Dimanche de la Croix
Bien aimés frères et sœurs en Christ,
L’évangile du jour nous rappelle comment nous devons nous comporter pour mériter pleinement le nom de chrétiens. Il y a 2 semaines notre frère en Christ Marko Mantaropoulos avait partagé sur Facebook l’histoire bouleversante d’un chrétien orthodoxe syrien qui s’est fait décapiter il y a trois semaines par des musulmans, pour avoir refusé d’enlever sa croix et de renier Jésus. Paix à son âme ! Il est devenu martyr pour le Christ, un chrétien jusqu’au bout, comme nous sommes appelés à l’être dans l’évangile de ce dimanche. Jésus ne nous promet pas une vie facile, mais un chemin de renoncement et d’engagement total. Quelle différence entre le confort dont nous bénéficions ici et le sacrifice des martyrs du Christ en Syrie ! Sommes-nous prêts à suivre le Christ, ou sommes-nous sommes déjà apprivoisés par le confort qui nous entoure?
"Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même qu’il charge sa croix et qu’il me suive" (Marc 8 :34) Abandonner nos propres désirs, ambitions et volontés pour embrasser la volonté de Dieu. Saint Jean Chrysostome affirme que "le renoncement à soi-même est le commencement de la sagesse chrétienne, car celui qui s’attache à lui-même ne peut s’attacher au Christ." Il nous exhorte à détacher nos cœurs des biens terrestres et des passions, afin de suivre le Seigneur en toute liberté.
Saint Augustin ajoute que "se renoncer soi-même, c’est s’oublier dans l’amour de Dieu, en ne cherchant plus son propre intérêt, mais celui de l’Évangile." Ce renoncement n’est pas une perte, mais un gain spirituel, car en abandonnant notre propre volonté, nous découvrons la vraie vie en Christ.
Il nous est demandé aussi de porter notre croix, d’accepter la souffrance et les épreuves pour le Christ. À l’époque de Jésus, la croix était un instrument de mort, synonyme d’humiliation et de sacrifice. Saint Cyrille d’Alexandrie explique que "porter sa croix signifie se préparer à toute souffrance, persécution ou difficulté pour l’amour du Christ. Le disciple doit être prêt à suivre le Maître jusqu’au bout, même dans la douleur."
Saint Basile le Grand rappelle que "celui qui embrasse la croix embrasse la voie du salut", car par la souffrance, le croyant est purifié et devient plus semblable à son Seigneur. Porter sa croix, c’est aussi mourir à nous-mêmes chaque jour, en mettant de côté notre égoïsme et nos désirs charnels pour suivre pleinement le chemin du Christ.
Suivre Jésus signifie marcher dans ses pas avec foi et obéissance. Saint Irénée de Lyon nous avertit que "suivre Jésus ne consiste pas seulement à écouter ses enseignements, mais à les vivre avec constance, même quand le monde nous rejette." Il nous met en garde contre le danger d’une foi tiède, car "celui qui veut sauver sa vie en la préservant des exigences de l’Évangile la perdra" (v. 35).
Le Christ nous met en garde : "Que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ?" Saint Ambroise commente : "L’âme de l’homme est d’une valeur infinie, car elle est créée à l’image de Dieu. Aucune richesse terrestre ne saurait compenser sa perte." Ainsi, le disciple du Christ ne doit pas avoir honte de son Seigneur, mais le confesser avec courage devant le monde.
Dans la Divine Liturgie le diacre proclame : « Catéchumènes sortez ! » Autrefois les catéchumènes quittaient l’église après la lecture de l’Evangile et seuls restaient les chrétiens baptisés, appelés les « fidèles ». Ces premiers chrétiens étaient véritablement fidèles: persécutés, torturés, sciés et rendus à la mort pour le Nom du Christ. Plus ils mouraient, plus ils se multipliaient, car l’âme reconnaît qu’on ne peut mourir que pour la Vérité.
Aujourd’hui, notre foi est devenue tiède, de peur de perdre notre confort. La fidélité au Christ s’affaiblit, tout comme celle dans les familles, avec un nombre record de divorces. Pourtant, la famille est la première Église et la formatrice des générations futures.
Être disciple de Jésus a un prix, mais la récompense est éternelle. Les Saints Pères de l’Église nous rappellent que ce chemin de renoncement à soi-même, de porter sa croix et d’obéissance n’est pas un fardeau, mais une voie vers la vraie liberté. Le Christ promet que certains verront le Royaume de Dieu venir avec puissance, un avant-goût de Sa gloire future. Acceptons cet appel avec joie et engagement, en sachant que renoncer à nous-mêmes pour le Christ est la meilleure décision que nous puissions prendre.
Sommes-nous prêts à tout abandonner pour suivre Jésus ? Aujourd’hui, choisissons de renoncer à nous-mêmes, de porter notre croix et de suivre notre Seigneur avec fidélité et amour, comme l’ont enseigné les saints Pères avant nous. Amen.
Prêtre Zhivko Zhelev