La Présentation du Seigneur
Bien-aimés frères et sœurs en Christ,
Aujourd’hui, l’Église célèbre avec joie et solennité la grande fête de la Présentation du Seigneur, appelée aussi la Rencontre : rencontre de Dieu avec l’homme, rencontre de l’Ancien et du Nouveau Testament, rencontre de l’attente avec son accomplissement.
Quarante jours après Sa naissance, selon la Loi de Moïse, la Très Sainte Vierge Marie et le juste Joseph amènent l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem pour Le consacrer au Seigneur. Ce geste d’humilité est profondément mystérieux : Celui qui est le Créateur de la Loi se soumet à la Loi ; Celui qui n’a pas besoin d’être purifié accepte les rites humains ; Celui qui est Dieu se présente comme un simple enfant pauvre, offert avec l’offrande des humbles.
C’est alors que le juste Siméon, homme de prière et d’espérance, guidé par l’Esprit Saint, vient à leur rencontre. Toute sa vie, il avait attendu l’accomplissement de la promesse divine : voir le Sauveur avant de mourir. Et quand enfin il prend l’Enfant dans ses bras, son cœur déborde de paix, et il proclame :
« Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut. »
Ces paroles sont bien plus qu’un simple adieu à la vie terrestre : elles sont un témoignage de foi accomplie, d’espérance comblée et d’amour pleinement réalisé. Siméon n’a plus peur de la mort, car il a rencontré la Vie elle-même. Il n’est plus dans l’attente, car il tient dans ses bras Celui que toutes les générations attendaient.
Mais Siméon ne se contente pas de se réjouir : il prophétise aussi. Il annonce que cet Enfant sera « un signe de contradiction », que beaucoup se lèveront ou tomberont à cause de Lui, et que même le cœur de la Mère sera transpercé par une épée de douleur. Ainsi, dès le début, l’ombre de la Croix accompagne la lumière de la Nativité. Le salut passe par la souffrance, et la gloire par l’humiliation.
À côté de Siméon se tient aussi la prophétesse Anne, âgée, veuve, entièrement consacrée à Dieu par la prière et le jeûne. Elle reconnaît elle aussi le Sauveur et parle de Lui à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël. Par sa fidélité silencieuse et sa joie communicative, elle nous enseigne que l’espérance persévérante ouvre les yeux du cœur.
Frères et sœurs, cette fête n’est pas seulement le récit d’un événement passé. Elle est une invitation personnelle pour chacun de nous. Comme Siméon, nous sommes appelés à attendre le Seigneur, non pas dans l’impatience ou le découragement, mais dans la confiance, la prière et la fidélité. Comme Anne, nous sommes appelés à Le servir jour après jour, même dans la solitude, même dans l’épreuve, sans jamais perdre l’espérance.
La Présentation du Seigneur est aussi une lumière pour notre propre vie spirituelle. Elle nous rappelle que Dieu vient souvent à nous de manière humble et discrète : non dans le bruit, non dans la puissance, mais dans la simplicité, dans la douceur, dans le silence. Il entre dans le Temple comme un petit Enfant, et Il veut entrer dans notre cœur de la même manière — si nous Lui ouvrons la porte.
Mais pour que cette rencontre ait lieu, notre cœur doit devenir un temple vivant. Nous devons le purifier de l’orgueil, de l’égoïsme, de la colère, de l’indifférence, afin qu’il puisse accueillir la lumière du Christ. Sans cette purification intérieure, nous risquons de voir le Seigneur passer près de nous sans Le reconnaître, comme tant de gens à son époque.
A ce jour, l’Église byzantine avait une tradition, (plutôt perdue à nos jours) de bénir les cierges, symboles de la lumière du Christ. Cette lumière n’est pas seulement une flamme extérieure : elle doit brûler en nous, éclairer nos pensées, nos paroles et nos actions. Nous sommes appelés à devenir, à notre tour, des porteurs de lumière dans un monde souvent plongé dans l’obscurité du péché, de la peur et du désespoir.
Bien-aimés, Demandons-nous en ce jour : ai-je vraiment rencontré le Christ ? L’ai-je accueilli avec foi, comme Siméon ? Est-ce que je Le reconnais dans la prière, dans les sacrements, dans mon prochain, surtout dans le plus pauvre, le plus faible, le plus souffrant ?
Que cette fête nous apprenne à vivre dans l’attente confiante, dans l’humilité sincère et dans l’amour actif. Que le Christ, lumière véritable, illumine nos cœurs, nos familles et notre monde. Et qu’avec Siméon, nous puissions dire un jour, avec paix et espérance : « Mes yeux ont vu ton salut. » Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev