Fête de la Pentecôte
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Bien-aimés dans le Christ,
Aujourd’hui, l’Église entière célèbre la sainte Pentecôte, l’accomplissement de la promesse du Seigneur. Cinquante jours après la lumineuse Résurrection du Christ, dix jours après Son Ascension glorieuse, l’Esprit Saint descend sur les Apôtres réunis au Cénacle, comme un feu vivant, comme un souffle divin, comme la présence même de Dieu parmi les hommes.
Nous lisons dans l’actes des Apôtres :
« Soudain vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent… Des langues qu’on eût dites de feu leur apparurent… et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint. »
Ce n’est pas seulement un événement du passé. La Pentecôte n’est pas un souvenir lointain. Elle est la naissance continuelle de l’Église. Elle est la vie même du Corps du Christ. Sans l’Esprit Saint, l’Église ne serait qu’une institution humaine ; avec Lui, elle devient le Royaume de Dieu déjà présent parmi nous.
Avant la Pentecôte, les disciples étaient enfermés, craintifs, hésitants. Après la descente du Saint-Esprit, ils deviennent courageux, lumineux, capables d’annoncer le Christ jusqu’aux extrémités du monde. Voilà l’œuvre de l’Esprit : Il transforme la peur en foi, la faiblesse en force, les pêcheurs en apôtres, les hommes terrestres en citoyens du Ciel.
Frères et sœurs, nous aussi nous avons reçu l’Esprit Saint. Au saint baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ ; à la chrismation, nous avons reçu le sceau du don du Saint-Esprit. Mais souvent, ce feu divin en nous devient faible, étouffé par les soucis, les passions, la colère, l’orgueil, l’indifférence.
La Pentecôte nous appelle donc à raviver ce don.
Comment l’Esprit agit-Il dans une âme ?
Non pas dans le bruit du monde, non pas dans l’agitation, mais dans le silence du cœur purifié. L’Esprit Saint vient là où il y a repentance, humilité, pardon, prière. Il ne force jamais la porte ; Il attend que l’homme ouvre librement son cœur.
Quand l’Esprit habite dans l’homme, alors apparaissent les fruits spirituels : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la miséricorde. Un chrétien rempli de l’Esprit devient une lumière pour les autres. Même sans beaucoup parler, il porte la présence de Dieu.
Regardons aussi le mystère des langues de feu. À Babel, les hommes furent divisés par l’orgueil ; à la Pentecôte, les peuples sont réunis dans l’Esprit Saint. L’Église orthodoxe n’unit pas les hommes par une idéologie humaine, mais par la communion dans le Christ. Dans un monde déchiré par les divisions, la haine et la confusion, la Pentecôte nous rappelle que seule la grâce de l’Esprit peut rétablir l’unité véritable.
Aujourd’hui encore, le monde a soif de l’Esprit Saint, même s’il ne le sait pas. Les hommes cherchent la paix, mais sans Dieu ; ils cherchent la liberté, mais loin de la vérité ; ils cherchent l’amour, mais sans sacrifice. Pourtant, seul l’Esprit de Dieu peut combler le cœur humain.
Demandons donc avec ferveur :
“Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité, Toi qui es partout présent et qui remplis tout, trésor des biens et donateur de vie, viens et demeure en nous.”
Que l’Esprit Saint descende sur nos familles, sur notre Église, sur ceux qui souffrent, sur ceux qui ont perdu l’espérance. Qu’Il renouvelle nos cœurs desséchés comme la pluie renouvelle la terre.
Et surtout, frères et sœurs, n’oublions jamais ceci : la sainteté n’est pas une œuvre humaine. Elle est la vie de l’Esprit Saint en nous. Le chrétien n’est pas appelé seulement à être “bon”, mais à devenir temple du Saint-Esprit.
Que cette sainte fête de la Pentecôte fasse de chacun de nous une petite flamme du feu divin, afin que le monde voie, à travers notre vie, la lumière du Christ ressuscité.
À Lui soient la gloire, avec Son Père éternel et le très-saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.
Prêtre Zhivko Zhelev
Dimanche de Tous les Saints
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Frères et sœurs bien-aimés dans le Seigneur,
L'Église nous rassemble aujourd'hui pour célébrer le Dimanche de Tous les Saints. Une semaine après la Pentecôte, après la descente de l'Esprit Saint sur les Apôtres, nous contemplons le fruit de l'œuvre du Saint-Esprit dans l'histoire : la multitude innombrable des saints.
Et c'est précisément pour cette raison que l'Évangile de ce jour nous fait entendre les paroles du Seigneur :
« Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai moi aussi devant mon Père qui est aux cieux. »
Les saints que nous célébrons aujourd'hui sont ceux qui ont vécu cette parole jusqu'au bout. Ils sont de toutes les époques, de tous les peuples, de toutes les conditions sociales. Certains étaient évêques, prêtres ou moines ; d'autres étaient empereurs, soldats, artisans, épouses, parents ou enfants. Ce qui les unit n'est pas leur origine ni leur vocation particulière, mais leur fidélité au Christ.
Aujourd'hui, le Seigneur les confesse devant Son Père, parce qu'ils L'ont confessé devant le monde.
Saint Jean Chrysostome remarque que le Christ ne parle pas seulement d'une foi intérieure. Il demande aussi une confession visible lorsque les circonstances l'exigent. Les saints ont compris cela. Leur foi n'était pas seulement une conviction secrète ; elle était devenue leur manière de vivre.
Pensons aux martyrs qui ont préféré perdre leur vie plutôt que renier le Seigneur. Pensons aux confesseurs de la foi qui ont souffert l'exil, les prisons ou les humiliations. Pensons aux ascètes qui ont consacré toute leur existence à la prière et à la lutte contre les passions. Pensons aussi aux saints inconnus, dont les noms ne figurent dans aucun calendrier mais qui ont vécu l'Évangile dans le silence et l'humilité.
Tous ont entendu l'appel du Christ et ont répondu par leur vie.
C'est pourquoi l'Église célèbre Tous les Saints immédiatement après la Pentecôte. Les saints ne sont pas des héros isolés qui auraient atteint la perfection par leurs seules forces. Ils sont l'œuvre du Saint-Esprit. La sainteté n'est pas une réussite humaine ; elle est la vie même de Dieu communiquée à l'homme.
Saint Séraphim de Sarov enseignait que le but de la vie chrétienne est l'acquisition du Saint-Esprit. Les saints sont précisément ceux qui ont laissé l'Esprit Saint transformer leur cœur, purifier leur âme et illuminer toute leur existence.
L'Évangile continue pourtant avec des paroles difficiles :
« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. »
Le Christ n'est pas venu apporter la violence. Lui qui est le Prince de la Paix apporte au monde la paix véritable. Mais cette paix passe par le combat spirituel. Le glaive dont parle le Seigneur est la puissance de la vérité divine qui sépare la lumière des ténèbres.
Saint Théophylacte d'Ohrid explique que ce glaive est la parole de Dieu qui oblige chacun à faire un choix. Devant le Christ, nul ne peut demeurer totalement neutre.
Les saints ont connu cette réalité. Beaucoup ont été incompris par leurs proches. Certains ont été rejetés par leur famille. D'autres ont été persécutés par leur propre peuple. Les martyrs des premiers siècles, mais aussi les nouveaux martyrs des temps modernes, ont souvent expérimenté dans leur chair les paroles du Seigneur : « Les ennemis de l'homme seront les gens de sa maison. »
Pourtant, ils n'ont jamais répondu à la haine par la haine. Ils ont vaincu le mal par l'amour.
Frères et sœurs, le Dimanche de Tous les Saints nous rappelle une vérité essentielle : la sainteté n'est pas réservée à quelques personnes extraordinaires. Elle est la vocation de chaque baptisé.
Lorsque nous regardons les icônes des saints, nous ne contemplons pas une élite inaccessible. Nous contemplons ce que la grâce de Dieu peut accomplir dans un être humain qui Lui ouvre son cœur.
Les saints étaient des hommes et des femmes comme nous. Ils ont connu les tentations, les peurs, les épreuves et parfois même les chutes. Mais ils ont persévéré dans la repentance, dans la prière et dans l'amour du Christ.
Aujourd'hui, l'Église nous invite donc non seulement à les honorer, mais aussi à les imiter.
Le monde moderne admire souvent les célébrités, les puissants ou les riches. L'Église nous présente un autre modèle : les saints. Car ce sont eux les véritables vainqueurs de l'histoire. Les royaumes passent, les empires s'effondrent, les gloires terrestres disparaissent. Mais les saints demeurent éternellement dans le Royaume de Dieu.
Et leur œuvre n'est pas terminée. Ils prient pour nous. Ils nous accompagnent. Ils nous montrent le chemin.
En ce jour béni, demandons à tous les saints de l'Église orthodoxe d'intercéder pour nous. Demandons-leur de nous apprendre à confesser le Christ avec courage, à porter notre croix avec patience et à rechercher avant tout le Royaume de Dieu. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev