Pour la fête de la Nativité de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ

 

 

Bien-aimés frères et sœurs en Christ,

« Le Christ est né, glorifiez-Le ! Le Christ descend des cieux, allez à Sa rencontre ! Le Christ est sur la terre, élevez-vous ! »
En ce jour saint et lumineux, l’Église entière exulte de joie, une joie qui ne vient pas du monde mais du ciel, une joie qui traverse les siècles et rejoint aujourd’hui chacun de nos cœurs. Car la Nativité du Christ n’est pas seulement le souvenir d’un événement ancien : elle est le mystère vivant de Dieu qui vient à notre rencontre, ici et maintenant.

Aujourd’hui, l’Éternel entre dans le temps.
Aujourd’hui, l’Invisible se rend visible.
Aujourd’hui, le Créateur de l’univers accepte de naître comme un petit enfant, pauvre, fragile, silencieux, pour sauver l’homme et le relever de sa chute.

Le premier mystère qui s’offre à nous est celui de l’abaissement de Dieu. Celui qui tient toute la création dans Sa main accepte de reposer dans une mangeoire. Celui devant qui les anges se prosternent est enveloppé de langes par une jeune Mère. Le Roi des rois ne trouve pas de place dans l’hôtellerie et naît dans une grotte, au milieu des animaux. Dieu ne choisit ni la puissance, ni la richesse, ni la gloire humaine, mais l’humilité et la pauvreté.

Saint Grégoire le Théologien contemple ce mystère avec émerveillement et s’écrie :
« Il s’appauvrit pour que moi je sois enrichi ; Il prend ma chair pour que je reçoive l’Esprit ; Il s’abaisse pour que je sois élevé. »
Ainsi, par Son humilité, le Christ guérit l’orgueil de l’homme. Par Sa pauvreté, Il guérit notre avidité. Par Son amour silencieux, Il guérit notre dureté de cœur.

La grotte de Bethléem n’est pas seulement un lieu du passé. Elle est aussi l’image de notre cœur. Souvent, notre cœur est obscur, encombré par les soucis, refroidi par le péché, fermé par l’indifférence. Et pourtant, c’est précisément là que le Christ veut naître. Il ne cherche pas un cœur parfait, mais un cœur humble. Il ne cherche pas une demeure luxueuse, mais un lieu où Il est accueilli avec foi et repentance.

Saint Jean Chrysostome nous enseigne : « Ce n’est pas la pureté parfaite qui attire Dieu, mais le repentir sincère et l’humilité du cœur. »
Ne disons donc pas : « Je ne suis pas digne », car personne ne l’est par lui-même. Ne disons pas : « Je ne suis pas prêt », car le Christ est venu justement pour ceux qui ne sont pas prêts. Ouvrons-Lui seulement la porte de notre cœur, même pauvre, même blessé, et Il y apportera Sa lumière.

La Nativité nous révèle aussi une grande inversion des valeurs humaines. Les premiers à entendre la bonne nouvelle sont les bergers, des hommes simples, pauvres, méprisés aux yeux du monde. Ils veillaient dans la nuit, attentifs, éveillés, et c’est à eux que les anges annoncent la grande joie : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur. » Les sages de ce monde, eux, restent aveugles ou indifférents.

Les Mages viennent de loin, guidés par une étoile. Ils cherchent avec persévérance, ils interrogent, ils marchent longtemps. Leur science ne les éloigne pas de Dieu, car elle est unie à l’humilité. Mais Hérode, prisonnier de son orgueil et de sa peur de perdre le pouvoir, entend la nouvelle avec trouble et colère. Ainsi, face à la Nativité, chaque homme doit choisir : accueillir le Christ avec simplicité, Le chercher avec humilité, ou Le refuser par orgueil.

Au cœur de cette fête se trouve une vérité qui dépasse toute intelligence humaine : le Verbe de Dieu s’est fait chair. Dieu ne s’est pas contenté de visiter l’homme de l’extérieur ; Il a assumé pleinement notre nature, notre corps, notre âme, notre faiblesse, notre souffrance, jusqu’à la mort — sauf le péché. Il est devenu véritablement homme pour nous sauver de l’intérieur.

Les anges chantent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre. » Mais cette paix n’est pas celle que le monde promet et ne peut donner. Ce n’est pas une simple absence de conflits, mais la paix du cœur réconcilié avec Dieu. Là où le Christ est accueilli, la paix demeure, même au milieu des épreuves, même dans la souffrance.

N’oublions pas que la crèche annonce déjà la Croix. L’Enfant emmailloté préfigure le Corps enveloppé dans le linceul. Le bois de la mangeoire annonce le bois de la Croix. Le Christ naît pour offrir Sa vie, et Il offre Sa vie pour vaincre la mort par Sa Résurrection. C’est pourquoi notre joie aujourd’hui est profonde, grave et lumineuse à la fois.

Frères et sœurs bien-aimés, en ces jours de la sainte fête de la Nativité, ouvrons nos cœurs au Christ. Offrons-Lui non pas de l’or, de l’encens et de la myrrhe, mais notre foi, notre repentance, notre amour. Qu’Il naisse dans nos familles, qu’Il naisse dans notre Église, qu’Il naisse dans chacun de nos cœurs.

Et proclamons avec l’Église, aujourd’hui et toujours :
Le Christ est né, glorifiez-Le !
Amen.

Prêtre Zhivko Zhelev