Определение Архиерейского Сvнода

 

На очередном заседании Архиерейского Сvнода РПЦЗ, проходившем 3/16 и 4/17 сентября с.г. в Богоявленском монастыре, было определено утвердить Преосвященного Епископа ИРИНЕЯ Правящим Архиереем в Западно-Европейской Епархии, с новым титулом «Лионский и Западно-Европейский».

Сердечно поздравляем дорогого Владыку Иринея с назначением на кафедру святого мученика и Учителя Церкви ИРИНЕЯ Лионского и, с Божией помощью, надеемся, что это послужит умиротворению и восстановлению Епархии со столь богатым прошлым.

Ис полла эти Деспота !

Редакция


Décision du Synode des Évêques

 

Lors de la session récente du Synode Épiscopal de l'EORHF, qui s'est tenu les 3/16 et 4/17 septembre au monastère de la Theophanie, il a été décidé de confirmer S.E. l'Évêque IRÉNÉE en qualité d'Évêque dirigeant du Diocèse d'Europe Occidentale et de lui attribuer le titre « Évêque de Lyon et d'Europe Occidentale ».

Nous félicitons chaleureusement notre cher Monseigneur Irénée pour sa nomination sur le siège du saint martyr et docteur de l'Église IRÉNÉE de Lyon et émettons le vœux que cela permette de pacifier et de rétablir ce Diocèse au passé si riche.

Eis polla eti, Despota !

La Rédaction .

SERMON du 17-e DIMANCHE après la PENTECÔTE

Et miracle de l’Archange Michel

Matines : Luc, XXIV, 36-53

Liturgie : 2 Cor. VI, 16 – 7, 1 ; Matt. XV, 21-28

Hébr. II, 2-10 ; Luc X, 16-21

 

I Dans le texte de l’épître aux Corinthiens, prescrite en ce jour, Dieu, en incitant le peuple à quitter totalement les idoles, dit en propres termes : « Vous êtes le Temple de Dieu », et, à l’intention de ce peuple réuni par la juste croyance et purifié, Il ajoute : « Je serai votre Père et vous serez mes fils et mes filles ! »

Quelle douceur dans cette proximité de l’affection divine !

C’est ce que nous ressentons aussi dans le sixième évangile de la Résurrection lu aux matines : Christ apparaît à nouveau à tous ses apôtres. Ceux-ci croient d’abord voir un fantôme. Il leur dit qu’il n’en est rien, leur montre ses mains et ses pieds, et comme ils doutaient encore dans leur joie, Il leur demande s’ils avaient quelque chose à manger. Les apôtres lui donnent des poissons et un rayon de miel qu’Il mange devant eux, et c’est ensuite qu’Il les conduit sur la route de Béthanie, Il les bénit, et, sous leurs yeux Il s’élève vers le ciel. Un nuage Le dérobe à leur vue, et ils rentrent à Jérusalem dans une joie totale.

L’Epître aux Hébreux, dans la péricope lue en l’honneur de l’archistratège Michel évoque le témoignage des anges, présents en divers épisodes de l’Ancien Testament (Israël, « fort contre Dieu » n’a-t-il pas lutté toute une nuit avec l’archange ? Souvenez-vous aussi de Tobie – pour ne pas parler du rôle des anges dans l’Annonce faite à Marie et dans les avertissements donnés plusieurs fois à son époux concernant Jésus enfant). Les anges ont ainsi eu un rôle mémorable dans l’histoire du Salut. Toutefois, ce n’est pas aux anges qu’est soumis le monde à venir : « Qu’est-ce que l’homme, est-il dit dans l’Ecriture, rappelle l’apôtre, que Tu te souviennes de lui, ô Dieu ? Et du fils de l’homme que Tu en prennes grand soin ? » L’homme, en effet, est de peu inférieur aux anges, pourtant c’est un homme, Jésus-Christ, que Tu as couronné de gloire et que Tu as établi souverain de tous les ouvrages de Tes mains.

Les anges ont continué à se manifester dans le monde chrétien et c’est une intervention miraculeuse de l’Archange Michel à Colosse dont nous faisons mémoire en ce jour. Un homme, Archippe, priait à Colosse dans une église que les païens voulaient détruire par une rivière détournée : l’homme a invoqué l’archange Michel qui a vaincu le déferlement des eaux.

IIL’Evangile du 17 e Dimanche, est l’évocation, bouleversante, d’abord de la rigueur du Christ, puis de sa prodigieuse mansuétude dans l’épisode de la Cananéenne. C’était une humble femme de Cana et vous savez qu’il y avait un contentieux entre les juifs proprement dit et ces autres sémites qu’ils ne fréquentaient pas. Or cette cananéenne demande humblement au Christ de délivrer sa fille tourmentée par les démons. Le Christ ne répond pas. Les apôtres Lui demandent de lui parler car elle les suit et les importune. Or le Christ dit – ce qui est dans la ligne des réactions juives d’alors – : « Je ne suis venu que pour sauver les brebis perdues d’Israël : il n’est pas bien de donner aux chiens la mentalité des juifs était dure - le pain des enfants ». « Oui, répond la Cananéenne, mais les chiens mangent les morceaux qui tombent de la table des enfants ». Le Christ fut ému par cette foi : « Femme, lui dit-il, ta foi est grande ! Qu’il soit fait comme tu le souhaites ». Et dans l’instant, sa fille fut guérie.

Notre Dieu est mort pour nous sur la Croix et Il nous invite à renoncer au monde et à Le suivre. Prendre notre croix, c’est cela l’imitation de Jésus-Christ. Mais Il est, nous le savons, d’une mansuétude infinie ! et nous en avons ici une preuve inoubliable.

C’en est une autre preuve que la mission confiée aux apôtres, d’aller deux par deux dans tous les villages, guérissant les malades, chassant les démons - ces anges déchus par suite de leur orgueilleux mépris de l’homme -, ressuscitant les morts. Ces apôtres reviennent et font part au Christ de leur merveilleuse surprise en voyant que même les démons leur obéissent.

Le Christ témoigne alors de Sa propre nature divine, en disant : « J’ai vu Satan tomber du ciel comme l’éclair » car Il est Lui-même coéternel et antérieur au monde. Il évoque pareillement tous les autres miracles qui accompagneront la prédication évangélique : ils marcheront sur les serpents et les scorpions et les boissons mortelles ne leur feront pas de mal. Il ajoute alors : « Ne vous réjouissez pas de ces grandes œuvres et de ce que les démons vous soient soumis mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux ».

Ces apôtres étaient des hommes simples, sans culture en particulier. Mais le Christ laisse éclater Sa gratitude et Sa joie : « Oui, je te loue, Père, de ce que Tu as caché ces choses aux intelligents et que Tu les as révélées aux simples ! »

Ayons cette simplicité, bien-aimés frères et sœurs, qui était celle de ces hommes frustes, apôtres et également de la cananéenne qui, dans son humilité totale, a reçu du Christ la guérison de sa fille !

 

AMIN

 

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SERMON – improvisé – de la 15e SEMAINE après la PENTECÔTE

Clôture de la Dormition


Evangiles : Jean III, 13-17

Matt. XXII, 35-46



Les deux évangiles de ce jour ont en leur centre le Christ Sauveur et la Divinité du Christ qui définit la spécificité de notre Foi.

Il y a eu, dans l’histoire, beaucoup de grands Réformateurs religieux, à partir desquels commence une nouvelle et seconde phase d’une religion antérieure, Zarathoustra le rénovateur de la plus ancienne religion connue, Bouddha également, plus près de nous, Manès et Mahomet. Certains d’entre eux, ont explicitement enseigné qu’ils étaient une émanation de Dieu. Manès a enseigné qu’il était l’incarnation de l’Esprit Saint.

Le Christ, d’une certaine manière, s’insèrerait dans cette filière de prophètes inspirés. Comme Manès, Zarathoustra, d’autres encore, il a été tué. Mais LUI SEUL est ressuscité des morts ! Comme le dit puissamment le saint Apôtre Paul « Si le Christ n’est pas ressuscité, toute notre foi est vaine ! »

Lui seul.

Or ici, dans l’Evangile de Jean que vous avez entendu, Il dit : « Nul ne monte aux cieux, sinon Celui qui en est descendu, Lui-même qui est – notez le temps ! – dans le ciel ». Mais Il poursuit en évoquant l’épisode de Moïse et du serpent d’airain. C’est un passage des Nombres (XXI, 6-9) : une (nouvelle !) infidélité des Israélites avait été châtiée par des serpents brûlants dont la morsure était mortelle. Les Juifs se tournèrent vers Moïse qui s’adressa au Seigneur. Celui-ci lui commanda de faire un serpent d’airain et de le mettre sur une perche : quiconque le regardait était guéri de conséquences de la morsure des serpents. Ce serpent d’airain est, pour la transmission chrétienne unanime, l’image du Christ Sauveur, élevé sur la Croix et dont nous vient le Salut. Quiconque croira en Christ sera sauvé : en effet, Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique pour que quiconque ait la foi en Lui, obtienne la vie éternelle. Dieu n’a pas envoyé son Fils pour juger le monde, mais pour que le monde, par Lui, soit sauvé.





AU NOM DU PERE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT

Bien-aimés Frères et Sœurs


Epître : 2 Cor. IV, 6-15 ; Philippiens II, 5-11

Evangile : Matt. XXII, 35-46 ; Luc, X, 38-42 et XI, 27-28


I – L’épître est rude à comprendre, mais lumineuse dans ses apparentes contradictions.

Dieu qui a fait sortir la lumière des ténèbres, dit l’apôtre Paul, a répandu la lumière dans nos cœurs afin que nous éclairions les hommes par la connaissance de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. Certes, ajoute-t-il, nous sommes de bien petits contenants pour la lumière ! Nous sommes petits, perplexes, médiocres, mais afin que cette grande puissance en nous de la Lumière soit attribuée à Dieu seul et non à nous. Nous portons dans notre corps la mort du Christ, puisque nous sommes baptisés, afin que la vie de Jésus-Christ paraisse aussi. Dans toute notre vie, nous sommes sans cesse livrés à la mort, persécutés, afin que la vie de Jésus-Christ paraisse aussi dans notre mortalité, si bien que la mort agit en nous afin que la vie soit en vous : nous avons en effet un même esprit de foi, et c’est pour cela que nous parlons, persuadés que Celui qui a ressuscité Jésus des morts nous fera paraître en Sa présence avec vous tous.

Pensez profondément en vous-même, bien-aimés frères et sœurs, à cette Lumière du Christ qui est en vous et qui vous fait surmonter toutes les embûches et les médiocrités du monde.


II - La péricope de Matthieu commence par une question des pharisiens qui, satisfaits d’avoir entendu Jésus « fermer la bouche » des sadducéens - lesquels, voulant contester la résurrection des morts, avaient évoqué la femme ayant été l’épouse successivement de sept frères … - l’interrogent à leur tour en Lui demandant quel est le « plus grand commandement » de la Loi. Christ répond aussitôt que c’est celui qui prescrit d’aimer Dieu « de tout son cœur de toute son âme et de tout son esprit » et Il ajoute que le second lui est semblable : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Les libres-penseurs de naguère, les spiritualistes vagues, les droits-de-l’hommistes sont satisfaits de cet enseignement qui, croient-ils, va dans leur sens. Mais l’amour du prochain qui est ici prescrit n’est pas un altruisme vague. Il ne peut être disjoint, en effet, de l’amour de Dieu. C’est en aimant Dieu, que, du même mouvement nous aimons le prochain. Et, de la même manière que Dieu n’est pas un quelconque « premier Principe », « Grand Architecte de l’Univers », mais le Christ, qui est en nous par Ses Sacrements et par Sa Grâce, comme Il est en même temps au Ciel, de la même façon l’homme que nous devons aimer n’est pas un homme abstrait, il n’est pas les « enfants qui ont faim », en Afrique ou en Indochine, il n’est pas les cancéreux, les malades d’Alzheimer pour lesquels on requiert notre générosité financière qui permet de ne plus y penser ! Le prochain – le mot est un superlatif -, il est le plus proche, mon fils qui fait les quatre cents coups, ma vieille mère qui perd la tête et qui me fait lever (pour rien !) dix fois par nuit, la voisine de palier dont personne ne s’occupe plus. Comme le Christ le dit dans la parabole du bon samaritain, le prochain, c’est celui qui souffre sous nos yeux et dont il faut s’occuper, ce qui, bien souvent entraîne des désagréments. Le prochain, c’est celui qui est à côté … et qui pèse !


Aimer le prochain effectif, cela dérange : comme le Christ « s’est dérangé » pour venir du Ciel sur la terre et sur la Croix.

Soyons-lui fidèles, bien-aimés Frères et Sœurs et aimons le plus proche !


III – Mais, en ce jour de la Clôture de la Dormition, comment n’évoquerai-je pas, dans la ligne de ces paradoxes féconds précédemment évoqués, la péricope de Luc propre à ce jour et à toutes les fêtes mariales.

Le paradoxe patent – et cela remonte à l’Eglise universelle antérieure au schisme catholique -, c’est que dans cet évangile en l’honneur de la Mère de Dieu, la « Marie » dont il est question, ce n’est pas elle, mais la sœur de Marthe et de Lazare !

Marthe vaque aux soins du ménage et de la préparation du repas et elle dit au Seigneur : « Cela ne te gêne-t-il pas que ma sœur – c’est-à-dire Marie qui écoute assise les enseignements de Jésus – me laisse tout faire ? Dis-lui de m’aider un peu ! » Jésus lui répond calmement : « Marie a choisi la meilleure part et elle ne lui sera pas enlevée ».

C’est un peu perturbant pour l’active et dévouée Marthe … Mais de toute façon dans cet évangile marial il n’est pas question de la Mère de Dieu …


L’Eglise cependant ne nous laisse pas dans cette problématique surprenante. En effet, elle fait suivre ce récit d’une fin – résolutive – qui n’est pas la suite de ce récit, mais d’un autre épisode situé un peu plus loin. L’évangile de ce jour se termine ainsi « Comme Jésus disait cela, une voix de femme s’éleva de la foule – il n’y avait pas de foule puisque Jésus parlait aux deux sœurs chez elles – disant : « Bienheureux les flancs qui t’ont porté et les seins qui t’ont allaité ! »

Jésus répond : « Bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent ! »


Qui, mieux que la Mère de Dieu a gardé la Parole de Dieu que celle « qui sans tache enfanta le Verbe de Dieu ? »

Cet évangile de Marthe et Marie est donc véritablement celui de la Mère de Dieu.


Que, par les prières de la Mère de Dieu, nous soyons fidèles à l’amour de Dieu et à l’amour du prochain !


AMIN


 

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SERMON du 14 e DIMANCHE après PENTECÔTE

[et de l’icône du Christ non faite de main d’homme]

 

Liturgie : Matt. XXII, 1-14

Luc IX, 51-56 et X, 22-24

 

AU NOM DU PERE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT

Bien-aimés Frères et Sœurs

 

I - Des deux évangiles de ce jour, nous retiendrons d’abord le message du second, celui de saint Luc qui nous fait apparaître la singulière équanimité du Christ notre Dieu. Les apôtres lui rapportent avec indignation qu’un quidam qui n’était aucunement de leur groupe, faisait des miracles au nom de Jésus : ils prétendaient le lui interdire. Mais le Christ notre Dieu ne les approuve pas « Quiconque n’est pas contre vous, leur dit-il, est avec vous ! »

Enseignement surprenant et remarquable …

Peu après, le Christ, qui se rendait pour la fête à Jérusalem, arrive à un bourg de Samaritains dont les habitants lui en interdisent l’accès. Il y avait en effet, vous le savez, un fort contentieux entre les Samaritains et les Juifs ; ceux-ci prétendaient qu’on ne peut rendre un culte à Dieu qu’à Jérusalem. Les Samaritains estimaient au contraire que l’on peut adorer Dieu dans tout lieu élevé. Le Christ, se heurtant à l’intolérance et à l’hostilité des Samaritains, se détourne tranquillement de leur bourg, poursuivant son chemin. « Veux-tu, comme Elie, faire tomber le feu du ciel sur eux et sur leur ville ? » lui demandent les apôtres. Mais le Christ, dans l’esprit de ce qu’il a dit plus haut, leur enseigne que « le Fils de l’homme n’est pas venu pour faire périr, mais pour sauver ».

Or cette patience de Jésus n’est pas un mouvement simplement humain : en effet, l’évangile cité de saint Luc se poursuit par un passage qui se rapporte à un autre épisode – ce qui témoigne bien d’un enseignement concerté de « l’Eglise de la Foi transmise ». « Tout, enseigne-t-il, a été remis entre mes mains par mon Père » La patience – dont il vient de faire preuve – n’est pas celle d’un homme, mais du Tout-Puissant. Et il ajoute, s’adressant directement à ses apôtres : « Vous voyez ce que beaucoup de prophètes et de rois – pensons au saint Roi David – ont voulu voir et qu’ils n’ont pas vu ».

Ainsi sommes-nous amenés à considérer les Prophètes qui sont au cœur de l’évangile de ce 14 e dimanche que nous allons maintenant évoquer.

 

IIL’évangile de saint Matthieu pour ce quatorzième dimanche est celui des noces du Fils du Roi. Le Roi mariait son Fils, et, pour cette occasion, le festin préparé était plus que ce que l’on peut attendre en orient : il était d’une magnificence non seulement orientale, mais royale. Les bêtes avaient été égorgées à l’avance, les viandes et tous les autres mets avaient été préparés : au moment opportun, le Souverain envoie ses serviteurs convier les invités – car ceux-ci avaient été prévenus à l’avance. Mais, curieusement, l’un ou l’autre s’excusent : tel avait acheté un champ et voulait le visiter, tel autre avait une affaire en cours, un autre encore venait de se marier : bref, sous divers prétextes, tous refusent de se rendre à l’invitation.

Le Roi envoie à nouveau d’autres serviteurs – à la longueur de ces diverses circonstances, vous comprenez bien que ce récit ne se rapporte pas à des événements quotidiens, mais a une dimension symbolique – mais les serviteurs successivement envoyés sont aussi mal reçus que les premiers, voire plus mal : certains sont insultés, certains sont maltraités, certains sont tués … Vous pensez alors au prophète Zacharie, tué entre la nef et le sanctuaire : vous pensez bien, car c’est des prophètes qu’il s’agit effectivement ici. Tous ses prophètes que le Roi – c’est-à-dire Dieu – a envoyé au peuple juif, « les invités », pour une circonstance qui n’était autre que le mariage du Fils de Dieu et de la nature humaine, le Christ incarné.

Que fait le Roi ainsi bafoué par les invités qu’il avait choisis ? Il envoie son armée qui châtie les meurtriers et brûlent leur ville – c’est la fin de l’existence de la nation juive.

Ensuite, le Roi dit à ses serviteurs : « Le repas est prêt – vous voyez bien qu’il s’agit d’un symbole -, faites entrer tous ceux que vous rencontrerez par les chemins et par les places ». Ces nouveaux conviés qui n’étaient pas originellement invités, ce sont les Gentils, c’est-à-dire nous les non-juifs.

Ainsi font les serviteurs et ils sont bientôt en mesure d’annoncer au Roi que toutes les places au festin sont désormais occupées.

Le Roi vient à son tour, voit tous ces convives … Mais il remarque l’un d’entre eux qui est venu au banquet sans la robe nuptiale – c’est-à-dire sans s’être préparé pour ce festin royal, c’est-à-dire l’Eucharistie.

Le Roi lui demande les raisons de son comportement, l’autre bafouille, le Roi le fait prendre par ses gens, lier pieds et poings attachés et le fait jeter dans les ténèbres extérieures – où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Dieu est patient, nous l’avons vu, miséricordieux … Mais il est notre Roi. Il y a ses prescriptions, ses enseignements et ses lois. Il avait choisi les Juifs en leur donnant des règles qui devaient les conduire au Christ.

Celui qui refuse les comportements de salut, celui-là est rejeté dans les ténèbres du châtiment éternel.

Puissions-nous, frères et sœurs bien-aimés, ne pas confondre la PATIENCE de Dieu et le LAXISME DE L’INDIFFERENCE !

 

AMIN

 

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DORMITION de la MERE DE DIEU


Au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit !

Bien aimés Frères et Sœurs,

 

I – A) Dormition, c’est le mot dont on se sert, s’agissant des saints ou de simples fidèles, pour parler de leur mort. La Mère de Dieu et toujours Vierge Marie est donc morte le 15 / 28 août, au village de Gethsémani.

Tous les apôtres, miraculeusement rassemblés par la voie des airs, se trouvèrent là pour célébrer ses funérailles, sauf un – dont la tradition dit que c’était l’apôtre Thomas. Il arriva donc en retard, funérailles terminées.

« Ce n’est pas possible, - déclara ce retardataire - la Mère du Christ, celle qui L’a porté dans son sein, ne peut pas mourir : son corps ne peut pas être voué à la corruption ! »

Les autres confirmèrent pourtant qu’ils venaient de l’ensevelir. « Où l’avez-vous mise ? » demanda Thomas. On lui montra le sépulcre. – « Ouvrez-le ! » dit-il. Cet apôtre, vous le savez, n’était pas porté à admettre ce qu’il ne voyait pas. On ouvre le tombeau et le corps de la Mère de Dieu n’y était plus ! Mais le tombeau vide embaumait d’une odeur merveilleuse. L’odeur de sainteté, comme vous savez. Des peintres ont représenté la scène avec le sépulcre ouvert plein de roses.

Effectivement, le corps de celle qui a porté le Christ n’a pas connu la corruption. Voilà ce que nous savons et que nous apporte la Foi transmise. Tel est le Mystère merveilleux que nous avons reçu ... L’Eglise de Rome en a fait – tardivement – le « Dogme de l’Assomption ». Nous les orthodoxes nous respectons le Mystère.

B) Parenthèse non inutile : stupeur d’un catholique italien qui me sait orthodoxe lorsque je lui parlais de la dormition de la Mère de Dieu : « Parce que, pour vous, elle est Mère de Dieu ? » Il croit en l’Assomption, mais il ne sait pas que le Christ est Dieu !

Nous, nous Lui disons, tous les samedis : « Tu es notre Dieu : nous n’en connaissons pas d’autre que Toi ». Le Christ n’est pas notre Mahomet ! Avec l’Eglise, affirmons résolument la Maternité divine de la Mère de Dieu et la Divinité du Christcar la Trinité que nous a révélée le Christ Lui-même – est consubstantielle et indivisible. Souvenons-nous aussi de cette réponse du Christ à l’Apôtre Philippe qui lui demandait de leur faire voir le Père : « Tu me le demandes depuis si longtemps que tu vis avec Moi ? Quiconque me voit, voit le Père ». Il n’y a pas d’autre icône du Père que le Fils.

 

IICette solennité merveilleuse d’aujourd’hui nous apporte encore de riches enseignements par les Lectures et par les Epîtres de la veille.

La lecture de la Genèse est le Songe de Jacob. Le saint patriarche s’est endormi sur la terre et il voit en songe une immense échelle qui monte jusqu'au ciel et sur laquelle s’appuie Dieu et par laquelle montaient et descendaient les anges. Elle monte au ciel, car elle est l’image de l’ascension spirituelle à laquelle nous sommes appelés. Mais elle repose sur la terre. Cette terre – la terre promise dont Dieu fait explicitement don à Jacob Israël. Mais cette terre est désormais l’Eglise – QUI EST L’ISRAËL DE DIEU.

La Lecture suivante est celle d’Ezéchiel qui voit la porte fermée par laquelle passera le Seigneur. Il y prendra son repas (Il s’incarnera) et Il ressortira par le même chemin, la porte restant fermée. C’est la virginité perpétuelle de Marie avant et après l’enfantement.

Des Proverbes, la Lecture prescrite est l’appel de la Sagesse aux Simples : « Vous recevrez l’intelligence » : telle est la prédication faite aux plus humbles. « Je Te loue, dit le Christ à son Père, d’avoir caché la sagesse aux Intelligents dont on connaît les prétentions, et de l’avoir révélée aux plus petits ».

L’épître aux Hébreux dit : « Souvenez-vous de vos évangélisateurs : Christ est le même, hier, aujourd’hui et toujours ». Cela nous dit la continuité intangible de la Foi Transmise.

Elle ajoute que Christ a été crucifié hors de la ville ; nous en effet, les chrétiens, nous n’avons pas de cité terrestre. Offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange – ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui – car notre vraie cité est la cité céleste.

 

III Ainsi avertis, en particulier sur la sagesse révélée aux humbles, avançons-nous maintenant au cœur de la célébration en cours. La Mère de Dieu et toujours Vierge Marie est, selon l’enseignement de l’Eglise, « la plus haute de toutes les créatures ». Elle est l’incorruptible Fleur céleste et c’est elle que nous célébrons. Mais, PARADOXALEMENT en apparence du moins … – l’évangile de la Fête ne parle pas d’elle. Il loue une autre Marie, la sœur de Marthe et de Lazare … Or, notez-le, ce n’est pas une inadvertance qui serait nôtre : c’est la Tradition de toute l’Eglise, l’Eglise d’avant le schisme du XIe siècle car tel était aussi l’évangile de « l’Assomption » jusqu’au changement opéré par Pie XII en 1950 !

Mais la Vérité, Bien-aimés Frères et Sœurs, est plus grande que les apparences, la Transmission du Verbe transcende les simples paroles. L’évangile de ce jour se poursuit par une voix de femme s’élevant de la foule et disant : « Heureuses les entrailles qui T’ont porté … » Mais, Bien-aimés Frères et Sœurs, il n’y avait pas de foule, puisque Jésus était chez les deux sœurs et la voix de cette femme s’élevant de la foule c’était dans un autre épisode ! Cependant, l’Eglise toute entière nous a transmis cet évangile-ci avec ces deux parties accolées. L’anecdotique, en effet, est dépassé et avec cette fin accolée, l’évangile est vraiment celui de la Mère de Dieu. Marie a choisi « la meilleure part » : cela est vrai de la sœur de Marthe et plus encore de la Mère de Dieu, toujours en retrait, humble, apparemment effacée, et c’est à elle plus encore que s’applique la correction apportée par Jésus aux paroles de la femme de la foule : « Dites plutôt : Heureux ceux qui reçoivent la Parole de Dieu et qui la gardent ! ». Qui avait mieux gardé la Parole de Dieu que Celle en qui s’était incarné le Verbe, Dieu Parole ?

« Toi incomparablement plus glorieuse que les Séraphins » nous écrions-nous après la lecture complète et contemplative de cet Evangile d’aujourd’hui.

 

Aussi, le prélude adapté à cette glorification de la plus humble et de la plus glorieuse de toutes les créatures était-il justement celui de la veille, comme toujours, celui de la Visitation :

« Mon âme magnifie le Seigneur et mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur, parce qu’il a regardé l’humilité de sa servante. Voici que désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse, car le Tout Puissant a fait en moi de grandes choses ! »

 

AYANT EU LA GRÂCE DE PARTICIPER A CETTE FÊTE, glorifions sans cesse dans notre cœur Celle qui fut par son humilité et qui continue d’être, incomparablement, le réceptacle de Dieu !

 

AMIN

 

 

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