les morts ne sont pas séparés de leurs proches restés sur terre : l'homme riche est inquiet pour ses frères impies, il craint qu'ils ne viennent eux aussi dans ce lieu de tourments. Il demande à Abraham d'envoyer Lazare dans le pays, afin que ce dernier éclaire ses frères. «Ils ont Moïse et les prophètes, ils ont la Parole de Dieu, qu'ils l'écoutent», répond Abraham au riche, «s'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes», ils ne croiront pas un mort ressuscité.

N'entendons-nous pas, de nos jours, de la bouche des incrédules : nous pourrions croire en Dieu et en la vie éternelle si un miracle évident se produisait sous nos yeux. Voilà ce que disent les gens à l'esprit malin ! En réalité aucun miracle ne peut faire naître dans le cœur de l'homme la foi et l'amour pour le Créateur. La foi naît dans un cœur pur et par la parole de Dieu, et non à la vue d'un miracle. Lorsqu'une personne à l'esprit mauvais et au cœur impur voit un miracle, elle dira immanquablement : «c'est une illusion d’optique», ou «ce n'est qu'une impression que vous avez eue».

Si nous voulons éviter de partager le sort de l'homme riche dans l'au-delà, le Seigneur nous livre l’instruction suivante : «Scrutez les Écritures, car vous pensez avoir par elles la vie éternelle ; or, ce sont elles qui rendent témoignage de Moi». Cette parole du Christ reste immuable pour tous ceux qui cherchent sincèrement Dieu et une vie pleine de sens. Amen.

 

Évêque MITROPHANE /Znosko-Borovsky/

 

 

Богатый и Лазарь

Притча о «Богатом и Лазаре» занимает особое место среди других притч. Замечательна она тем, что в своих символах приоткрывает завесу загробной жизни человека.

В первых словах говорит эта притча о человеческих взаимоотношениях на земле. Богач в притче олицетворяет тех, кто эгоистически пользуется земными благами, совершенно не думая о несчастных, обездоленных, тех кто отвергает в своей жизни Заповеди Божии, то-ли по неверию, то-ли по недомыслию.

Об этих людях в следующих словах свидетельствует многострадальный Иов: «Они говорят Богу: отойди от нас, не хотим знать путей Твоих. Что Вседержитель, чтобы служить Ему? И что пользы, чтобы прибегать к Нему?»

Нищий Лазарь олицетворяет собою страдающее, часто лишенное самых необходимых земных благ, человечество, людей бедных и больных. Подобно праведному многострадальному Иову, возможно и Лазарь вопрошал в душе своей о причине своих страданий, но он никогда не возроптал на Вседержителя, молчаливо, в терпении и смирении, неся свой жизненный крест.

И вот, умер богатый и его похоронили; умер и нищий и он был отнесен на «лоно Авраама»... И далее, в символических образах, в притче приоткрывает Господь тайну судьбы и потусторонних отношений людей праведных и неправедных. Одни сопровождаются Ангелами на «лоно Авраама», другие нисходят на место мучений, в «ад».

Что такое «лоно Авраама»? Это место – противоположное «аду». «Лоно Авраама» – это, можно сказать, символ преддверия Царства Божия, в то время как «ад» – есть преддверие вечного осуждения, «тьмы внешней». Притча о «Богатом и Лазаре» говорит о том, что «загробный мир», по-еврейски «шеол», включает в себя и преддверие Царства Божия и преддверие «вечнаго осуждения». «В доме Отца Моего обителей много», – говорит Христосъ. Между этими двумя обителями: преддверием Царства Божия и преддверием «тьмы внешней», – «утверждена великая пропасть», так что, как говорит страждущему богачу Авраам, «хотящие перейти отсюда к вам не могут, также и оттуда к нам не переходят». Умершие, однако, видят друг друга, но помощь одних другим там невозможна.

Из притчи видно, что умершие не отрываются от своих близких, оставшихся на земле: богач в тревоге за своих братьев нечестивых, он боится, что и они придут в это место мучения. Он просит Авраама послать на землю Лазаря, чтобы Лазарь вразумил братьев его. «У них есть Моисей и пророки, у них есть Слово Божие, пусть Его слушают», – отвечает Авраам богачу, – «если Моисея и пророков не слушают», то и воскресшему мертвецу не поверят.

Не слышим ли с вами, в наше время, из уст неверующих: мы бы поверили и в Бога и в жизнь вечную, если бы на наших глазах совершилось бы явное чудо. Так говорят люди лукавого ума! Никакое чудо не может вселить в сердце человека веру и любовь к Творцу. Вера пробуждается чистым сердцем и Словом Божиим, а не видением чуда. Увидав чудо, человек с лукавым умом и нечистым сердцем, всегда скажет: «это обман зрения», или «это обман чувств», или «это нам показалось».

Чтобы не разделить нам в той – загробной – жизни участь богатого, Господь наставляет нас следующим словом: «Изследуйте Писания, ибо вы думаете чрез них иметь жизнь вечную; а они свидетельствуют о Мне». Это слово Христово остается непреложным для всех, искренно ищущих Бога и ищущих осмысленной жизни. Аминь.

Епископъ МИТРОФАНЪ /Зноско-Боровскiй/