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Le cœur humain : quatre terrains, quatre états de l’âme
Bien-aimés frères et sœurs en Christ, chers amis,
Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, le Seigneur nous parle d’un semeur qui sort pour semer. Une partie de la semence tombe au bord du chemin, une autre sur la pierre, une autre au milieu des épines, et une dernière dans la bonne terre. Et cette dernière, en poussant, produit du fruit au centuple.
Le Christ nous donne lui-même l’explication de cette parabole : la semence est la Parole de Dieu, et les différents terrains représentent les dispositions de notre cœur.
Mais remarquons une chose importante : la semence est toujours bonne. C’est le terrain qui change. La Parole de Dieu ne manque ni de puissance ni de vérité. La question est de savoir comment nous la recevons.
Le premier terrain est celui du bord du chemin. Le Seigneur dit que ceux qui sont au bord du chemin entendent la Parole, mais que le diable vient et l’enlève de leur cœur, afin qu’ils ne croient pas et ne soient pas sauvés. Combien de fois entendons-nous l’Évangile à l’église, sans le laisser pénétrer en nous ! Nous entendons parler du pardon, mais nous continuons à garder rancune. Nous entendons parler de l’humilité, mais nous voulons toujours avoir raison. Nous entendons parler de l’amour, mais nous jugeons facilement notre prochain.
La Parole passe à nos oreilles, mais elle ne descend pas jusqu’à notre cœur. Saint Jean Chrysostome nous exhorte, dans son enseignement sur l’Écriture, à ne pas nous contenter d’écouter les paroles divines, mais à les mettre en pratique. Car entendre la volonté de Dieu sans l’accomplir ne suffit pas à transformer notre vie.
Frères et sœurs, prenons donc garde à l’endurcissement de notre cœur. Un cœur qui ne se repent plus, qui ne demande plus pardon et qui ne se laisse plus corriger devient semblable à un chemin foulé par les passants : la semence y tombe, mais elle ne peut y prendre racine.
Le deuxième terrain est celui de la pierre. Le Seigneur parle de ceux qui reçoivent la Parole avec joie, mais qui n’ont pas de racines. Ils croient pour un temps, puis, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Il est facile d’aimer Dieu lorsque tout va bien. Il est facile de prier lorsque nous sommes en paix, de rendre grâce lorsque nous recevons ce que nous désirons, et de parler de foi lorsque rien ne nous coûte. Mais que se passe-t-il lorsque vient la maladie, lorsque survient une difficulté familiale, lorsque nous sommes injustement traités, ou lorsque nos prières semblent rester sans réponse ?
C’est alors que se révèle la profondeur de nos racines. Saint Jean Climaque, dans L’Échelle sainte, enseigne combien la vie spirituelle demande persévérance, vigilance et combat contre nos passions. La croissance intérieure ne se fait pas en un jour : elle exige un engagement fidèle et patient.
La foi n’est donc pas seulement un sentiment de joie ou une émotion ressentie pendant la prière. Elle est une fidélité au Christ, même lorsque nous traversons la sécheresse, le doute ou la souffrance.
Pour que notre cœur ait des racines profondes, nous devons cultiver la prière, méditer la Parole de Dieu, participer aux saints Mystères et apprendre à demeurer auprès du Seigneur dans les jours faciles comme dans les jours difficiles.
Le troisième terrain est celui des épines. Le Christ explique que la semence tombe au milieu des épines, qui grandissent avec elle et finissent par l’étouffer. Ces épines sont les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie. Ici, le danger est particulièrement subtil. Car la Parole a bien été reçue. La foi est présente, mais elle est progressivement étouffée par tout ce qui occupe notre cœur. Nous sommes préoccupés par le travail, l’argent, les responsabilités, l’avenir de nos enfants, notre réputation ou notre confort. Ces choses ne sont pas toutes mauvaises en elles-mêmes. Le danger apparaît lorsqu’elles prennent la première place et nous empêchent de chercher le Royaume de Dieu.
Nous trouvons du temps pour tant de choses, mais nous disons parfois que nous n’avons pas le temps de prier. Nous pouvons passer des heures à nous inquiéter de demain, sans consacrer quelques minutes à remettre notre vie entre les mains de Dieu. Demandons-nous sincèrement : quelles épines étouffent aujourd’hui la Parole dans mon cœur ? Est-ce l’inquiétude ? L’attachement à l’argent ? L’orgueil ? Le ressentiment ? Le désir de tout contrôler ? Il ne suffit pas de reconnaître ces épines : il faut commencer à les arracher avec l’aide de la grâce divine.
Enfin, il y a la bonne terre. Le Christ dit que ceux qui ont reçu la semence dans un cœur bon et généreux gardent la Parole et portent du fruit avec persévérance. La bonne terre n’est pas celle d’un homme qui n’a jamais péché, qui n’a jamais chuté ou qui n’a jamais connu de faiblesse. C’est celle d’un cœur qui accepte d’être travaillé par Dieu. Un cœur humble reconnaît ses fautes. Un cœur repentant revient au Seigneur après être tombé. Un cœur vigilant lutte contre ses passions. Et un cœur aimant apprend à pardonner, à servir et à faire miséricorde. La repentance, dans notre tradition orthodoxe, est précisément ce retournement intérieur par lequel nous cessons de nous justifier pour nous tourner de nouveau vers Dieu.
Ainsi, porter du fruit ne signifie pas seulement connaître davantage de choses sur la foi. Cela signifie devenir plus patients, plus humbles, plus miséricordieux et plus fidèles au Christ. Cela signifie que notre entourage puisse reconnaître quelque chose de l’amour de Dieu à travers notre manière de vivre.
Frères et sœurs, ne nous décourageons donc pas en découvrant les pierres, les épines ou la dureté de notre cœur. Le Seigneur ne nous révèle pas notre état intérieur pour nous condamner, mais pour nous appeler à la conversion. Tant que nous nous tournons vers lui, nous pouvons lui demander de renouveler notre terre intérieure.
Alors, prenons nos outils spirituels et mettons-nous au travail ! Saisissons nos pelles et débarrassons nos âmes des dépôts qui les encombrent, afin de préparer le chemin du Seigneur. Balayons de nos cœurs la boue des faux enseignements et des hérésies ; enlevons les déchets de l’égarement et des superstitions. Purifions nos âmes, le champ du Seigneur, des pierres et des meules du péché. Arrachons les mauvaises herbes de nos passions : déracinons-les en nous et brûlons-les, afin qu’elles ne repoussent pas et n’étouffent pas le blé du Seigneur. Attendrissons la croûte dure de nos cœurs avec la charrue tranchante du remède divin. Enrichissons la terre par nos prières et par les enseignements des saints Pères et des saintes Mères. Et devenons semblables au grain de blé qui doit mourir à lui-même pour donner une récolte au Seigneur. C’est ainsi que la Parole de Dieu tombe dans la bonne terre.
Vous le voyez, frères et sœurs, quel labeur, quel travail ! Mais la bonne semence ne germe pas immédiatement et ne donne pas sa récolte aussitôt. Nous devons garder la Parole de Dieu dans un « cœur bon et pur », l’entourer d’une vie irréprochable et de prière, « raviver le don de Dieu » (2 Tm 1, 6), l’arroser abondamment des larmes du repentir et « porter du fruit avec persévérance » (Lc 8, 15), dans l’humilité. Alors, notre fruit sera lui aussi « au centuple » (Lc 8, 8).
« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » (Lc 8, 8). Amen.
Père Zhivko Zhelev
Сердце человеческое: четыре вида почвы, четыре состояния души
Возлюбленные о Христе братья и сестры, дорогие друзья !
В Евангелии, которое мы только что услышали, Господь рассказывает нам о сеятеле, вышедшем сеять семя. Одно семя упало при дороге, другое — на каменистую почву, третье — среди терния, а последнее — на добрую землю. И последнее, взойдя, принесло плод сторичный.
Сам Христосъ объясняет нам эту притчу: семя — это Слово Божие, а различные видыпочвысимволизируют состояние нашего сердца.
Но обратим внимание на одну важную вещь: семя всегда доброе. Меняется лишь почва, на которую оно падает. Слову Божию не недостаёт ни силы, ни истины. Вопрос заключается в том, как мы его принимаем.
Первый вид почвы — это земля при дороге. Господь говорит, что те, кто находится при дороге, слышат Слово, но затем приходит диавол и похищает его из их сердца, чтобы они не уверовали и не спаслись.
Как часто мы слышим Евангелие в храме, но не позволяем ему проникнуть в глубину нашего сердца! Мы слышим о прощении, но продолжаем хранить обиду. Мы слышим о смирении, но по-прежнему хотим во всём быть правыми. Мы слышим о любви, но легко осуждаем своего ближнего.
Слово достигает наших ушей, но не нисходит в наше сердце. Святитель Иоанн Златоуст в своих толкованиях Священного Писания призывает нас не ограничиваться одним лишь слушанием Божественных слов, но воплощать их в жизнь. Ведь слышать волю Божию, но не исполнять её недостаточно для того, чтобы наша жизнь преобразилась.
Братья и сёстры, будем же остерегаться ожесточения нашего сердца. Сердце, которое больше не кается, не просит прощения и не позволяет себя исправлять, становится подобным дороге, истоптанной прохожими: семя падает на неё, но не может пустить корни.
Второй вид земли — каменистая почва. Господь говорит о тех, кто с радостью принимает Слово, но не имеет корней. Они веруют некоторое время, а затем, во время испытания, отступают.
Легко любить Бога, когда всё складывается хорошо. Легко молиться, когда мы пребываем в мире, благодарить Бога, когда получаем желаемое, и говорить о вере, когда она ничего от нас не требует. Но что происходит, когда приходит болезнь, когда возникают семейные трудности, когда с нами поступают несправедливо или когда кажется, что наши молитвы остаются без ответа?
Именно тогда обнаруживается глубина наших корней. Преподобный Иоанн Лествичник в своей книге «Лествица» учит нас тому, насколько духовная жизнь требует постоянства, бодрствования и борьбы со страстями. Внутреннее возрастание не происходит за один день: оно требует верного и терпеливого подвига.
Вера — это не просто чувство радости или переживание, которое мы испытываем во время молитвы. Это верность Христу даже тогда, когда мы проходим через духовную сухость, сомнения и страдания.
Чтобы наше сердце пустило глубокие корни, нам необходимо взращивать в себе молитву, размышлять над Словом Божиим, участвовать в Святых Таинствах и учиться пребывать с Господом как в благополучные, так и в трудные дни.
Третий вид почвы — это земля среди терния. Христосъ объясняет, что семя падает среди терния, которое растёт вместе с ним и в конце концов заглушает его. Это терние — житейские заботы, богатство и удовольствия мiра сего.
Здесь опасность особенно коварна. Ведь Слово действительно было принято. Вера присутствует, но постепенно заглушается всем тем, что занимает наше сердце.
Мы озабочены работой, деньгами, обязанностями, будущим наших детей, своей репутацией или собственным комфортом. Всё это само по себе не обязательно является злом. Опасность возникает тогда, когда всё это занимает первое место и мешает нам искать Царства Божия.
Мы находим время для множества дел, но порой говорим, что у нас нет времени на молитву. Мы можем часами тревожиться о завтрашнем дне, не уделяя даже нескольких минут тому, чтобы предать свою жизнь в руки Божии.
Зададим себе искренний вопрос: какие терния сегодня заглушают Слово Божие в моём сердце? Это тревога? Привязанность к деньгам? Гордыня? Злопамятство? Желание всё контролировать?
Недостаточно просто распознать эти терния: необходимо начать вырывать их с корнем, прибегая к помощи Божественной благодати.
И наконец, есть добрая почва. Христосъ говорит, что те, кто принимает семя в доброе и чистое сердце, хранят Слово и приносят плод в терпении.
Добрая почва — это не сердце человека, который никогда не грешил, никогда не падал и никогда не испытывал слабости. Это сердце, которое позволяет Богу возделывать себя.
Смиренное сердце признаёт свои грехи. Кающемуся сердцу свойственно возвращаться к Господу после падения. Бодрствующее сердце борется со своими страстями. А любящее сердце учится прощать, служить и проявлять милосердие.
Покаяние в нашей православной традиции — это именно тот внутренний поворот, благодаря которому мы перестаём оправдывать самих себя и вновь обращаемся к Богу.
Таким образом, приносить плод означает не просто больше знать о вере. Это означает становиться терпеливее, смиреннее, милосерднее и вернее Христу. Это означает, что окружающие нас люди должны иметь возможность увидеть нечто от любви Божией через наш образ жизни.
Братья и сёстры, не будем же отчаиваться, обнаруживая в себе камни, терния или ожесточение сердца. Господь открывает нам наше внутреннее состояние не для того, чтобы осудить нас, но чтобы призвать к покаянию. Пока мы обращаемся к Нему, мы можем просить Его обновить нашу внутреннюю землю.
Итак, возьмём наши духовные орудия и приступим к труду! Возьмём наши лопаты и очистим наши души от всего, что загромождает их, чтобы приготовить путь Господу.
Выметем из наших сердец грязь ложных учений и ересей; удалим мусор заблуждений и суеверий. Очистим наши души — поле Господне — от камней и жерновов греха. Выполем сорняки наших страстей: вырвем их с корнем из самих себя и сожжём, чтобы они больше не прорастали и не заглушили пшеницу Господню.
Размягчим затвердевшую корку наших сердец острым плугом Божественного врачевания. Обогатим эту землю нашими молитвами и наставлениями святых отцов и святых матерей Церкви. И станем подобны пшеничному зерну, которое должно умереть для самого себя, чтобы принести Господу богатый урожай.
Именно так Слово Божие падает на добрую почву.
Вы видите, братья и сёстры, какой это труд, какое усилие! Но доброе семя не прорастает мгновенно и не приносит урожая сразу.
Мы должны хранить Слово Божие в «добром и чистом сердце», окружать его безупречной жизнью и молитвой, «возгревать дар Божий» (2 Тим. 1:6), обильно орошать его слезами покаяния и «приносить плод в терпении» (Лк. 8:15), пребывая в смирении. И тогда наш плод также будет «сторичным» (Лк. 8:8).
«Кто имеет уши слышать, да слышит !» (Лк. 8:8).
Аминь.
Иерей Живко Желев
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Le Christ, Seigneur du sabbat
Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ,
Dans l'Évangile de ce jour, nous entendons deux épisodes qui se déroulent le jour du sabbat. Dans le premier, les disciples arrachent des épis de blé pour manger, et les pharisiens leur reprochent de violer la Loi. Dans le second, Jésus guérit un homme qui a la main droite desséchée. À travers ces deux événements, le Seigneur nous révèle le véritable sens de la Loi de Dieu.
Commençons par le premier épisode. Pour répondre aux pharisiens, Jésus leur rappelle l'histoire de David, racontée dans le premier livre de Samuel, au chapitre 21.
David fuyait le roi Saül, qui voulait le tuer. Accompagné de ses hommes, il était affamé et demanda du pain au prêtre Ahimélek. Or, le prêtre ne disposait que des pains consacrés, appelés pains de proposition, qui étaient placés devant Dieu dans le sanctuaire et réservés aux prêtres. Malgré cela, devant la nécessité de David et de ses compagnons, il leur donna ces pains.
Pourquoi Jésus rappelle-t-il cet événement ? Il ne cherche pas à abolir la Loi, mais à montrer que nous ne devons pas en perdre de vue le sens profond. Les commandements de Dieu ne sont pas donnés pour nous enfermer dans une observance aveugle, mais pour nous conduire vers Dieu et nous apprendre à vivre selon sa volonté.
C'est pourquoi le Christ déclare : « Le Fils de l'homme est maître du sabbat. » Cette parole nous révèle l'autorité divine du Christ. Il est celui qui donne son sens véritable au sabbat, jour consacré à Dieu, au repos et à la sanctification.
Mais l'Évangile ne s'arrête pas là. Dans la synagogue, Jésus rencontre un homme dont la main droite est desséchée. Les scribes et les pharisiens l'observent attentivement, non pour se réjouir de la guérison de cet homme, mais pour trouver un motif d'accusation contre Jésus.
Alors le Seigneur leur pose une question décisive : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la laisser périr ? » Jésus ne répond pas seulement par des paroles : il agit. Il demande à l'homme d'étendre sa main, et celle-ci devient saine.
Remarquons le contraste : les pharisiens sont préoccupés par la règle, tandis que le Christ regarde la souffrance de l'homme. Là où certains cherchent une faute, Jésus apporte la guérison. Là où certains veulent condamner, le Seigneur veut restaurer la vie.
Saint Jean Chrysostome, dans son enseignement sur l'Évangile, rappelle à plusieurs reprises que la véritable piété ne peut être séparée de la miséricorde et de la conversion du cœur. Une pratique religieuse qui ne nous apprend pas à aimer notre prochain manque son objectif spirituel.
Frères et sœurs, ces deux épisodes nous interrogent nous aussi.
Nous pouvons respecter les jeûnes, assister aux offices, réciter nos prières et observer les traditions de l'Église. Tout cela est précieux et nécessaire dans notre vie spirituelle. Mais nous devons nous demander : ces pratiques nous rendent-elles plus humbles, plus patients et plus miséricordieux ?
Car nous pouvons parfois avoir une main desséchée, non pas physiquement, mais spirituellement : une main qui ne sait plus donner, aider, servir ou tendre la main à celui qui souffre. Nous pouvons avoir un cœur fermé au pardon, même lorsque nos lèvres prononcent des prières.
Le Christ dit à l'homme : « Étends ta main. » Cette parole peut aussi devenir pour nous un appel à sortir de notre dureté, de notre orgueil et de notre indifférence. Le Seigneur ne veut pas seulement que nous connaissions ses commandements : il veut guérir notre cœur afin que nous puissions les vivre véritablement.
Saint Augustin résume cette transformation par cette parole célèbre : « Aime, et fais ce que tu veux. » Cela ne signifie pas que nous pouvons agir selon tous nos désirs, mais que l'amour véritable, lorsqu'il est enraciné en Dieu, nous conduit à rechercher le bien.
Ainsi, frères et sœurs, retenons ces deux enseignements de l'Évangile : le Christ est Seigneur du sabbat, et la volonté de Dieu ne peut être séparée de la miséricorde et de la vie. La Loi nous conduit à Dieu ; elle ne doit jamais devenir un prétexte pour fermer notre cœur à notre prochain.
Demandons au Seigneur de nous donner non seulement la fidélité à ses commandements, mais aussi la sagesse de les comprendre et la grâce de les accomplir avec amour. Qu'il guérisse nos cœurs desséchés, afin que nos prières, nos jeûnes et toute notre vie deviennent un véritable témoignage de sa miséricorde.
Car c'est au Christ, notre Seigneur, source de toute vie et de toute guérison, qu'appartiennent la gloire, l'honneur et l'adoration, avec son Père éternel et son très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
Христосъ — Господь субботы
Возлюбленные о Христе братья и сёстры !
В сегодняшнем Евангелии мы слышим о двух событиях, произошедших в субботний день. В первом ученики Иисуса срывают колосья, чтобы утолить голод, а фарисеи упрекают их в нарушении Закона. Во втором Иисусъ исцеляет человека, у которого была иссохшая правая рука. Через эти два события Господь открывает нам истинный смысл Божиего Закона.
Начнём с первого события. Отвечая фарисеям, Иисусъ напоминает им об истории Давида, рассказанной в Первой книге Царств, в 21-й главе.
Давид спасался бегством от царя Саула, который хотел его убить. Он был голоден вместе со своими спутниками и попросил у священника Ахимелеха хлеба. Но у священника были только священные хлебы, называемые хлебами предложения, которые полагались перед Богом в святилище и предназначались для священников. Несмотря на это, видя нужду Давида и его спутников, священник дал им эти хлебы.
Почему Иисусъ напоминает об этом событии? Он не стремится упразднить Закон, но хочет показать, что мы не должны забывать о его глубоком смысле. Божии заповеди даны нам не для того, чтобы заключить нас в рамки слепого соблюдения правил, но чтобы привести нас к Богу и научить жить согласно Его воле.
Именно поэтому Христосъ провозглашает : «Сын Человеческий есть Господин и субботы». Эти слова открывают нам Божественную власть Христа. Он Тот, Кто раскрывает истинный смысл субботы — дня, посвящённого Богу, покою и освящению.
Но на этом Евангелие не заканчивается. В синагоге Иисусъ встречает человека с иссохшей правой рукой. Книжники и фарисеи внимательно наблюдают за Ним, но не для того, чтобы порадоваться исцелению этого человека, а чтобы найти повод обвинить Иисуса.
Тогда Господь задаёт им решающий вопрос: «Что должно делать в субботу: добро или зло? Спасти душу или погубить?» Иисусъ отвечает не только словами — Он действует. Он велит человеку протянуть руку, и рука его становится здоровой.
Обратим внимание на этот контраст : фарисеи сосредоточены на соблюдении правил, тогда как Христосъ видит страдание человека. Там, где одни ищут повод для обвинения, Иисусъ дарует исцеление. Там, где одни хотят осудить, Господь желает восстановить жизнь.
Святитель Иоанн Златоуст в своих толкованиях на Евангелие неоднократно напоминает, что истинное благочестие невозможно отделить от милосердия и обращения сердца. Религиозная практика, которая не учит нас любить ближнего, не достигает своей духовной цели.
Братья и сёстры, эти два евангельских события обращены и к каждому из нас.
Мы можем соблюдать посты, посещать богослужения, читать молитвы и хранить церковные традиции. Всё это драгоценно и необходимо в нашей духовной жизни. Но мы должны спросить себя:становимся ли мы от этихподвигов более смиренными, терпеливыми и милосердными?
Ведь порой и у нас может быть иссохшая рука — не физически, а духовно: рука, которая уже не умеет давать, помогать, служить или протягиваться к тому, кто страдает. Наше сердце может быть закрыто для прощения, даже когда наши уста произносят молитвы.
Христосъ говорит человеку: «Протяни руку твою». Эти слова могут стать и для нас призывом выйти из состояния духовной ожесточённости, гордыни и равнодушия. Господь хочет не просто того, чтобы мы знали Его заповеди, — Он желает исцелить наше сердце, чтобы мы могли по-настоящему жить согласно им.
Святой Августин выразил эту внутреннюю перемену известными словами: «Люби — и делай, что хочешь». Это не означает, что мы можем поступать согласно любым своим желаниям. Это означает, что истинная любовь, укоренённая в Боге, ведёт нас к стремлению творить добро.
Итак, братья и сёстры, будем помнить два главных наставления сегодняшнего Евангелия : Христосъ есть Господь субботы, а воля Божия неотделима от милосердия и жизни. Закон ведёт нас к Богу; он никогда не должен становиться предлогом для того, чтобы закрыть своё сердце перед ближним.
Попросим Господа даровать нам не только верность Его заповедям, но и мудрость понимать их, а также благодать исполнять их с любовью. Да исцелит Он наши иссохшие сердца, чтобы наши молитвы, посты и вся наша жизнь стали истинным свидетельством Его милосердия.
Ибо Христу, Господу нашему, Источнику всякой жизни и всякого исцеления, подобают слава, честь и поклонение, вместе с Его Предвечным Отцом и Пресвятым, Благим и Животворящим Духом, ныне и присно, и во веки веков. Аминь.
Иерей Живко Желев
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La Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Bien-aimés frères et sœurs,
Aujourd’hui, l’Église nous invite à nous réjouir d’une naissance qui, en apparence, est humble et cachée : celle de la Très-Sainte Vierge Marie, la Mère de Dieu.
Le monde ne remarque pas cette naissance. Il n’y a ni palais, ni puissance, ni gloire humaine. Pourtant, cette petite fille qui vient au monde est appelée à devenir celle par qui le Fils de Dieu prendra chair et entrera dans notre histoire.
La Nativité de la Mère de Dieu nous révèle ainsi quelque chose d’essentiel : Dieu commence souvent son œuvre dans ce qui est petit, humble et caché aux yeux du monde.
Marie naît de Joachim et d’Anne, deux personnes âgées qui avaient longtemps porté l’épreuve de la stérilité. Leur attente pouvait sembler vaine. Mais Dieu transforme leur douleur en joie et leur espérance en bénédiction.
C’est pourquoi cette fête est aussi une fête de l’espérance.
Combien de fois, dans notre propre vie, nous avons l’impression que Dieu tarde à répondre ? Combien de fois nous prions sans voir immédiatement de changement ? L’histoire de Joachim et d’Anne nous rappelle que le silence de Dieu n’est pas l’absence de Dieu.
Au moment voulu, Dieu fait naître Marie. Et à travers Marie, Il prépare le salut du monde.
Saint Jean Damascène s’écrie à propos de cette naissance :
« Aujourd’hui, de la racine de Jessé est sortie une tige, et de cette tige une fleur divine. »
Quelle belle image ! Marie est comme la fleur qui sort de la racine ancienne de l’humanité. Elle est le fruit de toute l’attente du peuple de Dieu, de toutes les promesses faites par Dieu, de toute cette longue histoire qui conduit jusqu’au Christ.
Mais attention : l’Église ne célèbre pas Marie séparément du Christ. Nous honorons Marie précisément parce qu’elle nous conduit vers son Fils.
Elle est celle qui dira : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. »
La Nativité de la Mère de Dieu nous enseigne donc aussi l’humilité et la disponibilité à la volonté divine.
Marie ne cherche pas sa propre gloire. Elle reçoit de Dieu une vocation immense et elle y répond par l’obéissance.
Frères et sœurs, nous aussi, nous sommes appelés à laisser Dieu faire grandir quelque chose en nous. Peut-être notre foi nous paraît-elle petite. Peut-être notre prière est-elle faible. Peut-être portons-nous une souffrance, une attente ou une blessure depuis longtemps.
Ne désespérons pas.
La naissance de Marie nous dit : Dieu peut faire naître la lumière là où nous ne voyons encore que l’obscurité.
Aujourd’hui, avec Joachim et Anne, réjouissons-nous. Avec toute l’Église, rendons grâce à Dieu pour celle qui deviendra le Temple vivant du Verbe, la Mère de notre Seigneur Jésus-Christ.
Demandons à la Très-Sainte Mère de Dieu de nous apprendre son humilité, sa confiance et son obéissance, afin que le Christ puisse également trouver en nos cœurs une demeure.
Que sa prière nous accompagne, et que notre vie entière puisse devenir un « oui » à la volonté de Dieu.
Très-Sainte Mère de Dieu, sauve-nous !
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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Pardonnez pour être pardonnés
Frères et sœurs,
Il y a une phrase que nous prononçons probablement plus souvent que nous ne le réalisons : « Pardonne-nous nos dettes, comme nous pardonnons aussi à nos débiteurs. » Nous la disons dans la prière Notre Père, souvent plusieurs fois par jour. Mais si nous nous arrêtons un instant sur ces paroles, nous découvrirons qu'elles sont beaucoup plus exigeantes que nous ne le pensons. Car Le Christ ne nous apprend pas simplement à demander : « Seigneur, pardonne-moi. » Il nous apprend à demander : « Seigneur, pardonne-moi comme moi-même je pardonne. » Et c'est précisément autour de cette réalité que se construit la parabole du serviteur impitoyable.
Jésus nous parle d'un roi qui décide de régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui présente un homme qui lui doit dix mille talents. Pour comprendre l'énormité de cette somme, il faut savoir qu'un talent représentait environ six mille deniers, et qu'un denier correspondait à peu près au salaire d'une journée de travail. Dix mille talents représentent donc environ soixante millions de journées de salaire. Nous sommes devant une dette tellement énorme qu'elle est, humainement, impossible à rembourser. Le serviteur peut supplier, promettre, travailler toute sa vie : il ne pourra jamais régler cette dette.
Et Jésus ajoute quelque chose de terrible : devant l'impossibilité de payer, le roi ordonne qu'il soit vendu, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il possède. La dette ne concerne donc plus seulement l'homme lui-même. Elle commence à toucher toute sa maison. Sa faute et son incapacité à payer ont des conséquences qui dépassent sa propre personne.
Il y a là une réalité spirituelle que nous ne devons pas négliger. La Bible ne dit pas que les enfants deviennent automatiquement coupables des péchés de leurs parents : chacun répond devant Dieu de ses propres actes. Mais elle nous montre que le péché d'un homme ou d'une femme peut avoir des conséquences sur ceux qui viennent après lui. Une colère que nous entretenons peut devenir un modèle pour nos enfants. Une rancune que nous cultivons peut devenir une manière de vivre qu'ils apprennent. Une violence, un mensonge, une addiction, une infidélité ou simplement l'incapacité à demander pardon peuvent laisser une trace dans une famille pendant des années. Nous pouvons transmettre à nos enfants des blessures que nous n'avions jamais voulu leur donner.
Et pourtant, c'est précisément à cet homme que le roi va faire grâce. Le serviteur tombe à genoux et demande seulement un délai : « Seigneur, prends patience envers moi et je te paierai tout. » Mais le maître ne lui accorde pas seulement du temps. Il lui remet entièrement sa dette. Il efface ce qu'il ne pouvait pas payer. Voilà le cœur de l'Évangile : nous sommes devant Dieu avec une dette que nous ne pouvons pas régler par nos propres forces, et Dieu vient à nous avec miséricorde. Nous ne gagnons pas son pardon par nos mérites ; nous le recevons comme une grâce.
Mais c'est justement ici que l'histoire devient tragique. Cet homme sort libre. Sa dette immense vient d'être effacée. Et presque immédiatement, il rencontre un autre serviteur qui lui doit cent deniers. Cent deniers représentent environ cent journées de salaire. Ce n'est donc pas une dette imaginaire. Son compagnon lui doit réellement quelque chose. Jésus ne nous demande pas de faire semblant que les blessures que nous avons reçues n'existent pas. Certaines offenses sont graves. Certaines blessures prennent des années à cicatriser. Pardonner ne signifie pas dire que le mal était bien, ni supprimer les conséquences de l'injustice, ni nécessairement restaurer immédiatement la confiance.
Mais ce qui frappe dans la parabole, c'est la disproportion : celui qui vient de recevoir la remise d'une dette d'environ soixante millions de journées de salaire refuse de remettre une dette d'environ cent journées. Et cet homme qui venait de demander : « Seigneur, prends patience envers moi », saisit son compagnon par la gorge et lui dit : « Paie ce que tu dois ! »
Il avait reçu la miséricorde, mais il ne l'avait pas laissée entrer dans son cœur. Parce qu'il est très facile de regarder ce que les autres nous doivent. Nous nous souvenons des paroles qui nous ont blessés, des injustices que nous avons subies, des personnes qui nous ont déçus. Certaines dettes restent gravées dans notre mémoire. Mais Jésus nous invite à regarder d'abord la dette que Dieu nous a remise.
C'est exactement le sens de cette parole que nous répétons dans le Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Chaque fois que nous prononçons cette phrase, nous demandons à Dieu de nous traiter avec miséricorde, tout en nous engageant à laisser cette même miséricorde agir dans nos relations. Saint Jean Chrysostome insiste sur ce lien : celui qui demande à Dieu de lui remettre ses dettes ne peut pas, dans le même temps, refuser obstinément de remettre celles de son frère.
Et c'est justement pour cela que Pierre pose sa question à Jésus : « Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi et lui pardonnerai-je ? Jusqu'à sept fois ? » Pierre cherche encore une limite. Il veut savoir jusqu'où va son obligation. Sept fois, c'est déjà beaucoup à ses yeux. Mais Jésus répond : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois. »
Jésus ne demande évidemment pas à Pierre de compter jusqu'à 490. Il veut justement détruire cette logique du calcul. Saint Augustin comprend cette parole dans ce sens : le Christ ne donne pas une nouvelle limite au pardon ; il nous appelle à un pardon qui ne soit plus enfermé dans nos comptes.
Et c'est peut-être cela qui nous dérange le plus dans l'Évangile. Nous aimerions pouvoir dire : « J'ai déjà pardonné assez. » Jésus nous répond : « Ne compte plus. » Nous aimerions pouvoir dire : « Cette personne ne mérite pas mon pardon. » Jésus nous rappelle : « Toi non plus, tu n'as pas acheté le pardon que tu as reçu. » Nous aimerions regarder la dette de notre frère ; Jésus nous demande de regarder d'abord celle que Dieu nous a remise.
Car il y a quelque chose de terrible dans le refus de pardonner : nous croyons parfois que nous retenons l'autre prisonnier de sa dette, alors que c'est nous-mêmes qui restons attachés à cette dette. Tant que je répète intérieurement : « Il me doit cela », cette personne continue d'occuper une place dans mon cœur. Le pardon ne change pas nécessairement le passé, mais il peut empêcher le passé de continuer à gouverner mon présent.
Et c'est ici que je voudrais revenir aux enfants. Nous ne contrôlons pas tout ce que nos enfants deviendront, et ils ne portent pas automatiquement notre culpabilité. Mais ils apprennent énormément de ce qu'ils voient. Ils apprennent comment nous parlons de ceux qui nous ont blessés. Ils apprennent comment nous réagissons lorsque nous sommes offensés. Ils apprennent si un chrétien sait demander pardon, s'humilier, pardonner et recommencer.
Alors peut-être que l'une des plus belles choses que nous puissions transmettre à nos enfants n'est pas une maison parfaite, ni une famille sans blessures, parce qu'une telle famille n'existe pas. C'est de leur montrer comment la grâce de Dieu transforme un cœur blessé.
Peut-être qu'un enfant qui voit son père demander pardon apprend quelque chose de l'Évangile. Peut-être qu'un enfant qui voit sa mère renoncer à une rancune apprend quelque chose de la miséricorde. Peut-être qu'un enfant qui entend ses parents dire : « Nous avons été blessés, mais nous ne voulons pas vivre dans la haine », reçoit quelque chose qui peut changer toute une génération.
Car nous ne sommes pas seulement des hommes et des femmes qui ont besoin d'être pardonnés. Nous sommes des hommes et des femmes qui, parce que nous avons été pardonnés, sommes appelés à devenir capables de pardonner. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
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« Eloigne-toi de moi, Seigneur »
Frères et sœurs bien-aimés,
L'Évangile que nous venons d'entendre commence par une situation qui nous est peut-être plus familière qu'elle n'en a l'air. Pierre et ses compagnons ont travaillé toute la nuit et ils n'ont rien pris. Ils ont fait ce qu'ils savaient faire, ils ont travaillé, ils ont essayé, ils ont persévéré, et pourtant, au matin, leurs filets sont vides. C'est dans cette situation que Jésus entre dans la barque de Pierre et lui demande de retourner au large et de jeter encore une fois les filets. Pierre pourrait lui répondre : « Seigneur, nous avons déjà essayé, nous sommes des pêcheurs, nous savons ce que nous faisons. » Pourtant il dit simplement : « Sur ta parole, je jetterai le filet. » Et le miracle se produit : les filets se remplissent tellement de poissons qu'ils commencent à se rompre.
Mais le véritable miracle de cet Évangile n'est pas seulement celui des poissons. Le véritable miracle se produit dans le cœur de Pierre. Lorsqu'il voit ce qui vient d'arriver, il tombe aux pieds de Jésus et lui dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Pierre vient de comprendre qu'il n'est pas simplement devant un maître qui enseigne, mais devant quelqu'un qui manifeste la puissance et la sainteté de Dieu. Et lorsqu'un homme rencontre réellement Dieu, il commence aussi à voir sa propre vérité. Pierre ne cherche pas à se présenter comme un homme digne ; il reconnaît simplement ce qu'il est : « Je suis un homme pécheur. » Mais ce qui est extraordinaire, c'est que cette reconnaissance ne conduit pas Pierre au désespoir. Il tombe aux pieds du Christ.
C'est ici que la parole de saint Jean Chrysostome prend toute sa force : « Ce n'est pas le péché qui nous perd, mais le désespoir après le péché. » Le péché nous éloigne de Dieu, mais le désespoir nous fait croire que nous ne pouvons plus revenir vers lui. Le péché nous dit : « Tu es tombé », tandis que le désespoir ajoute : « Tu ne pourras jamais te relever. » Et c'est précisément ce mensonge que le Christ vient détruire. Pierre dit : « Je suis pécheur », et Jésus ne lui répond pas : « Alors éloigne-toi de moi. » Il lui dit : « N'aie pas peur. Désormais tu seras pêcheur d'hommes. »
Cette parole peut nous parler d'une manière particulière aujourd'hui, notamment lorsque nous regardons notre jeunesse. Nous voyons des lycéens, des étudiants, des jeunes qui manifestent, qui protestent, qui expriment leurs inquiétudes devant leur avenir. Nous ne devons pas réduire ces inquiétudes à des revendications ou à des positions politiques : derrière beaucoup de ces questions se trouve aussi une interrogation profondément humaine : « Quel avenir m'attend ? Est-ce que mes études auront un sens ? Est-ce que je trouverai ma place ? Est-ce que je pourrai construire une vie ? » Et parfois, derrière ces questions, il y en a une encore plus profonde : « Est-ce que cela vaut la peine d'espérer ? »
Nous devons entendre cette inquiétude, car elle touche quelque chose de très profond dans le cœur de l'homme. Pierre, lui aussi, ce matin-là, regarde ses filets et ne voit rien. Il a travaillé toute la nuit et le résultat est nul. Et c'est précisément à cet homme fatigué, à cet homme qui vient de connaître l'échec, que le Christ s'adresse. Jésus ne lui donne pas d'abord une explication sur les raisons de son échec. Il monte dans sa barque. Voilà peut-être l'une des plus belles images de cet Évangile : Dieu entre dans la barque de l'homme.
Nous vivons dans une époque où l'on demande beaucoup aux jeunes de construire leur avenir. On leur dit de réussir leurs études, de trouver leur métier, de devenir autonomes, de construire leur vie. Mais si nous leur apprenons seulement comment réussir sans leur apprendre pourquoi vivre, alors même la réussite peut laisser un vide. L'homme n'a pas seulement besoin d'un avenir professionnel ; il a besoin d'une espérance. Il a besoin de savoir que sa vie a un sens, qu'elle est voulue, qu'elle peut devenir autre chose que la simple succession des jours.
Et c'est là que l'Évangile devient profondément actuel. Pierre ne sait pas encore ce que sera son avenir. Il ne sait pas qu'il deviendra apôtre, qu'il annoncera le Christ, qu'il donnera sa vie pour lui. Il ne sait rien de tout cela. Il sait seulement que Jésus est entré dans sa barque et qu'il lui demande de lui faire confiance. Le Christ ne lui révèle pas tout son avenir ; il lui donne une direction. Il ne lui promet pas une vie sans difficultés ; il lui promet sa présence.
Saint Isaac le Syrien dit : « Ne désespère pas de toi-même. » Cette parole est particulièrement importante pour notre temps. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu as échoué. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu ne sais pas encore quelle direction prendre. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu retombes dans les mêmes faiblesses. Et nous, adultes, ne désespérons pas non plus de nos jeunes. Ne croyons pas que parce qu'ils sont désorientés aujourd'hui, leur avenir est fermé. Dieu voit en eux ce que nous ne voyons pas encore.
Pierre regarde son présent et voit un homme pécheur avec des filets vides. Le Christ regarde Pierre et voit déjà un apôtre. C'est la différence entre notre regard et celui de Dieu. Nous sommes souvent enfermés dans ce que nous sommes aujourd'hui ; Dieu voit ce que sa grâce peut faire de nous demain.
Voilà pourquoi le Christ dit à Pierre : « N'aie pas peur. » Cette parole n'est pas une promesse que tout sera facile. Elle est beaucoup plus profonde : elle signifie que tu n'as pas besoin d'affronter ton avenir seul. Le Christ peut entrer dans ta barque. Il peut entrer dans tes questions, dans tes échecs, dans tes blessures et même dans ton péché. Et lorsque nous lui faisons une place, notre avenir cesse d'être seulement quelque chose que nous devons fabriquer par nos propres forces. Il devient un chemin que nous pouvons parcourir avec lui.
À la fin de l'Évangile, Pierre, Jacques et Jean laissent tout et suivent Jésus. Ils n'ont pas toutes les réponses, mais ils ont trouvé Celui en qui ils peuvent mettre leur confiance. Voilà peut-être ce que nous devons transmettre à notre jeunesse et à nous-mêmes : non pas la certitude que demain sera facile, mais la certitude que demain n'est pas vide lorsque le Christ y marche avec nous.
Frères et sœurs, nos filets peuvent être vides, notre avenir peut parfois nous faire peur, et notre cœur peut être accablé par le poids de nos fautes. Mais le Christ entre encore aujourd'hui dans notre barque et nous dit comme à Pierre : « N'aie pas peur. » Alors ne désespérons ni de nous-mêmes, ni de nos enfants, ni de notre monde. Apprenons plutôt à faire comme Pierre : reconnaître humblement notre faiblesse, écouter la parole du Christ et avancer de nouveau au large. Car nous ne savons pas toujours ce que demain nous réserve. Mais nous savons avec qui nous pouvons y entrer.
Avec le Christ, il n'y a jamais de raison de désespérer.
À lui soient la gloire, l'honneur et l'adoration, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev
« Отойди от меня, Господи »
Возлюбленные братья и сёстры!
Евангелие, которое мы только что услышали, начинается с ситуации, которая, возможно, гораздо ближе нам, чем кажется на первый взгляд. Пётр и его товарищи трудились всю ночь, но ничего не поймали. Они делали то, что умели: работали, старались, прилагали усилия, проявляли настойчивость, и всё же к утру их сети оказались пустыми. Именно в такой ситуации Иисусъ входит в лодку Петра и просит его снова отплыть на глубину и закинуть сети. Пётр мог бы ответить Ему: «Господи, мы уже пробовали. Мы рыбаки и знаем, что делаем». Но вместо этого он просто говорит: «По слову Твоему закину сети». И происходит чудо: сети наполняются таким количеством рыбы, что начинают рваться.
Однако настоящее чудо этого Евангелия заключается не только в улове рыбы. Истинное чудо происходит в сердце Петра. Увидев случившееся, он падает к ногам Иисуса и говорит Ему: «Отойди от меня, Господи, ибо я человек грешный». Пётр только что понял, что перед ним не просто учитель, который наставляет людей, но Тот, Кто являет силу и святость Божию. И когда человек по-настоящему встречается с Богом, он начинает видеть и собственную правду. Пётр не пытается представить себя достойным человеком; он просто признаёт, кто он есть: «Я человек грешный». Но удивительно то, что это признание не приводит Петра к отчаянию. Он падает к ногам Христа.
Именно здесь слова святителя Иоанна Златоуста обретают всю свою силу: «Погубляет нас не грех, а отчаяние после греха». Грех отдаляет нас от Бога, но отчаяние заставляет нас поверить, будто мы уже не можем к Нему вернуться. Грех говорит нам: «Ты пал», а отчаяние добавляет: «Ты никогда больше не сможешь подняться». И именно эту ложь Христосъ приходит разрушить. Пётр говорит: «Я грешник», но Иисусъ не отвечает ему: «Тогда отойди от Меня». Напротив, Он говорит: «Не бойся; отныне будешь ловить человеков».
Сегодня эти слова могут обратиться к нам с особой силой, особенно когда мы смотрим на нашу молодёжь. Мы видим старшеклассников, студентов, молодых людей, которые выходят на демонстрации, протестуют, выражают тревогу за своё будущее. Мы не должны сводить эти переживания лишь к требованиям или политическим позициям. За многими из этих вопросов стоит нечто гораздо более глубокое и по-человечески понятное: «Какое будущее меня ждёт? Будет ли смысл в моей учёбе? Найду ли я своё место в жизни? Смогу ли я построить собственную жизнь?» А порой за этими вопросами скрывается ещё более глубокий вопрос: «Стоит ли вообще надеяться?»
Мы должны услышать эту тревогу, потому что она затрагивает нечто очень глубокое в человеческом сердце. Пётр тем утром тоже смотрит на свои сети и не видит ничего. Он трудился всю ночь, но результат оказался нулевым. И именно к этому уставшему человеку, к человеку, который только что потерпел неудачу, обращается Христосъ. Иисусъ прежде всего не объясняет ему причины его неудачи. Он входит в его лодку. Возможно, это один из самых прекрасных образов данного Евангелия: Богъ входит в лодку человека.
Мы живём в эпоху, когда от молодых людей многого требуют в вопросе построения будущего. Им говорят, что нужно хорошо учиться, найти профессию, стать самостоятельными, устроить свою жизнь. Но если мы научим их лишь тому, как добиваться успеха, не объяснив, ради чего жить, то даже успех может оставить в душе пустоту. Человеку нужно не только профессиональное будущее — ему нужна надежда. Ему необходимо знать, что его жизнь имеет смысл, что она желанна Богу, что она может стать чем-то большим, чем простая череда дней.
Именно здесь Евангелие становится по-настоящему актуальным. Пётр ещё не знает, каким будет его будущее. Он не знает, что станет апостолом, будет возвещать Христа и отдаст за Него свою жизнь. Он ничего этого пока не знает. Ему известно лишь одно: Иисусъ вошёл в его лодку и просит его довериться Ему. Христосъ не открывает Петру всё его будущее, но указывает ему направление. Он не обещает ему жизнь без трудностей, но обещает Своё присутствие.
Преподобный Исаак Сирин говорит: «Не отчаивайся в самом себе». Эти слова особенно важны для нашего времени. Не отчаивайся в себе, когда потерпел неудачу. Не отчаивайся в себе, когда ещё не знаешь, какой путь выбрать. Не отчаивайся в себе, когда вновь и вновь возвращаешься к одним и тем же слабостям. И мы, взрослые, тоже не должны отчаиваться в нашей молодёжи. Не будем думать, что если сегодня молодые люди потеряли ориентиры, то их будущее уже закрыто. Богъ видит в них то, чего мы пока ещё не видим.
Пётр смотрит на своё настоящее и видит себя грешным человеком с пустыми сетями. Христосъ смотрит на Петра и уже видит в нём апостола. В этом и заключается различие между нашим взглядом и взглядом Бога. Мы часто оказываемся пленниками того, кем являемся сегодня, тогда как Богъ видит, кем Его благодать может сделать нас завтра.
Вот почему Христосъ говорит Петру: «Не бойся». Эти слова не означают обещания, что всё будет легко. Их смысл гораздо глубже: тебе не нужно встречать своё будущее в одиночку. Христосъ может войти в твою лодку. Он может войти в твои вопросы, в твои неудачи, в твои раны и даже в твой грех. И когда мы освобождаем для Него место, наше будущее перестаёт быть лишь тем, что мы должны построить собственными силами. Оно становится путём, который мы можем пройти вместе с Ним.
В конце Евангелия Пётр, Иаков и Иоанн оставляют всё и следуют за Иисусом. У них нет ответов на все вопросы, но они нашли Того, Кому могут довериться. Возможно, именно это мы и должны передать нашей молодёжи и самим себе: не уверенность в том, что завтрашний день будет лёгким, а уверенность в том, что завтра не будет пустым, если Христосъ идёт с нами.
Братья и сёстры! Наши сети могут оставаться пустыми, будущее порой может пугать нас, а сердце может быть подавлено тяжестью наших грехов. Но Христосъ и сегодня входит в нашу лодку и говорит нам, как когда-то Петру: «Не бойся». Поэтому не будем отчаиваться ни в самих себе, ни в наших детях, ни в нашем мiре. Будем лучше учиться поступать, как Пётр: смиренно признавать свою слабость, внимать слову Христа и снова выходить на глубину. Ведь мы не всегда знаем, что приготовил нам завтрашний день. Но мы знаем, с Кем можем вступить в него.
Со Христом нет никаких оснований для отчаяния.
Ему слава, честь и поклонение, вместе со Отцом и Святым Духом, ныне и присно, и во веки веков. Аминь
Иерeй Живко Желев
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