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Категория: La France Orthodoxe
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Parabole du Pharisien et du Publicain

(Luc 18, 10–14)

 

Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ,

Aujourd’hui, le Seigneur nous propose une parabole simple, mais profondément bouleversante : celle de deux hommes qui montent au Temple pour prier. L’un est pharisien, l’autre publicain. Tous deux prient, mais un seul repart justifié.

Le pharisien se tient debout. Il parle à Dieu, mais en réalité, il parle surtout de lui-même. Il énumère ses œuvres, ses jeûnes, sa dîme, sa justice. Il ne demande rien, car il pense ne manquer de rien. Sa prière n’est pas un cri du cœur, mais un bilan spirituel. Et surtout, il se compare : « Je ne suis pas comme les autres hommes… ni comme ce publicain. » Ainsi, au lieu de se tenir devant Dieu, il se place au-dessus des autres.

Le publicain, lui, se tient à distance. Il n’ose même pas lever les yeux vers le ciel. Il ne fait aucun discours. Il ne présente aucune œuvre. Il ne se justifie pas. Il se frappe la poitrine et dit simplement : « Ô Dieu, sois miséricordieux envers moi, pécheur. »

Et le Christ nous dit : c’est cet homme-là qui est retourné chez lui justifié, et non l’autre. Pourquoi ?

Parce que Dieu ne sauve pas ceux qui se croient justes, mais ceux qui reconnaissent leur besoin de miséricorde.

Parce que l’humilité ouvre le cœur, tandis que l’orgueil le ferme.

Parce que la vraie prière n’est pas de se présenter comme juste, mais de se présenter comme pauvre devant Dieu.

Cette parabole n’est pas une critique du jeûne, de la prière ou des bonnes œuvres — au contraire, l’Église les bénit et nous y appelle. Mais elle nous enseigne l’esprit dans lequel nous devons les accomplir : non pour nous glorifier, non pour nous comparer, mais pour nous repentir et aimer.

Dans la tradition orthodoxe, cette parabole ouvre le temps du Triode, parce qu’elle nous enseigne la première marche du repentir : l’humilité. Avant même de jeûner, avant même de pleurer nos péchés, nous devons apprendre à dire : « Seigneur, je ne suis pas digne, mais Tu es miséricordieux. »

Saint Jean Chrysostome nous rappelle que même les bonnes œuvres deviennent stériles si elles sont accomplies dans l’orgueil. Et saint Isaac le Syrien dit : « L’humilité est le vêtement de la divinité. »

Celui qui s’en revêt s’approche de Dieu ; celui qui s’en dépouille s’en éloigne, même s’il fait de grandes choses.

Frères et sœurs, soyons attentifs : le pharisien n’est pas une figure lointaine. Il vit en chacun de nous chaque fois que nous jugeons, que nous nous comparons, que nous nous croyons meilleurs parce que nous prions, jeûnons ou allons à l’église. Et le publicain vit aussi en nous chaque fois que nous reconnaissons notre faiblesse et que nous crions vers Dieu avec confiance.

Demandons au Seigneur de nous donner non pas une justice apparente, mais un cœur brisé et humble, car comme dit le psaume 50 : « Un cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprise pas. »

Que notre prière soit simple, sincère et confiante.

Que notre vie soit un chemin de repentir joyeux.

Et que nous puissions tous repartir justifiés, non par nos œuvres, mais par la miséricorde infinie du Christ, à qui soit la gloire, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

 

Prêtre Zhivko ZHELEV