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Категория: La France Orthodoxe
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« Eloigne-toi de moi, Seigneur »

 

 

Frères et sœurs bien-aimés,

L'Évangile que nous venons d'entendre commence par une situation qui nous est peut-être plus familière qu'elle n'en a l'air. Pierre et ses compagnons ont travaillé toute la nuit et ils n'ont rien pris. Ils ont fait ce qu'ils savaient faire, ils ont travaillé, ils ont essayé, ils ont persévéré, et pourtant, au matin, leurs filets sont vides. C'est dans cette situation que Jésus entre dans la barque de Pierre et lui demande de retourner au large et de jeter encore une fois les filets. Pierre pourrait lui répondre : « Seigneur, nous avons déjà essayé, nous sommes des pêcheurs, nous savons ce que nous faisons. » Pourtant il dit simplement : « Sur ta parole, je jetterai le filet. » Et le miracle se produit : les filets se remplissent tellement de poissons qu'ils commencent à se rompre.

Mais le véritable miracle de cet Évangile n'est pas seulement celui des poissons. Le véritable miracle se produit dans le cœur de Pierre. Lorsqu'il voit ce qui vient d'arriver, il tombe aux pieds de Jésus et lui dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Pierre vient de comprendre qu'il n'est pas simplement devant un maître qui enseigne, mais devant quelqu'un qui manifeste la puissance et la sainteté de Dieu. Et lorsqu'un homme rencontre réellement Dieu, il commence aussi à voir sa propre vérité. Pierre ne cherche pas à se présenter comme un homme digne ; il reconnaît simplement ce qu'il est : « Je suis un homme pécheur. » Mais ce qui est extraordinaire, c'est que cette reconnaissance ne conduit pas Pierre au désespoir. Il tombe aux pieds du Christ.

C'est ici que la parole de saint Jean Chrysostome prend toute sa force : « Ce n'est pas le péché qui nous perd, mais le désespoir après le péché. » Le péché nous éloigne de Dieu, mais le désespoir nous fait croire que nous ne pouvons plus revenir vers lui. Le péché nous dit : « Tu es tombé », tandis que le désespoir ajoute : « Tu ne pourras jamais te relever. » Et c'est précisément ce mensonge que le Christ vient détruire. Pierre dit : « Je suis pécheur », et Jésus ne lui répond pas : « Alors éloigne-toi de moi. » Il lui dit : « N'aie pas peur. Désormais tu seras pêcheur d'hommes. »

Cette parole peut nous parler d'une manière particulière aujourd'hui, notamment lorsque nous regardons notre jeunesse. Nous voyons des lycéens, des étudiants, des jeunes qui manifestent, qui protestent, qui expriment leurs inquiétudes devant leur avenir. Nous ne devons pas réduire ces inquiétudes à des revendications ou à des positions politiques : derrière beaucoup de ces questions se trouve aussi une interrogation profondément humaine : « Quel avenir m'attend ? Est-ce que mes études auront un sens ? Est-ce que je trouverai ma place ? Est-ce que je pourrai construire une vie ? » Et parfois, derrière ces questions, il y en a une encore plus profonde : « Est-ce que cela vaut la peine d'espérer ? »

Nous devons entendre cette inquiétude, car elle touche quelque chose de très profond dans le cœur de l'homme. Pierre, lui aussi, ce matin-là, regarde ses filets et ne voit rien. Il a travaillé toute la nuit et le résultat est nul. Et c'est précisément à cet homme fatigué, à cet homme qui vient de connaître l'échec, que le Christ s'adresse. Jésus ne lui donne pas d'abord une explication sur les raisons de son échec. Il monte dans sa barque. Voilà peut-être l'une des plus belles images de cet Évangile : Dieu entre dans la barque de l'homme.

Nous vivons dans une époque où l'on demande beaucoup aux jeunes de construire leur avenir. On leur dit de réussir leurs études, de trouver leur métier, de devenir autonomes, de construire leur vie. Mais si nous leur apprenons seulement comment réussir sans leur apprendre pourquoi vivre, alors même la réussite peut laisser un vide. L'homme n'a pas seulement besoin d'un avenir professionnel ; il a besoin d'une espérance. Il a besoin de savoir que sa vie a un sens, qu'elle est voulue, qu'elle peut devenir autre chose que la simple succession des jours.

Et c'est là que l'Évangile devient profondément actuel. Pierre ne sait pas encore ce que sera son avenir. Il ne sait pas qu'il deviendra apôtre, qu'il annoncera le Christ, qu'il donnera sa vie pour lui. Il ne sait rien de tout cela. Il sait seulement que Jésus est entré dans sa barque et qu'il lui demande de lui faire confiance. Le Christ ne lui révèle pas tout son avenir ; il lui donne une direction. Il ne lui promet pas une vie sans difficultés ; il lui promet sa présence.

Saint Isaac le Syrien dit : « Ne désespère pas de toi-même. » Cette parole est particulièrement importante pour notre temps. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu as échoué. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu ne sais pas encore quelle direction prendre. Ne désespère pas de toi-même lorsque tu retombes dans les mêmes faiblesses. Et nous, adultes, ne désespérons pas non plus de nos jeunes. Ne croyons pas que parce qu'ils sont désorientés aujourd'hui, leur avenir est fermé. Dieu voit en eux ce que nous ne voyons pas encore.

Pierre regarde son présent et voit un homme pécheur avec des filets vides. Le Christ regarde Pierre et voit déjà un apôtre. C'est la différence entre notre regard et celui de Dieu. Nous sommes souvent enfermés dans ce que nous sommes aujourd'hui ; Dieu voit ce que sa grâce peut faire de nous demain.

Voilà pourquoi le Christ dit à Pierre : « N'aie pas peur. » Cette parole n'est pas une promesse que tout sera facile. Elle est beaucoup plus profonde : elle signifie que tu n'as pas besoin d'affronter ton avenir seul. Le Christ peut entrer dans ta barque. Il peut entrer dans tes questions, dans tes échecs, dans tes blessures et même dans ton péché. Et lorsque nous lui faisons une place, notre avenir cesse d'être seulement quelque chose que nous devons fabriquer par nos propres forces. Il devient un chemin que nous pouvons parcourir avec lui.

À la fin de l'Évangile, Pierre, Jacques et Jean laissent tout et suivent Jésus. Ils n'ont pas toutes les réponses, mais ils ont trouvé Celui en qui ils peuvent mettre leur confiance. Voilà peut-être ce que nous devons transmettre à notre jeunesse et à nous-mêmes : non pas la certitude que demain sera facile, mais la certitude que demain n'est pas vide lorsque le Christ y marche avec nous.

Frères et sœurs, nos filets peuvent être vides, notre avenir peut parfois nous faire peur, et notre cœur peut être accablé par le poids de nos fautes. Mais le Christ entre encore aujourd'hui dans notre barque et nous dit comme à Pierre : « N'aie pas peur. » Alors ne désespérons ni de nous-mêmes, ni de nos enfants, ni de notre monde. Apprenons plutôt à faire comme Pierre : reconnaître humblement notre faiblesse, écouter la parole du Christ et avancer de nouveau au large. Car nous ne savons pas toujours ce que demain nous réserve. Mais nous savons avec qui nous pouvons y entrer.

Avec le Christ, il n'y a jamais de raison de désespérer.

À lui soient la gloire, l'honneur et l'adoration, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

 

Prêtre Zhivko Zhelev

 

 

 

« Отойди от меня, Господи »

 

Возлюбленные братья и сёстры!

Евангелие, которое мы только что услышали, начинается с ситуации, которая, возможно, гораздо ближе нам, чем кажется на первый взгляд. Пётр и его товарищи трудились всю ночь, но ничего не поймали. Они делали то, что умели: работали, старались, прилагали усилия, проявляли настойчивость, и всё же к утру их сети оказались пустыми. Именно в такой ситуации Иисусъ входит в лодку Петра и просит его снова отплыть на глубину и закинуть сети. Пётр мог бы ответить Ему: «Господи, мы уже пробовали. Мы рыбаки и знаем, что делаем». Но вместо этого он просто говорит: «По слову Твоему закину сети». И происходит чудо: сети наполняются таким количеством рыбы, что начинают рваться.

Однако настоящее чудо этого Евангелия заключается не только в улове рыбы. Истинное чудо происходит в сердце Петра. Увидев случившееся, он падает к ногам Иисуса и говорит Ему: «Отойди от меня, Господи, ибо я человек грешный». Пётр только что понял, что перед ним не просто учитель, который наставляет людей, но Тот, Кто являет силу и святость Божию. И когда человек по-настоящему встречается с Богом, он начинает видеть и собственную правду. Пётр не пытается представить себя достойным человеком; он просто признаёт, кто он есть: «Я человек грешный». Но удивительно то, что это признание не приводит Петра к отчаянию. Он падает к ногам Христа.

Именно здесь слова святителя Иоанна Златоуста обретают всю свою силу: «Погубляет нас не грех, а отчаяние после греха». Грех отдаляет нас от Бога, но отчаяние заставляет нас поверить, будто мы уже не можем к Нему вернуться. Грех говорит нам: «Ты пал», а отчаяние добавляет: «Ты никогда больше не сможешь подняться». И именно эту ложь Христосъ приходит разрушить. Пётр говорит: «Я грешник», но Иисусъ не отвечает ему: «Тогда отойди от Меня». Напротив, Он говорит: «Не бойся; отныне будешь ловить человеков».

Сегодня эти слова могут обратиться к нам с особой силой, особенно когда мы смотрим на нашу молодёжь. Мы видим старшеклассников, студентов, молодых людей, которые выходят на демонстрации, протестуют, выражают тревогу за своё будущее. Мы не должны сводить эти переживания лишь к требованиям или политическим позициям. За многими из этих вопросов стоит нечто гораздо более глубокое и по-человечески понятное: «Какое будущее меня ждёт? Будет ли смысл в моей учёбе? Найду ли я своё место в жизни? Смогу ли я построить собственную жизнь?» А порой за этими вопросами скрывается ещё более глубокий вопрос: «Стоит ли вообще надеяться?»

Мы должны услышать эту тревогу, потому что она затрагивает нечто очень глубокое в человеческом сердце. Пётр тем утром тоже смотрит на свои сети и не видит ничего. Он трудился всю ночь, но результат оказался нулевым. И именно к этому уставшему человеку, к человеку, который только что потерпел неудачу, обращается Христосъ. Иисусъ прежде всего не объясняет ему причины его неудачи. Он входит в его лодку. Возможно, это один из самых прекрасных образов данного Евангелия: Богъ входит в лодку человека.

Мы живём в эпоху, когда от молодых людей многого требуют в вопросе построения будущего. Им говорят, что нужно хорошо учиться, найти профессию, стать самостоятельными, устроить свою жизнь. Но если мы научим их лишь тому, как добиваться успеха, не объяснив, ради чего жить, то даже успех может оставить в душе пустоту. Человеку нужно не только профессиональное будущее — ему нужна надежда. Ему необходимо знать, что его жизнь имеет смысл, что она желанна Богу, что она может стать чем-то большим, чем простая череда дней.

Именно здесь Евангелие становится по-настоящему актуальным. Пётр ещё не знает, каким будет его будущее. Он не знает, что станет апостолом, будет возвещать Христа и отдаст за Него свою жизнь. Он ничего этого пока не знает. Ему известно лишь одно: Иисусъ вошёл в его лодку и просит его довериться Ему. Христосъ не открывает Петру всё его будущее, но указывает ему направление. Он не обещает ему жизнь без трудностей, но обещает Своё присутствие.

Преподобный Исаак Сирин говорит: «Не отчаивайся в самом себе». Эти слова особенно важны для нашего времени. Не отчаивайся в себе, когда потерпел неудачу. Не отчаивайся в себе, когда ещё не знаешь, какой путь выбрать. Не отчаивайся в себе, когда вновь и вновь возвращаешься к одним и тем же слабостям. И мы, взрослые, тоже не должны отчаиваться в нашей молодёжи. Не будем думать, что если сегодня молодые люди потеряли ориентиры, то их будущее уже закрыто. Богъ видит в них то, чего мы пока ещё не видим.

Пётр смотрит на своё настоящее и видит себя грешным человеком с пустыми сетями. Христосъ смотрит на Петра и уже видит в нём апостола. В этом и заключается различие между нашим взглядом и взглядом Бога. Мы часто оказываемся пленниками того, кем являемся сегодня, тогда как Богъ видит, кем Его благодать может сделать нас завтра.

Вот почему Христосъ говорит Петру: «Не бойся». Эти слова не означают обещания, что всё будет легко. Их смысл гораздо глубже: тебе не нужно встречать своё будущее в одиночку. Христосъ может войти в твою лодку. Он может войти в твои вопросы, в твои неудачи, в твои раны и даже в твой грех. И когда мы освобождаем для Него место, наше будущее перестаёт быть лишь тем, что мы должны построить собственными силами. Оно становится путём, который мы можем пройти вместе с Ним.

В конце Евангелия Пётр, Иаков и Иоанн оставляют всё и следуют за Иисусом. У них нет ответов на все вопросы, но они нашли Того, Кому могут довериться. Возможно, именно это мы и должны передать нашей молодёжи и самим себе: не уверенность в том, что завтрашний день будет лёгким, а уверенность в том, что завтра не будет пустым, если Христосъ идёт с нами.

Братья и сёстры! Наши сети могут оставаться пустыми, будущее порой может пугать нас, а сердце может быть подавлено тяжестью наших грехов. Но Христосъ и сегодня входит в нашу лодку и говорит нам, как когда-то Петру: «Не бойся». Поэтому не будем отчаиваться ни в самих себе, ни в наших детях, ни в нашем мiре. Будем лучше учиться поступать, как Пётр: смиренно признавать свою слабость, внимать слову Христа и снова выходить на глубину. Ведь мы не всегда знаем, что приготовил нам завтрашний день. Но мы знаем, с Кем можем вступить в него.

Со Христом нет никаких оснований для отчаяния.

Ему слава, честь и поклонение, вместе со Отцом и Святым Духом, ныне и присно, и во веки веков. Аминь

 

Иерeй Живко Желев