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Категория: La France Orthodoxe
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Le cœur humain : quatre terrains, quatre états de l’âme

Bien-aimés frères et sœurs en Christ, chers amis,

Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, le Seigneur nous parle d’un semeur qui sort pour semer. Une partie de la semence tombe au bord du chemin, une autre sur la pierre, une autre au milieu des épines, et une dernière dans la bonne terre. Et cette dernière, en poussant, produit du fruit au centuple.

Le Christ nous donne lui-même l’explication de cette parabole : la semence est la Parole de Dieu, et les différents terrains représentent les dispositions de notre cœur.

Mais remarquons une chose importante : la semence est toujours bonne. C’est le terrain qui change. La Parole de Dieu ne manque ni de puissance ni de vérité. La question est de savoir comment nous la recevons.

Le premier terrain est celui du bord du chemin. Le Seigneur dit que ceux qui sont au bord du chemin entendent la Parole, mais que le diable vient et l’enlève de leur cœur, afin qu’ils ne croient pas et ne soient pas sauvés. Combien de fois entendons-nous l’Évangile à l’église, sans le laisser pénétrer en nous ! Nous entendons parler du pardon, mais nous continuons à garder rancune. Nous entendons parler de l’humilité, mais nous voulons toujours avoir raison. Nous entendons parler de l’amour, mais nous jugeons facilement notre prochain.

La Parole passe à nos oreilles, mais elle ne descend pas jusqu’à notre cœur. Saint Jean Chrysostome nous exhorte, dans son enseignement sur l’Écriture, à ne pas nous contenter d’écouter les paroles divines, mais à les mettre en pratique. Car entendre la volonté de Dieu sans l’accomplir ne suffit pas à transformer notre vie.

Frères et sœurs, prenons donc garde à l’endurcissement de notre cœur. Un cœur qui ne se repent plus, qui ne demande plus pardon et qui ne se laisse plus corriger devient semblable à un chemin foulé par les passants : la semence y tombe, mais elle ne peut y prendre racine.

Le deuxième terrain est celui de la pierre. Le Seigneur parle de ceux qui reçoivent la Parole avec joie, mais qui n’ont pas de racines. Ils croient pour un temps, puis, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Il est facile d’aimer Dieu lorsque tout va bien. Il est facile de prier lorsque nous sommes en paix, de rendre grâce lorsque nous recevons ce que nous désirons, et de parler de foi lorsque rien ne nous coûte. Mais que se passe-t-il lorsque vient la maladie, lorsque survient une difficulté familiale, lorsque nous sommes injustement traités, ou lorsque nos prières semblent rester sans réponse ?

C’est alors que se révèle la profondeur de nos racines. Saint Jean Climaque, dans L’Échelle sainte, enseigne combien la vie spirituelle demande persévérance, vigilance et combat contre nos passions. La croissance intérieure ne se fait pas en un jour : elle exige un engagement fidèle et patient.

La foi n’est donc pas seulement un sentiment de joie ou une émotion ressentie pendant la prière. Elle est une fidélité au Christ, même lorsque nous traversons la sécheresse, le doute ou la souffrance.

Pour que notre cœur ait des racines profondes, nous devons cultiver la prière, méditer la Parole de Dieu, participer aux saints Mystères et apprendre à demeurer auprès du Seigneur dans les jours faciles comme dans les jours difficiles.

Le troisième terrain est celui des épines. Le Christ explique que la semence tombe au milieu des épines, qui grandissent avec elle et finissent par l’étouffer. Ces épines sont les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie. Ici, le danger est particulièrement subtil. Car la Parole a bien été reçue. La foi est présente, mais elle est progressivement étouffée par tout ce qui occupe notre cœur. Nous sommes préoccupés par le travail, l’argent, les responsabilités, l’avenir de nos enfants, notre réputation ou notre confort. Ces choses ne sont pas toutes mauvaises en elles-mêmes. Le danger apparaît lorsqu’elles prennent la première place et nous empêchent de chercher le Royaume de Dieu.

Nous trouvons du temps pour tant de choses, mais nous disons parfois que nous n’avons pas le temps de prier. Nous pouvons passer des heures à nous inquiéter de demain, sans consacrer quelques minutes à remettre notre vie entre les mains de Dieu. Demandons-nous sincèrement : quelles épines étouffent aujourd’hui la Parole dans mon cœur ? Est-ce l’inquiétude ? L’attachement à l’argent ? L’orgueil ? Le ressentiment ? Le désir de tout contrôler ? Il ne suffit pas de reconnaître ces épines : il faut commencer à les arracher avec l’aide de la grâce divine.

Enfin, il y a la bonne terre. Le Christ dit que ceux qui ont reçu la semence dans un cœur bon et généreux gardent la Parole et portent du fruit avec persévérance. La bonne terre n’est pas celle d’un homme qui n’a jamais péché, qui n’a jamais chuté ou qui n’a jamais connu de faiblesse. C’est celle d’un cœur qui accepte d’être travaillé par Dieu. Un cœur humble reconnaît ses fautes. Un cœur repentant revient au Seigneur après être tombé. Un cœur vigilant lutte contre ses passions. Et un cœur aimant apprend à pardonner, à servir et à faire miséricorde. La repentance, dans notre tradition orthodoxe, est précisément ce retournement intérieur par lequel nous cessons de nous justifier pour nous tourner de nouveau vers Dieu.

Ainsi, porter du fruit ne signifie pas seulement connaître davantage de choses sur la foi. Cela signifie devenir plus patients, plus humbles, plus miséricordieux et plus fidèles au Christ. Cela signifie que notre entourage puisse reconnaître quelque chose de l’amour de Dieu à travers notre manière de vivre.

Frères et sœurs, ne nous décourageons donc pas en découvrant les pierres, les épines ou la dureté de notre cœur. Le Seigneur ne nous révèle pas notre état intérieur pour nous condamner, mais pour nous appeler à la conversion. Tant que nous nous tournons vers lui, nous pouvons lui demander de renouveler notre terre intérieure.

Alors, prenons nos outils spirituels et mettons-nous au travail ! Saisissons nos pelles et débarrassons nos âmes des dépôts qui les encombrent, afin de préparer le chemin du Seigneur. Balayons de nos cœurs la boue des faux enseignements et des hérésies ; enlevons les déchets de l’égarement et des superstitions. Purifions nos âmes, le champ du Seigneur, des pierres et des meules du péché. Arrachons les mauvaises herbes de nos passions : déracinons-les en nous et brûlons-les, afin qu’elles ne repoussent pas et n’étouffent pas le blé du Seigneur. Attendrissons la croûte dure de nos cœurs avec la charrue tranchante du remède divin. Enrichissons la terre par nos prières et par les enseignements des saints Pères et des saintes Mères. Et devenons semblables au grain de blé qui doit mourir à lui-même pour donner une récolte au Seigneur. C’est ainsi que la Parole de Dieu tombe dans la bonne terre.

Vous le voyez, frères et sœurs, quel labeur, quel travail ! Mais la bonne semence ne germe pas immédiatement et ne donne pas sa récolte aussitôt. Nous devons garder la Parole de Dieu dans un « cœur bon et pur », l’entourer d’une vie irréprochable et de prière, « raviver le don de Dieu » (2 Tm 1, 6), l’arroser abondamment des larmes du repentir et « porter du fruit avec persévérance » (Lc 8, 15), dans l’humilité. Alors, notre fruit sera lui aussi « au centuple » (Lc 8, 8).

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » (Lc 8, 8). Amen.

Père Zhivko Zhelev

 

Сердце человеческое: четыре вида почвы, четыре состояния души

Возлюбленные о Христе братья и сестры, дорогие друзья !

В Евангелии, которое мы только что услышали, Господь рассказывает нам о сеятеле, вышедшем сеять семя. Одно семя упало при дороге, другое — на каменистую почву, третье — среди терния, а последнее — на добрую землю. И последнее, взойдя, принесло плод сторичный.

Сам Христосъ объясняет нам эту притчу: семя — это Слово Божие, а различные видыпочвысимволизируют состояние нашего сердца.

Но обратим внимание на одну важную вещь: семя всегда доброе. Меняется лишь почва, на которую оно падает. Слову Божию не недостаёт ни силы, ни истины. Вопрос заключается в том, как мы его принимаем.

Первый вид почвы — это земля при дороге. Господь говорит, что те, кто находится при дороге, слышат Слово, но затем приходит диавол и похищает его из их сердца, чтобы они не уверовали и не спаслись.

Как часто мы слышим Евангелие в храме, но не позволяем ему проникнуть в глубину нашего сердца! Мы слышим о прощении, но продолжаем хранить обиду. Мы слышим о смирении, но по-прежнему хотим во всём быть правыми. Мы слышим о любви, но легко осуждаем своего ближнего.

Слово достигает наших ушей, но не нисходит в наше сердце. Святитель Иоанн Златоуст в своих толкованиях Священного Писания призывает нас не ограничиваться одним лишь слушанием Божественных слов, но воплощать их в жизнь. Ведь слышать волю Божию, но не исполнять её недостаточно для того, чтобы наша жизнь преобразилась.

Братья и сёстры, будем же остерегаться ожесточения нашего сердца. Сердце, которое больше не кается, не просит прощения и не позволяет себя исправлять, становится подобным дороге, истоптанной прохожими: семя падает на неё, но не может пустить корни.

Второй вид земли — каменистая почва. Господь говорит о тех, кто с радостью принимает Слово, но не имеет корней. Они веруют некоторое время, а затем, во время испытания, отступают.

Легко любить Бога, когда всё складывается хорошо. Легко молиться, когда мы пребываем в мире, благодарить Бога, когда получаем желаемое, и говорить о вере, когда она ничего от нас не требует. Но что происходит, когда приходит болезнь, когда возникают семейные трудности, когда с нами поступают несправедливо или когда кажется, что наши молитвы остаются без ответа?

Именно тогда обнаруживается глубина наших корней. Преподобный Иоанн Лествичник в своей книге «Лествица» учит нас тому, насколько духовная жизнь требует постоянства, бодрствования и борьбы со страстями. Внутреннее возрастание не происходит за один день: оно требует верного и терпеливого подвига.

Вера — это не просто чувство радости или переживание, которое мы испытываем во время молитвы. Это верность Христу даже тогда, когда мы проходим через духовную сухость, сомнения и страдания.

Чтобы наше сердце пустило глубокие корни, нам необходимо взращивать в себе молитву, размышлять над Словом Божиим, участвовать в Святых Таинствах и учиться пребывать с Господом как в благополучные, так и в трудные дни.

Третий вид почвы — это земля среди терния. Христосъ объясняет, что семя падает среди терния, которое растёт вместе с ним и в конце концов заглушает его. Это терние — житейские заботы, богатство и удовольствия мiра сего.

Здесь опасность особенно коварна. Ведь Слово действительно было принято. Вера присутствует, но постепенно заглушается всем тем, что занимает наше сердце.

Мы озабочены работой, деньгами, обязанностями, будущим наших детей, своей репутацией или собственным комфортом. Всё это само по себе не обязательно является злом. Опасность возникает тогда, когда всё это занимает первое место и мешает нам искать Царства Божия.

Мы находим время для множества дел, но порой говорим, что у нас нет времени на молитву. Мы можем часами тревожиться о завтрашнем дне, не уделяя даже нескольких минут тому, чтобы предать свою жизнь в руки Божии.

Зададим себе искренний вопрос: какие терния сегодня заглушают Слово Божие в моём сердце? Это тревога? Привязанность к деньгам? Гордыня? Злопамятство? Желание всё контролировать?

Недостаточно просто распознать эти терния: необходимо начать вырывать их с корнем, прибегая к помощи Божественной благодати.

И наконец, есть добрая почва. Христосъ говорит, что те, кто принимает семя в доброе и чистое сердце, хранят Слово и приносят плод в терпении.

Добрая почва — это не сердце человека, который никогда не грешил, никогда не падал и никогда не испытывал слабости. Это сердце, которое позволяет Богу возделывать себя.

Смиренное сердце признаёт свои грехи. Кающемуся сердцу свойственно возвращаться к Господу после падения. Бодрствующее сердце борется со своими страстями. А любящее сердце учится прощать, служить и проявлять милосердие.

Покаяние в нашей православной традиции — это именно тот внутренний поворот, благодаря которому мы перестаём оправдывать самих себя и вновь обращаемся к Богу.

Таким образом, приносить плод означает не просто больше знать о вере. Это означает становиться терпеливее, смиреннее, милосерднее и вернее Христу. Это означает, что окружающие нас люди должны иметь возможность увидеть нечто от любви Божией через наш образ жизни.

Братья и сёстры, не будем же отчаиваться, обнаруживая в себе камни, терния или ожесточение сердца. Господь открывает нам наше внутреннее состояние не для того, чтобы осудить нас, но чтобы призвать к покаянию. Пока мы обращаемся к Нему, мы можем просить Его обновить нашу внутреннюю землю.

Итак, возьмём наши духовные орудия и приступим к труду! Возьмём наши лопаты и очистим наши души от всего, что загромождает их, чтобы приготовить путь Господу.

Выметем из наших сердец грязь ложных учений и ересей; удалим мусор заблуждений и суеверий. Очистим наши души — поле Господне — от камней и жерновов греха. Выполем сорняки наших страстей: вырвем их с корнем из самих себя и сожжём, чтобы они больше не прорастали и не заглушили пшеницу Господню.

Размягчим затвердевшую корку наших сердец острым плугом Божественного врачевания. Обогатим эту землю нашими молитвами и наставлениями святых отцов и святых матерей Церкви. И станем подобны пшеничному зерну, которое должно умереть для самого себя, чтобы принести Господу богатый урожай.

Именно так Слово Божие падает на добрую почву.

Вы видите, братья и сёстры, какой это труд, какое усилие! Но доброе семя не прорастает мгновенно и не приносит урожая сразу.

Мы должны хранить Слово Божие в «добром и чистом сердце», окружать его безупречной жизнью и молитвой, «возгревать дар Божий» (2 Тим. 1:6), обильно орошать его слезами покаяния и «приносить плод в терпении» (Лк. 8:15), пребывая в смирении. И тогда наш плод также будет «сторичным» (Лк. 8:8).

«Кто имеет уши слышать, да слышит !» (Лк. 8:8).

Аминь.

Иерей Живко Желев